La fin de la Démocratie ?
E∴ V∴
L’étymologie du mot nous vient du grec « dêmokratia » de dêmos – peuple – et de kratein –commander.
Régime Politique où la
Souveraineté est exercée par le Peuple.
Que nous l’acceptions ou pas, nos démocraties ne
nous protègent pas de l’arbitraire, bien au
contraire.
Sur quels fondements, droit, moral, le Peuple appuie-t-il sa raison ?
Son Pouvoir ?
– Toute définition objective de la culture d’un
Régime Politique est arbitraire donc le régime
démocratique l’est.
Elle ne peut inférer d’un principe universel et,
de ce fait, ne peut être reliée à la
nature humaine ou des « choses ».
– La culture démocratique s’appuie sur un pouvoir
« arbitraireculturel »
qui impose sa vision, sa symbolique.
– Toute catégorie ou Classe Sociale
évolue en fonction du rapport de force exercé les
uns par rapport aux autres. Cette force peut provenir d’un
leader, d’une mode, d’une évolution
sociologique, d’une contrainte guerrière, de
l’intérêt des média pour tel
ou tel Parti, voire d’une manipulation de masse.
– La Classe Sociale est légitimée par
l’adhésion de ses éléments,
ce qui suppose une prédisposition à accepter sa
prédominance sur l’ensemble : on s’allie
toujours au gagnant potentiel.
– Toute Classe Sociale dominante fait que chaque
constituant contribue à reproduire l’arbitraire
culturel qu’elle inculque : c’est
l’Action Educative.
Depuis toujours L’Homme vit dans l’arbitraire qui a
évolué du système tribal à
la Démocratie.
Le groupe le plus fort impose sa loi et tend à renforcer son
hégémonie. Il élabore une Action
Educative où la violence symbolique n’est pas
exclue, bien au contraire, pour inculquer les groupes
dominés afin de perpétuer, par la reproduction,
le groupe ou la Classe Sociale dominante.
Au départ de notre Civilisation
française deux forces, d’égale
détermination, s’affrontent : la francisque et le
goupillon. Ne pouvant se départager, ils vont collaborer et
fonder la Classe Sociale dominante dont Charlemagne est le symbole. La
francisque invente l’Ecole, le goupillon garantit
l’Action Educative. Maintenant qui peut contester
l’hégémonie de la Classe Sociale
dominante naissante ? Les deux parties ont passé un contrat
d’assistance mutuelle et l’Ecole assure la
pérennité du Pacte qui dura en
l’état près d’un
millénaire.
Il faudra attendre le XVIII° Siècle pour
ébranler l’édifice et Jules Ferry pour
que la République démocratise le Savoir, permette
au Peuple d’avoir accès à cette Classe
Sociale dominante.
L’Ecole perpétue ce que la Classe Sociale dominante exige. Cela explique qu’elle se singularise par la sélection, par une forme de racisme intellectuelle rampant mais aussi qu’elle contribue, par son action, à augmenter sensiblement le nombre des constituants des Classes Sociales supérieures, améliorant sans cesse le niveau du Savoir. Cependant ce savoir est uniquement basé sur les formes d’intelligences acceptées par l’Action Educative à savoir les intelligences mathématiques, lexicales, sémantiques aux détriments des combinaisons de l’imaginaire.
– Toute Classe Sociale dominante qui détient
le pouvoir arbitraire se maintient tant que son autorité
reste licite, reconnue par tous, surtout par les sous-groupes ou Classe
Sociales dominées, et tant qu’elle se
pérennise.
La reconnaissance de la légitimité de
l’arbitraire culturel de la C.S dominante constitue une force
légale qui prospère au détriment de
toutes les C.S dominées interdisant à ces
dernières une prise de conscience de leur propre valeur.
– Toute C.S dominante légitimée impose sa loi et
exclut les dissidents (individus ou sous-groupes).
Notre Démocratie, malgré ses imperfections, autorise ses enfants à jouir d’un important espace de Liberté, sachant que cette notion de la Liberté peut variée d’un groupe à un autre. Nous le voyons entre la France et les Etat Unis par exemple. Notre système est ouvert même s’il privilégie la classe dominante. Chacun peut accéder à la C.S à laquelle il aspire s’il honore les principes démocratiques, c’est-à-dire, s’il respecte les règles de l’arbitraire culturel et qu’il accepte comme étant bonnes pour lui et la Société. Un de ces principes est le mérite personnel. La Démocratie couronne celle ou celui dont la valeur intrinsèque symbolise les qualités culturelles dominantes : on ne compte plus les bénéficiaires que la Démocratie a élevé dans les classes sociales supérieures à celles de leur origine. Ces célébrités ne cachent pas les fils de paysans qui, il y a encore quelques décennies communiquaient en patois, les fils d’immigrés dont les parents baragouinaient à peine la langue d’origine et dont, aujourd’hui, beaucoup font partie des classes dominantes.
Il faut raison garder. L’arbitraire culturel
permet la Démocratie. Sans celle-ci le mot Paix
n’existerait pas. Pas plus que le mot Tolérance
qui n’est autre que l’acceptation
d’autres arbitraires, d’autres
intolérances. C’est cette tolérance qui
autorise les éléments d’un groupe
dominé ou d’une minorité culturelle
à ne pas renier leur origine sociale ou ethnique,
à ne pas apostasier leur croyance. L’Edit de
Nantes en est un exemple.
Notre Démocratie, quand elle est forte, soutenue,
valorisée, permet la perpétuation des coutumes et
traditions des allochtones, quitte à les adopter pour
enrichir notre République.
La Déclaration de Droits de l’Homme
décrétée par la Convention Nationale
en 1793 et acceptée par le Peuple (et signée par
Louis XVI, combien le savent ?) fait partie de notre
Constitution de 1958.
1 – La France est une République indivisible,
laïque, démocratique et sociale,
2 – Elle assure l’égalité devant la loi
de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou
de religion,
3 – Elle respecte toutes les croyances La Liberté,
l’Egalité, la Fraternité sont des
combats que le Peuple français livre depuis 2
siècles contre l’obscurantisme.
Il est bon de retracer les différentes étapes de la naissance de la Démocratie française.
Jusqu’en 1789, la France est une royauté de droit divin. Le Roy a droit de vie et de mort sur ses sujets, la religion catholique toute puissante EST religion d’État. Toute contestation, toute volition démocratique, d’expression sont réprimées. Pourtant, durant ce XVIIIème siècle, les idées démocratiques, véritable bouillon de conceptions, de créativité humaine, vont éclore grâce aux Philosophes.
Elle annonce l’autonomie et la responsabilité du Peuple face à lui-même. Le 14 juillet 1789, le Peuple s’émancipait. 1789, les Philosophes primaient les valeurs de Liberté, de démocratie, de tolérance, de justice, les valeurs scientifiques sur le dogme et la tradition religieuse.
Il faut aussi savoir que ce sont les Philosophes qui
sont notamment à l’origine de la
« Déclaration universelle des
Droits de l’homme et du citoyen »
en 1789, décrétant en son article 1er que
« les hommes naissent et demeurent libres
et égaux en droit », ainsi que
de l’instauration du suffrage universel en France
en 1848, de l’abolition de l’esclavage en 1848
ainsi que de la liberté d’association syndicale en
1864, des congés payés en 1936 ainsi que de la
création de la Sécurité sociale en
1945 ou encore de l’I.V.G. en 1978, tout cela signifiant
« Liberté, Egalité
et Fraternité » au
quotidien.
Rappelons aussi que ce sont les Francs Maçons de 1875 qui,
rédigeant la Constitution de la IIIème
République française, ont su insérer
le triptyque « Liberté-Egalité-Fraternité »
comme devise de la République en voulant porter les Valeurs
au dehors ce qu’ils scandaient déjà
dans le Temple. De même ce sont les Pères
fondateurs des Etats Unis d’Amérique, George
Washington, Benjamin Franklin et Thomas Jefferson, tous Francs
Maçons, qui rédigèrent leur
Constitution républicaine de séparation des
pouvoirs et qui n’a jamais dû être
changée depuis 1776, exemple unique au monde.
C’est aussi grâce au Frère René Cassin que la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen le 26 août 1789 reprise par les différentes Constitutions françaises sera adoptée par la Charte de l’ONU, le 10 déc. 1948.
Aujourd’hui, notre Démocratie est-elle en danger ?
Avant, nous avions, sous diverses formes, soit une force populaire progressive et réformatrice, les Républicains – les Sans Culottes, Gambetta, Jaurès, Blum etc…soit une force conservatrice des classes possédantes – la Noblesse, le Haut Clergé, les grands bourgeois, etc.
Je pense que oui.
Notre niveau d’instruction devient élevé. Si hier celui qui avait le Savoir dominait l’ignorant, ce n’est plus exact aujourd’hui. Depuis 1789 les forces du Savoir se sont déplacées.
Nous avons vu hier que la Démocratie par le droit de vote pouvait mener au Pouvoir des Hitler, Sharon, Arafat et autres chefs politiques encadrés par des fanatiques et intégristes de la pensée. Le risque est toujours là et nous l’avons vu en France en 2002.
Mais nous voyons aussi une autre faiblesse de la Démocratie où la manipulation de masse par une communication orientée par les médias peut fausser celle-ci. L’éligibilité du Président des Etats Unis laisse penser à des tricheries et nous nous attendons non à des débats d’idées mais à mise en place de marketing politique pour élire le prochain Président en Novembre prochain. Le responsable Politique devient un simple produit consommable mis au service de la ploutocratie.
La Démocratie est une alternance possible entre deux conceptions sur la production des biens et des richesses et aussi sur la manière de la répartir. Nous sommes dans une confrontation d’actions. Cette Démocratie est obligée de tenir compte de forces économiques mondiales. Or la place de l’Homme dans la société est débattue souvent en fonction des problèmes économiques.
L’homme est de plus en plus un outil de production et non un créateur de son développement.
Au fil des ans ne vont plus s’affronter des idées, mais des concepts de vie où les leaders politiques pensent tirer avantages. L’évolution sociologique des Français n’est plus la même que sous la III° République.
En 2004, les syndicats, déjà très faibles en France, ne représentent plus que 7% des salariés dont 2% seulement dans le secteur privé – c’est inacceptable ! Ils « pesaient » plus de 40% dans les années 50. Or le capital numéraire (les investissements machines) pour fonctionner doit prendre en compte le capital humain. Les deux sortes de capitaux doivent s’harmoniser pour mener le progrès et réussir.
Le chômage passe de 1million 500 000 en 81 à plus de 3.5 millions officiels, et près du triples officieusement. La lutte des classes est devenue obsolète, et pourtant on parle de cassure sociale très préoccupante.
Or dans le même temps, le parti des abstentionnistes va avoisiner les 40%, auquel il faudrait ajouter les votes blancs et aussi ceux qui ne se sont pas inscrits sur les listes électorales. Le Débat Politique perd de sa netteté.
Que voyons nous :
Aujourd’hui, les moyens de peser sur les décisions des Gouvernants sont les manifestations de rue, le lobbying, les pressions des médias, les grèves de corporatisme au mépris de la collectivité, sondages d’opinion et aussi les nouveaux outils de la communication : le portable, le Web et les courriels dont le poids d’une part et l’instantanéité pèsent très rapidement lourds dans les décisions. Je reprends Monsieur Serge Miranda – Professeur d’Informatique à l’Université de Nice – « De manière provocatrice, « notons qu’Internet » commence comme « INT ox » et finit par « beNET » pour mettre en avant l’inadéquation du réseau actuel pour en faire le support de la nouvelle THELEME multimédia. »
C’est dire que le bulletin de vote perd de son importance ? Non. Par contre son pourvoir de sanction n’est plus exclusive.
Cependant, que cela soit dans un débat d’idées ou dans un partage entre un capital numéraire (ploutocratie) et un capital humain, le Responsable politique est confronté aux forces binaires que tout Frère et Sœur connaît en Loge face au Pavé Mosaïque. Ces forces contradictoires dont tout Maçon affronte. Le Responsable politique, à l’instar du Maçon choisira la voie étroite qui passe entre ces les forces contraires mais indispensable à sa progression personnelle. Elle représente la rigueur de la Loi et évoque la relativité des vérités.
Ici, dans le Temple il symbolise soit le « Bien » soit le « Mal » par la couleur alternée du blanc et du noir. Comme dans la Chambres des Députés, les deux courants principaux alternants sur le débats de la répartition des richesses évoquée plus haut.
Il y a deux façons d’aborder le Pavé Mosaïque, une exotérique ou l’individu passe du blanc au noir puis du noir au blanc, en ayant soit devant, soit derrière, soit à gauche soit à droite un carré néfaste à son projet et quoiqu’il fasse se trouve marqué par des oppositions multiples qui se trouve sous ses pas ; et une façon ésotérique ou le Maître suit la voie étroite qui passe entre les blancs et les noirs qui ne font pas obstacle à sa marche.
Ce qui se passe dans le Temple, peut aussi, heureusement, être dans le monde profane.
Je dédie cette planche à Pierre
MENDES FRANCE (1907-1982) avocat et Député de
1932 à 1940. Il réussit à rejoindre le
Général De Gaule en 1942 en qualité de
Combattant Volontaire. Ministre des Finances en 1944,
démissionne en 1946 face au plan PLEVEN qui refusait un
véritable plan d’assainissement financier.
Président du Conseil de 1954 à 1955, il met fin
à la guerre d’Indochine. Fondateur du Front
Républicain en 1958.
Initié le 9 octobre 1928 à la Resp L
« Paris » à
l’Or de Paris où il semble avoir
été assez actif de 1932 à 1940. Cet
excellent Frère était Républicain
Laïque ayant toujours eu « une
très haute idée de ce qu’il
faisait ». Il méprisait la
« cuisine électorale ».
Il détestait l’imposture, le mensonge et la
démagogie. C’était un honnête
homme dans tous les sens du mot. Certains affirmaient qu’il
était trop honnête pour faire de la politique.
Pierre Mendés France fut un grand Maçon qui sut mettre en pratique les valeurs qu’il cultivait en Loge hors du Temple, à l’Assemblée Nationale.
Je tiens à remercier mon Frère André Mercier qui m’a communiqué ces notes sur l’histoire du Radicalisme.
J’ai dit