Le GADLU #3103008

Le GADLU et les deux Saint-Jean

Auteur:

C∴ T∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
:  NC 07/2017


La notion du Grand Architecte de l’Univers appartient essentiellement au monde maçonnique, nous l’avons vu. Les Deux Saints Jean sont plus que présents dans l’ensemble des Rites maçonniques sans qu’ils en aient, certes, une exclusivité quelconque. Mais, leur présence est telle qu’il est difficile de ne pas se poser la question de la relation entre Gadlu et Saint Jean.


Alors, cherchons…



En maçonnerie, Saint-Jean est évoqué à de nombreuses reprises.


A la Question « Comment s’appelle votre loge ? », il est traditionnellement répondu : « La loge de Saint-Jean ». Dans les constitutions d’Anderson de 1723, il est dit que toute franc-maçonnerie repose sur deux principes : le premier dit que la vie maçonnique doit être vécue par le cœur et par l’esprit ; le second est le rattachement à une loge de Saint-Jean.


Par ailleurs, les loges célèbrent très souvent des tenues spéciales lors de fêtes de Saint-Jean : Saint-Jean Baptiste le 24 juin et Saint-Jean l’évangéliste le 27 décembre.


Mais de quel Saint-Jean s’agit-il ?


S’agit-il de Saint-Jean le Baptiste, celui qui baptisait dans le Jourdain, ou bien de Saint-Jean l’évangéliste, l’apôtre que Jésus aimait ?


Serait-ce le christianisme qui influença dans sa symbolique et sa pensée la philosophie maçonnique ?


S’agit-il tout simplement de placer au centre de toute tenue maçonnique, le LOGOS, fortement présent dans le prologue de Saint-Jean, ce LOGOS qui est la parole, mais aussi l’esprit qui doit être sans cesse en mouvement et en création pour vivre.


Il faut peut-être aussi rechercher le rattachement à la Saint-Jean du coté de l’Ecosse avec la fondation en 1736 de la Grande Loge de Saint-Jean d’Edimbourg.


En fait, au début du 17e siècle, existaient deux grandes loges à Edimbourg. L’une est la grande loge de Saint-Jean (pour les 3 grades symboliques), l’autre est la grande loge royale de Hérédon de Kilwinning pour les hauts grades.



Nous sommes réunis dans des Loges de Jean et les épreuves de l’eau et du feu viennent de phases initiatiques pratiquées au sein de « l’Eglise de Jean », institution ésotérique, concurrente malheureuse de l’Eglise de Pierre. Les sociétés secrètes occidentales, en général, se réfèrent ou, à tout le moins, honorent Saint Jean. Nous le savons, au Moyen Age, parmi les bâtisseurs, existaient des confréries et des confraternités de Saint-Jean, c’est un fait ! Les célèbres « constitutions d’Anderson » montrent l’importance donnée à Jean, c’est un autre fait.


La Bible, dans la Loge, est souvent ouverte à l’Evangile de Jean, sans pour autant présenter une quelconque obligation… L’un des rares documents que nous possédions est le Manuscrit irlandais Sloane qui date de 1710 (avant donc la création de la Grande Loge de Londres) et dont le catéchisme fait nettement référence à Saint-Jean : « Où fut convoquée la première Loge ? Dans la chapelle de Saint-Jean ».


Notons la notion de « chapelle », très différente de celle de « taverne ».



Dans le Manuscrit Dumfries (également daté de 1710, en fait on ne connaît pas la date de la copie retrouvée, mais Dumfries étant situé en Ecosse, on peut penser que ce document fut créé au début du 16e siècle), l’apprenti doit répondre à la question : « Dans quelle loge avez-vous été reçu ? » par « Dans une véritable loge de Saint-Jean ». Ce dernier document prouve que les maçons écossais invoquaient Saint-Jean.


Les seules preuves historiques d’indication à Saint Jean sont postérieures au 14e siècle, siècle des cathédrales. Elles concernent soit des réunions de maçons (1429 à Oxford), soit des assemblées de certaines confréries le jour de la Saint-Jean d’Hiver (assemblée du 27 décembre 1561 à York) ou le jour de la Saint-Jean le Baptiste (assemblée du 24 juin 1502 en Angleterre).


Pourtant, il semble bien que, déjà, lors de la construction de la Cathédrale de Strasbourg, vers 1315, le Grand Architecte est présent, selon un texte d’un auteur inconnu, retrouvé il y a quelques vingt ans : « Dieu, notre autorité intime, le directeur de notre conscience, est le Grand Architecte de la vie humaine, est le Grand Architecte de l’Univers ». Alors que Jean n’apparaît pas encore !



La référence à Saint Jean fut pour les maçons modernes écossais, tel William Shaw (1598), la marque d’un désir d’établir symboliquement un temple parfait (l’Homme) comme devrait l’être celui de la Cité Céleste décrite dans l’Apocalypse.


William Shaw, serait-il le véritable « inventeur » ou initiateur de cette référence ? Nous ne sommes pas loin de le penser !


Ces loges s’ouvrent depuis longtemps aux non opératifs, pour des raisons souvent financières, mais également pour répondre à un besoin d’échanges ésotériques et de convivialité. Certains, peu nombreux certes, devaient rechercher un climat spirituel fort, renforcé par la présence de symboles puissants. Durant les 16e et 17e siècles, les régions anglaises en contact avec l’Ecosse furent influencées par le mouvement des loges lancé par William Shaw, puisque l’on retrouve des loges anglaises aux alentours du Nord de l’Angleterre. Les loges anglaises, à l’instar de leurs sœurs écossaises, semblaient, en ce temps-là, invoquer saint Jean.


Le 16e siècle est particulièrement chrétien, comme les suivants et les précédents d’ailleurs, il ne faut donc pas s’étonner de cette connotation.


Les travailleurs des chantiers des cathédrales se réunissaient dans des loges dites de « Saint-Jean ». Pourtant, ils avaient dédié leurs loges aux Quatre Couronnées qui représentaient une légende antique sans aucune référence à saint Jean. La fête principale des travailleurs des chantiers se déroulait en un point de repère aisé (la saint Jean) et marquait ainsi, visiblement, une référence chrétienne très forte.


On ne peut conclure, à l’époque du Moyen Age, que saint Jean fut le patron des maçons. En revanche, quelque temps plus tard, en Écosse et sous l’influence de William Shaw, la maçonnerie semble se relier avec le personnage du Maître de Sagesse, le Jean « qui prêchait dans le désert » (le lieu d’initiation par excellence).



Est-ce notre véritable origine ? Le choix entre l’un des deux Jean est donc remis en question. Il semble sage de garder les deux Jean car chacun apporte son enseignement ésotérique.


Ainsi, se constitue la première forme d’une franc-maçonnerie de nature spirituelle et traditionnelle, les membres étant invités à méditer sur la Loi d’Amour de l’Évangile de Saint Jean et conserve l’enseignement de la purification de l’eau du Baptiste.


Cette maçonnerie rejette certes toute spiritualité laïque ou athée, elle ne conçoit la spiritualité que transcendantale, reliée à la religion, à Dieu qui est le GADLU.


Pourtant et nous sommes en présence d’un véritable paradoxe, à l’époque, ces écossais souhaitaient se démarquer d’une institution ecclésiastique pesante et recréer un espace sacré, symbole de liberté de conscience. La loge devint alors un lieu de religiosité sans religion et l’invocation aux deux saints Jean per­mit une ouverture complète, puisque sans autre précision, le maçon évoluait selon son souhait soit dans l’Ancien (le baptiste), soit dans le Nouveau Testament (l’évangéliste), soit encore dans l’Apocalypse… l’important n’était-ce pas de se référer à Jean, le Iohanân, le « venant du Yod ».



Effectivement, l’origine des loges de Saint-Jean est, me semble-t-il, plus ancienne.


Pourquoi pas lors de la Saint-Jean d’hiver 1118, à Jérusalem. Ce jour-là neuf chevaliers prêtèrent serment et fondèrent l’Ordre des Templiers. Cette communauté, invisible aux yeux du monde, allait pendant trois siècles gérer une partie des richesses de l’humanité.


Mais à vénérer un saint, les templiers auraient plutôt choisi Saint-Bernard. En effet, Saint-Bernard occupait à leurs yeux une place plus importante que Saint Jean. Les templiers bénéficiaient du patronage de Bernard de CLAIVAUX qui se fit le défenseur de leur cause et vraisemblablement le rédacteur de leur Règle.


Grâce à lui, ils obtinrent plusieurs bulles pontificales qui les autorisaient à lever des taxes et à percevoir la dîme dans les régions placées sous leur contrôle. Cela leur conféra un pouvoir et une autorité d’importance.


Il faut donc chercher ailleurs nos racines.



Mais qui donc étaient ces deux Jean ?


Saint-Jean Baptiste fut appelé ainsi parce qu’il baptisait dans le Jourdain.


Il prêchait le renoncement et le repentir. On le surnommait Jean le précurseur, précurseur de la lumière, il est celui qui purifie par l’eau, l’initiateur. On lui prête une phrase célèbre : « il faut que je décroisse pour qu’il croisse ». Une explication de cette phrase nous est proposée dans la Bible. Les évangiles nous disent que dès que Marie apprend qu’elle est enceinte, elle se rend chez sa cousine Elisabeth, elle-même enceinte de 6 mois. Celle-ci accouchera donc de Jean-Baptiste six mois avant la naissance de Jésus. Ainsi, Jean Baptiste « initia » Jésus.


Jean-Baptiste partageait sa nourriture et ses vêtements avec les malheureux. Beaucoup le considéraient comme un dangereux personnage, c’est pour ses idées de fraternité et de justice qu’il fut décapité.



C’est à Jean l’évangéliste que nous devons, peut-être, le prologue, véritable monument ésotérique. L’évangile de Saint-Jean est souvent qualifié d’évangile de l’esprit. Il me semble que ce prologue ne peut nous laisser indifférents. C’est, bien sûr, une page à la gloire de Dieu, mais une page au travers de laquelle on peut faire ressortir une recherche de la perfection et de la lumière.


Malgré la beauté de ce texte, il me semble que les origines de Saint Jean sont antérieures au christianisme.



Le nom de Jean est peut-être à rapprocher de celui du dieu romain Janus, en raison de ses deux visages, un vieux représentant le passé, un jeune représentant le futur. Il était le dieu des portes de la ville. Il faut se souvenir que les villes romaines étaient circulaires et coupées en quatre (d’où le terme de quartier), en quatre par deux voies principales, l’une Nord-sud appelée Cardo, l’autre Est-ouest appelée Decumanus.


Janus gouvernait les deux portes symboliquement principales, c’est à dire, la porte Nord, porte des enfers et la porte sud, porte du ciel.


Janus était aussi le dieu des commencements, il est le symbole de l’entrée et de la sortie, du début et de la fin, de l’année qui commence et de celle qui finit, du passé et de l’avenir.


Or, en latin commencer se dit « initiare », Janus était donc le dieu de l’initiation.


Est-ce la raison du fait qu’il est considéré souvent comme le « patron » des initiés ?


Dans le Dictionnaire des mythologies (Flammarion éd.), on apprend que Janus dérivait de Ia qui est un élargissement de la racine indo-européenne Ei (signifiant aller). Ia est un terme abs­trait indiquant une notion de passage. Si les Grecs ont ignoré Janus, les Latins lui ont donné toute sa valeur.


De Janus (ou Ianus) dérivent : Ianiarus (janvier), Ianitor (le portier). L’ascendance indo-euro­péenne de Janus explique également qu’en latin les rues soient des « Iani ». Le dieu Janus présidait donc au passage mais, semble-t-il plus particulièrement au passage initial. Janus était celui qui ouvrait le cycle de l’année solaire (tout comme Saint Jean l’Evangéliste), mais qui, également, la fermait. Dieu des commencements, Janus était également le Dieu de l’Initiation à l’image de notre GADLU !



Allons plus avant, encore, dans l’origine de notre civilisation.


Par rapport à la lumière (physique, puis symbolique), de mémoire d’homme, deux jours de l’année sont importants : les deux solstices, c’est-à-dire la Saint-Jean d’été, le jour le plus long, et la Saint-Jean d’hiver, le jour le plus court de l’année.


C’est avec la Saint-Jean d’hiver que commence la phase ascendante du cycle annuel et avec la Saint-Jean d’été que commence son déclin. Dans l’antiquité, les fêtes païennes de la lumière se déroulaient aux deux solstices. Malgré le mépris qu’il montrait pour le paganisme, c’est-à-dire les religions ayant existées avant son implantation, le christianisme conserva ces pratiques qu’il marqua sous le nom de fêtes de Saint-Jean selon un cycle annuel que nul n’ignorait depuis l’aube de l’humanité.


Pour ma part, je suis persuadé que les origines de Saint-Jean se confondent avec celles de l’homme. Bien que notre société tende à nous faire accroire que tout est interchangeable, y compris les être humains, chaque jour est différent des autres. Bien entendu, le soleil se lève tous les jours à l’Est, mais jamais parfaitement au même endroit. Dans chaque civilisation, on trouve souvent les mêmes points de repère. Ce n’est pas, à mon sens, un chemin de recherche…



Toutefois, la Saint-Jean d’hiver marque le triomphe de la lumière sur les ténèbres.


C’est à cette époque que le gui (Carrillo bien sûr) en fleur est cueilli, il était partagé entre les participants lors des anciennes cérémonies du solstice. Il exprime la survie de l’âme, la continuité de la vie après la mort apparente de la nature qui suit la chute des feuilles. C’est le symbole du retour à la lumière originelle. En effet, la plus longue nuit de la Saint-Jean d’hiver est un commencement, elle marque le début de l’ascension de la clarté, de la victoire de la lumière sur les ténèbres, elle démarre l’année maçonnique.


Ainsi, l’une des traditions fondant la Maçonnerie ésotérique est la filiation avec Saint Jean, c’est une des rares certitudes que nous pouvons avoir.


Sur le plan ésotérique, Jean n’est pas l’annonciateur d’un quelconque « messie », mais l’annonciateur du « Je », le notre, celui de l’homme libre et sincère. Jean est celui qui doit amener ce « je » dans les profondeurs de l’âme (le long de la perpendiculaire) pour le porter jusqu’à son éveil.


N’est-ce pas le véritable rôle de la Maçonnerie initiatique à laquelle nous travaillons ? Les initiés à la Tradition spirituelle ne contestent jamais les religions révélées, ils s’efforcent de montrer le sens initiatique des textes fondateurs.


Ragon a écrit que la Perse, que l’on considère comme le berceau de l’initiation, donne à ce que nous appelons « loge » le nom de « Jehan » ; de là, sans doute, le nom de la Loge de Saint Jean, sorte de pléonasme qui est parvenu jusqu’à nous.


Les traductions du mot Jean ont fleuri depuis des siècles et fleuriront encore longtemps. Certains cherchants ont mis en évidence un parallélisme curieux : en effet, le baptiste s’identifierait à la ligne horizontale, au niveau (« aplanissez ces sentiers » …) et l’évangéliste s’apparenterait à la verticale, au fil à plomb (le mont de la transfiguration, le mont des Oliviers, l’aigle est son emblème, …). Cette complémentarité des cycles montant et descendant appelle une autre remarque : le nom de Jean a, en hébreu, la double signification de « Grâce » montante et de « miséricorde » descendante.



Pour d’autres auteurs, Jean, ou plutôt Ioannès, serait formé de deux mots chaldéo-hébraïques : Ioet honnes et Iosignifierait pigeon.Oannèsétait le nom du Dieu qui, en Chaldée, apporta l’initiation aux hommes, leur transmit la lumière. Ioannès serait donc l’expression phonétique du « pigeon du feu » donc de la connaissance… A ce propos, Daniel Massé a écrit fort justement : « le Ioannès c’est celui qui révèle Dieu, Lumière universelle, connaissance suprême, but et objet de toutes les autres connaissances ». En fait, nous pouvons légitimement penser qu’entre le GADLU et Jean il n’existe aucune différence, seuls les « religieux » ont séparé les symboles, en confondant ou pas le « signifié » du « signifiant ».


Il n’est donc pas surprenant que, quelques temps après, JEAN fut le synonyme de « Prêtre » !


Pour Oswald Wirth, Jean viendrait de l’hébreu Jehoh’-annanqui se traduit par « celui que Jeho favorise » et Jeho est le nom du Soleil. Jehoh’-Annan ou Johannes ou Jehan ou Jean devient ainsi synonyme d’homme éclairé ou illuminé. Ces deux étymologies ne se contredisent d’ailleurs pas.



Pour quelques cherchants en kabbale, Yoh’anan signifie littéralement « dieu dispense les bienfaits » ou « dieu pardonne ». L’incarnation du Verbe traduit bien ce pouvoir de l’homme à devenir « enfant divin », puisqu’il est bien précisé par Jean que le Verbe réside en nous, la présence divine est dans tout homme… ce que les égyptiens enseignaient depuis toujours d’ailleurs, et oui, il faut toujours recommencer. Cela signifie que ce n’est pas seulement Yeshoua, seul, qui est le verbe incarné, mais l’homme qui aura su retrouver son essence divine. Cette interprétation des textes attribués à Jean est fondamentale… voire fondamentaire !


Mais, si Jean signifie, pour certains auteurs, « porte » ou « entrée » ou encore « Yah a gracié », je pense que surtout il nous enseigne que « Yod est l’Être des êtres », autre traduction communément admise.



En conséquence de quoi, puisque la porte s’ouvre sur la kabbale, allons-y et voyons…


YOD est la Dixième lettre, sa valeur arithmologique est 10. Le nom de cette lettre yod est apparenté au mot yadqui signifie la « main ».L’idéogramme primitif (hiéroglyphe) dessine un bras que prolonge la main d’un homme. La création s’effectuerait-elle que par la main ?Sous ses différentes formes, la lettre symbolisera toujours la « main », celle qui, détenant la puissance créatrice, détient aussi la connaissance.


Ainsi, Yod façonne, fait et harmonise.


Mais bien plus encore, le Yod renferme le secret de la lumière de Jéhovah : « Yod représente le Point central, Cause de toute chose ; c’est le mystère suprême de toute chose. » Toute la lumière de l’univers provient de la lumière d’un seul et unique point. Le sens véritable du Yod hébreu nous ramène au hiéroglyphe d’Aton et de la sphère céleste Râ. Râ est, lui aussi, formé d’un point central, origine de toute lumière.


D’ailleurs, le Yod est d’origine égyptienne : le roseau (Yod) est le symbole des dix « couronnes de Dieu ». D’après les Textes des Pyramides, Pharaon est né dans le lac des roseaux. Trois « Yod » forment une couronne et la lettre-nombre Shin, mais c’est une autre histoire.


D’autres cherchants en kabbale considèrent que Yod contient le nom entier du Tétragramme qui constitue le mystère de chaque personne. Ce NOM, inconnu encore de chacun de nous tant que nous ne le sommes pas devenus, œuvre cependant en nous d’une façon déterminante. Dans cette perspective, chacun de nous vibre sur le son du yod créateur ; la main sculpte, taille, martèle notre être et le cisèle pour devenir Lui-les-Dieux, l’Elohim que nous sommes en puissance, l’homme parfait qui intègre tous les enseignements de tous les dieux-principes de vie.


Tout artiste, si maître soit-il, connaît cette expérience selon laquelle sa création reçoit de lui une première force vitale qui, très vite, impose son autonomie et oblige l’artiste à coopérer avec elle.


Voilà pourquoi la « main » est symbole de connaissance et pourquoi, elle détient la force suprême, celle que l’on cherche tout au long du cheminement initiatique.Telle est la main, tel est le yod, tel est le 10.


Alors, tout est possible : chaque homme, chaque adam (le sang mêlé à la terre) est le tétragramme (yod, hé, waw, hé) en puissance. Chaque « Je » a sa racine dans le yod, qui fait, module et façonne chacun de nous dans le secret de notre histoire afin que chacun de nous le mette en œuvre. Tant que nous ne prenons pas ce chemin, nous sommes une humanité stérile.



Créer, c’est poser le fondement de l’œuvre du GADLU dans le yod.


Tel est l’aspect fondamental, à mon sens, du message de « Jean », mais la volonté doit tourner cet outil dans le sens du bien et là réside la véritable liberté de l’homme. Le logos est l’origine et l’accomplissement de l’homme réalisé, son Aleph et son Tav. Entre les deux, il y a le choix de l’homme. Ce que les Maçons expriment ainsi : la Voie est la recherche de la Voie.


Alors, aujourd’hui, tout comme hier et demain, l’Annonciation d’un monde nouveau est réelle et permanente… et l’activité morale, sociale, humaine sera, enfin, mais de manière définitive, illuminée par la Raison c’est-à-dire la Connaissance…


Jean est, vraiment, le véritable symbole de la Connaissance, celle qui crée le vrai bonheur, le bonheur d’initié, état permanent et stable qui ne peut résulter que de l’équilibre harmonieux entre notre « je » (et non pas notre « moi ») et le monde ambiant. Est-ce ce Jean, ce Jean exemplaire et révélateur de la Connaissance, que les Francs-Maçons honorent au même titre que le GADLU ?



Car nous savons, nous Francs-maçons, nous l’avons appris sur notre chemin initiatique vers la Lumière, que nous ne sommes jamais les « fils de personne ». Que la chaîne des initiés, des sages et des prophètes est sans fin. Qu’il faut être soit un révolutionnaire aveugle, soit un dogmatique stupide pour en mépriser l’héritage. Les Francs-Maçons, tout comme Jean, se situent dans la lignée de la Gnose unique de la Tradition universelle. La voie que nous avons choisie est une voie intérieure, même si nous ne devons pas oublier pour autant nos devoirs d’hommes et de citoyens au-dehors. Le chemin initiatique que nous suivons est celui de la liberté, en laissant aux religions le soin de mener leurs « moutons » vers le salut, si tant est qu’il existe…



Dans ce sens, le Johannisme, l’église de Jean, est la doctrine ésotérique essentielle. Elle diffère totalement du mosaïsme et ne peut être assimilé à la chrétienté, au moins à celle que l’on connaît aujourd’hui…. Plus de circoncision, de sacrifices sanglants, de Dieu exigeant des meurtres pour assouvir sa vengeance, mais Dieu d’Amour.


Plus d’interdits (le préservatif, le porc, la viande le vendredi saint, …) mais une éthique de vie. Plus d’oukase, mais un retournement vers l’autre. Plus de résurrection des corps, d’enfer éternel, « Jean » est la conception logique des conséquences de nos actes qui conduit soit vers un progrès indéfini, soit vers un anéantissement de la personnalité. Plus de péché originel, enfin !


Cette fois, nous sommes en présence du VERBE, du LOGOS, de la RAISON en fait qui vient donner aux hommes une règle de conduite.


Chaque homme porte en lui l’histoire de sa vie… En prendre conscience est essentiel pour le sens que l’on entend donner à sa vie ! L’initié lira lisiblement le message de Jean. L’avenir est toujours la conséquence du passé unie à la volonté de créer l’avenir…


Alors, le « JE » est réalisé grâce à l’enseignement de Jean pour certains ou à la Gloire du GADLU pour d’autres, ce qui revient au même.


Si nous pouvons remonter à la source du « je », nous pénétrons la source de tous les mystères. C’est vrai pour chaque cherchant sincère, « je » est la Lumière, la Vérité et le Chemin. Sur le chemin spirituel, seul ce qui est en nous, par expérience directe et immédiate, est source de transformation. Alors, bienvenue à l’homme courageux épris de liberté qui, ici et maintenant, part pour la plus noble des batailles : choisir de lâcher ses peurs et ses habitudes mentales pour retrouver sa véritable nature, mémoire de l’instant présent et de l’étonnement d’être en existence.

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