Le Pavé Mosaïque

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Non communiqué

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Non communiqué
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Non communiqué

Le sujet dont je vais vous parler est celui qui m’a le moins frappé lorsque je suis entré la première fois dans le Temple.
A vrai dire, je ne l’avais pas vu. C’est après, quelques temps après, que j’ai réalisé qu’il était là, autour de moi, et que je marchais dessus.
Ce symbole met en alternance des carreaux blancs et noirs, tous de mêmes dimensions, à la façon d’un damier ou d’un échiquier. Il recouvre le sol de notre Temple ; c’est le pavé mosaïque.
Celui-ci a suscité trois questions en moi :
– Pourquoi le blanc et le noir ?
– Pourquoi cette forme carrée ?
– Pourquoi le pavé mosaïque occupe t’il le sol de notre Temple ?

Je vais essayer d’y apporter des réponses personnelles et des éléments de réflexion qui permettront, je l’espère, à chacun d’y penser.
Pourquoi le pavé mosaïque utilise t’il ces deux couleurs : le blanc et le noir ? Est-ce que ce sont des couleurs au même titre que le rouge, le bleu, le vert ou le jaune ?
Une couleur est une impression que fait sur l’œil la Lumière émise par un corps ou une source lumineuse. Cette définition encyclopédique ne m’a guère satisfaite. Je me suis donc renseigné autrement. J’ai demandé à un ami ingénieur qu’il m’explique pourquoi un objet est rouge, un autre bleu, un autre blanc et un autre noir. Il m’a renseigné simplement. Un objet est rouge parce qu’il absorbe toutes les couleurs sauf le rouge. Le rouge est renvoyé par l’objet et vient frapper notre œil. Nous percevons l’objet en rouge. Il en est de même pour un objet bleu. Nous le percevons comme tel parce que c’est la seule couleur qu’il réfléchisse.

Pour le blanc et le noir, c’est différent. Le blanc n’absorbe aucune couleur, donc il les réfléchit toutes. A l’inverse, le noir absorbe toutes les couleurs, il n’en réfléchit aucune. Le noir et le blanc ne peuvent donc pas être considérées comme des couleurs au même titre que les autres. Faisons une expérience :
Lorsque je mélange de la peinture jaune avec de la peinture blanche, j’obtiens du jaune clair. Si je mélange du jaune avec de la peinture noire, j’obtiens du jaune foncé, mais cela reste du jaune. Si je mélange du bleu avec cette peinture jaune, j’obtiens de la peinture verte. L’expérience est simple, naïve. Elle ne tend qu’à montrer que le blanc et le noir sont des nuances, des extrêmes lumineux.

Plus symboliquement, le blanc est la « couleur » du bien, de la pureté, du divin. Les mariés se marient en blanc, les prêtres sont vêtus de blancs, les nouveaux nés sont enveloppés de linge blanc.

A l’inverse, le noir est la couleur du mal, du deuil, de la peur ; le diable est peint en noir, lors d’un enterrement les gens sont vêtus de noir et les enfants ont peur du noir…

Tout ceci est bien relatif. Dans certaines sociétés orientales, le blanc est la couleur du deuil et le noir la couleur de la fécondité, de la pureté ; pensons aux vierges noires…
Nous ne pouvons pas attribuer de signification précise à ce symbole sans en parler d’un autre.
En effet, nous ne pouvons discerner le noir du blanc et réciproquement que lorsque ces « couleurs » sont exposées à la Lumière. Grâce à la Lumière nous pouvons distinguer le noir du blanc et réciproquement. La Lumière que nous avons demandé lors de notre première entrée dans le Temple, est en chacun de nous. C’est elle qui guide nos pas et qui nous attire irrésistiblement vers l’Orient.

Sans la Lumière, nous ne voyons pas le pavé mosaïque.
Éclairé, le pavé mosaïque nous apparaît sous la forme d’un carré long, composé de carreaux blancs et noirs placés en alternance. Ce carré long est situé entre les colonnes B, F et S, généralement.
Ceci nous amène à la forme du pavé mosaïque. Pourquoi le carré ?

Un carré est une forme géométrique qui possède quatre angles droits (90deg 😉 et dont les côtés sont de longueurs égales. Un angle droit se trace avec un outil qui figure sur notre Tab de Loge, sur l’autel des Ser, et est en pendentif sur notre Vén M, il s’agit de l’équerre. Avec cet instrument, l’Homme agit sur la matière, il peut tracer un carré blanc, il peut tracer un carré noir. Il peut, s’il le désire, reconstituer le pavé mosaïque.

Il y a quatre équerres dans un de ces carreaux. Que ceux-ci soient noirs ou blancs, il faut les mêmes équerres pour les tracer, les mêmes équerres pour prendre leurs mesures avec rectitude.
Dans de nombreux Temples, le pavé mosaïque est compris entre les trois piliers B, Fet S. Notons que ces trois piliers sont placés en équerre, reproduisant aussi le niveau et la perpendiculaire. Ils forment le carré long. A la différence du carré simple, le carré long est constitué de quatre angles droits dont les côtés sont égaux deux à deux, leurs rapports variant de un à deux. En d’autres termes, un carré long est ce que nous appelons vulgairement un rectangle dont la longueur ne peut excéder le double de la largeur.
Alors les nombres deviennent magiques. Ils parlent d’eux-mêmes. « 2 » comme deux « couleurs » ; le blanc et le noir, mais « 2 » comme symbole de division, le blanc s’opposant au noir. Curieusement, « 2 » est symbole d’unité : Un carreau blanc plus un carreau noir c’est un carré long, symbole d’équilibre entre le blanc et le noir.
1+1=2 oui mais 1+1=1 aussi.

Si nous regardons l’ensemble du pavé mosaïque, nous constatons que 1+1+nx1+1=1 en tant qu’unité. A l’échelle humaine, cette unité se nomme Fraternité et Amour.
Nous savons tous que la Fraternité et l’Amour passent par le fait d’accepter les différences de son Frère ou de l’Être aimé. Cela suppose un travail visant à la maîtrise de nos propres impulsions. Ainsi, cette forme de carré n’évoque t’elle pas la rigueur et la rectitude de ce travail sur nous-mêmes pour maîtriser ces impulsions blanches ou noires ?

Mais alors, pourquoi le pavé mosaïque est-il situé à même le sol, au centre de notre Temple ?
Remarquons, et je l’ai déjà dit, que dans certains Temples, le pavé mosaïque n’occupe que ce centre de la Loge, entre les piliers B, F et S. N’est-ce pas là l’endroit précis où nous traçons le Tab d’apprenti. Cela voudrait dire que le Tab recouvre le pavé mosaïque. Et que voit-on figurer sur ce Tab ? Tous les outils et les symboles nécessaires pour travailler sur soi-même, effectuer cette alchimie qui consiste à transmuter le plomb en or, la pierre brute en pierre cubique, le Profane en Initié, celui qui est maître de lui-même à tous les niveaux.
Dans notre Temple, le pavé mosaïque recouvre tout le sol. Lorsque le Profane se fait initier, il marche dessus les yeux bandés.

Son pas est alors vulgaire et banal. Il subit des épreuves qui peuvent lui paraître douces, amères, agréables ou gênantes. Son pas foule le pavé mais il ignore si ces dalles sont blanches ou noires. L’Initié marche en équerre : il reconstitue le niveau et la perpendiculaire en se mettant à l’Ordre, et il se déplace, les pieds en équerre, ajustant ses pas avec les angles des carreaux du pavé. Maintenant je me souviens de mon Initiation…
Alors que j’avançais n’importe comment, je manquais de trébucher sur tel ou tel obstacle et cela se serait sûrement passé ainsi si des FF ne m’avaient retenu et enseigné l’art de marcher sur le pavé mosaïque.

Ce pavé mosaïque sur lequel marche l’Initié ne symbolise t’il pas les joies et les peines de la vie profane ?
L’Initié doit les surmonter avec la rigueur et la rectitude de l’équerre. Le pavé mosaïque devient alors le reflet de la vie profane et de la conduite de l’Initié à l’extérieur du Temple.
Mes FF le sujet est inépuisable. J’espère seulement avoir apporté quelques éléments à votre réflexion. J’espère également que le fait d’entendre ce travail a été aussi fructueux pour vous que pour moi de la bâtir.

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