La Mort #3159007

La douce la mort

Auteur:

G∴ D∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

La MORT, cette incertaine certitude.

Le jour venu de l’ultime échéance, nul ne peut jurer de ses réactions face à la mort. Cependant, je pense que la plupart des gens n’ont pas réellement peur de la mort, ils sont plutôt, et c’est légitime, angoissé par l’éventuelle souffrance, la leur, celle des autres, et l’après.

De la naissance à la mort, L’après est aussi mystérieux. Entre on travaille sa pierre, avec plus ou moins de succès selon ses options, mais on grave son destin.

Toutefois, l’après de la naissance sans souvenirs devient une aventure attrayante faite de découvertes, d’apprentissage, d’expériences réussies, avortées mais toujours tentantes, dont on se nourrit ; l’après du passage de l’autre coté du miroir est fait d’un acquis personnel dont on ignore la réelle utilité protectrice, le diplôme d’entrée sélectif et rassurant, mais n’ayant plus l’innocence d’un nouveau né, on redoute d’avoir a recommencer à lutter comme nous avons eu l’obligation de le faire toute au long de notre passage terrestre.

Le saut en parachute sans savoir se servir du ventral, malgré les multiples explications du fonctionnement.

De là ce merveilleux apaisement et cette quiétude décrient dans toutes les religions ou croyances qui nous attendent en remerciement de notre travail bien fait. Les indiens chassaient à vie avec le Grand Manitou, les nordiques accédaient au Walhalla…

La mort est pourtant, la seule certitude et le premier héritage que nous recevons dès notre conception. Et malgré cela, l’heureux événement est fêté en famille, entre amis avec vos collègues de travail comme une joie.

Cela ne devrait pas être, car la première certitude sur l’avenir de ce petit nouveau devrait être noire, à partir de ce jour il va mourir… Et pourtant.

Ce merveilleux rêve utopique d’immortalité et de résurrection dont l’homme se nourrit pour aller au bout de sa route est là, planté comme un phare pour les futures générations. La naissance est une joie, une charge, un fardeau mais surtout un espoir pour demain, pour après.

L’alchimie de l’orgueil et de l’humilité nous permettra d’avancer avec l’impertinence de l’immortalité accordée aux dieux de l’Olympe et la réalité de notre inévitable destin de simple homo-sapiens que nous sommes.

N’ayant pas la scientifique certitude de notre devenir, nos premières certitudes de résurrection sont dans les façons de faire ou d’être d’un enfant, d’un neveu, d’un parent éloigné qui a sans mimétisme transmis par le quotidien, le geste de l’oncle, la voix du père aimé, le regard canaille de la mère partie trop tôt, toutes les mères partent trop tôt, de la sœur, de ceux que l’ont a aimé ou mis à l’écart, en y regardant bien, on a sous les yeux le livre de notre vie et de notre arbre généalogique, celle que l’on tente de quitter.

Nos civilisations indo-européennes ont dans ce passage plus de difficultés que d’autres. Nos sociétés, dominantes et nombrilistes, ne nous ont pas inculquées l’humilité et la fugacité de notre passage dans notre vaste univers.

Cette délicieuse volonté de rejet de la réalité et d’éternité, nous évite de dériver dans le désespoir nihiliste de notre fin programmée.

Qui peut tenter d’entreprendre dans la certitude que dans la seconde qui suit le fatal destin muni de sa grande faux vous stoppe dans votre élan, que ce soit professionnellement, en amour ou dans des domaines divers et variés.

Si la folie, l’orgueil ou le rêve ne nous nourrissaient pas, nous resterions assis sur le bord de la route apeurés par l’inéluctable seconde fatidique, dans l’attente de notre corbillard.

La naissance est donc la porte d’entrée dans le monde temporel, la mort, la porte de la vie éternelle, la séparation de l’âme et du corps, un retour à la source.

Notre âme passe par trois Mondes.

Le 1er Monde, la création, la conception dans le ventre maternel.
Le 2ème Monde, la naissance.
Le 3ème Monde, l’abandon du corps et la naissance de l’âme pour entrée dans un monde idéal qui est notre destination ultime.

En d’autres termes :

Le 1er monde est ténèbres,
Le 2ème mélange de lumière et d’obscurité.
Le 3ème la Lumière.

Si la souffrance m’est épargnée, je pense que je vivrais mes derniers instants dans un curieux sentiment de perplexité mêlé de l’impression de retrouver ma véritable nature, hors de toute distraction.

Etant présent aux côtés de mes proches pour les accompagner dans leur nouvelles vies, j’ai ressenti ces jours là, un très grand chagrin, néanmoins, un message d’espérance.

Ils sont partis apaisés, souriants, tranquilles, je sais aujourd’hui qu’ils sont ailleurs.

La vie c’est la mort, et je pense que la mort n’est pas une fin, car notre vrai vie est ailleurs.
Beaucoup sont ceux qui ce croient immortel, ils oublie le présent de sorte qu’ils ne vivent ni le présent, ni le futur. Finalement ils vivent comme s’il n’allait jamais mourir et ils meurent comme s’ils n’avaient jamais vécu. Et pis encore comme le disait Neitchshe « celui qui n’as pas de mémoire n’as pas d’avenir ».

Ils seront passés sans laisser de traces, sauf la fatuité de certains somptueux tombeaux souvent délabrés et délaissés par les héritiers qui se sont contentés des valeurs marchandes au détriment du souvenir et respect des défunts.

Le paraître sans l’être.
Comme le dit André Comte-Sponville.

« La mort constitue, pour la pensée Un objet nécessaire et impossible ».

La mémoire des arbres.

Meurs et Deviens : La Vie Nouvelle que Confère L’initiation.

Dès notre entrée en F M, nous nous accoutumons à l’idée de mort et de renaissance. Dés notre première épreuve dans le cabinet de réflexion, la mort est déjà présente. L’épreuve de la terre, la première au REAA est une importance fondamentale ; tout d’abord parce qu’elle constitue un retour dans la nuit cosmique, dans la terre-mère génératrice, analogue au ventre de la mère. Nous sommes replacés dans les conditions d’avant la naissance ? Nous sommes détaché de tous nos métaux qui nous relient à notre condition profane, nous sommes conduit par le frère expert dans le cabinet de réflexion et nous demande de rédiger notre testament philosophique.

Nous nous retrouvons dans les ténèbres faiblement éclairées d’une bougie, assis sur un tabouret face a une table pour qu’on observe la décoration symbolique (un sablier ou le temps s’écoule, une faux, un coq, la formule V.I.T.R.I.O.L, un miroir, un épi de blé, une cruche d’eau, deux coupelles avec du sel du mercure et du souffre). Le crâne et le testament philosophique nous invitent déjà à nous libérer de composantes profanes, matérielles, intellectuelles, qui parent notre ego. Mais à côté de ces symboles de mort, nous retrouvons le coq annonciateur de la lumière qui nous rappelle que passer une certaine mort permettra sans doute de renaître à une vie nouvelle. Et c’est ainsi que dès notre arrivée nous savons que la mort est nécessaire afin de mieux renaître.

Au stade actuel de mon chemin maçonnique, j’ai identifié trois types de mort :

Le premier : la mort profane.
Le deuxième : la mort symbolique.
Et le troisième : le passage à l’orient éternel.

Donc, pour toute nouvelle naissance d’un nouveau F, il y a la mort d’un profane ou devrais-je dire la mort à quelque chose. Nous pouvons dire qu’il s’agit en quelque sorte, de mourir symboliquement de son vivant, d’abandonner non sans un certain déchirement, nos préjugés et nos illusions. Mais pour cela, il faut vaincre la peur du changement et oser se rêver meilleur et plus authentique.

Les rites d’initiation sont des représentations symboliques de la mort et de la naissance, vers une vie nouvelle par la mort. Nous avons là, deux dualités indissociables « naissance – mort » et « mort – naissance ». Et cette dualité, nous la retrouvons également dans notre initiation maçonnique au REAA, par la Séparation ou l’isolement du candidat (cabinet de réflexion), les épreuves proprement dites.

Enfin la reconnaissance du néophyte au nouveau statut de Frère.

Les deux idées de mort et d’initiation impliquent également celle de voyage et de mutation. L’initié est celui qui a su mourir à quelque chose pour renaître au-delà. Le « vieil homme » meurt pour donner naissance à « l’homme nouveau ». Mais cette séance n’est pas chose facile.

Je conclurai ce travail en citant ces quelques phrases que j’ai lu par-ci par là.

Un Homme qui meurt, c’est comme un livre qui, un jour, se ferme définitivement. Mais laisser moi croire que quelqu’un ira le chercher en haut d’un rayonnage et le rouvrira.

Lorsqu’un homme vient au monde, ses mains sont fermées et repliées, comme pour dire :
« Le monde entier est à moi, et j’en prend possession ! »

Lorsqu’il quitte ce monde, ses mains sont tendues et grandes ouvertes comme pour dire :
« Je n’ai rien possédé en ce monde ! »

Pour celui qui ne connaît pas la valeur de la vie, l’existence est effectivement insignifiante, pour celui qui en connaît le prix, elle est inestimable. Pour l’un, la vie est une longue agonie, pour l’autre le parvis magnifique d’un grand palais.

Si la mort est la fin de tout, alors la vie n’a pas de sens, mais si la vie a un sens alors la mort n’est pas une fin.

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