Le Coq
Non communiqué
A la gloire du G.A.D.L.U., Vénérable M :. et vous tous mes FF :. en vos degrés
et qualités,
Le coq a toujours été là, au cours de ma vie et souvent symbole d’un nouveau
départ.
Pour clin d’œil, mon signe astrologique chinois est le coq. Je n’y vois aucune
utilité pour mon augmentation de salaire, mais juste mon premier lien avec le
coq.
Je vais donc vous partager ma planche en trois corps, le coq noir, le coq rouge
puis le coq blanc.
LE COQ NOIR
chante une première fois, juste avant le premier rayon de lumière, lorsque
seule la Terre existe.
Vers 15 ans, il me fallut persuader mon beau-père d’accepter de nous héberger
moi et ma sœur afin de suivre notre scolarité confortablement. Chose qu’il
accepta tout en nous rappelant qu’il s’agissait bien de vivre sous le même toit
et de suivre des règles comme l’entraide, chose que je m’étais empressé d’accepter.
Je me souviens que mon premier labeur, ma première implication dans les tâches
familiales, avait été de travailler sur notre volatile. Devant la maison
trônait un coq de 150 à 200 kg en fonte, qu’il me fallu décaper et repeindre.
Je me rappelle avoir travaillé avec sueur et pesté en pensant à mes copains qui
flânaient en ville. J’étais seul isolé à m’appliquer à mon devoir. Quel étrange
parallèle avec nos travaux en loge alors qu’à l’extérieur du temple le monde
profane s’excite.
Une fois mes travaux terminés, ce coq qui trônait devant la maison, était
devenu ma fierté, que j’eu l’occasion d’admirer chaque matin durant quelques
années, en partant apprendre à l’école.
Il vous sera facile de comparer mon coq à celui des clochers, que le plus jeune
des apprentis compagnons bâtisseurs de cathédrales plaçait au sommet de la
flèche des églises et des cathédrales, dans le but de rappeler aux villageois,
qui passaient devant, d’être vigilants et persévérants, sans oublier pour les
croyants la résurrection du Christ.
Je me permets un petit détail, en travaillant le sujet des cochets, autrement
dits coqs girouettes, j’appris qu’à l’occasion de sa mise, ou remise en place,
il était de coutume de lui faire faire 3 tours sur son axe : un pour le Curé,
l’Eglise ; un pour le Maire, l’Etat ; un pour le couvreur, le compagnon. Le Coq
symbole de l’Eglise, symbole de l’Etat et symbole maçonnique… Et même si ces
trois institutions partagent le symbole du coq, chaque tour symbolise leur
séparation.
LE COQ ROUGE
chante une deuxième fois, lorsque la lumière et la Terre s’observent mais ne se
rencontrent pas, comme contraints d’être séparés.
Le coq revint quelques années plus tard lors du décès de mon grand-père
paternel. J’eu la chance d’obtenir quelques métaux lui ayant appartenu,
entre-autre ma première pièce en or de 20 francs, frappée d’un coq gaulois.
Cette pièce était mon petit trésor, et j’identifie celle-ci au souvenir de mon
grand-père, qui était un homme travailleur doué de ses mains, véritable
ébéniste, et toujours sage. Et afin de garder auprès de moi ce drôle d’oiseau,
j’entrepris de faire modifier sa chevalière pour y faire fondre ce même coq
gaulois. J’identifie sans difficultés mon grand-père au coq. Sage, travailleur,
bienveillant. Rapport facile à la sagesse, la vigilance et la persévérance. Je
ne manque pas de relever la symbolique maçonnique détournée au profit de ma
planche.
Ce coq m’aida à passer le deuil de mon grand-père, et il m’accompagne désormais
dans ma vie. Il chanta après la mort, pour faire fuir les ténèbres, et pour
annoncer la vie et le travail quotidien. Je prends la suite des travaux de mon
grand-père en faisant de mon quotidien le meilleur quotidien de mon prochain.
LE COQ BLANC
chante une troisième fois, lorsque la lumière est vérité et la Terre illuminée.
Plus tard, je rencontrai un nouveau coq, celui-ci différent des autres, mais
toujours rassurant, car connu et m’accompagnant chaque jour de ma vie.
C’est en m’installant dans le cabinet de réflexion que je découvris celui-ci,
mais cette fois-ci éclairé d’une simple bougie, laissant distinguer ses trois
couleurs, noir, rouge et blanc. Il était intriguant. Que faisait-il ici ?
Pourquoi était-il dans la pénombre ? Pourquoi était-ce le seul symbole vivant
du cabinet de réflexion ?
Le livre de la Genèse indique « Au commencement, Dieu créa le Ciel et la Terre
». Une parfaite opposition entre les ténèbres sur terre et le Divin qui planait
au-dessus.
« La lumière fit le jour et les ténèbres la nuit. Il y eu des matins et des
soirs. Ce fut le premier jour. »
La lumière est vie, elle vient du ciel, elle est divine. En opposition, le
cabinet de réflexion, dans la pénombre, nous invite à mourir pour renaître.
En mourant, nous quittons la terre, le réel, pour nous rapprocher du Divin, et
nous établir dans le Vrai, la création de tout, le G.A.D.L.U.
Et voici pour moi toute la symbolique du coq. Le coq est notre pendant. Il est
oiseau et peut communiquer avec le Ciel, et le donc le Divin, mais il est privé
de ses ailes et doit rester sur Terre, dans le réel. Comme le F.M. est dans le
réel et cherche à communiquer avec le Vrai.
Le coq est le lien descendant du Ciel à la Terre, et l’homme le lien montant de
la Terre au Ciel. Un lien fort et pourtant aux forces antagonistes comme le
sont les frères Abel et Caïn. L’un proche du divin et l’autre destiné à errer.
Un lien fraternel qui ne peut être rompu que par la jalousie et la mort.
L’apprenti et le coq sont unis comme des frères par la lumière, ils sont les
polarités opposées de la connexion entre le Vrai et le Réel, le lien entre le
Divin et le Chaos. Cette connexion entre eux doit être parfaitement verticale,
comme tirée au fil à plomb, pour que la lumière, tombant de la voute étoilée,
révèle la pierre philosophale du F.M., cachée en ses entrailles.
Alors, sa pierre cristalline trouvée, et tel un coq, le F.M. invincible aura le
verbe clair et l’éloquence d’un orateur.
Veillant dans la pénombre, vigilant, le coq guette l’instant où la lumière
jaillira pour chanter et rappeler au F.M., que même s’il a trouvé sa pierre
intérieure, chaque fois qu’il entendra chanter le coq, il se devra de la
tailler, de la polir, pour que celle-ci reflète la lumière, et qu’à son tour il
illumine d’autres pierres.
J’ai dit.