Le Secret - Les Secrets
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Le Secret est disponible
C∴ G∴
En visite à Béziers pour nous familiariser avecle rite français 1801car nous allions ouvrir cette loge la Ven. :Mai.:, après que chaque officière ait participé à l’ouverture des travaux en rappelant son rôle dans la loge déclare : « prenez place mes sœurs et mes frères, le secret est disponible ».
La juxtaposition des mots « secret» et « disponible » m’ont fait sursauté.
Mes chères nouvelles sœurs, vous venez d’être initiées et vous n’avez pas participé à l’ouverture des travaux, mais tout au coursde cette cérémonie, vous vous êtes engagées en promettant solennellement et sincèrement de ne jamais révéler aucun des secrets de la F. :M. : à qui n’a pas qualité pour les connaître.
Cette phrase du rituel, le secret est disponible, et l’engagement pris par vous, mais aussi par chacun d’entre nous peut paraître contradictoire.
Nous allonsd’abordnous interrogersur ce que peut être un secret.
Puis quelle estla nature de ce secretpour qu’il puisse être disponible.
Secret, employé comme adjectif : c’est cequi ne doit pas être connu par autrui, ce qui est caché invisible, par exemple, un escalier, ou encore qui ne se livre pas facilement en parlant d’une personne, une personne secrète.
Employé comme nom : ce qui doit être caché, discrétion autour d’un événement.
Le mot « secret désigne ce que l’on ne divulgue pas. Il ya toute sorte de secret, du secret de famille en passant par le secret d’état. Ce qui caractérise un secret c’estque la connaissance de certains éléments est masquée, cachée à certaines personnes.
Un secret, quand on connaît son existence, excite la curiosité. C’est pourquoi les enfants nés sous X ou les enfants adoptés sont en recherche de leurs origines. Cette recherche est souvent un chemin semé d’em-bûche.Elle demande aussi beaucoup de patience et de persévérance.
Le secret sépare ceux qui savent de ceux qui ne savent pas. C’est être dans le secret.
On pourrait dire aussi qu’un secret existe lorsqu’il y a volonté de cacher ou de tairepar exemple le secret maçonnique.
Le secret maçonniques’exerce sur trois plans :
Le secret d’appartenance, le maçon ne doit pas révéler à un autre maçon et a fortiori à un profane l’appartenance maçonnique d’une personne…
Le secret de grade : un maçon ne doit pas révéler les signes, mots et attouchement à un profane ou à un maçon n’ayant pas le grade requis.
Le secret de délibération : le maçon ne doit pas communiquer à un maçon absent, à un maçon d’une autre logeet encore plus à un profane le contenu de ce qui a pu se dire en loge.
Parallèlement, nous sommes issus de la maçonnerie opérativeet les secrets résident souvent dans les tours de mains et surtout des pratiques se substituant à des calculs savants qui ne sont pas à la portée de chacun. Quoi de plus mystérieux pour un profane de voir des maçons établirun angle droit à l’aide d’une corde à nœuds.
Est-ce de ce secret dont il s’agit ? Je ne lepense pas car ce sont des secrets qui régissent les comportements, l’organisation et qui n’ont pas leur place dans un rituel
Orce qui nous intéresse se passe à l’intérieur du temple » Y a-t-il contradiction entre le serment, l’engagement que nous avons touspris au moment de notre initiation et cette phrase du rituel « prenez place mes sœurs et mes frères le secret est disponible » ?
Les travaux vont commencer , lecture du compte rendu de la dernière tenue, la correspondance, les planches à l’ordre du jour . Mais où est le secret ?
Le secret va-t-il nous être révélé ?
La tenue se poursuit par une chaîne d’union où une fois par trimestre nous sont communiqués les mots de semestre, nous nous leschuchotons à l’oreille pour qu’ils ne soient pas entendus par la voisine qui le chuchotera à son tour à sa voisineet que nous devrons chuchoter à chaque tenue à la sœur experte pour demander l’entrée du temple. C’est une façon de montrer son appartenance.
Ces mots sont partagés, est-ce celale secret ? Partagé, disponible ce n’est pas la même chose.
En vous déclinant les définitions j’ai employé des mots qui vont nous aider à progresser dans notre démarche.
Le premier, quand on connaît l’existence d’un secret on n’a de cesse de le connaître, le deuxième, pour le connaître il faut devenir chercheur. Pour
être chercheur il ne faut négliger aucune piste pour aboutir et utiliser tous les moyens et outils mis à notre disposition.
Aujourd’hui vous avez été initiée. Le secret est disponible, il n’est pas dit, et pourtantchacun d’entre nous peut espérer accéder à la connaissance.
Être disponible ne veut pas dire révéler, de quel secret s’agit-il.
Cela ne relèverait-il pas du secret initiatique qui par sa nature même ne peut-être connu ni compris par laraison. Il doit être éprouvé réalisé et vécu par l’intermédiaire des rites et des symboles tout autant que par les efforts personnels de l’initié
Nous savons ce qu’est un secret nous allons étudier le mot initiation.
Initiation vient du mot latin initium qui veut direcommencement et se décompose en in, c’est-à-diredans, pendant, au bout de, et, de itium qui indique une action d’aller, de marcher . L’initiation est donc un mouvement vers quelque chose. Elle est un point de départ, elle est le début d’une longue quête. L’initiation transmet des méthodes et non des savoirs. Elle nous permet d’accéder à la connaissance, elle nous donne desclefs codées. Ici tout est symbole. « Tout ce que vous pourrez y voir tout ce que vous pourrez entendre tout ce qui s’y fait à une haute signification qu’il vous appartient de chercher à comprendre et à approfondir ».
C’est donc la recherche qui caractérise notre travail maçonniqueet c’est l’objet de cette recherche qui est disponible.
Vous venez d’être initiées et c’est à ce titre que vous devenez comme nous le sommes tous , cherchant du secret.
Nous avons tous vocation à accéder à ce secret qui est notre secret. Il est différent pour chacun d’entre nous alors que nous utilisons les mêmes moyens, les symboles et nous apprenons à travailler sur la pierre brute. Cette pierre brute qui est à la fois sujet et objet.Nous apprenons à utiliser, le ciseau le maillet et le fil à plomb. Nousavançons dans la connaissance du secret, nous devons toujours affiner notre recherche pour nous en rapprocher seul le travail nous aidera à progresser. Cette démarche nous conduit à la compréhension progressive de la condition humaine. Nous commençons avec l’initiation une déambulationsur des chemins difficiles faitsdes dédales et de labyrinthes c’est le début de notrequête.Cette quête pourra s’appuyer sur l’enseignement maçonnique.
L’enseignement maçonnique n’est pas la dispensation d’un certain nombre de connaissance qui viendrait d’en haut et serait livrés tout faits. L’enseignement maçonnique est un principe rigoureux qui doit être cherché, poursuivi et compris. L’enseignement maçonnique n’est pas dogmatiquemais chaque maître à une obligation de transmission, de soutien auprès des nouveaux apprentis.
Il faut vouloir savoir et mériter le savoir. Dès qu’il est reçu FM l’apprenti a à sa disposition la totalité des outils et des symboles. Mais auparavant il doit apprendre à se taire, pour savoirécouter. Il apprend à regarder, pour parvenir à voir, autrement dit, pour accéder au secret que l’on pourrait qualifier de lumière, il faut que l’apprenti effectue un voyage intérieur au cours duquel, bien que seul, il n’est pas livré à lui-même.
Cette quête, jamais terminée le mène sur les chemins de la connaissance
L’initiation maçonnique est une démarche libre sans aucune soumission nià une vérité ni à un chef charismatique. Elle n’est pas non plus individualiste. Lorsqu’un mot secret ou sacré est transmis, il faut donner la première lettre pour avoir la seconde, le mot n’est jamais communiquécomme tel. Cela témoigne dufait que personne ne porte en lui seul la vérité et qu’à tout moment, chacun à besoin de l’autre pour en découvrir et en partager une partie.
La démarche maçonnique est tout sauf didactique, elle est faite de petits pas. Ceux de l’apprenti qui glisse un pas puis rectifie en fait un secondpuis un troisième. Elle est faite de recherche et d’expérience, elle est faite de silence pour entrer en soi-même, pour éprouver la résonance des mots et symboles ensoi, elle est l’étude des mythes.
Pour accéder au secret, le profane a subi un certain nombre d’épreuves qui ont commencé àle transformer. Pour commencer il faut qu’il ait eula volontéd’écrire une lettre en exposant ses motivations, illui faut ensuite passer l’épreuve des enquêtes, celle du bandeau, celle du cabinet de réflexion et enfin celle de l’initiation qui le mettra sur le chemin. Autant d’évènements qui participent à la première transformation de l’être dans sa recherche de la vérité, de sa vérité. C’est sur ce chantier que chacun de nous s’est engagé au moment de notre initiation, dans cette quête du secret qui est disponible mais pas dévoilé.
Mes sœurs, mes frères,le secret est disponible.
J’ai dit