Les Voyages du Compagnon

Auteur:

J∴ P∴ B∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué




J’ai de suite été confronté à l’étendue du symbolisme abordé lors de ces Voyages. Toutes mes lectures agrandissaient même, chaque fois, le champ de mes recherches.


Aussi je me suis attaché à présenter un travail, hélas forcément partiel, qui à partir de la cérémonie de réception au grade de compagnon, décrira pour chacun des cinq Voyages, les outils utilisés par le récipiendaire, les étapes de ce qui lui est demandé, ainsi que ma vision des symboles mis en valeur dans ce Voyage.



AU COURS DU PREMIER VOYAGE

Le Récipiendaire est muni de deux outils tenus dans la main gauche : le maillet et le ciseau, outils de l’apprenti.


Le FE lui fait observer et lire le cartouche, posé sur la colonnette Beauté, où sont noté les cinq sens :



Vue, Ouïe, Toucher, Goût, Odorat.



Les outils rappellent la tâche qui a été confiée à l’apprenti, débarrasser la Pierre Brute (en l’occurrence lui-même) de ses aspérités pour lui donner une forme convenable en s’efforçant de la polir.



Les sens transmettent les sensations à notre perception qui va déclencher la réaction.


IL faut rester vigilant vis-à-vis de ses sens qui peuvent transmettrent des sensations incertaines et donc nous devons interposer entre la perception et la réaction un filtre, la raison, pour ne retenir que ce qui est VRAI, digne d’être retenu.


Le GADLU nous a doté de cinq sens qui nous permettent de découvrir la perfection de la Nature par l’observation.


Le ciseau qui correspond à la réceptivité intellectuelle est complété par le maillet, la volonté qui exécute.


L’Initiation enseigne, notamment, à raisonner juste, mais le compagnon est appelé à l’action par la culture rationnelle de sapuissance de volonté.



En conclusion de ce Voyage, le VM nous demande de nous souvenir du précepte « Connais-toi toi-même » ce qui, à mon avis, est le premier travail d’un apprenti que ce Voyage rappelle.



AU COURS DU DEUXIEME VOYAGE

Le Récipiendaire est muni de deux outils, la Règle tenue en main gauche, et le Levier dans sa main droite.


Le F Exp lui fait hisser la Pierre Cubique sur la Première Marche de l’Orient à l’aide du Levier. Puis il fait lire le cartouche posé sur la colonnette Force où figurent les cinq Ordres Architecturaux :



Dorique, Ionique, Corinthien, Toscan, Composite.



La Règle représente la Loi Morale dont nous n’avons jamais à dévier. Elle accompagne d’ailleurs le futur compagnon dans les deux Voyages qui suivent.


La fonction essentielle, au plan de la MORALE, porte sur le respect des Règles Maçonniques.


Le Levier multiplie nos forces et représente l’instrument actif auquel rien ne peut résister, et symbolise la Volonté. Mais il engage à la réflexion, par ce qu’il exige pour être efficace. En effet, seul, c’est un instrument encombrant, impuissant mais avec un second élément indispensable, un point d’appui solide, il développe une puissance redoutable.



Les cinq Ordres Architecturaux permettent d’étudier l’art que professe symboliquement la Franc-maçonnerie et qui porte sur la construction de l’homme et du monde, et qui permettront à l’apprenti de mettre en place le « point d’appui ».



L’étude de cet Art fait sentir à chacun le soin à apporter à l’ornement du Temple que nous voulons élever à la Gloire du G A D L U .



AU COURS DU TROISIEME VOYAGE

Le Récipiendaire est muni de deux outils, la Règle dans la main gauche, le Fil à plomb et Le Niveau (outils complémentaires) dans la main droite.


Le F E fait contrôler, à l’aide du Fil à plomb et du Niveau, la bonne mise en place de la Pierre Cubique.


Puis il fait lire le cartouche posé sur la Colonnette Sagesse, où figurent les sept Arts Libéraux :



Grammaire, Rhétorique, Logique, Arithmétique, Géométrie, Musique, Astronomie.



A ce stade le Levier, utilisé dans le Voyage précédent, prend une autre dimension. Si l’on admet que le Levier du Compagnon est sa Foi, sa Volonté de progresser, le point d’appui le plus apte à soutenir son effort paraît être l’acquisition progressive des Arts Libéraux qui représentent l’ensemble des arts et des sciences humaines.



Le Langage qui permet de comprendre, d’exprimer, de convaincre,


Le Calcul pour mesurer, concevoir, construire,


La Musique langage universel,


L’Astronomie pour l’inciter à transcender le Monde où il vit.



Programme trop ambitieux je ne sais pas, mais VOIE TRACEE probablement.



AU COURS DU QUATRIEME VOYAGE

Le Récipiendaire est muni de deux outils, la Règle toujours dans la main gauche, l’Equerre dans la main droite.



Le VM rappelle alors le rôle de l’Equerre « qui vient de vous être confiée peut êtreconsidérée comme le symbole de la rectitude. Elle sert à éprouver la Pierre Cubique afin qu’elle puisse s’ajuster aux autres pierres avec exactitude.


Ainsi l’Edifice se construit comme de lui-même à l’aide du Niveau et du Fil à Plomb que vous avez déjà employé mais à la condition absolue que tout soit rigoureusement d’équerre. C’est pourquoi vous avez demandé à être éprouvé par l’équerre, lorsque vous vous êtes présenté pour être reçu dans cette Respectable Loge de Compagnons ».



Puis le F E fait exécuter au récipiendaire un tour complet, dextrorsum, et fait vérifier la Pierre Cubique avec l’Equerre.



Ensuite il lui fait remarquer les deux Sphères, Céleste et Terrestre qui symbolisent que désormais c’est tout le domaine de l’Univers qui est proposé à ses investigations.



Si ces deux outils sont le symbole de droiture et de rectitude, l’équerre paraît l’outil indispensable à tous les bâtisseurs : arpenteur, géomètre, architecte, maçon, charpentier, menuisiertous l’utilisent.


Nous pouvons estimer que nous disposons du symbole de la mission qui nous incombe : la construction du Temple du GADLU ; les deux Sphères nous ramenant, inéluctablement, à l’UNIVERS, qu’Il a construit et ordonné.



Le Compagnon devra donc poursuivre ses recherches qui devront s’orienter bien au-delà du monde qui lui est familier.



AU COURS DU CINQUIEME VOYAGE



Le Récipiendaire effectue, main libre, un tour complet, dextrorsum, en contemplant tous les cartouches et les deux Sphères.



Ce dernier parcours correspond, notamment, à la deuxième partie de la vie, celle où l’homme véritable va distiller la totalité de ses qualités pour le service des hommes et de la société, et non pas pour se servir. Il est seul face à l’Univers pour conduire sa mission à terme.


Dans le monde profane, c’est chacun pour soi et Dieu pour tous, mais personne ne peut effacer le Travail que nous avons à réaliser, ni le faire à notre place.



Celui qui donne sans compter finit par accéder au statut d’homme véritablement réalisé.


« Les derniers seront les premiers » est plus qu’une affirmation religieuse.


Cette phrase est applicable aussi dans la vie actuelle, sans préjuger de ce qui nous attend ultérieurement.



EN CE QUI CONCERNE MES PROPRES VOYAGES


durant cette année de compagnon, je me suis efforcé à voyager, principalement en essayant de mieux me connaître, mais surtout en essayant de m’améliorer. J’avais la conviction d’avoir évolué sur certains points.


J’ai donc, pour tenter d’apprécier les éventuels progrès réalisés, demandé à ma femme si elle m’avait trouvé changé depuis ces deux dernières années. Le manque d’enthousiasme de sa réponse m’a fait comprendre que mes progrès devaient être surtout intérieurs. Il  me reste beaucoup de travail à effectuer pour que, avec votre aide mes FF, mon évolution soit un peu plus concrète.


J’ai également accompagné le F1erSurv lors d’une visite à une Loge de Montpellier. Elle a été très instructive car malgré l’appréhension, je n’ai pas du tout été dépaysé par un rituel légèrement différent du notre où j’ai retrouvé tous les fondements qui m’ont été enseignés.



Pour terminer ma Planche, permettez moi de vous citer les paroles du « Chant des Adieux »(entonné lors de la chaîne d’union dans des Loges Ecossaises) qui transcrivent si bien le sentiment qu’un compagnon peut avoir quand, en fin de cérémonie de réception, il est incité, même poussé, à aller voyager :


1


Faut-il nous quitter sans espoir,


Sans espoir de retour ?


Faut-il nous quitter sans espoir,


De nous revoir un jour ?


(Refrain)


Ce n’est qu’un au revoir, Mes Frères,


Ce n’est qu’un au revoir,


Oui, nous nous reverrons, mes Frères,


Ce n’est qu’un au revoir.


2


Formons de nos mains qui s’enlacent


Au déclin de ce jour,


Formons de nos mains qui s’enlacent


Une chaîne d’amour.


3


Unis par cette douce chaîne,


Tous, en ce même lieu,


Unis par cette douce chaîne,


Ne faisons point d’adieu.


4


Car l’idéal qui nous rassemble


Vivra dans l’avenir,


Car l’idéal qui nous rassemble


Saura nous réunir.



J’ai dit VM



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