La Lune
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La Lune
Non communiqué
Nous sommes le 12 novembre 2015, comme vous le savez sûrement la Lune vient d’entrer dans sa phase croissante. Ça tombe bien, ma planche lui est consacrée. Le hasard fait bien les choses, n’est-ce pas !
La lune va de pair avec le Soleil. L’une peut être considérée comme principe féminin, passif, réceptif, tandis que l’autre comme principe masculin, actif, émetteur.
Tous deux sont d’égale importance. Sous leurs auspices les choses se font, se défont et se refont.
Ce qui émerge des deux, tient des deux !
Leur complémentarité révèle un certain caractère androgyne.
La lune est changeante, elle croit, décroit, disparaît et réapparaît. Elle a permis la mesure aux hommes de l’ancien temps. Elle a organisé, inspiré et nourris l’existence humaine.
Je ne vais pas m’étendre sur ce que nous savons de la place qu’occupe la
Lune en matière scientifique, religieuse, mythologique ou artistique.
Agissant sur les cycles biologiques et les marées. Déterminant les moments propices des semailles en agriculture. Influençant le sommeil de l’homme et même sa qualité dit-on ! Elle a été, au cours des âges très souvent divinisée sous des représentations féminines.
Mais aussi sous des traits masculins. (Thot, seigneur du temps, captant la lumière lunaire et régissant ces cycles. Varuna(hindouisme) régent du royaume de l’eau que traverse l’être qui se trouve sur la voie de la délivrance après sa mort).
La lune est le petit luminaire de la création. (Genèse).
Dans le prologue de l’évangile de Jean, Jean le Baptiste et la lune sont comparable. Il n’est pas la lumière mais lui rend témoignage.
Elle est à la base de l’édifice calendaire musulman. J’ai même lu que pour l’islam,
Mohamed reflète dieu comme la lune reflète le soleil.
Généralement, en langue, la lune est de genre féminin et le soleil de genre masculin.
Cependant, en allemand par exemple, elle est de genre masculin et le soleil de genre féminin : der mond et die sonne. En revanche, en arabe, Soleil et Lune (chams wamar) sont tous deux masculins, actifs ! Après-tout, les deux ne sont-ils pas acteurs et agissant sur la nature ?!
Dans l’instruction au grade d’apprenti :
A la question : Depuis quand êtes-vous Franc-maçon ?
Nous répondons : Depuis que j’ai reçu la lumière.
A la question : Où se tiennent les apprentis ?
Nous répondons : au septentrion, qui représente la région la moins éclairée, parce qu’ils n’ont reçu qu’une instruction élémentaire en maçonnerie et que par suite, ils ne sont pas en état de supporter un trop grand jour.
En effet, devenus Apprentis et ayant a peine retrouvé la vue après que le bandeau nous fut ôté, il est nécessaire de nous préserver d’une trop grande intensité de lumière qui au lieu d’être éclairante se révélerait être aveuglante.
Un peu de lumière chasse beaucoup d’obscurité, trop de lumière aveugle autant que l’obscurité !
La Lune est un peu à l’image d’une arche de Noé sauvant d’un déluge de lumière.
Symbole de renaissance, de connaissance indirecte et graduelle, « L’astre des nuits » préside la colonne du Nord ou nous nous tenons.
Il nous est présenté sous la forme d’un croissant ascendant de 5 jours. Sa douce lumière protège la vue de la trop forte exposition à celle du Soleil qu’il reflète. La Lune par ce pouvoir de réflexion en atténue la force.
Elle est l’archétype même de ce que sont les symboles en générale : de doux voiles.
Agissants, en quelque sorte, comme un filtre de protection. Un peu, comme celui que l’on place sur l’écran d’un ordinateur pour ne pas s’abîmer les yeux.
Ce voile qui protège, ce voile qui trompe ! Altérant la bonne vue, conduisant au doute et à l’imagination.
Qui dit doute, dit erreurs et questionnement, angoisse et espérance.
Qui dit imagination, dit inspiration, méditation et possible élévation.
Mais gare aux divagations qui égards !
N’entendez-vous pas les chiens frères aboyer à la Lune ?! Je les ai entendu s’insurger en me voyant penser à elle ! Craignant que je me déconnecte du réel.
Ce n’est pas pour rien qu’on les dit être les meilleurs amis de l’homme.
Ils sentent le danger qui pointe le n(é)(ez) !
Cette illusion qui mène celui qui la poursuis à sa perte !
Ils savent que le risque est grand de sombrer dans un certain imaginaire qui fait quitter la Terre ferme, qui fait perdre pieds.
Au-dessous de la Lune se trouve l’office de notre F.*. Secrétaire Al.*.
La charge qui lui incombe ressemble à celle de la Lune. Il est la mémoire de la loge.
Vous avez remarqué son sautoir aux deux plumes entrecroisées ?!?
Peut-être que, Lune sert à l’écriture des planches tracés qui sont des synthèses claires reflétant se qui se passe en loge pendant le temps sacré et que l’autre, sert aux tâches administratives profanes.
Plus généralement, la lumière exemplaire des maîtres de la loge guide notre cheminement. Nous grandissons sous le regard de leurs yeux bienveillants.
La lumière tamisée que renvoie la Lune évite la mise en exergue des défauts de notre pierre.
Ainsi, nous pouvons entreprendre sans jugement et avec sérénité le travail de dégrossissement à l’aide du ciseau et du maillet.
Je grandis dans le reflet de vos yeux !
Les luminaires solaire et lunaire régentent notre tenue.
Par exemple :
Le V.*. se trouve à l’orient, à l’est, ou le Soleil se lève.
Sur son autel se trouve l’épée flamboyante dont le pommeau est du côté du soleil et sa pointe vers la Lune.
Nous tavaillons de midi plein alors que le soleil est au zénith à minuit plein alors que la nuit règne sur la terre d’Égypte et que l’astre des nuits baigne de sa lumière les sanctuaires endormis.
Dans la lune je perçois le travail qui doit être effectué par l’apprenti :
La lune renaît, je renais.
La lune est féconde et réceptive. J’y travaille, dans le silence et l’écoute !
La lune reflète la lumière reçue du soleil, n’est-ce pas ce que je fais en ce moment même dans cette planche.
Certes, ma coupe n’est pas pleine !
Il y a fort longtemps, les hommes regardaient la Lune, et en rêvant, y voyaient des formes humaines et animales. Certains même, y voyaient des mers ou encore des terres.
Pour ma part, le jeu d’ombre et de lumière de la Lune dessine une porte entrouverte, qu’il nous appartient d’ouvrir un peu plus et de franchir.
La seule porte à ouvrir pour accéder à la sagesse, celle de l’esprit.
Faites le premier pas, le second suivra ! « Donnez-moi la première lettre, je vous donnerai la seconde ».
J’ai dit !