Errance Symbolique
M∴ R∴
A toute choseil faut un commencement mais intituler cette planche« divagation » c’était tendre le dos à vos bâtons fraternels, l’ayant entendue, vous la baptiserez vous même, moi j’ai finalement choisi de l’ appeler :
« Sommes nous ici pour rire ou pour pleurer ?Mourrons nous ou sommes nous en train de naître ?»
Carlos Fuentes Macias -Terra nostra
De naître ou de renaître ?
Cette planche neveux rien démontrer ,elle invite seulement à la balade, à un voyage « psychédélique » sans LSD ,sans pétard lumineuxou sonore, sans tambour ni trompette, ni drapeau, sans Missa Solemnis, car apparat n’est pas rite, un voyage « révélateur de l’âme » dans un dédale de pierre taillées et agencées,un labyrinthe de symboles maçonnés plus que maçonniques,
quoique !…
Attention en traversant les voies initiatiques, un symbole peut en révéler un autre. ….
Ici, au dessus de la voûte étoilée de notre temple un dyke volcanique pyramidal,aiguë comme une flèche, de 90m de hauteur porte un très ancien sanctuaire.
Et du haut, de cette pyramide, de cette perpendiculaire…etc.
Succédant sûrement au culte solaire de Belpuis de Mercure, ce temple est aujourd’hui dédié à l’archange Michel par la très moderne religion catholique . Je précise, « moderne », comme l’islam et le judaïsme, au regard de l’histoire seulement.
Selon les fondements du cultechrétien légendaire, de logos c’est à dire le Verbe, la Tradition Primordiale, la Gnose ,transmise oralement aux initiés, Michelarmé de l’épée flamboyante monte la garde entre Orient et Occident, paradis et enfer, lumière et obscurité.
Dans un même lieumais à des siècles d’intervalle, ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, deux temples, consacrés l’un au culte solaire, l’autreà la recherche de la lumière.
En haut,Mercure aux talons ailés,puis Michel au grandes ailes assurent la communication, la transmission, la médiation entrel’homme et les dieux dispensateurs de la lumière.
La bible nous décrit Michel comme « l’ange de lumière qui peut contempler la face de dieu, semblable à l’aigle emblématique de Saint Jean qui peut regarder le soleil sans êtreébloui.
C’est peut être la l ‘origine historique de l’intérêt de la maçonnerie pour les deux Saints Jean.
– Marchons.– L’ascension du rocher d’Aiguilherelève du parcours initiatique.
– Le sommet ne se mérite et ne s’atteint qu’après un effort qui est en soi une véritable épreuve.
– L’escalier qui nous y élève , presque une spirale passant par le nord, était autrefois ponctuépar trois oratoires.
– Le premier dédié à Gabriel, « force ou messager de dieu »,astrologiquement rattaché a la Lune.
– Le second à Raphaël, « guérison de dieu », astrologiquement rattaché au Soleil.
– Jusque là, ça va…on est bien sur un chemin familier.
– Le troisième, aujourd’hui perdu, à moins qu’il ne se dissimule vers la statue décapitée qui monte la garde à la porte de notre futur cabinet de réflexion semble nous écarter de ce chemin que nous pressentions car il est dédié à un saint Guignefortd’origine curieuse.
– Ce serait un chien, malheureuse bêteinnocente ,canonisée comme hierun quelconque fondateur de l’opus dei, un saint toutou dont ne parle ni la légende dorée de Jacques de Voragine ni Alban Butler dans sa vie des saints.
Claude Gaignebet folkloriste érudity voit le rappel d’un culte rendu au chien de Mercure.
Par la transformation du bas latin Cania « chien » en quenetqueniotpuis guigne, guigner étant pour le chien manière de faire un signe en remuant la queue très fort, on arrive à Guignefort.
Ce quidonnerait envie de rire si ce n’était très opportun car :Nous retrouvons la filiation Anubis Mercure St Michel.
La voie qui borde notre atelier et monte au rocher s’appelle t’elle sans raison Viau del Cani ? La voie du chien.
Anubis dieu des Egyptiens ;était représenté avec une tête de chien, son rôle étaitde veiller à l’accompagnement des morts vers le royaume éternel. Il emmenait le défunt vers la chambre des deux vérités pour qu’il y subisse l’épreuve de la pesée de l’âme, il présidait comme St Michel à cette cérémonie.
PierreSaintyves, libraire, éditeur, autre éminent chercheur y voit lui plutôt un saint chien invoqué « dans les montagnes du Velay, à peu de distance des bord abrupts du Lignon ». Sans autre précision hélas.
Guérissant entre autres maladies la stérilité, il est bien à sa place sur cet immense symbole phallique , tourdes miracles creusée de cavités ou venaient s’étendre pèlerins, malades, estropiés, et femmes en mal d’enfants.
Retenons aussi, et ce n’est pas son moindre mérite, quesaint Guignefortétait prié par les dames dont les maris manifestaient une certaine lassitude , afin qu’ils reprennent leurs travaux avec force et vigueur
Il serait identifié à St Guénoléce qui nous paraît peu vraisemblable, mais voilà une allusion aux Celtes ,voilà les druides.
Pour le père Martin ? auteur d’une plaquette sur St Michel d’aiguilhe il s’agirai d’un saint « Ecossais ».
Nous revoilà en terre plus familière. Montons encore.
Enfin le sommet avec le temple dédié à Mikaël « qui est comme dieu ? », et astrologiquement rattaché à Mercure.Soufflons……Puis regardons .Voici le topo guide…..
En face de nous sur l’esplanade la façade s’étage sur trois niveaux
Premier niveau
La porte qui nous fait face et s’ouvre sur l’obscurité est encadrée des deux colonnes Boaz et Jakin, piliers du temple de Salomondonc de tout temple idéal.
De part et d’autre de ces deux colonnes, deux bustes d’animaux étranges avec leurs pieds fourchus et deux défenses menaçantes, ils tiennentdu sanglier emblème des druides. Seraientt’ils les gardiens du seuil ?
Un seuleut joué le rôle du Frère couvreur, mais ils sont deux, il est hors de cause, cherchons encore…
Espérant, malgré la faiblesse de cette planche, rester encore 33 ans parmi vous, et avide desmédailles chocolatées qui vont avec, je tairai qu’il s’agit du premier et second surveillant ,chargés de mettre en garde les esprits faibles et de rejeter les esprits mauvais qui se seraientfourvoyés jusqu’ici.
Le chapiteau de la colonnesud à notre gauche est orné d’un oiseau semblant prendre son envol au dessus de feuilles de palmiers. Il s’agit du Phénix qui sentant venir sa mort allait se consumer sur l’autel du temple d’ Héliopolis puis, trouvant la force en lui ,renaître trois jours après.
C’est la porte des dieux
Le chapiteau de la colonne nord à droitenous montre un homme sortant d unfeuillage identique, tenant dans ses mains des fleurs de Lys à Trois pétales. Il nous délivre le même message au plan humain. A la porte des hommesc’est l’homme nouveau qui vise à la perfection spirituelle à la maîtrise de soi et du monde extérieur.
Initié il établira, il construira, c’est l’apprenti. Maçon
Au linteau de la porte, deux sirènes, l’une à queue de serpentnous rappelle les profondeurs de la terre dont il faut visiter l’intérieur.
Tous les jours, tous les jours…
L’autre à queue de poissons symbolise l’eau du baptêmephilosophique sensé purifier l’esprit et la conscience des enseignements profanes.
Toutes deux d’ailleurs, sortant du bain lustral essuient leurs cheveux.
Deuxième niveau
Les deux colonnes et le linteau,comme au temple de Salomon supportentla voûte céleste symbolisée par une voussuredécorée de rinceaux de feuillage, un arc trilobé et un arc en plein cintre en mosaïque de pierre.
Deux têtes humaines aux basesde part et d’autre de cette voussure évoquent Janus dieu à deux faces des portes et des passages ,ou Jean d’hiver et Jean d’été.
Janus au double visage de vieillardet de jeune homme symbolisant le principe permanent de l’unité du passé et de l’avenir, nous engageant à regarder sereinement en arrièreen même temps qu’en avant , insensible aux cris et à la rumeur, indifférent au bruit et à la fureur
Car pour préparer à l’humanité les voies du progrès il faut tenir compte des leçons de l’histoire, faire notre devoir de mémoire,etde remord si notre conscience d’homme librenous le dicte .
N’en déplaise à little Big Brother et son fan club.
Ne pas dégouliner de fausses compassions ,opportunes , délocalisées, médiatiséespuis jeter la repentance avec l’eau des bains mêlée de sang qui jalonnent notre histoire.
La
décoration de l’arc trilobé est
inspirée par l’apocalypse, huit vieillardsencadrent l’agnus
deide profil tenant dans sa
patte droite la
croixhastée
deJean Baptistequi plus tard deviendra
l’undes
emblèmes de l’ordre du temple.
Au dessus une nouvelle frise de rinceaux entrelacés enserrent deux hommes quijaillissent de la bouche de deux têtes humaines .
Nés chacun du souffle de ces bouches ils paraissentl’un et l’autrenus et vulnérables, comme dépouillés de leurs métaux.
Celui de gauche, homme des vaines illusion , des désirs ,des plaisirs et des travaux vulgaires reste prisonnier des rinceaux dont la feuille, comme de vigne , placée sur son sexe est tournée vers le bas. N’ayant passu ou voulumaîtriser son énergie vitale, il est amer des choses qui pendent et tombent en quenouille.
Il restera profane.
Celui de droite tient les feuillages à pleines mains, les écarte et les maîtrise. La feuille trifoliée qui couvre son sexe est pleinement érigée, la pointe en haut comme le tablier d’apprenti.
C’est l’homme neuf qui peut accéder à la lumière.
Comme pour couronner ce deuxième niveauun arc de cercle ou arc en ciel ,en alternance de pierres noires blanches et rouges, couleurs du grand œuvre alchimique ,touche la base du troisième niveau , et,comme un pont, fait communiquer les plans entre eux.
Avant d’accéder enfin au troisième plan ilnous faut , funambules dérisoires quierrons entre noir et blanc, vaincre les apparences , les fausses idéesmatérialisées par une marqueterie de pierresde couleurs, sorte de pavé mosaïqueagencé en trompe l’œildonnant l’illusion du relief et de la perspective, l’illusion de la réalité.
Troisième niveau.
Une corniche marque la frontière entre le monde d’en bas que nous laissons et le monde d’en haut.Celui ci est matérialisé par l’oculus et cinq personnages.
Dans beaucoup de religions Le soleil est considéré comme l’œil du monde età été divinisé, non comme entité , les sages n’ignoraient pas que ce n’étaitqu’un objet céleste, un luminaire, mais comme reflet de la puissance des dieux.
Aussi , pour nous le rappeler l’œil solaireest ici entouré de motifs de pierre en faux relief et fausse perspective.
Inscrit dans un triangle l’œil est, à la fois, un symbole maçonnique et chrétien.
Au sommet enfin de ce panneau, cinq personnages s’abritent dans leurs niches.
Agauche, Saint Jean tenant fermé le livre de la connaissance dont se réclament tous les courants de pensée, ésotériques ou mystiques : Gnostiques Cathares ,Templiers , Rose -Croix, Compagnons, Francs- Maçons.
On retrouve sur la couverture du livreune magnifique croix Templiére
Puis Marie.
Puis ,au centre le christ bénissant tient ouvert le livre de la vie (qui est uneformed’état J)
Puis St Michel et à l’extrême droite St Pierremontrant La Clé.
Deux chemins nous sont donc ici proposés pour accéder à la lumière. La voie ésotérique de Jeanet la voie exotérique de Pierre .
La Voiede la recherche de la vérité multiforme, individuelle, patiente, opiniâtre, laborieuse, critique, voie laïque, voie de la liberté,
Ou la voieplus facile de la véritérévélée et des dogmes,voie du catéchisme( katekhismosinstruction orale), de la croyance, de l’obéissance ,la voie de la soumission puis de la servitude.
Voie initiatique ou voie mystique.Voie sècheou voie humide ?
Si l ’essence et le but de l’initiation sont en effet toujours les mêmes, les modalités différent suivant le temps et le lieu. Ces deux voies coexistent surcette façade, mais, le but auquel elles conduisent ne pouvant être le même, il est impossible de les suivre à la fois l’une et l’autre.
J’ai choisi .Et vous ?
En dessous, le soleil oculus dans sa course figurée ,il est en effetexcentré sur la façade, passe de St Jean d’hiver ,l’Evangéliste le 27 décembre au 29 juinSt Pierre, solstice d’été, et du 25 mars équinoxe de printemps fête de l’annonciation( dontJe rappelle pour les mécréants( mais sympathiques) qui en leurs rangs grades et qualités seraient assis sur l’une ou l’autre colonnes que c’est le jour ouGabriel àannoncé à Marie qu’il fallaitcroire au Père Noël ) au 29 septembre jour de St Michel. Equinoxe d’automne.
Lesarcades qui abritent ces cinq personnages sont soutenues par des mains qui rentrant dans le mur semblentattirervers l’intérieuret dire « Venezvous avez passé les épreuves, vous avez compris , franchissez audacieusementla porte ouverte sur les ténèbres,et comme tombe le bandeau ,vous trouverez la lumière ».
« Sommes nous ici pour rire ou pour pleurer ?Mourrons nous ou sommes nous en train de naître ?»
Nous sommes venus ici, en bas, dans cetteloge, du GODF, pour renaître, et ce vagabondagedoit nous rappeler notre démarche maçonnique, mourir pour devenir.
Il s’agit deconstruire notre temple intérieur, certes, mais aussi de devenir des maçonsopératifs, la tête dans les étoiles de l’utopie,cherchant envers et contre tous sous les pavés la plage, mais les pieds solidement plantés sur le sol du chantier, qui sans nostalgieni résignation mais pleins d’espérance, s’investissent, s’engagent dans la vie de la cité, afin d’y promouvoir nos idées de progrès.
Pour le moins, d’être des maçons qui tiennent leurs engagements humanistes en combattant pour défendre aujourd’hui ce qui à été acquis et qui est aujourd’huiattaqué avec violence.
Une certaine idée de La liberté, de l’égalité,de la fraternité.Et cecin’est pas négociable ,n’ayons pas peur de le dire en français
Ne nous enfermons pas dans des spéculations métaphysiques, mêmes séduisantesellesconduisent à la résignation et à l’ inefficacité.
La fragilité des échafaudages, malgré leur élégance, fragilise la construction.
Laissons la prière et l’incantation aux clercs, et au moment même ou les contemplatifs et non violents moines bouddhistes descendent dans la rue pour agir, ne nous isolons pas dans notre ashram à la recherche, puisla contemplation de notre ombilic enfin trouvé.
Ne nous coupons pasde la réalitéPrenonsles outils, et au travail.
Midi est sonné …..
Et peut être n’est il pas tout seul. !!!