La Voie Le voyage du Compagnon Auteur: P∴ L∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué Le Vénérable prit la parole pour annoncer au Frère Compagnon, qu’à la prochaine Saint Jean d’Hiver, il serait exalté à la Maîtrise : « Mon Frère avant d’être élevé à la Maîtrise, et comme le veut la coutume de notre Loge, la Chambre de Milieu a pensé que nous devons te donner le dernier travail de Compagnon à exécuter. A la fin de ton apprentissage, tu as tracé, à la craie le tableau de Loge, puis nous t’avons enseigné la bonne manière d’inscrire dans un cercle l’étoile à cinq branches, maintenant le moment est donc venu de te mettre à l’épreuve. Mais saches que la Loge ne te demandera rien d’impossible à réaliser, non simplement nous savons par expérience que seul le possible est réalisable par les Frères. D’autant plus que nous allons utiliser tes outils, ceux que naturellement tu possèdes et ceux que tu as acquis par ton travail profane. Nous avons donc pensé que tu serais à même de remplir la tâche que nous allons te confier ; tu vas donc visiter cinq Cathédrales de France, cela est possible puisque tu sillonnes notre pays régulièrement, nous allons donc éprouver cinq qualités utiles à la Maîtrise : l’esprit d’initiative, la curiosité utile au savoir, la perspicacité dans l’effort, le raisonnement et la patience, cette dernière étant la condition utile à toutes recherches. Nous avons donc choisi pour ton travail, les Cathédrales suivantes : Strasbourg, Beauvais, Paris, Bayeux et Périgueux. A toi de découvrir dans ces lieux de Savoir, un symbole de ton choix, mais un symbole venant de nos Anciens Bâtisseurs. Tu as jusqu’à la Saint Jean d’été, pour nous présenter le fruit de ton travail. Bonne route mon Frère, à la fin de la Chambre de Compagnons, le frère secrétaire te remettra un bref te permettant de rendre visite aux Loges de ton choix pour guider ton travail et ta recherche. A la Saint Jean d’Eté les Frères jugeront les fruits de ton voyage ! »J’ai dit !Les jours, les kilomètres, les loges visitées se succédèrent et le Compagnon se retrouva devant ses pairs pour leur faire part de ses découvertes.« Tu as la Parole mon frère ! »Conduit par l’Expert, le lutrin placé entre les Colonnes, le Compagnon commença son exposé :« Vénérable Maître et vous mes Frères en vos degrés et qualités, j’ai donc parcouru notre pays dans tous les sens, afin de remplir mon Devoir de Compagnon, voici donc le fruit de mon travail : la première cathédrale que j’ai visitée, non par choix mais pour des raisons professionnelles, fut Strasbourg. Un frère Alsacien m’a montré un vitrail anodin mais qui au Solstice d’été canalise les rayons du soleil vers le centre géométrique du chœur et du transept ; sur le plan symbolique j’en déduis que l’horizontale et la verticale ne font plus qu’une grâce à la Lumière solaire. J’ai compris que regarder ne suffisait pas, car les vérités sont souvent devant nos yeux, et nous ne les voyons pas. – la seconde fut Beauvais ; l’orgueil me fit comprendre que sur ce sentiment, on ne construit rien de durable, et que la Vie nous ramène à l’humilité et à la simplicité. Beauvais fut pour moi comme la Tour de Babel, vaine et insensée. – Paris fut pour moi un émerveillement et ayant lu le Mystère des Cathédrales de Fulcanelli, je ne suis pas entré dans la cathédrale, non je suis resté dehors à contempler la façade de l’édifice, inutile de vous dire que toutes les allégories contenues sur les tympans ne n’ont rien appris sur la compréhension de l’alchimie, mais j’en ai déduis qu’il ne faut pas mettre au grand jour les vérités métaphysiques à la portée du plus grand nombre, sous peine de grand danger, car la maîtrise de certaines forces naturelles demandent justement du discernement , pour éviter ce que nous avons connu avec l’énergie nucléaire, j’en conclus qu’il ne faut pas jouer aux apprentis sorciers, car le retour du bâton est trop souvent catastrophique. – Deux fois j’ai visité Bayeux, la première fois je n’ai pas vu grand-chose, mais c’est en rendant visite à une Loge de Caen, qu’une sœur m’a donné la clef pour voir ce qu’il y avait à voir, le labyrinthe caché dans la crypte de la Cathédrale. Plutôt que d’emprunter le dédale, l’initié lui va droit au but, mais seulement l’initié peut faire cela, le profane lui se perd dans les détails. Mais j’ai appris autre chose encore, la déambulation se fait dans une Cathédrale comme dans un Temple maçonnique. – Périgueux fut pour moi l’étape la plus difficile car la visite de ce lieu sacré, m’a rempli de crainte et de frayeur, non pas par la semi obscurité qui y règne, mais par le fait que j’ai eu l’impression d’être un étranger dans la Cathédrale, et c’est en regardant la voûte que j’ai compris les motifs de mon inquiétude. En effet cette voûte n’est pas comme les autres cathédrales, en ogive ; elle composée de nombreuses coupoles, qui assemblées ensemble forme la dite voûte. Comme vous le savez mes frères le cercle tracé par le compas est pour nous le symbole de la spiritualité, et dans cette cathédrale j’eu jusqu’à la gène, le sentiment d’être écrasé par la spiritualité. Ce qui me fait dire que si l’infiniment grand est comme l’infiniment petit, alors l’infiniment petit que je suis se sent minuscule et sans force devant le spectacle de la Cathédrale de Périgueux.Vénérable Maître j’ai dit !– Mon frère sur ton voyage il ne sera pas fait de commentaires, car tu as fait une expérience personnelle, mais tu dois savoir que contrairement aux idées reçues, on ne s’initie pas tout seul on a besoin des autres, et toi pour comprendre le sens de ton voyage, tu as fait appel aux anciens maçons ainsi qu’à un Frère et à une Sœur, sans les deux tu n’aurais rien vu, ni rien compris, tu serais passé devant l’essentiel sans rien voir. Quant tu seras devenu Maître n’oublie jamais que l’on a toujours besoin des autres et que seul on est rien !La Saint Jean d’hiver vit l’exaltation de notre frère compagnon. Navigation des articles Planche Précédente "L’interprétation du mythe des cinq voyages" Planche Suivante "Les voyages du Compagnon"