Le Bas
#313007
La Fenêtre
B∴ T∴
C’est
par la fenêtre que passe la lumière, ou
les Lumières si l’on fait
référence au siècle éponyme
qui fut celui des
premiers pas officialisés de la Franc-Maçonnerie
opérative en 1717.
Dans la Table d’ Emeraude attribuée à Hermès trismégiste, nous lisons « La première chose qui parut fut la lumière de la parole de Dieu. Elle donna naissance à l’action, l’action au mouvement et celui-ci à la chaleur »
D’après la Genèse (I,1 à 4), au commencement Dieu créa les cieux et la Terre, et son esprit se mouvait au -dessus des eaux, puis il créa ensuite la lumière, ce qui nous indique clairement que, sur le plan strictement physique, il faut un support tel que l’air ou la terre, voire une surface miroir telle que l’eau pour rendre visible la lumière, il en est de même au plan symbolique ;
Pour être perceptible, la lumière doit ainsi se matérialiser sous différentes formes ;grâce à son introduction par la fenêtre, on peut la construire, la contenir, la faire se diffuser, la colorer ou lui donner de la densité.
La lumière est avant tout associée à la diffusion et à la transformation. L’être ou le lieu inondé de lumière parait se transformer en cette radiation, à tel point qu’il devient lui-même lumière.
Les fenêtres du Temple sont l’objetd’études essentiellement symboliques. La référence biblique se trouve dans (I, Rois 6,4) où il est rapporté que « Le Roi [Salomon] fit à la Maison [de l’Eternel] des fenêtres solidement grillagées »
Il n’est pas fait mention de 3 fenêtres, le nombre 3 a probablement été choisi plus tard pour des motifs purement symboliques comme le furent les 3 grandes lumières ou les 3 niveaux de l’ échelle de Jacob correspondant aux trois groupes hiérarchiques des anges, tels qu’ils furent définis par le pseudo-Denys l’ Aréopagite au début du moyen-Age.
Les tableaux de loge font figurer ces fenêtres à l’ Orient, au Midi et à l’Occident, disposition qui était celles des ouvertures lumineuses des loges ou ateliers des maçons francs et oeuvrierstravaillant sur le chantier des cathédrales, accolées à l’abri du regard des profanescontre le mur Sud, et donc privées de la lumière du Nord. D’ailleurs dans les régions froides, le côté Nord des églises souvent ne comporte que peu de fenêtres, voire pas du tout .
La forme même de ces fenêtres varie en fonction des représentations figurées sur le tableau de loge, souvent rectangulaires présentant trois divisions horizontales et trois barreaux verticaux ou d’autres combinaisonsformant des carrés, des rectangles ou des lozanges .
Sur certains tableaux de loge, la partie supérieure est voûtée en berceau, plein cintre ou ogive.
Un des premiers manuels d’instruction datant de 1730, le « Masonry Dissected de Prichard » ne donne aucune information quant à la taille ou à la configuration de la fenêtredans le passage suivant :
« Avez-vous des lumières fixes dans la Loge ,
–Oui.
–Combien y en a-t-il ?
–Trois.
–Ces lumières fixes sont censées être dans toute pièce où se tient une Loge. Où sont-elles ?
–A l’ Est, au Sud et à l’ Ouest ;
–A quoi servent-elles ?
–A éclairer les ouvriers, avant, pendant et après le travail ;
–Pourquoi n’y a-t-il pas de fenêtres au Nord ?
–Par ce que le soleil ne donne pas de ce côté .
–Où se tient le Maître ?
–A l’ Est ;
–Pourquoi ?
–Comme le soleil se lève à l’ Orient et ouvre le jour, de même le Maître se tient à l’ Est pour ouvrir la Loge et mettre les ouvriers au travail . »
Sur le tapis de loge, il y adonc 3 fenêtres grillagées, la première à l’Orient, la secondeau Midi et la troisième à l’Occident. On n’en trouve pas au Nord car il n’y a pas de lumière, c’est la colonne des apprentis qui se trouve dans le froid et l’obscurité, ne recevant la lumière que par le reflet de la lune .
Selon la plupart des manuels des apprentis, ces derniers se trouvent dans la zone supposée être la moins éclairée de la loge. On peut considérer au contraire que, placés au Nord, ils reçoivent l’intensité de la lumière de la fenêtre Sud qui leur fait face et les éclaire …
La fenêtre est souvent composée d’une base carrée surmontée d’un arc de cercle, représentant le passage du plan terrestre au plan céleste. En tant qu’ouverture sur l’air et la Lumière, la fenêtre symbolise la réceptivité. Si l’ouverture est ronde, la réceptivité est de même nature que celle de l’œil ou de la conscience. Si elle est rectangulaire, nous sommes en présence d’une réceptivité de l’ordre terrestre. La fenêtre carrée ou rectangulairecontient, dans l’iconographie du vitrail, des messages de nature humaine, alors que les fenêtres de forme circulaire véhicules des messages divins. On reconnait ici le symbolisme du 4 terrestre et celui du cercle ou de la voûte de nature céleste et extra-terrestre, c’est-à-dire divine , en liaison avecrespectivement l’équerre et le compas.
Le mot « fenêtre » se dit en latin »fenestra », signifiant la voie, l’issue. Il existe danstoute construction des fenêtre murées, on dit qu’elles sont aveugles .Un des symboles de la fenêtre, celui qui apparait comme essentiel, est celui de la lumière, et le fait que la baie soit grillagée estun rappel de l’exigence du silence lié au grade d’apprenti ;
La Loge est toutefois en communication avec le monde extérieur grâce à ces 3 fenêtres, certaines sont vitrées, amoindrissant ainsi les bruitset rejoignant la notion desecret ou du moins de discrétion évoquées ci-dessus .
La fenêtre est porteuse de beaucoup de correspondances symboliques : la baie de l’ Orient s’illumine des rayons du soleil levant dissipant les ténèbres , lumière combative image de l’enthousiasme du jeune homme s’attaquant aux vieilles erreurs et aux préjugés récurrents . Ici s’exerce la raison pure cherchant à détruire tout ce qui n’est pas fondé ou étayé .
Puis, par l’ouverture du Midi, la grande lumière du jour chasse l’ombre et la réduit à son minimum, présentant les choses telles qu’elles sont dans leur réalité la plus visible, objective. Cette approche est celle de l’observation strictement positive de données scientifiquement établies par l’homme adulte, en pleine possession de ses moyens .
Enfin, la lumière du couchant illuminant la baie occidentale témoigne de tout ce qui mérite d’ être conservé, ayantpassé l’épreuve de la sagesse et de la vérité.
Ces trois âges de l’homme ci-dessus évoqués sont à mettre en relation avec le soleil éclairant la loge à son lever, à son méridien et à son coucher. Ce sont les trois stations du soleil qui indiquent les 3 principales heures du temps maçonnique, celle où les ouvriers se mettent au travail, celle où ils le réalisent eu celle où ils le quittent. Il s’agit aussi de permettre la réception de la lumière à ces 3 stades et certainement sous 3 niveaux différents de compréhension .
Dans nos locaux, les fenêtres apparaissent sur les tableaux de loge et sont très rarement figurées aux murs de la pièce, contrairement aux lacs d’amour, par exemple. Elles apparaissent encore plus rarement sous forme de fenêtres réelles. Le Grand Temple de la Rue Puteaux de Paris constitue une exception : il est doté de vitraux, qui n’ont aucune signification symbolique, mais plus prosaïquement sont ici car le lieu est un ancien couvent !
Il n’en reste pas moins vrai que, dans la quasi-totalité des cathédrales, églises, temples et toute bâtisse à usage sacré ou profane, les fenêtres sont vitrées ou garnies de vitraux .
La vitre fait office de support qui révèle la lumière, la fixe et la filtre.
Dans le cas du vitrail cistercien, c’est-à-dire quasiment incolore, la lumière traverse le filtre du verre sans réfraction. Ici, le vitrail capte la lumière, la rend présente et la matérialise sans la déformer. De manière opérative comme symbolique, l’observateur de cette lumière en bénéficie par ressenti direct, par perception immédiate : l’illumination passant par la fenêtre est de nature diurne et solaire, elle s’apparente à celle de la lumière initiatique qui doit révéler sans aveugler.
La lumière de type indirect et lunaire, au contraire, est de nature réfléchie et offre un accès à une connaissance étayée, relevant du domaine rationnel.
Dans la réalité, la fenêtrevitrée joue pleinement et en permanence son rôle de filtre : sachant que la lumière solaire est une conjonctionde vibrations lumineuses et de particules d’énergie actives, pénétrantes et stérilisantes, le verre apparait comme un système sélectif qui canalise les énergies de la lumière en permettant seulement le passage de certaines vibrations jugées utiles à l’évolution de l’homme, la chromothérapie relève de ce domaine .
La lumière accompagne l’épanouissement de tout être par son élévation, au même titre que le chant, la fumée de l’encens, les parfums ou la prière, cette synesthésie est illustrée par le propos de Theillard de Chardin « Tout ce qui monte converge » La lumière est en liaison avec l’air, c’est-à-dire le vent, le souffle, le monde subtilou encore le pranâ ; qui sont autant d’intermédiaires entre le ciel et la terre, relevant du souffle vital cosmique créateur identifié avec le Verbe .
La perception indirecte de la Lumièrerelève de la notion de diaphane. Selon Aristote, le diaphane est la « farine invisible de l’air » : de même que le brouillard transmet la lumière , sans que l’on sache d’où elle vient, mais elle bénéficie toutefois à con réceptionnaire. C’est ici le concept de translucidité qui s’applique, en référence aux murs en pierres précieuses de la Jérusalem Céleste : la source de lumière est cachée, mais présente .
Conclusion
Ce qui est important dans la lumière entrant par la fenêtre, c’est donc sa perception et la façon dont elle est restituée, vécue ou utilisée par le lieu ou la personne qui en bénéficie.
La lumière est le vecteur sensible de la vie invisible. Tout bon maître-Verrier qui balaye le chantier après avoir travaillé sur un vitrail observe et souvent admire quelques grains de poussière en suspension révélés par la lumière colorée du vitrail se projetant au sol. Ainsi la lumière révèle la poussière, tout comme la poussière en tant que support matériel matérialise la lumière ; de même, la lumière doit révéler l’individu à lui-même : « Deviens ce que tu es ».
C’est le support qui révèle la lumière, soit directement, soit par réflexion ou redistribution comme l’expose le soufi Al-Ghazâlî « Que l’on se représente par exemple la lumière de la lune qui provient du soleil, entrant par une fenêtre dans une pièce et se reflétant dans un miroir suspendu à un mur qui la rejette sur un autre mur, lequel à son tour la revoie sur le sol »…quelle belle définition du travail en loge et de la fraternité !
Dans les cathédrales ou les abbayes, à Chartres comme à Baume les Messieurs (Jura), la perception de la lumière est modifiée en fonction du profil des colonnes –cylindriques, carrées ou octogonales mais dans tous les cas, il s’agira bien de la même lumière … à chacun de nous de la recevoir, de la comprendre, de la transmettre…
VM, j’ai dit
Dans la Table d’ Emeraude attribuée à Hermès trismégiste, nous lisons « La première chose qui parut fut la lumière de la parole de Dieu. Elle donna naissance à l’action, l’action au mouvement et celui-ci à la chaleur »
D’après la Genèse (I,1 à 4), au commencement Dieu créa les cieux et la Terre, et son esprit se mouvait au -dessus des eaux, puis il créa ensuite la lumière, ce qui nous indique clairement que, sur le plan strictement physique, il faut un support tel que l’air ou la terre, voire une surface miroir telle que l’eau pour rendre visible la lumière, il en est de même au plan symbolique ;
Pour être perceptible, la lumière doit ainsi se matérialiser sous différentes formes ;grâce à son introduction par la fenêtre, on peut la construire, la contenir, la faire se diffuser, la colorer ou lui donner de la densité.
La lumière est avant tout associée à la diffusion et à la transformation. L’être ou le lieu inondé de lumière parait se transformer en cette radiation, à tel point qu’il devient lui-même lumière.
Les fenêtres du Temple sont l’objetd’études essentiellement symboliques. La référence biblique se trouve dans (I, Rois 6,4) où il est rapporté que « Le Roi [Salomon] fit à la Maison [de l’Eternel] des fenêtres solidement grillagées »
Il n’est pas fait mention de 3 fenêtres, le nombre 3 a probablement été choisi plus tard pour des motifs purement symboliques comme le furent les 3 grandes lumières ou les 3 niveaux de l’ échelle de Jacob correspondant aux trois groupes hiérarchiques des anges, tels qu’ils furent définis par le pseudo-Denys l’ Aréopagite au début du moyen-Age.
Les tableaux de loge font figurer ces fenêtres à l’ Orient, au Midi et à l’Occident, disposition qui était celles des ouvertures lumineuses des loges ou ateliers des maçons francs et oeuvrierstravaillant sur le chantier des cathédrales, accolées à l’abri du regard des profanescontre le mur Sud, et donc privées de la lumière du Nord. D’ailleurs dans les régions froides, le côté Nord des églises souvent ne comporte que peu de fenêtres, voire pas du tout .
La forme même de ces fenêtres varie en fonction des représentations figurées sur le tableau de loge, souvent rectangulaires présentant trois divisions horizontales et trois barreaux verticaux ou d’autres combinaisonsformant des carrés, des rectangles ou des lozanges .
Sur certains tableaux de loge, la partie supérieure est voûtée en berceau, plein cintre ou ogive.
Un des premiers manuels d’instruction datant de 1730, le « Masonry Dissected de Prichard » ne donne aucune information quant à la taille ou à la configuration de la fenêtredans le passage suivant :
« Avez-vous des lumières fixes dans la Loge ,
–Oui.
–Combien y en a-t-il ?
–Trois.
–Ces lumières fixes sont censées être dans toute pièce où se tient une Loge. Où sont-elles ?
–A l’ Est, au Sud et à l’ Ouest ;
–A quoi servent-elles ?
–A éclairer les ouvriers, avant, pendant et après le travail ;
–Pourquoi n’y a-t-il pas de fenêtres au Nord ?
–Par ce que le soleil ne donne pas de ce côté .
–Où se tient le Maître ?
–A l’ Est ;
–Pourquoi ?
–Comme le soleil se lève à l’ Orient et ouvre le jour, de même le Maître se tient à l’ Est pour ouvrir la Loge et mettre les ouvriers au travail . »
Sur le tapis de loge, il y adonc 3 fenêtres grillagées, la première à l’Orient, la secondeau Midi et la troisième à l’Occident. On n’en trouve pas au Nord car il n’y a pas de lumière, c’est la colonne des apprentis qui se trouve dans le froid et l’obscurité, ne recevant la lumière que par le reflet de la lune .
Selon la plupart des manuels des apprentis, ces derniers se trouvent dans la zone supposée être la moins éclairée de la loge. On peut considérer au contraire que, placés au Nord, ils reçoivent l’intensité de la lumière de la fenêtre Sud qui leur fait face et les éclaire …
La fenêtre est souvent composée d’une base carrée surmontée d’un arc de cercle, représentant le passage du plan terrestre au plan céleste. En tant qu’ouverture sur l’air et la Lumière, la fenêtre symbolise la réceptivité. Si l’ouverture est ronde, la réceptivité est de même nature que celle de l’œil ou de la conscience. Si elle est rectangulaire, nous sommes en présence d’une réceptivité de l’ordre terrestre. La fenêtre carrée ou rectangulairecontient, dans l’iconographie du vitrail, des messages de nature humaine, alors que les fenêtres de forme circulaire véhicules des messages divins. On reconnait ici le symbolisme du 4 terrestre et celui du cercle ou de la voûte de nature céleste et extra-terrestre, c’est-à-dire divine , en liaison avecrespectivement l’équerre et le compas.
Le mot « fenêtre » se dit en latin »fenestra », signifiant la voie, l’issue. Il existe danstoute construction des fenêtre murées, on dit qu’elles sont aveugles .Un des symboles de la fenêtre, celui qui apparait comme essentiel, est celui de la lumière, et le fait que la baie soit grillagée estun rappel de l’exigence du silence lié au grade d’apprenti ;
La Loge est toutefois en communication avec le monde extérieur grâce à ces 3 fenêtres, certaines sont vitrées, amoindrissant ainsi les bruitset rejoignant la notion desecret ou du moins de discrétion évoquées ci-dessus .
La fenêtre est porteuse de beaucoup de correspondances symboliques : la baie de l’ Orient s’illumine des rayons du soleil levant dissipant les ténèbres , lumière combative image de l’enthousiasme du jeune homme s’attaquant aux vieilles erreurs et aux préjugés récurrents . Ici s’exerce la raison pure cherchant à détruire tout ce qui n’est pas fondé ou étayé .
Puis, par l’ouverture du Midi, la grande lumière du jour chasse l’ombre et la réduit à son minimum, présentant les choses telles qu’elles sont dans leur réalité la plus visible, objective. Cette approche est celle de l’observation strictement positive de données scientifiquement établies par l’homme adulte, en pleine possession de ses moyens .
Enfin, la lumière du couchant illuminant la baie occidentale témoigne de tout ce qui mérite d’ être conservé, ayantpassé l’épreuve de la sagesse et de la vérité.
Ces trois âges de l’homme ci-dessus évoqués sont à mettre en relation avec le soleil éclairant la loge à son lever, à son méridien et à son coucher. Ce sont les trois stations du soleil qui indiquent les 3 principales heures du temps maçonnique, celle où les ouvriers se mettent au travail, celle où ils le réalisent eu celle où ils le quittent. Il s’agit aussi de permettre la réception de la lumière à ces 3 stades et certainement sous 3 niveaux différents de compréhension .
Dans nos locaux, les fenêtres apparaissent sur les tableaux de loge et sont très rarement figurées aux murs de la pièce, contrairement aux lacs d’amour, par exemple. Elles apparaissent encore plus rarement sous forme de fenêtres réelles. Le Grand Temple de la Rue Puteaux de Paris constitue une exception : il est doté de vitraux, qui n’ont aucune signification symbolique, mais plus prosaïquement sont ici car le lieu est un ancien couvent !
Il n’en reste pas moins vrai que, dans la quasi-totalité des cathédrales, églises, temples et toute bâtisse à usage sacré ou profane, les fenêtres sont vitrées ou garnies de vitraux .
La vitre fait office de support qui révèle la lumière, la fixe et la filtre.
Dans le cas du vitrail cistercien, c’est-à-dire quasiment incolore, la lumière traverse le filtre du verre sans réfraction. Ici, le vitrail capte la lumière, la rend présente et la matérialise sans la déformer. De manière opérative comme symbolique, l’observateur de cette lumière en bénéficie par ressenti direct, par perception immédiate : l’illumination passant par la fenêtre est de nature diurne et solaire, elle s’apparente à celle de la lumière initiatique qui doit révéler sans aveugler.
La lumière de type indirect et lunaire, au contraire, est de nature réfléchie et offre un accès à une connaissance étayée, relevant du domaine rationnel.
Dans la réalité, la fenêtrevitrée joue pleinement et en permanence son rôle de filtre : sachant que la lumière solaire est une conjonctionde vibrations lumineuses et de particules d’énergie actives, pénétrantes et stérilisantes, le verre apparait comme un système sélectif qui canalise les énergies de la lumière en permettant seulement le passage de certaines vibrations jugées utiles à l’évolution de l’homme, la chromothérapie relève de ce domaine .
La lumière accompagne l’épanouissement de tout être par son élévation, au même titre que le chant, la fumée de l’encens, les parfums ou la prière, cette synesthésie est illustrée par le propos de Theillard de Chardin « Tout ce qui monte converge » La lumière est en liaison avec l’air, c’est-à-dire le vent, le souffle, le monde subtilou encore le pranâ ; qui sont autant d’intermédiaires entre le ciel et la terre, relevant du souffle vital cosmique créateur identifié avec le Verbe .
La perception indirecte de la Lumièrerelève de la notion de diaphane. Selon Aristote, le diaphane est la « farine invisible de l’air » : de même que le brouillard transmet la lumière , sans que l’on sache d’où elle vient, mais elle bénéficie toutefois à con réceptionnaire. C’est ici le concept de translucidité qui s’applique, en référence aux murs en pierres précieuses de la Jérusalem Céleste : la source de lumière est cachée, mais présente .
Conclusion
Ce qui est important dans la lumière entrant par la fenêtre, c’est donc sa perception et la façon dont elle est restituée, vécue ou utilisée par le lieu ou la personne qui en bénéficie.
La lumière est le vecteur sensible de la vie invisible. Tout bon maître-Verrier qui balaye le chantier après avoir travaillé sur un vitrail observe et souvent admire quelques grains de poussière en suspension révélés par la lumière colorée du vitrail se projetant au sol. Ainsi la lumière révèle la poussière, tout comme la poussière en tant que support matériel matérialise la lumière ; de même, la lumière doit révéler l’individu à lui-même : « Deviens ce que tu es ».
C’est le support qui révèle la lumière, soit directement, soit par réflexion ou redistribution comme l’expose le soufi Al-Ghazâlî « Que l’on se représente par exemple la lumière de la lune qui provient du soleil, entrant par une fenêtre dans une pièce et se reflétant dans un miroir suspendu à un mur qui la rejette sur un autre mur, lequel à son tour la revoie sur le sol »…quelle belle définition du travail en loge et de la fraternité !
Dans les cathédrales ou les abbayes, à Chartres comme à Baume les Messieurs (Jura), la perception de la lumière est modifiée en fonction du profil des colonnes –cylindriques, carrées ou octogonales mais dans tous les cas, il s’agira bien de la même lumière … à chacun de nous de la recevoir, de la comprendre, de la transmettre…
VM, j’ai dit