Appel à Dieu
Non communiqué
Au moment de mon initiation je me sentais mal
à l’aise car on m’avait demandé de me
vêtir d’une manière pour le moins curieuse, on
m’avait bandé les yeux et on m’avait donné une
pantoufle pour mon pied. Je me sentais en difficulté tant
dans ma marche que dans la perception de la situation. On m’avait aussi
passé une corde autour du cou et un peu plus tard on m’a
appliqué la pointe d’un poignard sur mon sein gauche : Je me
sentais en danger.
Je me sentais seul au monde dans cette situation. Bien entendu
j’imaginais qu’il y avait beaucoup de personnes autour de moi mais je
savais qu’elles ne pouvaient m’être d’aucun soutien. A ce
moment là j’ai prié. J’ai prié Dieu
qu’il me protège mais surtout qu’il m’aide à
surmonter ces épreuves.
Bien entendu j’aurai pu taire cet appel à
Dieu, j’aurai pu mettre d’autres priorités en avant. J’aurai
pu me dire : soit fort, soit courageux, soit confiant en l’autre. Mais
si on ne base pas sa confiance en Dieu, il arrive un moment
où on atteint la limite, sa propre limite. Ma confiance en
Dieu peut devenir infinie mais pas celle que je porte à moi
même et à autrui.
Si je me trouve dans une assemblée où les
personnes ont mis leur confiance en Dieu, nous nous retrouvons en
harmonie. Tout danger ne peut être craint.
« Où se trouvent deux ou trois
réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux
» (Matthieu XVIII, 20).
Le vénérable maître a
déclaré, lors de mon initiation :
« Là où le nom de Dieu est
invoqué, aucun danger ne doit être
redouté. »
Après avoir entendu cela je me sentais mieux mais je ne
pouvais expliquer pourquoi. C’est après un travail sur
moi-même que je commence à comprendre et
à vivre cette phrase.
Bien entendu la faculté de ressentir est innée pour chacun d’entre nous. La capacité de ressentir cet appel à Dieu se développe et devient de plus en plus consciente car elle repose sur la connaissance et le travail. La connaissance des textes bibliques me permet de mieux comprendre la parole de Dieu. Le travail de lecture, de prière, d’action envers les autres permet d’encrer dans le monde réel la voie du développement spirituel. A quoi me sert la connaissance de la parole de Dieu si je ne la fais pas mienne dans ma vie maçonnique et dans ma vie profane ?
L’appel à Dieu était, au moment de
mon initiation, du domaine de la réaction instinctive. Mon
travail en loge par l’écoute de mes frères, par
l’échange, par la lecture de mon rituel me permet, petit
à petit de prendre du recul, d’appeler Dieu de
manière plus consciente, de manière plus vraie.
M C