Première clé

Auteur:

M∴ L∴

GLCS
Loge:
NC - Orient de Paris


Notre Santé, notre Bonheur, dépendent, non pas des évènements

extérieurs, ni des actes des autres, mais fondamentalement de la

façon dont nous pensons en mettant en oeuvre notre volonté.


J’ai cherché le moyen de vous faire partager cette conviction pour

que vous preniez conscience de votre puissance créatrice

intérieure, hors des limitations, des angoisses et de l’ignorance,

pour vous aider à devenir un être renouvelé, efficace et

triomphant.



Je serais heureux si cette planche peut vous guider vers une

véritable renaissance spirituelle.


À travers elle, j’ai souhaité partager avec vous ce que l’on m’a

transmis depuis trente années de maçonnerie afin de vous

permettre de faire de même.


J’ai pu constater à de nombreuses reprises que « La Magie de la

Foi », si bien développée par Joseph MURPHY, existait bel et

bien , que notre esprit est tel un jardin dans lequel vous semez des

pensées, impressions, connaissances et croyance.


Tout ce que l’on grave dans notre subconscient se manifeste dans

la réalité concrète ; c’est là une loi universelle.


L’Homme s’en prend constamment aux conditions, événement et

circonstances, plutôt que de regarder en lui-même et de

comprendre qu’il devient (ou qu’il lui arrive) ce qu’il pense.


Lorsqu’il découvre sa source et son essence véritable et qu’il

s’accorde pleinement à l’infini Créateur, le Grand Architecte de

l’Univers, en même temps qu’il rejette les fausses croyances, les

erreurs et les superstitions, il devient le véritable maître de son

chemin de vie.



Qu’est la F
M?


À quoi ça sert d’être Franc maçon !


Q’avons-nous à transmettre à nos Soeurs et Frères ?


Quelle force pouvons-nous en tirer ?


Tout d’abord, ce que j’appelle la vraie FM.


Pour moi, elle est un éveil intérieur par le rite.


Elle ne consiste pas à faire, mais à devenir, alors que les religions

ont remplacé la transformation intérieure par des rituels

extérieurs : Aller à l’église ou au temple pour répéter des prières…



La 
FMelle, s’occupe de votre centre spirituel, de votre

vrai MOI.


Si ce centre change, la périphérie change elle aussi, mais l’inverse

n’est pas vrai.


Les gens qui modifient leur vie extérieure sans transformer leur

centre mènent une vie hypocrite et divisée.


La métamorphose doit commencer de l’intérieur.


Ensuite, la FM est une affaire individuelle (de volonté de

gravir l’échelle de son « moi ») et non une affaire de société.



La 
FMne se soucie de personne d’autre que de vous, dans

votre solitude totale.


Vous êtes un cercle : Vous avez un centre et une circonférence qui

entre en relation avec d’autres cercles, d’autres pourtours.


Pour ce faire, l’Homme a créé des règles, des Religions, érigées en

un système pour communiquer une hygiène de vie ainsi qu’une

morale pour permettre à l’ Homme de cohabiter… ..


La morale d’abord, sert à vivre avec les autres, comme la

philosophie…



La 
FM sert à vivre avec soi même


Un jour la flamme qui brille en votre centre finira par éclairer la

périphérie et sa luminosité touchera même les personnes que vous

croiserez.


Mais cette lumière n’est pas produite par vos bonnes actions car

elle est au-delà de la moralité.


Le bien et le mal sont dissous dans la clarté dont la beauté est le

reflet de sa propre valeur : Elle est là par elle-même.


Comme la fragrance d’une fleur qui éclot, ni bonne ni mauvaise.



La 
FM consiste à réunir.


Qui à quoi ? Vous à vous même ! Vous à la source de votre être

intérieur.


Et il ne s’agit pas d ‘assembler, mais de rassembler, car vous êtes

déjà unis à cette source par votre démarche d’admission puis


volonté de vous élever et de progresser.



La 
FM est une réunion (ré-union)


Nous avons trop souvent, à tort, puisque religion vient de

« religare », qui signifie « ce qui relie » trop insisté sur le fait que

la FM n’était pas une religion, elle est, dans ce sens la religion

personnelle de chaque S ou F
Mais la FM : prône la laïcité, c’est-à-dire le respect de l’autre…


La Laïcité est la religion des Maçons dans la mesure où elle fixe

des frontières.


Elle ne vous conduit pas à une origine que vous découvrirez pour

la première fois- si c’était le cas, d’ou viendriez-vous ?


Mais elle vous y ramène.


En fait, vous êtes issus de la source dans laquelle, au plus profond

de vous, vous avez toujours baigné.


La périphérie ressemble aux branches d’un arbre qui auraient

oublié qu’elles sont rattachées aux racines.


Ces branches, à force de vivre si haut dans le ciel, d’avoir la Lune

pour compagne, elles ont oublié qu’elles ne pourraient vivre un

seul instant sans les racines enfouies sous la terre.


De même, l’homme vit dans les branches, émerveillé par

l’extérieur. Il n’est pas déraciné ; il a simplement oublié qu’il avait

des racines.



La 
FM rassemble l’homme à lui-même. Elle lui permet

de se connecter à cette source, elle le réunifie.


Or, cela n’a rien à voir avec autrui puis que c’est l’ego qui se

préoccupe toujours des autres.


Quand vous vous intéressez totalement à votre « soi », votre

« moi » disparaît. Essayez !


Asseyez-vous seul, sans penser aux autres, et voyez : Quand vous

êtes seul, vous n’avez pas d’ego.


J’entends par là, non pas l’ego profond et dynamique personnel

que l’on peut décrire par le courage et la volonté, mais l’ego

« orgueil » face à autrui.


Celui-ci n’est qu’un pont entre vous et les autres : Il a besoin de

deux rives pour exister.


Il n’est pas en vous, mais entre vous et les autres.


Au plus profond de votre être, dans votre solitude totale, l’ego

n’existe pas, n’existe plus.


C’est pour cela qu’il essaye de vous avoir : Quand vous êtes en

quête de la vérité, il s’interpose immédiatement, vous suggérant

insidieusement d’aider votre prochain, de transformer les autres

autour de vous.


Mais cela n’est pas la FM.

Nous arrivons à une autre remarque,

la FM n’est pas un apostolat.


Le FM s’il à le devoir de s’occuper de ses F et S, son

premier devoir est de trouver réponse à un problème qui le

concerne .


Son aide est naturelle, elle coule de source : il ne la donne pas

parce qu’il est F.ni parce qu’il est en « mission » ni parce qu’il

veut aider quelqu’un. Il ne cherche pas à changer qui que ce soit !


Essayer de modeler l’autre selon vos propres idées est une forme

de violence très subtile : Cela signifie que vous n’acceptez pas

l’autre avec ses différences, tel que le Grand Architecte l’a créé, et

que vous savez mieux que le divin ce qui lui convient…


Quelle magnifique porte d’entrée pour l’ego !


Pourquoi forcer quelqu’un à penser comme vous, sur votre

modèle ?


Par l’écoute et l’Amour cette personne viendra naturellement à

vous et cet échange sera aussi constructif pour chacun d’entre

vous.


Le monde est devenu irréligieux à cause des religions qui parlent

de religion sans se demander s’il y a un réel besoin à combler.


Des mots aussi beaux que Dieu, Le Grand Architecte de l’Univers, prière, amour ou méditation perdent de leur sens lorsqu’ils sont

imposés ;

La beauté ne saurait être imposée par la force.



La 
FM ne s’occupe pas des autres, mais de chacun de

vous, personnellement, dans un ensemble d’autres personnes.


L’apprentissage dans sa forme symbolique doit vous laisser la ou

vous êtes tellement seul que vous ne pouvez y rencontrer personne

d’autre que vous même.


C’est dans cette solitude absolue, le solipsisme dans le cabinet de

réflexion, que naît une certaine maturité.


Retenez ceci : La maturité avec la volonté sont essentielles. Sans

elles, il est inutile d’entreprendre quoi que ce soit.



Or parfois vous pensez que vous êtes prêts et vous n’êtes que

curieux de découvrir le degré du dessus.


Enfin, La FM n’a rien à voir avec les écrits, des mots qui

certes, peuvent être d’une grande sagesse, mais, comme dans les

religions, Krishna parlait à Arjuna, Jésus parlait à ses disciples,

Abraham à Moïse. Ce sont des dialogues personnels.


Les religions, comme la FM ne sont pas des émissions

radiodiffusées, qui s’adressent à n’importe qui et au cours desquelles l’orateur parle dans un micro, sans voir le visage de son

interlocuteur.



La 
FM est une lettre personnelle.


Si vous n’êtes pas présents, à l’écoute, ouverts et réceptifs, je ne

peux rien dire, la présence de l’auditeur créé le dialogue, le rend

vivant, lui donne une signification qu’aucun écrit n’aura jamais.


Il faut donc chercher, construire le Maître qui est en vous…


Vous pouvez lire des Auteurs comme Le Boucher, Le Tuileur de

Vuillaume, Osward With, ou Pozarnik, c’est très beau, mais

n’oubliez pas que ce n’est que de la littérature sur une réflexion

qui est propre à chacun.


La fraternité ne peut naître qu’entre deux personnes dont l’une sait

et l’autre ne sait pas, mais est prête à apprendre.



À quoi ça sert d’être Franc maçon !


Q’avons-nous à transmettre à nos Soeurs et Frères ?


Quelle force pouvons-nous en tirer ?


A cet égard, je me suis souvenu d’une belle histoire, pas une

histoire ordinaire dont il convient de s’imprégner d’elle pour en

comprendre toute la portée.


La réflexion est transposée dans une époque lointaine…


Apparemment elle est très simple, trop simple peut-être si l’on

n’est pas prêt de la transposer au-delà du 1er degré d’écoute…


Il ne semble pas nécessaire d’être particulièrement intelligent pour

la comprendre, et pourtant…


Si vous l’examinez attentivement, comme pour la mise en oeuvre

de nos rituels, vous découvrirez qu’elle possède plusieurs

niveaux : Il s’agit en fait d’une arme qui vous permet de trancher

les nœuds d’une certaine ignorance.


Une fois comprise, elle devient la clé maîtresse qui ouvre les

portes les plus secrètes de votre être.


Elle est puissante et pleine de significations.


En Franc-maçonnerie, il faut commencer par tout mettre en oeuvre

pour en trouver le sens profond ;

Le cabinet de réflexion (la terre) et la confrontation aux trois autres

éléments, air, eau, feu, ne sont qu’un début, il faut ensuite la vivre,

car c’est le seul moyen de la comprendre vraiment.


Entrons à présent dans notre histoire…. Par étape si vous le voulez

bien !



Un roi très puissant possédait de nombreux domaines.


Il était tellement riche qu’il avait des sages à son service.


Autrefois, les rois et les empereurs s’entouraient de sages qui

étaient à leur service. Mais je n’ai jamais entendu dire qu’aucun

parmi eux n’ait appris quoi que ce soit.


On dit que le grand empereur Akbar avait neuf sages à sa cour,

appelés les neuf joyaux.


Ils ne lui ont rien enseigné.


C’est que l’apprentissage passe par un autre type de relation :

L’élève doit être respectueux de son maître…


Comment un empereur peut-il être soumis à ses serviteurs ?


C’est impossible, il ne peut que leur donner des ordres.


On raconte qu’un jour, alors qu’il était très en colère, Akbar

convoqua ses neuf sages :

« Tout le monde dit que vous êtes les hommes les plus sages du

monde !


Comment se fait-il donc que je n’aie rien appris auprès de vous ?


Vous êtes là et je ne change pas.


Voulez-vous m’expliquer ce que vous faites ici ? «

Un enfant qui avait accompagné un des sages, se mit à rire.


La clarté de son rire résonna dans le silence, car les sages ne

savaient que répondre.


Akbar, furieux, s’adressa à lui :

Pourquoi ris-tu ?

Tu m’insultes !


On ne t’a donc jamais appris les bonnes manières ?


Je ris parce que ces neuf hommes se taisent et que je sais pourquoi

ils restent silencieux, pourquoi vous n’avez pu profiter de leur

présence !


Akbar regarda l’enfant ; son visage était innocent, voire même

empreint de sagesse.


Un enfant est un être qui a déjà beaucoup vécu, il porte en lui

toutes ses expériences passées et ses yeux reflètent la profondeur

du savoir. Akbar lui demande alors ;

Dans ce cas, peux-tu m’apprendre quelque chose ?


Oui !


Alors, enseigne-moi.


Pour cela il faut que vous fassiez ce que je vous demande.


Venez vous asseoir à ma place ; moi je m’installerai sur votre

trône.


Ensuite, vous poserez des questions comme un disciple et non

comme un maître.


On rapporte qu’Akbar compris la leçon.


Il s’assit par terre et l’enfant s’assit sur le trône. Akbar n’eut plus

besoin de poser de question.


Il remercia l’enfant et lui toucha les pieds en disant :

« Rien qu’en m’asseyant humblement à tes pieds, j’ai beaucoup

appris. »



«

Les neuf sages étaient disposés à m’enseigner, mais je n’étais

pas prêt à apprendre ».


L’humilité est essentielle pour apprendre vraiment.


Avec elle, vous pourrez apprendre même s’il n’y a pas de sage

près de vous :

Les arbres, les rivières, les nuages et le vent, l’existence tout

entière deviendront vos maîtres ;

Sans humilité, un Bouddha ne peut rien pour vous,

parce qu’aucune intimité,

aucune intériorité n’est créée et n’est possible.


Or, vous aimeriez tant apprendre sans avoir à vous incliner,

à courber votre ego !



Un roi très puissant possédait de nombreux domaines.


Il était tellement riche qu’il avait des sages à son service.


C’est facile de rassembler des sages et de les amener chez soi !


Mais à quoi bon ?


Il est bien plus important de se rendre chez un sage,

car le fait même d’y aller est en soi, un apprentissage (comme

pour nos tenues…).


Et puis, drôles de sages, ceux qui choisissent de gaspiller leur

temps à la cour !


Ce ne sont que des érudits, des intellectuels.


Le savoir et la sagesse sont deux choses totalement différentes.


Le savoir est une réponse morte, qui consiste à appliquer ce que

l’on a appris à n’importe quelle situation.


La sagesse, la connaissance est une réponse vivante à une situation

précise.


Elle n’est pas une réaction, mais une réponse.


Les réactions viennent du passé, tandis que les réponses sont

créées dans l’instant présent.


Ce roi pouvait payer des sages pour être à sa cour.


Mais la sagesse ne s’achète pas…


On raconte qu’un roi célèbre alla voir Mahavira le fondateur du

Jaïnisme et lui dit :

« Je possède tout ce que le monde peut offrir et toutes mes

ambitions sont satisfaites.


Pourtant je n’arrête pas de penser à cet état méditatif dont tu

parles.


Qu’est-ce que c’est, qu’est-ce que la conscience divine ?


Je suis prêt à l’acheter quel qu’en soit le prix ; c’est la seule chose

qui manque à mes trésors.


Tu peux me la vendre, puisqu’on dit que tu l’as obtenue.


Quel est ton prix ? »


Il lui répondit : « Il n’était pas nécessaire de faire un aussi long

trajet pour venir me voir, dans ta capitale, il y a un homme très

pauvre qui l’a aussi obtenue.


Il aimerait peut-être te la vendre. »


Le roi célèbre rentra dans sa capitale et alla aussitôt voir cette

personne.


Il avait emmené plein de pièces d’or qu’il déposa devant le

pauvre homme.


Il lui dit : Prends !


Tout ceci est à toi, et même plus si tu veux.


Mais où est la conscience divine ? Donne-la-moi ! »


L’homme se mit à pleurer et répondit :


« C’est impossible de te céder ce que tu demandes.

Je peux par contre t’offrir ma vie si c’est nécessaire, car je t’aime

et te respecte.

Mais comment pourrais-je te donner la conscience divine ? »


Avez-vous remarqué ? On peut donner sa vie, mais non

l’illumination.


Quelqu’un peut vous tuer, vous prendre la vie, mais il ne peut

vous ravir de votre état méditatif.


Voilà le critère que vous devez toujours utiliser pour déterminer

vos vraies richesses :

La mort va-t-elle s’en emparer ou non ?


L’argent le prestige, le pouvoir, la réputation, la beauté, la force

physique, le corps… quoi que vous ayez, demandez vous si la

mort l’emportera.


Et vous découvrirez que tout vous est ôté, à l’exception de la

conscience divine, qui est immortelle.



Le roi avait des problèmes ; un pays voisin projetterait de

l’attaquer. Il avait peur, peur de la mort, peur de la défaite, de la

vieillesse.


Il convoqua donc ses sept sages… et leur dit :

« Je ne sais pourquoi, mais quelque chose me pousse à chercher

une bague qui permettrait de stabiliser mon état de confusion.


Chaque fois que je la regarderais, elle me rendrait joyeux si je

suis malheureux, mais aussi, elle me rendrait triste si je suis

heureux. »



Q’avons-nous à transmettre à nos Soeurs et Frères ?


Quelle force pouvons-nous en tirer ?


Le roi demande une clef.


Une seule clef qui lui permette d’ouvrir à la fois la porte du

bonheur et la porte du malheur.


Il avait atteint un certain niveau de sagesse, ce qui arrive lorsque

l’on a vécu une vie riche d’expérience en tout genre ; bonne et

mauvaises morales et immorales, heureuses et malheureuses…

Celui qui n’a pas vécu les extrêmes ne peut avoir une

compréhension profonde de la vie.


C’est en vivant les choses qu’on comprend les quelles elles sont

utiles.


Il est bon, à ce sujet de rappeler sommairement la vie de

Bouddha ;

Quand il naquit, les astrologues avaient prédit qu’il deviendrait

soit un empereur, soit un disciple.


Deux avenirs aussi contradictoires pour le même enfant ?


Un empereur ou un homme qui a renoncé à tout pour devenir un

moine errant…


Le père de Bouddha demanda comment il était possible que son

fils ait le choix entre deux destins si opposés.


Les astrologues lui répondirent :

« C’est toujours ainsi.

Celui qui peut devenir un empereur peut également devenir le

contraire ».


Le père ne comprenait toujours pas et demanda qu’on lui explique

plus clairement.


Les astrologues lui dirent : « Nous ne connaissons pas grandchose

à l’art d’être disciple, mais les saintes Écritures en parlent

en ces termes :

« Celui qui possède tout, prend conscience que tout est futile ».


Seuls les mendiants rêvent de palais ; les rois ont compris que

leurs somptueuses résidences sont sans intérêt.


Celui qui n’a jamais connu de femme en rêve tout le temps ; celui

qui en a connu n’est plus obsédé.


Seule l’expérience transforme.


Celui qui est destiné à posséder le monde entier finira donc un jour

ou l’autre, par y renoncer.


Ce n’est pas par l’effet d’une coïncidence que tous les Bouddhas,

tous les avatars hindous et tous les teerthankara jaïn sont nés rois.


Ils ont vécu une vie ou rien ne leur a été refusé.


Tôt ou tard ils ont aperçu la limite… et ils ont compris que tout

cela n’est que vide, rien !


C’est comme lorsque l’on pèle un oignon, et qu’on découvre que

chaque couche est plus fraîche que la précédente.


Si l’on ne va pas jusqu’au bout, on s’imagine qu’il doit y avoir

quelque chose au centre, mais si l’on le pèle complètement, on

s’aperçoit soudain qu’il n’y a rien sous la dernière pelure.

Rien que le vide.


Un empereur a la possibilité de découvrir la vie dans son entier ;

Un mendiant n’en expérimente que quelques facettes et se dit :

« Il y a encore bien d’autres choses.


Si je n’ai pas atteint l’extase dans cette vie, c’est parce que je ne

tiens pas le monde entier entre mes mains ».


Le père de Bouddha était troublé ; il se demandait comment éviter que son fils devienne mendiant.


Le roi était âgé, sa femme était morte. Bouddha était son fils

unique, il n’aurait pas d’autre héritier.

Comment assurer la continuité de la royauté ?


Il demanda conseil aux astrologues.


Ceux-ci lui donnèrent un avis raisonnable, mais non judicieux.


Ce n’était pas des sages, ils ne pouvaient pas voir au-delà de leur

savoir ; ils connaissaient chaque mot des textes sacrés, mais ils

n’en avaient pas saisi l’esprit.


Ils suggérèrent donc au roi de ne jamais laisser son fils affronter la

misère, la souffrance, ni le malheur.


Il fallait qu’il ignore l’existence de la vieillesse et de la mort.


Qu’il soit entouré des plus belles femmes du royaume.


Que tous ses désirs soient exaucés, qu’il ne connaisse aucune

déception, car sans frustration, personne ne devient un disciple.


Ces conseils furent suivis scrupuleusement par le roi.


Il aménagea trois maisons pour Bouddha :

Une pour chaque saison.


Après avoir vécu les quatre mois d’été dans une région fraîche,

l’enfant déménageait dans un autre palais pour la saison suivante.


Toutes les jolies filles du royaume furent appelées à la cour.


Dans les jardins du palais, on ne voyait aucune fleur morte : avant qu’elles ne se fanent, un serviteur venait les couper discrètement.


Ainsi, Bouddha ne pouvait imaginer que la vie prenait fin.


Le but semblait atteint, il ne pouvait lui venir à l’esprit l’idée de

renoncer à cette vie qui s’achève inéluctablement.


Bouddha ne fut qu’entouré que de belles choses et vécut dans un

rêve. Mais la réalité est plus puissante :

Elle arrive à s’infiltrer même dans les songes, un roi ne peut lui

faire échec :

Elle jaillit ici et là et vous fait trébucher.


Un soir, au cours d’une veillée de danse et de musique, Bouddha

s’endormit au milieu des danseuses.


Dans la nuit, il se réveilla et regarda autour de lui.


Quelle scène !


Où avait disparu la beauté ?


Une danseuse dormait la bouche ouverte, une autre faisait un

cauchemar et gémissait, une troisième affalée bavait…

cette nuit-là, la réalité fit irruption dans la vie de Bouddha, mais il

garda sa découverte pour lui même.


Quelques jours plus tard, il sortit de la ville pour participer à une

fête.


En chemin, il vit un homme âgé et demanda à son cocher ; qu’est il

arrivé à cet homme ?


Pourquoi son visage est-il ridé ? Pourquoi a-t-il le dos voûté ?

Quelle catastrophe lui est-il arrivé ?


Ce n’est pas une catastrophe, c’est naturel, cela arrive à toute

personne lorsqu’elle vieillit.


Bouddha commençait à apercevoir la réalité.


Ils croisèrent ensuite un convoi qui amenait un cadavre au bûcher

funéraire.


Qu’est-il arrivé à celui-ci ?

Pourquoi les gens le portent-ils sur leurs épaules ?


Cet homme est mort, prince la mort est l’étape qui suit la

vieillesse.


Arrêtons-nous !


Dis-moi : Est-ce que moi aussi, je vais mourir ?


Le cocher hésita.


Il connaissait les instructions du roi, mais c’était un homme simple

et authentique, lui répondit :

Je ne suis pas autorisé à te le dire, mais je ne peux pas non plus te

répondre par un mensonge.


Tout comme cet homme, tu mourras un jour.

Tout ce qui naît finit par mourir.


À ce moment apparut un disciple, qui suivait le cortège funéraire.


Suite logique : La vieillesse, la mort, puis l’initiation !


Que l’histoire soit vraie ou non, elle est magnifique, en effet, que

reste-t-il à rencontrer après avoir croisé la mort, si ce n’est ce qui

vous mène au-delà, l’initiation ?


Bouddha, qui n’avait jamais vu de disciple, demanda encore :

Qu’est-il arrivé à cet homme-ci ?


Pourquoi porte-t-il une robe orange ?


Cet homme a compris la vie.


Il sait que la vie s’achève par la mort, alors il a renoncé.


Rentrons au palais. Je renonce.


Le cocher ne comprit pas ce que Bouddha voulait dire, mais la

nuit même celui-ci quitta le palais…



Quand vous vivez totalement tout ce que la vie vous offre, un

moment arrive où vous y renoncez !


Seuls ceux qui ont vécu des vies mornes, tièdes, insipides

s’accrochent.


Se cramponner à la vie matérielle est la marque d’un esprit

ignorant, qui n’a pas compris.



La renonciation est quelque chose de simple et de naturel, un

aboutissement normal, un signe de maturité.


Les astrologues étaient des savants, non des sages.


En dépit de leur volonté, ils ont aidé Bouddha à renoncer.


Si le roi, le père de Bouddha avait demandé conseil à un sage, il

lui aurait dit ceci :


« Donne-lui une nourriture frugale afin qu’il ait toujours faim,

qu’il rêve sans cesse de mets délicieux.

Garde les femmes à distance.

Qu’il les voie, mais qu’il ne puisse s’en approcher, afin que son

appétit sexuel ne soit lui non plus, jamais satisfait.

Ne lui construis pas de palais.

Qu’il vive indigent.

Alors, jamais il ne renoncera ! »


Le roi de notre histoire, confronté à une crise importante, en était

arrivé à comprendre que le malheur n’est pas différent de cette

apparence de bonheur.


Il était plus sage que les sages !


Il demandait une bague, en réalité une clef unique pour ouvrir les

deux portes qui, en réalité, sont les deux aspects d’un même

phénomène.


Observez-vous même lorsque vous êtes heureux :

Pouvez-vous dire en toute certitude que le malheur est absent ?


Le centre est occupé par le bonheur, mais le malheur n’est-il pas

tapi quelque part ?


Le germe du malheur ne se trouve-t-il pas dans votre bonheur ?


A l’inverse lorsque vous êtes malheureux, êtes-vous certains

d’être seulement malheureux, ou sentez vous aussi la possibilité de

reprendre force pour transformer le malheur en bonheur ?



La 
FM n’est-elle pas une des manières d’apprendre LA POSITIVITE en relativisant l’événement ?


Quand le soleil se lève le matin, vous pouvez voir le crépuscule,

mais vous savez qu’il se cache dans l’aube.


En fait, il est entré avec l’aurore.


A midi, quand le soleil est au zénith et que sa lumière inonde la

terre, qui pense à la nuit ?


Pourtant, l’obscurité est présente dans cet apogée et commence à

poindre, attendant son heure…


De même, l’ombre épaisse de la nuit porte en elle le matin.


Regardez bien les opposés, le pavé mosaïque nous le rappelle en

permanence, vous y verrez le même phénomène.


Quand vous aimez, la haine est présente ; quand vous haïssez,

l’amour est là, caché.


Lorsque vous êtes heureux, vous avez déjà commencé à avancer

vers le malheur.


Si vous êtes malheureux attendez juste un peu, le bonheur est à la

porte, s’il n’est déjà entré.


Les opposés sont solidaires.


Une fois que vous comprenez cela,

la clef est à votre portée.



« Le roi dit aux sages : Je ne sais pas pourquoi, mais quelque

chose me pousse à chercher une bague qui permettrait de

stabiliser mon état de confusion.

Chaque fois que je la regarderais, elle me rendrait joyeux si je

suis malheureux… ».


Il demanda une formule secrète d’alchimie qui lui permette de le

rendre joyeux quand il est malheureux.


En fait il demande d’accéder à la maîtrise de ses humeurs… qui

est la seule maîtrise qui soit !


Il veut être maître de ses humeurs et non en être victime.


Quand vous êtes malheureux, vous ne pouvez rien faire, vous

subissez.


À d’autres moments, vous êtes heureux et, là aussi, vous n’y êtes

pour rien.


Vous n’avez pas le contrôle de ces états.


Or, il existe une formule, un message secret qui peut vous

transformer.


« Cette bague me rendrait joyeux si je suis malheureux, mais

aussi, elle me rendrait triste si je suis heureux. »


Tel que je vous connais, vous êtes d’accord avec le premier point,

mais vous êtes perplexe quant au second !


Or les deux points sont indissociables.


En maîtrisant l’un, vous maîtrisez l’autre.


Il n’y a rien de mal à être triste si vous l’avez décidé.


La tristesse a une profondeur qui lui est propre, une beauté très

douce, que le bonheur n’atteint jamais.


Le bonheur est plus superficiel, peut être plus vulgaire aussi.


Vous n’aimez pas encore la tristesse parce que vous ne l’avez

encore jamais éclairée de votre conscience.


Un homme éveillé apprécie tout, y compris la tristesse qui

l’enveloppe comme un crépuscule et déploie son silence.


Les oiseaux se taisent, le vent s’arrête …


Tout devient silencieux et s’abîme dans une profonde détente.


Le roi voulait donc être maître de ses humeurs :

Il voulait « se stabiliser » comment être équilibré, se cristalliser

quand les humeurs soufflent de leur propre gré ?


L’une d’elle se lève à l’horizon et vous voilà malheureux :

 Tout se met à trembler en vous.


Surgit une autre humeur et vous voilà heureux :

Une autre agitation, qui fait, elle aussi, tout remuer en vous…



Pour réaliser cette bague, les sages se consultèrent…


C’est pourquoi je dis qu’ils ne devaient pas être si sages !


Des experts se consultent, mais pas des sages.


Les experts sont des gens de savoir ; ils ont besoin de s’entretenir

parce qu’un autre sait peut-être ce qu’ils ignorent.


Un sage sait, tout simplement !


Il n’a pas besoin de réfléchir, il ne pense pas.


Sa réponse vient spontanément de son être intérieur.


Donc, je reprends le fil de mon histoire : les sages se consultèrent et entrèrent dans une profonde

contemplation.


Les sages ne trouvèrent pas la réponse, ils firent appel à un vrai

sage, un disciple qui possède la bague.


Il la retira de son doigt et leur dit :

« Donnez ceci au roi, mais dites-lui bien qu’il n’y a qu’une

condition à observer :

Il ne doit ouvrir la bague que quand il ne peut plus faire autrement.


Le message qui se trouve à l’intérieur, sous la pierre précieuse ne doit pas être lu par simple curiosité, car le sens ne peut être

compris que lorsque l’on se trouve dans un certain état de

conscience.


Avant de l’ouvrir que le roi attende d’être à l’agonie, d’avoir tout

perdu, de n’avoir vraiment plus aucune autre solution.. »


Ce que dit le disciple est très important :

Le message ne sera efficace que si la conscience à atteint un certain

niveau et j’aimerais pouvoir vous poser la même condition avant

de vous communiquer le contenu de cette inscription.


La compréhension ne vient pas des mots, elle naît en vous.



Le roi suivit scrupuleusement les instructions du disciple…


Son Pays s’est trouvé engagé dans une guerre qu’il perdit…


A plusieurs reprises il est sur le point d’ouvrir le chaton de la

bague, mais il estime que la condition n’est pas encore remplie :

« Je suis toujours en vie.

J’ai perdu mon royaume, mais je peux encore le reconquérir. »


Quelle force pouvons-nous en tirer ?


Il s’enfuit de son Pays pour avoir la vie sauve, mais l’ennemi le

poursuit.


Son cheval meurt, ses amis sont décimés.


Il poursuit sa fuite à pied, ses pieds sont en sang, il ne peut plus

faire un pas.


Il se retrouve acculé au bord du précipice, les chevaux ennemis se rapprochent.


Pourtant, il attend toujours pour ouvrir la bague.


« Je suis encore en vie, l’ennemi peut encore aller dans une autre

direction et je peux être tenté de sauter dans le vide sans me tuer.

»
Mais voilà que l’ennemi est tout près.


Il regarde le précipice…


Cette fois, les secondes sont comptées…


Il prend la bague, l’ouvre, regarde sous la pierre et trouve ce

message

« CELA AUSSI PASSERA » !


Soudain un sentiment d’apaisement l’envahit :

« Cela aussi passera »


L’ennemi le prenant pour un gueux, passe devant lui sans le voir,

le roi souffle puis reprend ses esprits.


En dix jours, il réussit à rassembler une armée, rentre dans son

pays, chasse l’ennemi et réintègre son palais.


C’est la fête, les gens sont en liesse, ils dansent dans les rues

pleines de lumières, de couleurs, de pétards et de feux d’artifice.


Le roi est si excité et si heureux que son coeur bat à tout rompre ; Il est au bord de l’extase, à deux doigts de s’évanouir.


Soudain, il se rappelle la bague, l’ouvre et lit pour la seconde fois

le message :

« Cela aussi passera » !


Aussitôt, il se détend… et l’on rapporte qu’il a atteint la sagesse

ultime grâce à ces mots lus et relus.


Quelle que soit l’humeur et les sentiments qui vous envahissent :

Colère, haine, passion, désir, malheur, tristesse, bonheur,… ou

même quand vous méditez, rappeler vous toujours cette phrase :

« Cela aussi passera ».


Qu’advient-il si ces mots deviennent votre devise ?


Le bonheur ne sera plus le bonheur, mais seulement une phase, un

nuage qui passe.


Vous découvriez que cet état n’est pas vous, puisque vous êtes

témoins de ce qui va et vient.


En vous rappelant « Cela aussi passera » vous prenez de la distance par rapport à l’événement.


L’humeur vient à vous, mais elle n’est pas vous, elle s’éloigne en

vous laissant intacts après son passage.


Vous ne vous identifiez plus à elle.


Vous êtes devenus des témoins, des spectateurs conscients…


A ce moment, un silence que vous n’avez pas créé, que vous

n’avez pas imposé descend sur vous.


Il vient de sources jusqu’alors inconnues, les sources du divin, du

Grand Architecte de l’Univers.


Rien ne pourra ébranler vos fondations, votre volonté d’être actif

dans la chaîne d’union…


En effet, plus vous prenez de la distance avec les événements, plus

votre conscience croît ;

Plus votre conscience croît et plus vous prenez de la distance.


Vous voilà stabilisé.


Vous devenez comme le Bouddha assis sous l’arbre de Boddhi.


Mais ceci ne peut arriver que si vous avez accepté par l’initiation,

le passage au grade de compagnon et enfin l’élévation à la

maîtrise, de mourir de ce que vous étiez pour renaître en un

homme nouveau.


Alors, vous ressusciterez ; ce sera là votre naissance de votre être

originel.


Vos vieilles habitudes, vos manies, vos concepts, vos idéaux,

votre prétendue identité, votre ego vieux et ratatiné, vos

« métaux » tout cela doit faire place nette pour accueillir ce qui est

nouveau et qui en fait, a toujours été présent en vous, mais ne

dispose d’aucune place pour se manifester.


L’invité est là, mais l’hôte n’est pas prêt.


Faite le vide !


Faire le vide, c’est se mettre en état de « vacance », qui signifie

« soyez vacants », comme le nénuphar qui reçoit la lumière, cet

état de vacance c’est se mettre en harmonie avec l’Univers.


La présence aux tenues, dans notre chaîne d’union vous y aide,

vous entretiennent dans cette démarche de prise de conscience

pour dégager votre espace intérieur.



Imprégnez-vous de cette phrase, qu’elle vous poursuive jusque

dans votre sommeil.


Merci chers Frères et Sœurs de m’avoir écouté si patiemment.


j’ai essayé de vous transmettre ce que je pense être, une des

nombreuses clefs qui vous permettra d’ouvrir une des portes

secrètes de votre être ;

Grâce à elle, vous aurez accès au coeur même de votre existence et

par là même à mieux comprendre celles et ceux qui sont assis à

vos côtés sur les colonnes, ils forment notre chaîne d’union

maçonnique à travers le monde.


Je serais heureux que cette phase puisse vous apporter la force,

le réconfort dans la peine et que vous puissiez à votre tour,

par celle-ci,

apporter un juste retour au bonheur à ceux que vous aimez..


Nous rencontrons tous des difficultés, plus ou moins importantes,

n’oublions jamais :

« Cela aussi passera »



J’ai dit


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