L’Hindouisme et la Franc Maçonnerie

Auteur:

D∴ V∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

« Descendre au fond de la conscience en accordant son être au rythme universel »

A la gloire du Grand Architecte de l’Univers, Vénérable Maître et vous tous mes Frères en vos grades et qualités

Si l’on compare la maçonnerie à un magnifique château doté de nombreuses portes fermées l’on s’aperçoit que l’on peut utiliser pour pénétrer dans ce château de nombreuses clés ; citons notamment :
La clé opérative
La clé égyptienne
La clé alchimique
La clé judaïque
La clé chrétienne
La clé mystique
La clé grecque.

Dans notre culture occidentale, les grecs sont perçus comme les grands ancêtres fondateurs: les grands experts en mythes et en recherche de la sagesse : philo Sophia. Comme je n’y connaissais pas grand-choseen matière d’hindouisme, je me suis tourné vers une des gloires de Thebah, René Guenon afin de m’éclairer en ce domaine.

Quelle ne fut pas ma surprise en lisant l’introduction générale à l’étude des doctrines hindoues dans laquelle Guénon dans laquelle celui-ci développe l’idée que le monde grec a été fortement influencé par les doctrines orientales dont principalement l’hindouisme.

L’Hindouisme serait donc serait donc aussi une des clés pour ouvrir une des portes du château maçonnique.

Mais d’abord qu’est-ce que l’Hindouisme ?

Que les spécialiste me pardonnent mais je vais faire un raccourci caricatural.

L’hindouisme se présente comme un ensemble de concepts philosophiques issus d’une tradition orale très ancienne.

L’origine de l’hindouisme peut être remontée à la civilisation de l’Indus, il y a environ 5 000 ans.

L’hindouisme, qui n’a ni fondateur ni église, est l’une des plus vieilles religions du monde. Avec près d’un milliard de fidèles, c’est actuellement la troisième religion la plus répandue dans le monde.

La particularité de l’hindouisme est de n’avoir ni prophètes ni dogmes. Cependant, les hindous croient en l’autorité des Vedas qui sont les textes sacrés fondateurs. Veda peut de traduire par vision ou connaissance. La connaissance, qui se transmet oralement, fut révélé aux hommes, grâce à la vision des Rishi.

Un Rishi est un témoin primordial de toutes les règles à l’œuvre en ce monde que manifeste le Véda au sens de découverte de l’ordre cosmiques.

Les Rishi sont les yogis qui, en méditation profonde, entendirent les rythmes universels primordiaux du Véda émanés du Brahman.

Ainsi, Om ou Aum est un des symboles sacrés de l’hindouisme. C’est le son primordial qui surgit du chaos avant la Création, il est la source de l’existence. Le son Ôm est empli d’un message symbolique profond : il est considéré comme la vibration primitive divine de l’Univers.

Ainsi, le son, produit d’une façon prolongée, est le résultat de la combinaison de trois sons A-U-M (de la triade à l’unité), signifie « ce qui a été, est et sera ».

Il est utilisé comme préfixe aux mantras (formules condensées formées d’une ou d’une série de syllabes répétées de nombreuses fois suivant un certain rythme). Il représente la contraction des trois états de la matière et représente l’univers.

Vous voyez qu’il y dans les mots que je viens de prononcer des résonnances particulières à nos oreilles de maçons.

Quelle est l’influence de l’hindouisme sur la pensée grecque.

Il est d’usage de faire remonter l’influence de l’hindouisme sur le monde grec aux conquêtes d’Alexandre. Or, selon Guénon ces relations sont beaucoup plus anciennes car à toute époque l’on voyageait certes moins commodément qu’après l’invention des chemins de fer et des navires à vapeur ; on voyageait moins souvent et moins vite mais de façon plus profitable parce que l’on prenait le temps d’étudier les pays que l’on traversait.

Pour citer un exemple, l’atomisme longtemps avant de paraître en Grèce, avait été soutenu en Inde par l’école de Kanâda.

Ainsi, Démocrite qui fut l’un des premiers à adopter cette doctrine avait voyagé en Egypte, en Perse et en Inde. Ce qui est curieux, c’est que les rapprochements qu’on peut faire avec les doctrines de l’Inde sont plus nombreux et plus frappants dans les périodes présocratiques que dans les périodes ultérieures.

Alors, que devient la théorie du rôle des conquêtes d’Alexandre dans les relations intellectuelles entre les deux peuples nous dit Guénon.

Comment l’hindouisme se représente Dieu ?

Dans l’hindouisme, Brahma, est un principe divin qui se présente sous forme d’un ternaire, une trinité, trois qui ramènent à l’Unité : c’est Brahma le créateur, Vishnu le Protecteur, et Shiva le destructeur mais c’est la même chose sous trois formes différentes.

Brahma est en quelque sorte la réalité suprême.

Le Brahman est un concept philosophique. Brahmâ est l’Être Immense et peut être comparé au dieu créateur originel. On médite dessus mais on ne l’adore pas, c’est pourquoi les hindous ne viennent pas au temple pour prier mais pour assister à des rituels. Là aussi cela nous rappelle quelque chose.

Le Brahman, c’est le grand tout dans lequel chacun finit par se fondre. Il n’existe pas d’être  « Dieu », en tant que personne ou volonté, mais le principe divin qui vit et se meut en tout. L’univers est divin. Tout est une partie de lui. Comment ne pas penser à Spinoza et sa célèbre formule Deus sive natura.

Comment ne pas penser au Grand Architecte de l’Univers ?

Qui plus est, les hindous considèrent que Brahmâ habite le cœur de l’homme. Comment ne pas penser à la formule Visites l’Intérieur de la Terre et en Rectifiant tu découvriras la Pierre Cachée.

Alors, qui est Vishnou? C’est le protecteur et le conservateur  du monde, chargé de veiller à son évolution, sans jamais  le détruire, il descend naturellement dans le monde chaque fois que son intervention  y apparaît nécessaire.

Ce sont ses avatars (avatara signifie descente). Le nombre de ces descentes varie selon les textes, mais le plus couramment  admis se chiffre à dix. Il entretient la vie et la création. C’est le dieu du temps. On le voit souvent en train de dormir. Mais dans son sommeil, il prépare le prochain monde.

Quand le monde n’est plus réparable, Brahma devient Shiva le destructeur.

Shiva est le dieu de la fin des temps comme celui de l’apocalypse de Jean de Patmos. Il organise le monde et représente les ténèbres. Son troisième œil foudroie tout ce qu’il regarde c’est pourquoi il le garde fermé. C’est le dieu de la destruction. Il est représenté avec un troisième œil, symbole de sagesse, au milieu du front. Il est assis sur une peau de tigre, symbole de l’énergie potentielle. Shiva représente en effet la source créatrice en sommeil. De sa chevelure, ornée d’un croissant de lune, symbole du cycle du temps, s’écoule le Gange, fleuve sacré de l’hindouisme.

Shiva est un personnage complexe et contradictoire. Il représente la destruction mais celle-ci a pour but la création d’un monde nouveau. Il a les yeux mi-clos car il les ouvre lors de la création du monde et les ferme pour mettre fin à l’univers et amorcer un nouveau cycle. Comment ne pas penser à ce que nous connaissons dans la palingénésie ? Mais cela nous entraînerait trop loin, vers d’autres degrés. Mais, le rôle de destructeur attribué à Shiva est aussi celui de destructeur du vieil homme, de ses attachements, de ses croyances, de son moi individuel, de son égo. Il utilise le yoga qu’il enseigne aux êtres humains comme moyen de progression.

Que faisons-nous d’autres sinon que nous ne pratiquons pas encore le yoga en loge? Mais peut être dans certains ateliers, Qui sait ?

Mais je ne serai pas complet si je ne vous parlais pas de Ganesh auquel les Hindous vouent une dévotion particulière : c’est le dieu éléphant.

Traditionnellement représenté avec un gros corps d’enfant de couleur rouge possédant généralement quatre bras et une tête d’éléphant à une seule défense, l’autre a servi à écrire  le Veda : l’histoire de la création du monde, son véhicule est un rat. Les deux se complètent,  l’éléphant massif, puissant et réfléchi, le rat petit, mobile et malicieux, ont ainsi tous les atouts  nécessaires pour résoudre les problèmes du monde.

Il est le dieu de la sagesse, de l’intelligence, de l’éducation et de la prudence. C’est le dieu qui lève les obstacles des illusions et de l’ignorance.
Ganesh est le symbole de l’union entre le macrocosme et le microcosme, le divin et l’humain. Cette symbolique se retrouve dans les tailles respectives de Ganesh, l’éléphant, le plus grand animal terrestre, et son véhicule, le rat, un très petit mammifère.

Dans sa représentation, la partie inférieure est la partie humaine et la partie supérieure, la tête, est la partie éléphantine et divine. Il est un homme mais son esprit est à l’image du cosmos, il peut donc, par la puissance de la pensée, écarter les obstacles de l’ignorance et comprendre la nature de l’univers.

La vision du temps et des cycles dans l’hindouisme.

Pour les Hindous, le temps tourne en rond ; il n’y a ni commencement ni fin, et toute chose dans l’univers, y compris Dieu ou les dieux, est indissolublement liée au cycle éternel du temps.

L’unité de mesure du temps est le Kalpa soit un jour de Brahma, c’est-à-dire pour l’homme 4,32 milliards d’années; les kalpas se succèdent sans fin les uns aux autres.

Le cosmos tourne dans un kalpa sans fin, c’est à dire d’immenses cycles qui passent approximativement par trois stades; un mouvement ascendant qui du chaos atteint un sommet puis redescend vers la destruction et le chaos où un nouveau cycle prend forme.

Les Mahâyugas représentent quant à eux 4, 32 millions d’années.

Donc, 1 000 Mahâyugas forment un Kalpa.

Mais, chaque Mahâyuga comporte quatre périodes successives

L’âge d’or de vérité qui dure 1 728 000 ans où règne dans le monde une harmonie stable où l’homme réalise pour un temps et avec certaines limitations la perfection de sa nature.

L’âge d’argent qui dure 1 296 000 ans, voit décroître la vertu : l’âge où cette harmonie commence à se désagréger et où l’homme la soutient par la force de volonté, individuelle et collective.

L’âge de bronze ou âge de doute qui dure 864 000 ans est l’âge où l’homme fait face à une désagrégation.

L’âge de fer qui dure 432 000 ans est marqué par l’ignorance et le vice.

Brahma crée l’univers chacun de ses jours puis le réintègre en lui chacune de ses nuits, sous forme de potentialité. En somme, en utilisant le vocabulaire de la cosmologie actuelle, chaque jour de Brahma commence par un Big  Bang et se termine par un Big Crunch.

Dans la pensée hindoue le temps n’est que « mâyâ », une illusion. C’est en rêve que Brahmâ fait exister l’univers. Un rêve est réel dans le sens où nous l’avons fait, mais il n’est pas réel dans le sens où il ne décrit pas forcément une réalité. Vishnu en est le conservateur et préserve le rêve.

La roue de la vie est un symbole clé de l’Hindouisme. Elle représente le cours du temps, elle incarne les cycles cosmiques de la naissance et de la mort, de la création, de la maturité, de la dégradation et de la déliquescence puis de la réincarnation.

L’homme hindou est enfermé dans un cycle continuel de réincarnations dû au karma qui est la somme de ce qu’un individu a fait, est en train de faire ou fera Cette théorie du karma est sous tendue par l’idée de l’immortalité de l’âme. L’homme ne peut se libérer de ce cycle qu’en atteignant la sagesse suprême à l’issue d’un long apprentissage. Le but ultime de l’hindou est de se délivrer du cycle infini de la vie et de la mort et du cortège de souffrances qui accompagnent ces multiples existences.

L’identification de l’âme individuelle avec l’âme universelle (Brahman) conduit l’individu à se libérer des attachements, des désirs et de l’ignorance  ainsi que du cycle de la renaissance.

Accorder son âme au rythme universel, opérer un lâcher prise lors de l’ouverture d’un temps  et d’un espace sacré, faire des progrès en sagesse par la voie maçonnique, vivre  symboliquement des cycles de morts renaissance sont bien évidemment des notions que nous  francs-maçons de Thebah comprenons particulièrement bien.

J’ai dit Vénérable Maître

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