La mort d’Hiram
Non communiqué
La légende
Hiram est l’architecte en charge de la construction du temple de Jérusalem. Pour mener à bien cette tâche, il a organisé les ouvriers en trois degrés, les apprentis, les compagnons et les maîtres selon leurs niveaux de connaissance. La rémunération des trois classes est fonction de leurs degrés. Chaque degré à un mot de reconnaissance qui permet d’avoir la rémunération correspondant à son degré.
Les travaux de construction sont presque achevés. Sur la fin du jour, lorsque les ouvriers sont partis, Hiram inspecte le chantier. La légende dit que trois compagnons voulaient passer maîtres alors qu’ils n’avaient par encore fait leur temps et que leurs connaissances n’étaient pas suffisantes.Les trois compagnons veulent obtenir le mot de maître de la part d’Hiram même par la force aussi ils organisent un gête-appant. Chacun se poste à une porte du temple.
Lorsque Hiram veut sortir par la porte du Nord, il rencontre le premier compagnon menaçant qui devant son refus le frappe en le blessant avec une règle à la gorge.
Hiram se précipite vers la porte du Sud où il rencontre le deuxième compagnon qui lui fait la même demande, devant son refus, il est à nouveau blessé par une équerre au sein gauche.
Enfin, il se dirige vers la porte de l’Est où le troisième compagnon lui fait la même demande, Hiram refuse encore et le troisième compagnon le tue d’un coup sur le front sans avoir obtenu le mot de maître.
Pour cacher leur forfait, les compagnons enterrent Hiram, malencontreusement ils oublient près de la tombe leurs outils de compagnons. Pour identifier le lieu de la tombe, ils plantent une branche d’acacia dessus.
La légende montre les risques de l’ignorance, du fanatisme et de l’ambitionHiram perd sa vie physique (la gorge), sa vie sentimentale (le coeur) et sa vie spirituelle (le front) mais renaît (acacia) grâce à ses qualités : le savoir, la tolérance et le détachement.
Interprétations possibles de la légende
Les trois compagnons sont mauvais
La légende
est vraie, Hiram a été assassiné par
les trois compagnons. Lors de
l’élévation, un compagnon prend la
place d’Hiram
et revit le meurtre d’Hiram. Le second surveillant, le
premier surveillant et
le vénérable maître ont le
rôle des mauvais compagnons… le compagnon se
retrouve dans la tombe. Dans la suite de la
cérémonie, les surveillants et le
vénérable maître vont le relever comme
si Hiram renaissait dans le nouveau
maître.
Le symbolisme est celui de la mort puis de la renaissance après le passage par des épreuves. Même si le nouveau maître prend la place d’Hiram, il y a une régression car les mots de maîtres ont été perdus et sont remplacés par des mots substitués.
Cette légende présente des invraisemblances :
- Les compagnons abandonnent auprès de la tombe leurs outils de compagnons
- Les compagnons indiquent l’emplacement de la sépulture avec une branche d’acacia
- Le compagnon qui prend la place d’Hiram est tué symboliquement par les personnes en qui il avait confiance (le deuxième et le premier surveillant et le vénérable maître).
Le compagnon qui se
présente à
l’élévation est
coupable
Même si ses
gants et son tablier sont sans tâche,
il est possible que ce compagnon soit un des meurtriers. N’y
a-t-il pas parfois
de mauvais frères ou sœurs en loge ?
Les surveillants et le vénérable maître lors de la cérémonie d’élévation le sanctionne le compagnon qu’ils ont reconnu coupable en lui faisant subir ce qu’il a fait à Hiram. Une fois mort, les liens karmiques étant rompus par cette épreuve, le pardon lui est accordé et il peut renaître et portant le fardeau de sa faute : les mots substitués.
Le symbolisme se rapproche du « tout éprouver pour tout réprouver » du bouddhisme zen en supposant que le compagnon est pris conscience de son erreur lors de la cérémonie d’élévation.
Les compagnons ne sont pas coupables
Les indices
laissés près de la tombe sont trop
évidents pour être réels. Les
meurtriers ne sont pas des compagnons mais des
maîtres qui voulaient prendre la place d’Hiram.
La cérémonie d’élévation devient alors un simulacre destiné à masquer leurs responsabilités.
Ce symbolisme donne au compagnon une nouvelle dimension de ses responsabilités, il ne doit plus faire confiance aux autres et devenir autonome dans sa recherche. Il renaît aidé par les surveillants et le vénérable maître mais devra s’en éloigner pour prendre en main, seul, sa destinée.
Hiram organise sa mort
Pour une raison qui nous
est inconnue, Hiram
souhaite mourir. Il organise avec d’autres maîtres
« proches » un
simulacre d’assassinat. Pour que l’ordre continue
à régner sur le chantier, il
faut que les compagnons soient impliqués car compte tenu de
leur connaissance,
ils sont les plus à même pour créer la
contestation et le désordre. Pour
être certain de retrouver la sépulture, les
maîtres « proches » y
plantent une branche d’acacia.
Le symbolisme est alors celui de la continuité de la vie. La disparition du meilleur ne doit pas arrêter le chantier.
Hiram est mort et les
maîtres souhaitent
camoufler cette mort en assassinat
Il s’agit
d’une variante de l’interprétation
précédente à la différence
qu’Hiram est mort de mort naturelle. Pour ne pas
démobiliser les ouvriers des maîtres organisent le
psychodrame de la légende de
la mort d’Hiram. Cette version semble plus vraisemblable car
lorsque le corps
est retrouvé il est déjà en
décomposition : la chaire quitte les os, tout
se désunit…
Le symbolisme semble identique à celui de l’interprétation précédente.
Hiram est mort et enterré,
des maîtres le
déterrent pour essayer de trouver son secret
Hiram est mort de mort
naturelle et a été enterré
selon son désir avec un acacia symbole de sagesse sur sa
tombe. Des maîtres
désireux d’essayer de trouver ses secrets
déterrent son cadavre pour
l’examiner.Evidemment, ils ne trouvent rien. Le reste de la
légende n’existe
que pour donner une dimension dramatique à la mort
d’Hiram permettant ainsi à
son souvenir de se propager.
Le symbolisme concerne le prolongement de la vie à travers l’acacia. Ce n’est pas dans la mort que l’on retrouvera la parole perdue mais dans l’arbre.
La légende
d’Hiram est une invention
La légende
d’Hiram est une invention pour donner
corps au degré de maître. En fait le contenu
symbolique de la légende d’Hiram,
mort de l’ancien homme et renaissance de l’homme
nouveau, est déjà totalement
présent dans le rituel d’initiation (premier
degré). La légende d’Hiram ne fait
que rajouter la dimension de la suspicion que le nouveau
maître doit avoir
envers les autres maçons mais aussi envers les
impétrants. Cette suspicion
est-elle peut-être nécessaire pour
l’éloigner de certaines dérives de la
maçonnerie ?
Conclusion
L’intérêt du symbolisme réside dans la multitude d’interprétations que l’on peut en faire. Si la légende d’Hiram vous inspire d’autres interprétations continuer le travail en nous en faisant profiter dans les commentaires… Merci.||Lien permanent|
‘); } else { document.write(‘‘); }