Le Miroir
#3155007
Le Miroir
Non communiqué
J’ai traduit, qu’implicitement le travail devait porter sur l’épreuve du miroir, sans oublier d’en aborder la symbolique tant maçonnique que profane. Et c’est sur ce thème que j’ai commencé ma réflexion. Sur la ‘’réflexion’’ offerte par le miroir de la loge, le jour de ma réception au grade de C.
Je l’écris ainsi pour distinguer « réflexion » au sens de « réfléchir » et « réflexion » au sens de « refléter »
Quoique j’imagine que son positionnement a l’occident (entre les 2 F.S, celui qui m’a guidé jusqu’à ce jour et celui qui va prendre le relais) et la présence des 2 luminaires aient leur importance, matériellement ce n’était qu’un miroir place contre le mur, entre deux bougies allumées, (2 lumières ? Le soleil et la Lune ?), pour que je puisse y voir mon reflet.
Sur ce point, je n’ai pas suivi le rituel qui indique ‘’pour que le candidat puisse s’y voir’’ ! Je n’y ai vu, moi, pour le temps que je l’ai regardé, que mon reflet.
Physique ! Car A mon sens, le miroir reflète seulement la « projection » d’une réalité
Subjective et nécessite une interprétation.
Recouvert d’un rideau bleu (de la couleur de la loge) attache à une tringle pour être aisément tire de cote. Avec au-dessus l’inscription suivante en lettres d’or, ou d’une couleur assez foncée pour qu’on puisse lire facilement :
» Si tu as un vrai désir, du courage et de l’intelligence, écarte ce voile et tu apprendras à te connaître « .
Un Objet donc, Mais puisque pour l’intelligence humaine, c’est un objet reflétant toutes choses indifféremment, il est aussi symbole. Devenu symbole… de tous les symboles et n’ayant de sens véritable, que pour le propriétaire des yeux qui le regarde.
Emblème des C C’est ce que j’apprends en lisant le Rituel :
‘’ FS, conduisez le FAa l’emblème des C, afin qu’il y apprenne ce qu’il doit faire’’ dit le VM.
Le rideau écarté, le FPSa dit au FA, ‘’Voyez-vous donc tel que vous êtes’’.
A notre réception, sauf erreur, le VMa rajoute : ‘’FA, Est-ce bien vous que vous voyez’’, ce à quoi j’ai répondu : C’est bien moi, VM’’. J’ai cependant été tente de répondre : ‘’Ce n’est que mon reflet, VM’’. Et, je n’ai pas eu vraiment le temps de m’y voir tel que je suis. (Eléments non contenus dans le Rituel ?)
Cette épreuve du miroir, qui intervient après que le FAait rejeté les métaux, symboles des défenses actives et passives de l’individu en tant que tel, s’apparente a une exposition a un danger, une difficulté symbolique, pour éprouver le courage ou l’examen théorique des dispositions morales et des principes philosophiques, et plus particulièrement ici, pour éprouver, il est dit, la réalité du désir de poursuivre, le courage et l’intelligence.
Elle consiste donc a inciter le FCen devenir a se connaitre lui-même, en lui faisant arracher ‘’le voile qui lui cachait ses propres défauts’’, et a ‘’l’aider avec impartialité à juger de lui-même du faible avancement de ses travaux’’.
L’exhortation venant du VMva effectivement dans ce sens : ‘’Arrachez donc le voile, mon Frère, afin de vous voir tel que vous êtes. Mais que vos difformités ne vous effraient point ; et ne perdez pas de vue que d’un bloc informe et sans beauté, l’artiste peut faire une image exacte de l’être le plus accompli qui soit dans la nature. Cependant, il ne peut exécuter ce chef d’œuvre s’il ne conçoit d’abord une idée vraie des perfections de son modèle ; (sous-entendu des imperfections aussi) et ce n’est qu’après l’avoir profondément empreinte (du verbe empreindre) dans son âme qu’il voit avec certitude ce qu’il doit conserver ou détruire pour atteindre à la ressemblance qu’il désire.’’
L’artiste en question, est donc ici le FCen devenir, et son reflet le modèle.
En faisant usage d’un objet support d’un symbolisme extrêmement riche dans l’ordre de la connaissance universelle, cosmogonique et de soi en particulier reflétant la vérité, la sincérité, le contenu du cœur et de la conscience, en un mot, l’âme immortelle.
Le thème de l’âme considérée comme une réalité renvoyée du miroir, qui se trouve ébauchée par Platon et par Plotin, a été particulièrement développe par saint Athanase et par Grégoire de Nysse. Ainsi selon Plotin, l’image d’un être est disposée à recevoir l’influence de son modèle, comme un miroir, comme l’homme image créée a la ressemblance de Dieu.
Suivant son orientation, l’homme en tant que miroir reflète la beauté ou la laideur. L’important tient dans la qualité du miroir, sa surface doit être parfaitement polie, pure, pour obtenir un maximum de reflet. C’est pourquoi, selon Grégoire de Nysse,’’comme un miroir, lorsqu’il est bien fait, reçoit sur sa surface polie les traits de celui qui lui est présente, ainsi l’âme, purifiée de toutes les souillures terrestres, reçoit dans sa purete l’image de la beauté incorruptible’’.
C’est une participation, et non un simple reflet : ‘’alors l’âme participe à la beauté dans la mesure où elle se tourne vers elle’’. (Jean Daniélou, La colombe et la ténèbres dans la mystique byzantine ancienne, Eranos Jahrbuch, 1954; Régis Bernard, L’image de Dieu d’apres Saint Athanase, Paris, 1952).
Le miroir n’a pas seulement pour fonction de refléter une image ; l’âme devenant un parfait miroir du reflet du miroir, participe à l’image et par cette participation elle subit une transformation reflétée a l’infini. Il existe donc une configuration entre le sujet contemple et le miroir qui le contemple. L’âme finit par participer à la beauté même à laquelle elle s’ouvre.
La vérité révélée par le miroir peut être d’un ordre encore supérieur : être un instrument de l’illumination. Le miroir est en effet symbole de la sagesse et de la connaissance, le miroir couvert de poussiere etant celui de l’esprit obscurci par l’ignorance.
Si les references divines sont nombreuses dans beaucoup des religions connues,
je n’en ai trouvé que 3 dans le livre de la Loi :
Evangile selon St Jacques1:23/24 1
…22Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. 23Car, si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel, 24et qui, après s’être regardé, s’en va, et oublie aussitôt quel il était.…
Corinthiens13 :12 13:12
Aujourd’hui nous voyons au moyen d’un miroir, d’une manière obscure, mais alors nous verrons face à face ; aujourd’hui je connais en partie, mais alors je connaîtrai comme j’ai été connu
Corinthiens 3:18
Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit
Le miroir a pour fonction de refléter, en silence, dans un environnement semblable, en version chirale*, l’homme a son image, lui-même crée à l’image de Dieu, et au-delà du visible de refléter cette parcelle de divinité, presque a là nous le savons : Tout est parti de Dieu et tout doit y revenir. L’homme a subi une chute allant au-delà de ce qu’avait prévu le créateur. L’homme s’est séparé de la conscience de son créateur, il fut rejeté hors de son sein et s’est retrouve emprisonne dans la matière.
Il y a là, dans l’épreuve du miroir, un processus de réintégration qui semble être la continuité de celui entame par le FA, à travers la compréhension de son symbole, qui rappelons-le est la colonne brisée, livrée comme le symbole de l’apprenti au RER, par le rituel : « une colonne brisée et tronquée par le haut, mais ferme sur sa base, avec cette devise ADHUC STAT » et dotée d’une toute autre signification, selon Jean-Baptiste WILLERMOZ, et, depuis lors pour le RER: la chute de l’homme, tendant à redevenir l’image de Dieu, homme (ternaire : corps âme et esprit) dont la nature a été abimée par la Chute, et qu’il faut travailler à restaurer, à reconstruire, pour ne retenir que la grande vérité du RER, que ne cesse de rappeler le rituel, conformément à la parole de l’apôtre Paul dans sa première Epître aux Corinthiens : « Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit
de Dieu habite en vous ? » (I Corinthiens 3-16).
Une réintégration nécessite au préalable une réconciliation. Ici réconciliation avec soi-même : Dès que et seulement après que le FA, se soit reconnu, et …enfin connu.
Le jour de ma réception au grade de compagnon, mon passage devant le miroir fut bref, depuis j’ai tenté l’expérience de rester devant un miroir quelques minutes, et j’ai été étonné aussi de la somme des pistes de réflexion qui s’offrait à moi, étonne de la somme de questions qui me sont venues à l’esprit ((dont, juste pour rire :
Est-ce moi qui regarde le reflet ou le reflet qui me regarde ? Lequel des 2
Possède l’étincelle de vie ? Pense –t-il ? La même chose que moi ou l’inverse ? Que fait-il dès que je ne le regarde plus ? Qu’y a-t-il derrière sa porte du fond ? S’y rendra-t-il aussi, comme moi à la mienne, si personne ne le regarde ? Existe-t-il seulement parce que je le regarde ? Et si je fermais les yeux ? Ou parce qu’il est regardé ? Et, Si ce n’est moi, c’est donc quelqu’un d’autre, qui donc ?)
Et étonne de la somme des pistes de réflexion qui s’offraient à moi : comme ‘’le moyen d’estimer la reconnaissance de son corps pour les tous petits’’, comme ‘’le ternaire sensibilité (cœur) intelligence (cerveau) activité (corps) cite par Jean Baptiste Villermoz. Et comme ‘’le ternaire pensée, volonté, action’’ (rejoignant le ternaire des facultés divines, cite par Martinez de Pasqualy – dans son Traite de la réintégration –)
Et là m’est revenue cette inscription du premier tableau en salle de préparation :
Dans cette solitude apparente ne crois pas être seul.
– Absolument séparé des autres hommes, rentre ici dans toi-même, et vois s’il est un être qui soit plus près de toi que celui dont tu tiens l’existence et la vie.
– Oui, il est auprès de toi ; mais tu es bien éloigné de lui. Tente donc de t’en rapprocher par tes désirs et par ta soumission à ses lois.
– Pour parvenir à cet heureux terme, tu devras faire un travail pénible, chercher, persévérer et souffrir.
J’ai cherché, et je crois commencer seulement à trouver. Je vais persévérer etme prépare déjà à souffrir : Sous les feux de mes propres critiques avant les vôtres.
VM,
J’en ai terminé !
Notes :
Source Wikipédia :*Chirale :
La chiralité (du grec ch[e]ir : main) est une importante propriété d’asymétrie dans diverses branches de la science.
Un objet ou un système est appelé chiral s’il constitue l’image miroir d’un autre objet ou système avec lequel il ne se confond pas. De tels objets se présentent alors sous deux formes, qui sont l’image miroir l’une de l’autre, et ces paires d’images miroirs sont qualifiées d’énantiomorphes (du grec formes opposées) ou, en se référant a des molécules, des énantiomères.
Un objet non chiral est dit achiral. Il est isomorphe a son miroir avec lequel il partage les mêmes propriétés géométriques, c’est-a-dire qu’il existe un isomorphisme de l’espace dans lequel il est défini, qui transforme l’objet en lui-même.
Plotin : en grec Πλωτῖνος, en latin Plotinus, philosophe gréco-romain de l’Antiquité tardive, est le représentant principal du courant philosophique appelle »néoplatonisme » Il installa son ecole a Rome en 246, Amelius fut son premier disciple
Gregoire de Nysse : né entre 331 et 341 à Neocesaree, dans la province du Pont-Euxin, mort après 394, est un théologien et un mystique de grande envergure ; comme Père de l’Eglise, il est fêté le 10 janvier.