L’accueil
Non communiqué
Lors de notre dernière T\ Nous avons eu la joie et l’immense bonheur d’ajouter un nouveau maillon à notre chaîne d’union, en la personne de notre F\ App\ F\ C\
C’est de sa propre volonté, en pleine liberté et sans aucune suggestion, que le profane a frappé à la porte du temple. Homme libre et de bonnes mœurs, il s’est vu ouvrir le passage entre les différents voyages : les glaives et maillets pointés sur sa poitrine se sont levés, et il est passé par les phases de purification : l’air, l’eau et le feu.
C’est sans métaux, et de sa pleine volonté, qu’il a réitéré et confirmé ses intentions d’appartenance à la F \- M\ et c’est sciemment et solennellement qu’il a prêté serment.
Sous nos yeux s’est déroulée une naissance. Quelle joie ! Quel bonheur !
Quelle vibration à l’unisson !
Suivant un rituel orchestré par notre V\M\ Le profane fut alors créé, constitué et reçu F\ M\. Des lors, la houppe dentelée s’est épaissie d’un brin, un lac d’amour s’est élargi, une pierre a trouvé sa place dans l’édifice : Un homme libre et de bonnes mœurs a frappé à la porte du temple et nous la lui avons ouverte. Profane, il est entré…et c’est un frère que nous avons accueilli parmi nous.
Je ne reviendrais pas sur le gestuel, le rituel et la symbolique de la cérémonie qui pourrait alimenter moult autres planches. Je voudrais porter ma réflexion sur l’accueil donné, et développer et insister sur son importance.
Juxtaposer l’accueil accordé à un nouveau frère avec l’accueil polynésien qui nous est cher, si profond qu’il en est légendaire n’est pas l’objet de ce petit morceau d’architecture. Cependant vous verrez, du moins je l’espère, qu’en l’essence du mot, nous ne devrions trouver certains concepts qui nous sont chers.
En langue polynésienne, l’accueil se dit « te Fariiraa » ce mot se décompose en fait de deux parties : Farii et du suffixe Raa. Chaque partie du mot a sa signification étymologique : Le mot Farii désigne un récipient, un contenant. Il nous ramène ainsi au mot cocon ou coquille et a l’utilité de ceux-ci.
Selon les croyances ancestrales « maohi », toute chose a une coquille. La voûte céleste est une coquille dans laquelle vivent les astres, les dieux et les esprits. La terre est une coquille qui couve la vie, protége l’homme et tout être vivant. Le « Maohi » utilise ce mot Farii quand il reçoit, quand il accueille car dans son esprit il offre la coquille dans laquelle l’invité doit trouver refuge, protection et paix.
Si donc ainsi le mot Farii nous ramène à la coquille, le suffixe Raa est la concrétisation de l’accueil, c’est à dire la vie que renferme cette coquille. Quelle serait l’utilité de la coquille si on ne peut y trouver et y préserver la Vie ? Aussi, a fortiori, qu’adviendrait-il de la vie si rien ne la protégeait ? Donc en fait, l’un ne peut exister sans l’autre. La vie est indissociable de la coquille qui la protège et la coquille n’a lieu d’être que pour y couver et y faire éclore la vie.
Une fois cette notion assimilée (approche déroutante pour nous occidentaux), nous comprenons mieux que l’accueil n’est pas, chez le Polynésien, simplement une question de tradition. C’est bien plus que cela, car ce concept nous ramène à la terre et tout ce qu’elle protège et produit.
Si la tradition ou les coutumes émanent de l’homme, il faut rechercher dans l’Accueil une signification plus profonde. L’accueil reflète la vie qui émane de la coquille terre. Il témoigne de notre foi en cette symbiose divine. Le « Maohi » qualifie naturellement la terre de nourricière. Se sont ses bienfaits qu’il veut, par son accueil, alors partager.
Personnellement, j’aime cette notion, profonde, d’Accueil avec un grand A. Elle est loin du Show-off, du mondain ou de la galerie à épater. C’est un accueil a grande signification, sincère, altruiste qui vient du cour. C’est résolument celui qui doit être retenu par le Maç : Et celui que nous devons donner à nos frères. Accueillir de la sorte est rendre témoignage aux biens-fait donner par la terre, à la vie, au G\A\ de L’U\ qui a fait se croiser nos chemins ! C’est également témoigner des valeurs fraternelles de la Maçonnerie et partager un peu de la lumière recherchée. L’accueil doit être un don et non un échange calculé. En fait, notre monde Maçonnique a, à l’instar des croyances ancestrales polynésiennes, aussi une coquille qui nous protège et protége nos travaux.
La loge est cette coquille. En son sein sont le temps sacré, l’espace sacré, les trois grandes lumières et la pensée de la loge. Etoiles et flambeaux sont le témoignage de la vie qui l’habite et les travaux sont les fruits de celle ci. On se doit de les partager pour rencontrer l’autre et s’unir avec la même aspiration au perfectionnement. On se doit de bien accueillir pour la pérennité de nos idéaux, pour transmettre notre témoignage du passé et donner foi en l’avenir.
Je suis persuadé que de l’accueil résulte l’adhésion entière du nouveau membre ou a contrario son détachement plus ou moins éloigné ou total.
Notre accueil doit donc être franc et sincère, se sont les preuves irréfutables de son authenticité. Il est le premier ciment qui scelle la nouvelle pierre à l’édifice.
Aussi, n’oublions pas que l’accueil donné au nouveau frère n’est pas inopiné. Il est précédé de différentes phases, outre les enquêtes et le passage sous le bandeau, nous avons une belle cérémonie rattachée à un rite, en l’occurrence le REAA pour ce qui nous concerne, et liée aux impératifs d’un rituel élaboré pour y faire ressortir une symbolique pleine de richesse et source de sagacité. Dans ce contexte, l’accueil devient le clou de la cérémonie d’initiation, c’est le moment fort, l’apothéose de sentiments intenses montés a leur paroxysme. Il est, pour le nouvel initié, le premier instant ou nous donnons. Il ne peut être que sans retenue, puisque tacitement déjà donné (le candidat accepté). Pas de faux enthousiasme et une vraie sincérité, doivent faire ressentir au postulant ce sentiment de bonheur si particulier ou il sait qu’il était attendu et certain d’être le bien venu. En une fraction de seconde, le nouveau frère est alors convaincu qu’il ne s’est pas trompé, qu’il renaît à la vie dans une nouvelle famille, fraternellement protégé dans la coquille bleue étoilée et éclairée par le « Verbe » du G\A\ De L’U\
J’ai dit.