Le Travail Comment les frères travaillent t’ils en loge ? Auteur: O∴ C∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers Grande Loge de France Francs-Maçons de Rite Ecossais Ancien et Accepté Liberté – Egalité – FraternitéVM et mes TCF,Pour débuter cette année maçonnique, j’ai donc choisi comme thème « Comment les Frères travaillent t’ils en loge », pour nous rappeler quelques principes fondamentaux d’une loge et nos devoirs pour travailler collectivement et construire individuellement notre propre temple, car nous appartenons à un ordre initiatique.Tout d’abord, Le travail en loge se passe dans notre temple entre l’ouverture et la fermeture des travaux, symboliquement entre midi et minuit. Le symbole de la règle à 24 divisions, nous rappelle que notre travail de FM au Rite Ecossais Ancien et Accepté n’est pas uniquement de midi à minuit mais bien consacrer au 24 heures d’une journée.Au Rite Ecossais Ancien et Accepté, la FM nous propose une méthode initiatique de travail en loge avec une finalité pour moi qui est bien d’extérioriser hors du temple une partie de ce que l’on y apprend au-dedans.Cela signifie que chaque Frère venant travailler en loge doit s’enrichir lors de la tenue, afin peut-être de pouvoir agir dans le monde profane grâce au travail collectif des Frères en loge.Si nous n’agissons pas dans notre travail en loge avec cette perspective d’extérioriser une partie de notre méthode et notre enrichissement, je pense que nous ne construisons pas notre temple sur de bonnes fondations et nous risquons de rester sur de l’auto contemplation et de ne pas éveiller notre conscience.Travailler avec rigueur et assiduité permettra donc à chaque Frère de se révéler.Pour commencer cette planche je vais décrire succinctement ce qu’est une loge, puis le travail en loge, pour finir par « comment travaillons nous en loge ? »Qu’est qu’une loge ?Au moyen âge, les FM opératifs construisaient à coté d’un édifice religieux (église ou cathédrale) un local en bois ou en pierre : la loge. C’est là que les ouvriers bâtisseurs prenaient leur repas, se reposaient, mais aussi recevaient leur enseignement dans l’art de bâtir. Plus tard, l’édification d’un temple permanent demeurera. C’est un local aménagé où se réunissent les FM.Comme notre VM qui l’a évoqué lors de notre dernière tenue, j’ai visité la Cathédrale de Strasbourg et je vous recommande aussi le Musée de l’Œuvre Notre-Dame situé au pied de la cathédrale pour découvrir une loge de Maçons opératifs.La loge maçonnique est la plus petite entité de travail ou se regroupe les Frères pour travailler. Ce lieu de réunion permet donc de trouver l’apaisement moral afin d’oublier nos soucis personnels de la vie profane et nous retrouver dans un état d’esprit propice à la réflexion et la méditation, pour s’améliorer personnellement. Une loge a aussi une notion spirituelle d’infini pour représenter la continuité de notre travail.Notre loge de Semper Fidelis est donc représentée par un ensemble de Frères qui travaillent au Rite Ecossais Ancien et Accepté. Pour un besoin d’équilibre dans notre travail collectif, la loge est composée si possible de frères de tous âges, de professions et d’origines diverses.Parmi ces frères il y a des apprentis, des compagnons, des Maîtres, dont certains occupent un poste d’ officier.La loge procède annuellement à l’élection du Vénérable Maître et du collège des officiers. Pour constituer une loge, il faut trois Maîtres pour la diriger, cinq pour l’éclairer, sept pour la rendre juste et parfaite. Respectivement les officiers de la loge sont le vénérable Maître, le premier et second surveillant,, l’orateur, le secrétaire, le maître des cérémonies, et l’expert, puis aussi le trésorier, l’hospitalier et le couvreur.Les rôles de ces officiers de la loge sont les suivants :Le Vénérable Maître dirige la loge et définit un programme de travail en respectant l’histoire de la loge et ses traditions par nos travaux.Les premier et second surveillant forment les futurs Maîtres en les guidant dans leurs travaux et donnent la parole sur leur colonne.Le secrétaire dresse le compte rendu des travaux, assure les relations administratives, garde les archives et il est en relation avec les autres loges.L’orateur est le garant de la loi et des décisions prises en loge, il présente les conclusions et prononce un travail de bienvenues aux nouveau initiés.Le maître des cérémonies et l’expert assurent le bon déroulement des tenues respectivement pour les déplacements et le respect du rituel.L’Hospitalier gère le tronc de la veuve et la solidarité entre les Frères ; il se tient informé des problèmes des Frères et essaye de trouver une solution.Le trésorier enregistre les cotisations des Frères ( ne pas oublier pour cette année 6015/6016 de vous mettre à jour auprès du Frère Trésorier ).Le couvreur garde la porte de la loge et veille à ce qu’aucun profane n’entre dans le temple. Pour faire vivre la loge, nous utilisons donc un rituel comme méthode de travail pour son fonctionnement.La loge est une subtile alchimie qui unie les Frères entre eux. Celle-ci vit et évolue en fonction de l’apport des travaux individuels des frères et le rituel permet de produire un travail collectif.Pour illustrer mes propos, par exemple le rituel impose le silence pour l’Apprenti ; cela lui permet d’apprendre l’humilité et la tolérance. Ce silence m’a incité à écouter les Frères de la loge même si leurs interventions ne correspondaient pas toujours à mes idées, tout en gardant pour moi mon opinion ; personnellement ce fut un fabuleux apprentissage de maîtrise de mes émotions pour mieux structurer dans mon silence ma réflexion.Le rituel impose aux Francs maçons une prise de la parole très encadrée ; la parole se demande au surveillant de sa colonne et chaque Frère ne s’adresse lors de nos travaux jamais directement au conférencier, mais à l’ensemble de la loge pour éviter des tensions entre les frères sur des points de vue divergents du travail présenté.Il faut être à l’ordre pour s’exprimer et la prise de parole est un exercice de synthèse et de maîtrise de soi pour formuler avec justesse nos questions, interrogations et réflexions sur le sujet traité.Qu’ en est il du travail en loge ?Au Rite Ecossais Ancien et Accepté, il est demandé aux apprentis, compagnons et aux Maîtres d’effectuer un travail qu’on appelle « planche ».Pour information, le premier sens du mot travail est « torturer » et heureusement son sens a évolué car aujourd’hui c’est plutôt un facteur d’équilibre dans la société profane.Toutefois, nous ne pouvons pas en venant travailler dans notre loge oublier les milliers d’esclaves qui ont contribués dans une grande pénibilité et parfois au prix de leur vie, par exemple et à la construction des pyramides en Egypte, de la grande muraille de Chine, des temples, abbayes, cathédrales, etc… Nous devons toujours avoir à l’esprit que nos Frères ont connus la souffrance et aussi une fierté de l’accomplissement du travail ; ce passé nous permet d’opérer une projection mieux réfléchie aux symboles qui nous entourent et de mesurer l’effort de ce travail à accomplir, effort personnel et collectif pour construire notre temple intérieur.Pour travailler en loge, les Frères utilisent comme symboles spirituels les outils des maçons constructeurs : la règle, le compas, l’équerre etc… et nos travaux en loge sont principalement des réflexions sur un sujet symbolique, ou sur les outils de notre grade, ou sur une phrase ou un mot du rituel.Si l’on n’y prend pas garde ces symboles peuvent aussi apporter des dangers comme par exemple le compas qui peut piquer une susceptibilité d’un Frère et c’est uniquement en travaillant que nous prendrons conscience de ces dangers pour les éviter au cours de notre parcours initiatique.Le travail des apprentis est suivi par le second surveillant et celui des compagnons par le premier surveillant.Leur but est de compléter l’instruction des apprentis et des compagnons en les guidant dans leur démarche symbolique, les aider à rédiger leur travaux en leur donnant quelques clés et le bon fil conducteur. Le rôle des surveillants est essentiel pour permettre à ces futurs Maîtres de trouver leur propre chemin initiatique.Les planches d’apprentis n’appellent pas de commentaires, comme leur silence en loge. Les apprentis traitent principalement des sujets sur les outils symboliques et ce qu’ils évoquent ; et aussi des sujets issus du rituel.Les planches de compagnons sont plus étoffées et ils répondent si possible aux questions posées par les Frères de la loge.Enfin, les planches de Maître sont des sujets plus larges afin qu’elle enrichissent la loge et suggèrent des interrogations ; elles permettent aussi de ressentir la personnalité et l’évolution du Frère dans son chemin initiatique. Quelque soit le grade du Frère, le travail en loge a pour but de nourrir intellectuellement les Frères présents et participants à la tenue. Notre travail en loge permet de confronter des points de vues, des pensées et des avis tout en restant respectueux courtois, humble. La pratique de notre rituel permet justement de rester toujours respectueux entre les Frères.Dans notre travail nous devons faire en sorte d être toujours à l’écoute des Frères qui apportent des ajouts et des compléments. Il ne faut pas hésiter à prendre la parole. Cette prise de parole permet d’enrichir les échanges et si personnellement nous voulons progresser il faut s’engager dans ce débat et confronter nos idées.Le Frère conférencier doit donner le maximum de lui-même et travailler avec son cœur pour rendre son travail personnel et unique ; le travail individuel est le fondement de l’initiation faite de réflexion et de méditation.Au fil du temps, certains thèmes travaillés reviennent et il est intéressant de constater que chaque conférencier traite du même sujet souvent différemment et sous un nouvel angle. Un sujet traité par un conférencier doit éveiller l’intérêt des Frères même si ce sujet a déjà été traité de nombreuses fois. C’est bien la façon d’aborder le sujet, la perception que j’en ai qui intéressent les Frères de ma loge plus que le sujet lui–même.Précédemment, j ai défini la loge et le travail en loge ; voyons maintenant comment travaillent les Frères en loge ?D’abord, le conférencier présente sa planche, puis s’ensuivent des interventions, des enrichissements et des questionnements des Frères, ce qui constituent à mon sens le véritable sens du travail en loge. Ce qui est important dans notre rituel c’est de ne pas rester spectateur mais d’apporter sa pierre à l’édifice pour compléter le travail préparé par le conférencier. Ainsi la planche présenté ressort plus enrichissante pour tous les Frères.La Franc maçonnerie a pour but essentiel l’amélioration de soi et cette amélioration se fait en apprenant à mieux structurer sa pensée lors de notre travail en loge. En écoutant les Frères, en confrontant nos arguments, je vais petit à petit me faire ma propre conviction sur divers sujets d’ordre spirituel. Ce travail sur soi permet d’éliminer les imperfections, d’effacer le paraître pour ne laisser que l’essentiel de mes arguments. La règle fondamental des Frères intervenants en tenue est l’écoute de toutes les opinions exprimées ; ce qui permet à chacun d’entre nous de s’enrichir de nos différences. Ce travail sur soi se fait donc par la participation aux tenues, par des planches présentées sur un sujet choisi par le conférencier, par des prises de parole et par des réflexions suite aux échanges.Par exemple mon travail actuel est d’exposer ma pensée individuelle à vous tous mes Frères, vous soumettre une réflexion si possible construite amenant ensuite un enrichissement d’idée. Il s’agit donc de passer d’un travail purement individuel, introspectif à un travail collectif. Ce travail collectif n’amène pas de confrontation mais bien un enrichissement d’idée par les Frères qui vont apporter un complément au travail du Frère conférencier. Cette alchimie de la loge se produit entre l’ouverture et la suspension des travaux et elle permet de se mettre dans une dynamique de repos d’esprit, de communion, de zénitude ; cette alchimie permet de créer un esprit de groupe avec des émotions et des désirs variés mais tous unis dans un but commun.Je pense que ce qui représente assez bien « comment travaillons nous en loge » et pour lequel je ne m’implique pas assez depuis mon initiation est le travail collégial à tous les grades « les questions à l’étude des loges » formulées par la Grande Loge de France. Ces sujets sont travaillés par tous les Frères volontaires de la loge. Autour de ce travail s’organise en loge ou parfois à l’extérieure de la loge un travail communautaire pour construire une synthèse de nos réflexions et une pensée unique de notre loge ; cette synthèse est présentée lors d’une tenue et elle est remontée par notre rapporteur à la GDLF pour enrichir une planche collective. La « question à l’étude des loges » nous oblige à faire un point, à évaluer le chemin que nous avons parcouru, à titre individuel ou sur un plan plus collectif.Comme autre exemple pour illustrer cet aspect collégial, c’est la planche faite par notre Frère secrétaire qui retrace l’aspect collectif du travail de la tenue précédente. Le Frère secrétaire est la mémoire de notre loge car il a en sa possession toutes les archives et travaux de la loge dans les différents livres d’archives de Semper Fidelis, et à chaque tenue il est important d’avoir une écoute attentive de son travail, nécessitant de sa part un esprit de restitution et synthèse.Enfin un aspect de notre travail est qu’il ne reste pas à l’intérieur de notre temple mais que nous prolongions à notre manière ce travail de réflexion en agissant individuellement, concrètement autour de nous, par notre comportement avec nos proches, notre famille, nos collèges de bureaux, et toutes les personnes côtoyées afin d’ améliorer la société.Pour bien travailler en loge, je pense que le travail préparatoire de chaque Frère est important pour la qualité du travail collectif qui sera mené. En effet pour optimiser la qualité des échanges, il me semble bénéfique, avant la tenue que les Frères prennent connaissance des planches et de l’ordre du jour pour se mettre dans une dynamique de travail. La préparation de la planche du conférencier est aussi une condition du bon déroulement de la tenue. C’est ainsi que le pré – travail individuel du frère conférencier et des Frères de la loge, fait partie intégrante du travail de chaque Maçon. Aussi, ce n’est qu’après un travail personnel et persévérant sur nous-même dans le cadre collectif de la loge, que nous progressons tout au long de notre cheminement maçonnique et que « la lumière qui a éclairé nos travaux continue de briller en nous pour que nous achevions en dehors, l’œuvre commencée dans le Temple » comme le dit le rituel.Notre conscience individuelle étoffe la conscience collective, laquelle élargie notre perception et notre connaissance de chacun sur sa propre existence et bien sur celle du monde qui nous entoure.Le travail en loge maçonnique se présente comme une forme de libération de l’Homme soumis dans la vie courante à des influences extérieures, à ses désirs, à ses passions, à ses habitudes, et à ses préjugés.Acquérir la liberté intérieure qui conditionne l’existence de l’esprit critique, de la responsabilité personnelle, et par conséquent de la dignité de l’homme, constitue une des quêtes les plus importantes du FM. La recherche initiatique est basée sur l’étude de certaines valeurs de l’esprit humain tel que la Force, la Sagesse et la Beauté.La constitution de la Grande Loge de France stipule au chapitre 1 que les FM considèrent le travail comme un devoir et un droit. Ce travail individuel et collectif est basé sur une méthode prenant en compte l’écoute de l’autre, la liberté de pensée et d’expression, la tolérance, le respect des idées différentes, la compréhension et la fraternité. La méthode maçonnique est de faire travailler ensemble des hommes aux idées différentes, « de toutes races, de toutes nationalités, de toutes croyances », afin de réaliser un objectif : améliorer chaque Frère au profit de l’Humanité. Cette variété des Frères réside fondamentalement dans l’unicité de chaque Frère qui le rend semblable mais pas identique.Cette méthode nous invite à vider notre esprit des certitudes acquises « se débarrasser des métaux » pour construire nos propres vérités à travers notre réflexion individuelle et collective.C’est par le travail individuel et grâce au travail collectif en loge que l’homme se réalise et s’accomplit en œuvrant.Notre esprit est tel un jardin dans lequel notre travail est de semer des pensées, des réflexions, des impressions. Notre façon de travailler dans cet espace sacré est de garder notre esprit en alerte durant une tenue, condition importante pour apporter notre pierre à l’édifice du temple.Quelque soit son grade Apprenti, Compagnon ou Maître, le FM est un artisan avec son tablier nous rappelant que notre travail manuel devenu intellectuel est un travail de notre propre construction.Le travail que nous réalisons en loge, nos réflexions et nos pensées doit se poursuivre impérativement à l’extérieure de notre temple ; nous devons mettre en pratique cet enrichissement tel que l’écoute, la tolérance, la sagesse, et toutes les vertus maçonniques qui doivent nous guider.Nous passons l’essentiel de notre vie à l’extérieur de la loge, ainsi nous devons montrer l’exemple et toujours avoir une attitude positive sur la plan professionnelle et familiale et nous ne devons pas hésiter à mettre en valeur notre démarche qui a pour vocation de « changer les hommes qui vont changer le monde ».Nous sommes responsables de nos actes et de notre comportement pas seulement vis-à-vis de nos Frères mais aussi de tous les êtres que nous fréquentons en apportant fraternité et amour autour de nous.Pour conclure, fors de notre initiation, et des valeurs de liberté, de tolérance, de respect de l’autre et de soi-même, notre travail en loge implique de nombreuses exigences décrites précédemment. Ce travail a pour objectif d’exporter au dehors du temple ce que l’on apprend au-dedans grâce à notre travail de polissage de notre pierre brute ; c’est un travail de longue haleine et d’assiduité et c’est le principal travail que chacun d’entre nous doit effectuer.Chaque planche doit permettre l’élévation de chacun d’entre nous pour progresser sur notre chemin initiatique. Dans un espace de liberté d’expression et avec notre propre personnalité, notre travail collectif a la particularité au rite Ecossais Ancien et Accepté de nous faire agir dans la société enrichis de ce que notre travail en loge nous apporte.Jules Renard a dit « au travail le plus dur est d’allumer la petite lampe du cerveau, Après ça brûle tout seul… ». Alors VM et mes TCF, je vous propose de continuer cette réflexion à travers nos échanges sans agression, sans mépris et sans autorité, car c’est comme cela que l’on travaille collectivement en loge et après si nous méritons notre salaire nous continuerons de nous enrichir, en exprimant nos points de vues et opinions aux agapes, toujours dans la recherche de la vérité, dans un travail collectif de mastication !J’ai dit VM Navigation des articles Planche Précédente "Qualite du travail et travail de" Planche Suivante "Le sens du travail en loge"