Le Symbole

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Non communiqué

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Non communiqué
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Véritas Vincerit - Orient de Saulx les Chartreux

Ce mot, à la base de la démarche spirituelle de tout FM de la Grande Loge de France, a fait déjà l’objet de nombreux commentaires. Chacun de ceux-ci étant une pierre de l’Edifice, j’apporterais donc la mienne par les quelques réflexions que ce mot m’a inspiré- Il ne s’agit pas bien sûr d’affirmer que ce qui suit est une approche entièrement nouvelle ou de définitivement complet. Ce serait faire preuve de légèreté d’esprit bien incompatible avec la sérénité qui doit présider à nos travaux.


Ces réflexions ne sont que des idées venues au cours de vacances d’été, au bord de la mer en Bretagne, afin de ne pas  » bronzer idiot  » sur la terrasse de la villa familiale.



Symbole vient du grec « sumbollon » qui signifie « signe ». Ce même mot grec étant lui même constitué de « bollon » qui signifie lanceur, et de « sum » qui signifie « état de solidarité ».


Sum-Bollon veut donc dire « lancer solidairement » ou « lancer avec ».


En partant de cette définition, nous allons parcourir cette portion de Voie de la Connaissance et étudier ensemble les différents aspects du symbole.



Une des premières caractéristiques du symbole, est la constatation de sa réalité indispensable pour la mise en route de notre recherche spirituelle Il exige en effet une entière participation intellectuelle de celui qui l’utilise et exclue de facto le simple spectateur. Dans ce cas, la vision extérieure du symbole le ramènerait à sa seule dimension d’objet matériel, sans aucun profit pour notre recherche spirituelle. Je souligne le mot « Indispensable », car je ne pense pas que l’on puisse élever son esprit si on n’a pas une donnée de base, objet ou image, qui nous mette en route.



Notre démarche initiatique, basée sur le symbole, s’accompagne lorsque nous sommes en Loge, d’un environnement rituel nécessaire à la renaissance et à la transmission du Mythe. Celui ci étant un récit mettant en scène des héros ou des Etres hors du commun, ou des récits imaginaires, transposition d’évènements historiques réels ou souhaités.



Le Rite, le Mythe et le Symbole sont intimement liés, chacun d’eux étant la résultante des deux autres.


Ainsi, nous pouvons dire que l’équation : Symbole + Mythe = RiteC’est à dire pour traduire en langage plus clair :


Le Mythe, qui est l’effort pour exprimer (ou expliquer) l’inexplicable, additionné au Symbole, devient l’acte qui libère l’explication de l’inexplicable.


Ce qui va à l’encontre de la pensée rationaliste, conséquence de notre culture occidentale. Par la rigueur de son raisonnement et de l’analyse, le rationalisme ne peut que nous éloigner de notre démarche initiatique et du symbole.


Si par contre, nous revenons vers lui, en tournant le dos au rationnel, nous faisons un pas vers le divin, vers le Cosmos, vers une nouvelle énergie.



Le Symbole est la recherche d’une énergie nouvelle.



Au commencement était le Verbe, le Logos- Et ce Souffle créa l’Univers.Le Symbole, toute proportion gardée, est assimilable au Logos.


Il est Souffle et va au delà de la parole- Il se vit dans notre intériorité, c’est à dire dans notre conscience. Dans notre profondeur, dans notre nuit.


L’Homme est composé de jour, qui est son intelligence créatrice. Cette Intelligence lui permet de créer, de construire, d’agir à l’extérieur du Temple, en pleine lumière solaire. Il est également composé de nuit qui est sa part de réflexion créative, en pleine lumière lunaire.


Cette réflexion créative est une montée des profondeurs de l’Homme.



C’est du plus profond de lui même et dans son silence intérieur, qu’il puise l’inspiration qui lui fera découvrir une partie du Symbole.


Une partie seulement, car le Symbole étant riche de messages, la compréhension de ceux ci ne pourra se faire qu’en fonction de la personnalité de chacun.


C’est par le silence intérieur que va s’éveiller la conscience et celle ci aura pour conséquence, une aspiration de l’Homme à s’élever vers le Spirituel.



Je note ici le mot « aspiration » qui est un des deux mouvements de la vie, c’est à dire du Souffle Logos. (Aspiration, expiration)


Le terme exact serait à employer serait « inspiration » : action par laquelle l’air entre dans les poumons.


Il y a une autre définition de ce mot et qui signifie : Etat ou se trouve l’âme quand elle est directement sous la pression d’une puissance surnaturelle.


D’inspiration, nous passons à Aspiration qui est : Mouvement de l’Ame vers Dieu.


J’ai trouvé ces définitions dans une très vieille édition, datant de 1904, du Petit Larousse Illustré.


Tout Homme qui ressent cette aspiration, cette élévation vers Dieu ou vers le Grand Architecte de l’Univers, suivant sa sensibilité, se sent en harmonie et en alliance avec tous ceux qui ont le même but. Car c’est le même Souffle qui les anime. Mais pour être en harmonie, il faut qu’il soit au même diapason qu’eux, ni plus haut, ni plus bas. Ce qui doit l’amener à une mise en question de lui même et une disponibilité envers les autres par un don de soi.Ce don devant être complet et être, ni prétentieux afin de vouloir en imposer aux autres, ni parasite en attente constante des autres. Ce don de soi va l’amener à ouvrir ses barrières en abandonnant son ego superficiel.


Cette énergie nouvelle, conséquence de l’étude du Symbole, est l’amour des autres.


Actuellement cet amour des autres est en nous sous forme d’une énergie stagnante filtrée par notre égoïsme. Pour libérer cette énergie, il faut donc la projeter non plus sur l’objet convoité, mais par le message induit du Symbole, sur l’Etre Humain.


Lorsque l’Homme utilise le Symbole et qu’il est au diapason avec les autres, alors le symbole est solidaire de l’Humanité.



Si dans la nature, la déité échappe à toute représentation, elle peut à un niveau relatif être représentée par le symbole. Celui ci est une représentation mais moins limitée que la représentation conceptuelle habituelle.


Son utilisation dans le cadre d’une pratique, en le contemplant, en le vivant, ouvre peu à peu sa nature. Ces pratiques nécessitent une préparation qui ne peut être transmise que dans le cadre d’un enseignement initiatique.


Pour arriver à la véritable réalisation spirituelle, il faut que l’initiation soit vivifiée par l’expérience du symbole.



Ce Souffle-Logos que nous venons de voir, est une conjugaison avec l’Univers. C’est une alliance avec le Cosmos, avec le Grand Architecte de l’Univers.


D’où une première constatation : le Symbole est Cosmique.


Par cette dimension cosmique, Il nous amène à délaisser les détails afin d’entreprendre une réflexion d’ensemble sur la construction du Temple et le bâtir sur le modèle cosmogonique car cette construction est le symbole de l’Univers.


Le Temple de Salomon a été détruit physiquement mais l’initié est appelé à devenir le Temple de l’Esprit.


Au delà de tout Symbole, il y a une réalité extérieure, visible, éclairée par la Lumière Cosmique.


A cet extérieur visible est opposé l’invisible, qui est la lumière intérieure de l’Homme et qui ne peut être éclairée que par nous même.Ce qui nous amène au deuxième aspect du Symbole.



Le Symbole est un lanceur d’idées et un lien



C’est un lanceur d’idées entre le visible et l’invisible.


Le visible, c’est la représentation de toute idée ou réalité qui est objective. On ne voit que ce qui est extérieur, c’est à dire la matière. L’invisible, à l’inverse, est ce qui est intérieur à l’Homme, c’est à dire son esprit.


Pour passer du visible à l’invisible, il faut organiser cet extérieur pour qu’il puisse s’ouvrir vers l’intériorité.


Il faut passer du matériel au spirituel et cela ne peut se faire que par l’utilisation du symbole. Nous en revenons à la définition du début de cet exposé : Sum-Bollon, lancer avec.


– c’est lancer quelque chose vers quelqu’un qui relance vers quelqu’un qui etc …


– c’est lancer du visible vers l’invisible pour relier les deux.


Mais si on ne lance pas un objet n’importe comment, au risque de le casser, il doit en être de même du Symbole. Ce qui aurait pour conséquence de le vider de sa substance, ou de le dénaturer.


Le seul lancement possible doit être un mouvement ascensionnel. Ce qui n’est pas toujours facile car il faut faire un effort pour passer de la matière à l’esprit.


Passer de la matière à l’esprit, c’est passer de l’Homme Matière à l’Homme Univers. Le Symbole, trait d’union entre ces deux états, est un élément primordial qui se retrouve, ainsi qu’il l’a été dit plus haut, dans tous les Mythes. Il sert ainsi de liaison entre le Souffle de l’Homme et le Souffle de l’Univers.


C’est par la permanence du Rite que les Mythes peuvent sans cesse être recréés afin de les maintenir vivants et de les transmettre.


L’Homme Matière, c’est le F:. M: .en contact avec ses Frères et les Hommes en général.


L’Homme Esprit, c’est la réflexion sur soi-même, la possibilité de prendre de la hauteur pour faciliter le jugement et la méditation.Le Temple à bâtir est complexe et demande de l’expérience et une grande connaissance de l’Art Royal.


Le Symbole est inspirateur.



Tout Symbole, par les idées qu’il nous donne et par la mise en route qu’il nous permet d’avoir, est quelque chose de vivant, et d’actif. Il est vivant par lui même et nous apporte également la vie par le travail intérieur que nous accomplissons lors de son étude.


Sur un plan purement matériel, le Symbole est une convention traduite par un signe.



Ex : Un feu rouge passant au vert à un croisement de rues.


Sur le plan spirituel, c’est un signe concret qui doit nous faire évoluer.



Concret venant de « Cum-Crecere », grandir avec.



Lorsque nous étudions un symbole, notre but est bien celui de la recherche de notre évolution.


Par les messages qu’il nous délivre dans notre interprétation de sa signification, il est porteur d’idées. Il nous évoque quelque chose.Faisant ainsi appel à notre Intuition et non à nos sens.


Ce quelque chose est immatériel et s’adressant à l’imaginaire on peut le définir de la façon suivante : le symbole est un réel évoquant le non réel. Réel parce que matière, non réel parce qu’esprit. On en arrive donc à une nouvelle dimension du Symbole qui, partant d’un objet ou d’une image concrète, en arrive à dépasser l’espace et le temps.



Au delà de notre espace tridimensionnel, il nous ouvre l’espace-temps.Nous sommes maintenant ailleurs, dans une autre dimension qui nous libère et nous permet, à partir de notre Ego, de notre Moi, d’aller vers les autres, vers l’extérieur. De cet ego assimilable au centre d’un cercle, nous devons rayonner vers l’extérieur et celui ci n’a pas de rayon fini, théoriquement.


Nous avons alors une nouvelle définition du Symbole.



Le Symbole est créatif. Il permet de voir l’impossible.



Dans la vie de tous les jours, si nous donnons une explication à une chose ou un événement réel, en faisant appel à notre Raison pure, nous avons deux possibilités.


– il y a ce que l’on peut percevoir, parce que notre intelligence peut le comprendre,


– il y a ce que l’on ne peut pas percevoir, c’est à dire l’irrationnel


Mais c’est par le Symbole que l’on peut comprendre ce que la raison pure se refuse de voir ou ne perçoit pas.


Il est dans ce cas une complémentarité de la Raison, et fait alliance avec elle.


Cette alliance fonctionne non sur des objets, car alors la Raison pure a suffisamment d’éléments et la pensée logique explique ces objets, mais fonctionne sur des images, ou plus exactement, sur notre imagination.


Nous pouvons admettre alors que la pensée symbolique est l’aptitude de l’Homme à gérer l’invisible.


Dans tout Homme existe l’Homme Matière, et en potentialité, l’Homme Esprit. Nous pouvons compléter ce binaire en disant que, à l’Homme rationnel se conjugue l’Homme Symbolique.


Toute l’alchimie étant l’équilibre des deux, le trop de l’un ou le trop de l’autre pouvant être néfaste. Il en est de même pour l’Homme Matière et 1’Homme Esprit.


De cette double spirale que nous pouvons comparer aux deux serpents du Caducée, il y a un juste équilibre à trouver, le bâton du Caducée.



Le Symbole est directif.



Il donne un sens à notre recherche.


Deux interprétations sont possibles pour le mot sens.


– Soit celui de sensations (les 5 sens auxquels les bouddhistes ajoutent un 6ème sens, la moralité)


– soit celui de : direction.


Le sens dirige, car il donne une direction à notre recherche- Mais Il nous donne aussi une directive, c’est à dire une obligation morale dans notre recherche.


Par exemple : l’Apprenti doit travailler sur la Perpendiculaire.Perpendiculaire par rapport à un plan de référence qu’il lui faudra trouver.


Mais cette Perpendiculaire est aussi une Verticale lui indiquant la direction de son effort (s’élever spirituellement) mais aussi une directive « Avant de t’élever, descend au plus profond de toi même et visite l’intérieur de la Terre. »


Cette directive pouvant se résumer ainsi « Avant de connaître l’Univers, connais toi toi même ».



Le mot « sens » a également pour définition celui de : signification


Lorsqu’on veut définir quelque chose, on en cherche la signification.Et lorsque nous avons pu définir la signification de la chose, notre esprit s’est éclairé de cette signification. Nous en avons des idées nettes et plus claires.


En partant de ce mot sens, nous passons ainsi à une idée de clarté qui va tout naturellement nous amener au mot lumière.


Ce qui nous permet d’ajouter une nouvelle définition au mot Symbole



Le Symbole est Lumière, car il apporte la Lumière dans notre Esprit.


Et cette Lumière nous donne l’Energie nécessaire pour continuer notre Quête. Le Symbole nous apporte donc un sens, une direction, une directive et une lumière.


Pour en revenir au Symbole du Caducée évoqué plus haut, nous pouvons dire qu’il y a deux pensées dans l’Homme.


La pensée logique,celle de la raison et de l’intelligence, et la pensée symbolique, qui est celle de la Lumière de l’Esprit.


Ces deux pensées sont sens et direction pour l’existence de l’Homme.



Le Symbole est une figure.



J’ai dit tout à l’heure que l’alliance avec la Raison se faisait sur des images. C’est en effet elles que nous utilisons pour connaître le futur, c’est à dire notre progression vers notre avenir spirituel.


Le maillet de l’Apprenti, s’il se trouve être le seul outil dans une piècevide, ne veut rien dire. Tout au moins à celui qui en est à ses premiers pas dans sa recherche. Si ce maillet se trouve associé à un ciseau, il commence à être plus parlant car l’image qui va s’en dégager est celle d’un utilisateur pour ces deux outils- Et que faire sinon les utiliser pour ce à quoi ils sont destinés, c’est à dire à dégrossir la pierre brute.


C’est cette image finale du tailleur de pierre à l’ouvrage, qui va mettre en route tout notre enchaînement de pensée, sur le symbole que représente cette image.


Ce futur qui se dévoile est une ouverture vers le Mystère, vers l’Inconnu.


Cette ouverture vers l’inconnu est une mise en route, un mouvement qui rapproche de la Connaissance.



Le Symbole est binaire



Nous avons vu qu’il existait plusieurs aspects binaires de l’Homme.


L’Homme Matière et l’Homme Esprit. Puis l’Homme rationnel et l’Homme symbolique. Il existe également deux nouveaux aspects de l’Homme : L’Homme Cosmique et l’Homme Intérieur.


L’Homme Cosmique, c’est celui qui va vers l’Extérieur, vers le phénoménal. C’est ce qui nous permet de nous mettre hors de nous, de sortir ses tripes, si on peux employer cette expression populaire, afin d’être en conjonction avec le Grand Architecte de l’Univers.


L’Homme Intérieur, c’est celui qui a cette condition de pouvoir passer à l’Homme Cosmique, en travaillant sur lui même sans relâche, jusqu’à ce qu’il sente que ce travail intérieur va l’amener sur un autre plan qui ne pourra qu’être supérieur puisque résultant d’une amélioration.Prenons un exemple.


Chacun de nous peut être comparé à une source. Mais si pour certains hommes, cette source ira se perdre dans un champ, pour nous dont la source est notre jaillissement spirituel, celle ci doit se faire rivière, puis fleuve, et se terminer dans la mer.


Le lien permettant cette liaison entre l’Intérieur et le Cosmique, se fait par la réalité du Rite, grâce au Symbole.


Ce qui est réel, c’est l’image parlante du Symbole qui met en route notre pensée symbolique.


Mais il faut que le réel de cette Parole passe au réel du Rite qui est l’acte nécessaire à l’Homme quand il veut s’approcher du Divin. Le Rite bien vécu est un acte parfait et complet qui accomplit l’Homme et lui permet d’atteindre une dimension Cosmique.



Le Franc maçon face au symbole



Les éléments de l’Art maçonnique, l’Art Royal, se retrouvent dans les outils (maillet, niveau, règle, équerre etc…), les mots de passe, les signes, mais encore et surtout dans les symboles, chiffres, nombres et figures géométriques qui ornent ou décorent la loge.


Le nombre 2 est représenté par le pavé mosaïque, par le soleil et la lune, par les deux colonnes B et J ou encore par les 2 surveillant. Quant au 3, il est représenté par une multitude de symboles : les Trois Grandes Lumières, par le triangle qui représente à la fois les trois mondes (matière, esprit, âme) et leur unité, mais aussi les trois dimensions de l’espace. Ainsi que le raisonement logique: hypothèse, démonstration et conclusion.


A cela on peut ajouter que les trois grades de la maçonnerie bleue s’établissent par le dévoilement progressif de la quadrature du cercle universel..


Ceci nous amène à nous poser quelques questions sur les origines des symboles qu’utilisent les maçons. Sans entrer dans le détail, disons que les différents symboles maçonniques ont des sources diverses.


Il y a les symboles cosmiques comme les étoiles, le soleil ou la lune; les symboles d’origine pythagoricienne ou platonicienne, comme les 4 éléments, les 5 sens ou le pentagramme, la pierre cubique etc…; il y les symboles de source biblique comme le Volume de la Loi Sacrée, la pierre brute, la colonne Boaz ou le pavé mosaïque.


On connaît les symboles d’origine compagnonique que sont le fil à plomb, le compas, le maillet etc…, les symboles de source chevaleresque, comme l’épée ou l’accolade, les symboles de nature alchimique, comme le mercure, le soufre et le sel. Il reste les symboles d’origine proprement maçonnique que sont le cabinet de réflexion, les trois pas de l’apprenti, ou encore la chaîne d’union.



L’exemple du pavé mosaïque avec les 4 colonnettes (les trois apparentes et celle manquante) rappelle le concept universel des 4 dimensions spatio-temporelles de la relativité d’Einstein. On voit les trois directions de l’espace, et l’on devine celle du temps. Mais le rectangle n’a aucun sens sans la quatrième colonnette virtuelle. D’une part ce rectangle reste ouvert, car incomplet pour le non initié, d’autre part il faut apprendre à le fermer par la recherche intérieure, et le dépassement de soi; de même que le physicien ne peut voir que l’apparence des choses en 3 dimensions, il découvre leur nature subtile en y associant le temps, c’est à dire la notion de relativité



Le Symbole est une cascade d’idées.



Par la multiplicité des pensées qu’il suggère le Symbole est quelque chose d’actif- Son action s’organise de telle manière que le sens qu’il donne à une image, passe ensuite à un autre sens qui ne peut être compris qu’à travers le premier.


Il est là une fois pour toute mais il nous engage dans un travail dont le premier but est de clarifier son identité.


Il va définir une nouvelle réalité issue des précédentes, qui appelle un nouveau langage.


Le déchiffrement de ce langage nouveau ne pourra se faire qu’avec difficultés car le Symbole nous résiste et nous ne voyons pas tout de suite toutes les idées qu’il peut nous suggérer- Les nombreux aspects d’un même symbole ne se découvrant à nous que progressivement, en fonction de notre évolution spirituelle- Sans oublier que ce qui est facile pour un Frère ne l’est peut être pas pour un autre, et que nul degré atteint dans notre démarche initiatique ne nous donne une supériorité sur les autres.


La construction du Temple n’est possible à l’initié que s’il équilibre sa vie d’Homme et sa vie de franc maçon.


Cette diversification de la pensée est elle même fonction de la culture et de la langue et y introduisent des colorations dans l’interprétation


Ex : en allemand, lune est masculin et soleil est féminin.


Le Symbole doit ici aller au delà de la pensée due à la langue, car on n’en verrait qu’un aspect partiel.



Le Symbole de la Lune tel que nous l’avons reçu de nos Aînés, est pour nous : le féminin, le passif, la lumière réfléchie.


Pour le Soleil, le masculin, l’actif, la lumière directe.



Un Allemand peut-il dire que le Soleil est actif et masculin ?



Il y a donc un dépassement à réaliser et se dire que le Soleil éclaire notre Monde. Mais que lorsqu’il l’éclaire, nous ne voyons qu’autour de nous.


La Lune, lorsque nous la voyons, est au centre de la nuit Et cette nuit est pleine d’étoiles qui sont des soleils de mondes lointains.Pendant la nuit, ce que nous voyons, c’est le Cosmos, l’Univers. La Lune dans notre langage ou dans un autre, doit donc dépasser notre Symbole national pour nous indiquer que c’est la nuit, c’est à dire à l’intérieur de nous même que l’on peut voir le Cosmos, c’est à dire l’invisible, I’Universel.


De même qu’il y aura une autre qualité de lumière à trouver lorsque le Soleil luit. L’Homme Idéal doit assimiler ces deux lumières.



Conclusion



Ainsi par sa compréhension personnelle, le Symbole dépasse les frontières et devient le même pour tous les Peuples, prouvant, s’il était encore besoin de le démontrer, son universalisme.


Ce qui fait remarquer qu’il a également un rôle social et pédagogique, puisqu’il enseigne à l’Homme qu’il fait partie d’un Tout, qu’il n’est pas isolé, et l’amène ainsi à une prise de conscience de sa dimension par rapport à l’Univers et qu’il n’en est pas une pièce rapportée.



Ainsi s’impose l’idée que l’autre est non pas différent mais semblable en son essence, en sa nature. En cela l’étude des symboles est une école de tolérance, puisque qu’elle mène naturellement à cette évidence de la nécessité du respect d’autrui.
Chaque Symbole est un point de repère, un panneau indicateur. Sa signification profonde agit comme une boussole. Les préceptes moraux, les conseils, les interdits qui constituent le fond sur lesquels s’appuie l’analyse, ces acquis socio-éducatifs peuvent s’oublier.
Pas un Symbole.
Car, en tant qu’objet, il est image avant tout. Et parce qu’il est image, il s’impose à l’esprit en un instant, sans longue et complexe réflexion. De ce fait, il est immédiatement efficace pour qui en a déchiffré le sens caché. Il est donc constamment utile et utilisable. Et face à des circonstances variables, il reste efficace dans la mesure où sa signification peut évoluer. Il est donc nécessaire de remettre en permanence cetterecherche en question

Malgré l’apparence, les Symboles font appel à l’intelligence et sont un guide qui respecte laliberté de chacun.


Contrairement à la science qui cherche des réponses, le Symbole cherche des questions.


Quelque soit l’influence de la Culture et de la Société, il reste un héritage de l’Humanité.



Voici donc les différents aspects de ce qui pour un FM de la Grande Loge de France est à la base de sa démarche.


« Cherchez et vous trouverez » nous est-il dit.


Il y a sûrement d’autres aspects car le sujet est vaste, mais comme le disait notre Frère Kipling, « Ceci est une autre histoire« , et me permet donc de retrouver le silence.



J’ai dit V M



A Z


Planche parue dans Point de Vue Initiatique n° 88

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