Hiram – Une trilogie ?

Auteur:

P∴ T∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué


Certes, mes TCF, pour la énième fois nous entendrons parler de la légende d’Hiram.

Pourquoi parle-t-on de légende et qui est supposé être Hiram ou d’u moins la symbolique qu’il peut représenter ?

Chronologiquement, le nom d’Hiram apparaît dans plusieurs textes dont ceux des hébreux. Il s’agit de :

·Samuel II


·Les Rois I


·Chroniques I


·Chroniques II

On le retrouve bien évidemment aussi dans l’œuvre poétique de Gérard de Nerval. Volontairement, je limiterais ma réflexion sur les traces les plus anciennes.

Si l’on croit à ce que cette histoire nous raconte, Hiram serait le fils du roi de Tyr (Abibaal – Fils de Baal – dieu païen) et ayant lui-même un fils nommé Adoniram (Adon-iram : Adoni Seigneur – pluriel Adonaï).


Origine et symbolique des noms

Peut-on penser effectivement à une famille royale ou alors à un cheminement symbolique d’un même homme sous la forme d’une trilogie ?

En effet, si le père de Hiram se nomme Abibaal, c’est-à-dire le fils d’un dieu païen de la région, Baal, on peut songer alors à la naissance ou la prise de conscience d’Hiram de sa condition initiale qui ne peut le satisfaire. Ba’al signifiant « seigneur » ou plutôt « possesseur » nous fait réfléchir à notre initiation où nous nous dépouillons de nos métaux. C’est aussi le temps de l’abandon des faux dieux ou des vieux démons de la vie profane.

Le nom d’Hiram est tout aussi symbolique signifie « Hi » Vie – « Ram » Élevée. Si je continue mon idée, Abibaal ayant accédé par ses premiers pas à la véritable connaissance, alors « Hiram » traduit bien cette démarche. Dans « Les Rois I », on présent Hiram comme le fils d’une veuve de la tribu de Nephtali. Or « nephtali » signifie « mon combat ». C’est en fait le nom donné au fils d’une servante de Rachel, épouse de Jacob, qui souhaite participer à la descendance de celui-ci en entrant en lutte avec Léa. Hiram serait alors, de manière symbolique, à la recherche de reconnaissance de ses semblables. Le temps profane est encore bien trop proche de lui bien que l’on considère « Hiram » comme « un homme sage possédant l’intelligence ». Le mot « binah » est utilisé ici comme intelligence à comparé avec la « binah » ou autel sur lequel on lit le Livre. 

Est-ce que la Sagesse et l’Intelligence ne seraient pas les seuls soutiens d’un Franc-Maçon ? Dans Ezechiel (psaume 28), Hiram aurait affirmé : « Je suis Dieu ». On peut suggérer que les chaînes du profane « Hiram » ne s’étaient pas complètement déliées. L’émancipation de celui-ci aura lieue plus tard.

Alors on peut supposer que le terme choisit pour le fils, Adoniram, n’est pas fortuit. Le préfixe « Adon » signifiant « Maître » (Adon Olam signifiant Maître du Monde – Dieu), je songe alors que le parcours de ce personnage est sur le bon chemin. Est-ce les App et les Comp qui achèvent la formation d’Hiram ? Est-ce bien une traîtrise de ces derniers qui lui donnent la mort qui parachèvent son intiation ? Je crois en effet, que c’est une mort symbolique pleine de souffrances et de joies.

Un cheminement

La première apparition de Hiram dans les textes hébraïques est dans le livre « Samuel II ». Les deux livres de Samuel rapportent la gestation de la royauté et sa fin. La légende d’Hiram intervient (I-5/11) comme roi de Tyr afin d’aider David à bâtir sa maison. Qu’entend-on par « Maison ». Peut-on croire en la construction de sa maison, du temple ou de tout autre édifice matériel ? Je pencherais plutôt, en cette période trouble de guerre civile et de guerre avec les peuples environnants, que le roi David recherchait un allié plein de sagesse et d’intelligence afin de construire sa « Maison », càd son royaume. Ce n’est à ce moment là que d’une construction terrestre et profane.

Hiram réapparaît dans les « Rois I » de manière ambiguë. D’une part, Hiram n’est plus le fils, mais le Roi. Mais au cours du récit des « Rois I » intervient une transformation. Après avoir accepté de servir Salomon et le contremaître de plusieurs milliers de serviteurs, il s’appelle désormais « Adoniram ». A quel moment Hiram est-il mort pour renaître en Adoniram ? On parle aussi d’un Adoniram (fils d’Abda) comme l’un des 12 chefs ou « ministres ». Il aurait été ministre des impôts. S’agirait-il du même personnage symbolique ? Qu’en est-il alors des métaux qu’Adoniram devait se défaire ?

Conclusions

Enfin Hiram en tant que tel réapparaît comme « Hiram Abi » soit Hiram, mon père. Fait-on référence à une filiation où a autre chose ? Serait-il possible que cela puisse être un rappel ou un souvenir de ce que l’on était ? Serait-ce un cycle continue d’apprentissage de son histoire vers une amélioration de soi par des phases où chacune d’entre-elles reprendrait l’un des maillons nous constituant ? Cette visite ne serait alors qu’un mouvement perpétuel bénéfique à chacun d’entre-nous et à l’ensemble de l’Humanité. Dans un autre contexte non symbolique, c’est ce que l’ethnologue Claude Lévy-Strauss a établit comme le constructivisme sorte de « darwinisme » des sociétés humaines. Nous pourrions aussi humblement rapprocher cette réflexion des écrits du philosophe Edgard Maurin dont l’une de ses œuvres « La Vie de la Vie » exprime bien ce cycle continue de l’Humanité qui a la nécessité absolue d’un souffle de renouveau afin de palier à l’inertie de toute chose.

Ainsi, l’Homme peut-il inverser le fatalisme de l’entropie et se prendre pour Dieu ?

TRM, j’ai dit

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