La Marche du Maître La Marche de la Maîtresse Auteur: M∴ P∴ Obédience:Non communiqué Loge: Lumière - Orient de Douala Notre Rituel nous rappelle que pour espérer entrer en chambre du milieu, il nous faut, l’aide du GADLU, l’Assistance de compas et de l’Equerre, et le bénéfice du mot de passe. Dans le même ordre d’idée, le manuel de la Maîtresse maçonne déclare : §Comment êtes vous devenue Maîtresse maçonne ? « En passant de l’Equerre au Compas ». §« Par quels instruments d’architecture avezvous été éprouvée lors de votre élévation à la maîtrise » ?« Par L’Equerre et le Compas ». §Si une maîtresse maçonneétait perdue où la retrouverait on ? « Entre l’Equerre et le Compas » ou « au centre du Cercle ».Il ressort de ce qui précède que la marche de la maîtresse maçonne s’inscrit assurémentdans le passage de l’Equerre au Compas.Dans les lignes qui suivent, je vais essayer de vous indiquer mes sœurs commentj’intègre ceci et qu’est-ce que j’en tire au moral?Dans mon développement j’épiloguerai : §Sur ce que j’ai compris au premier et au second degré avec l’Equerre ; §Ensuite sur la maîtresse entre l’équerre et le compas §Et dans un troisième temps, indiquer la continuité, l’harmonie et l’union que meréfère le grade de maîtresseDans mon parcours maçonnique, dans les voies qui me furent tracées,sur le chemin de la connaissance, je suis partie de l’équerre pour arriver au compas, j’ai accédéen chambre dumilieu. Au premier degré,Les troispasde l’apprentie, peu certains, m’ont enseignéque l’apprentie ne sait pas encore.Le manuel du gradenous rappelle qu’elle « ne sait ni lire, ni écrire et qu’elle ne sait qu’épeler… « . Son pas évalue timidement l’obstacle à affronter, puis s’y essaie. Le pied qui vient en équerre vient consolider l’avancée.Les 2 pas supplémentaires de la compagnonne, un à droite, l’autre à gauche indiquent qu’ayant terminé mon apprentissage je peux voyager sur toute la surface du globe. Je peux aller d’atelier en atelier parfaire mon art, apprendre de nouveaux tours de main. J’ai conquisl’espace, l’univers entier est désormais mon chantier. J’ai aussi acquis la liberté de me mouvoir non plus sur une ligne, mais aussi dans un plan.Avant de continuer dans les voies de la sagesse et de la connaissance, j’ai été éprouvée par l’Equerre. Pour moi, cet outil représente mes années d’apprentissage et de compagnonnage. Epoques au cours desquelles le produit issu de la terre a été dégrossi et affiné par l’action du ciseau et le maillet. L’équerre indique à la loge que j’ai atteint un état suffisant pour que les maitresses voient en moi une colonne qui pourrait, un jour peut être, s’intégrer dans le temple. Elle (l’équerre) symbolise d’ailleurs la terre, le monde manifesté dans lequel j’évolue et je m’investi. C’est après le cinquième pas que git notreMaître Hiram,précédé de l’équerre. Elle est là au sol comme une frontière qui s’apprête à me séparer de mon état antérieur. Comme un viatique me recommandant la rectitude et les autres qualités tirées de mes études auprès de mes surveillantes et de mes sœurs. Je m’apprête à intégrer la chambre du milieu, avec le bénéfice du mot de passe, «Tubalcaïn», qui selon le rituel veut dire la possession du monde, et l’aide du GADLU,les pieds en équerre face à l’équerre.Je passe du cinq au sept en travaillant dans le six. A partir de ce sixième pas, je change de plan, le monde de l’équerre est derrière moi.Lesixième pas : Le pied droit quitte la terre et décrit un arc de cercle vers la droite (donc s’élève vers le ciel) en enjambant la tête du gisantet le pied gauche est ramené en équerre.C’est à partir de ce sixième pas que je commence à faire intervenir le compas qui me permets de dessiner de mon corps cette forme,qui jusqu’alors m’étaitinconnue, l’arc de cercle.Avec le six, mon travailen Maîtrise commence à prendretout son sens. J’apprends àutiliser à bon escient le compas qui relève et reporte des mesures, et des plans avec l’aide de l’Equerre que je suis sensée maîtriser désormais.Arrivée à ce point de la Marche, je sais que jedevrais peut-être diriger un jour les travaux avec la mesure que m’inspire le compas. Pour ce faire, je vais devoir être capable de révéler à chacune de mes sœurs sa tâche, de concevoir et de transmettre les plans à exécuter. Le nombre 6 est un nombre de transmission ; il est le nombre de la révélation.Il est aussi lenombre de la mesure, car il représente l’étape de la décision.Il pose le problème du choix au cheminant du sceau de Salomon :§Sera-t-il sur le triangle qui monte ?§Sera-t-il sur le triangle qui descend ?Il me faut alors allier la mesure du compas à la rigueur issue de l’équerre pour déterminer mon devenir. Je suis au midi, du côté droit, positif, au Solstice d’été. C’est la porte des Hommes, la lumière y abonde, il y fait chaud, il serait bon d’y demeurer. Mais cet équilibre est fragile.J’entrevois la perfection.Mais c’est une perfection en puissance qui peut soit se réaliser, soit avorter.J’opère mon choix. Je dois donctraverser pour aller plus loin. J’aborde Le septième pasqui me mène vers la gauche et le septentrion, j’ai choisi de continuer. J’enjambe de nouveau lecadavre, avec le pied gauche vers le septentrion, la gauche, côté négatif (coté obscure), toujours en arc de cercle, toujours ens’élevant vers le ciel. Le pied droit revenant en équerre pour soutenir le pied gauche. Le nombre Sept est considéré universellement comme symbolisant la Connaissance, la totalité de l’espace et du temps. Sept indique le sens d’un changement après un cycle accompli et d’un renouvellement positif. Il est fréquemment employé dans la Bible. Le chandelier à sept branches,les sept églises, les sept trompettes, les sept sceaux…etc.Arrivé à ce terme au nombre 7, nombre du révélé, le rituel nous dit bien que la Maîtresse a 7 ans et plus…il y a donc bien une suite, mais cette suite sera toujours et avant tout fonction de 7.Au huitième pas, je pars à nouveau du pied droit pour me retrouver sur la ligne médiane en rassemblant les pieds en équerre, face au compas.Le Huit est le premier nombre cubique : je reviens là au volume que je suissensée avoir taillé au cours de mon compagnonnage.J’ai intériorisé la pointe, l’action de stabilisation est désormaisinterne. C’est au fond de moi, au milieu de moi qu’elle doit se faire. Je rentre au centre de mon cercle afin de ne point m’égarer. Le Huit a pour symboles :§La rose des vents, qui permet au navigateur de toujours retrouver son chemin.§Mais aussi le lotus à huit pétales, siège de Bouddha : visage de tolérance et de fraternité, mais aussi de laLoi. Après ce 8ème pas qui m’a ramené aucentre, je suis parvenue dans la chambre du milieu où tout finit et tout commence, entre l’équerre et le compas, entre l’alpha et l’oméga, « au centre du cercle »qui est l’endroit où doit se retrouver la maîtresse d’après les bouddhistes. Toute maîtresse devrait avoir atteint la sérénité, apanage de certains vieux sages de nos villages. Mais cette sagesse est abondante et infinie. Le Manuel d’instruction au 3e degré nous dit quele « et plus » indique la connaissance doit s’accroître indéfiniment. Dans cette logique donc, le Neuf est vécu en chambre du milieu par la triple batterie, répétée trois fois et aussi par les neufsœurs qui vont à la recherche du cadavre d’HIRAM. Dans la vie profane, NEUF est le nombre des mois nécessaires à la maturité du fœtus.Il réalise la plénitude entrevue avec le six.J’adhère à l’explication de certains exégètes qui le qualifient de nombre complet de l’analyse totale ; car n’oublions pas qu’il est le dernier d’une série de nombres entiers. Il annonce à la fois une fin et recommencement, donc une transposition à un nouveau plan.A cette étape ultime de ma démarche, je comprends que le NEUF est le nombre éternelde l’immortalité humaine,parce qu’il indique les éternels renouvellements. C’est le nombre qui permet le retour à l’unité ; mais cette fois-ci,manifestée, incarnée révélée et transcendée. Voici TRGM, un résumé de ma quêteentre l’Equerre et le Compas à la lumière des nombres qui caractérisent l’âge de chaque degréde notredémarche. Il m’a semblé que ce canevas pouvait être une clé utile pour accéder au symbolisme des nombres et de notre démarche.La Maîtresse maçonneque je suis devenue ne doit pas dormir sur ses lauriers, je doissans cesse conjuguerPersévérance etVigilance pour continuer l’effort avec l’aide du ciseau et du maillet.J’ai évoqué ici la marche au 1er et au 2e degré pour rappeler que cette marche de l’Apprentie et de la Compagnonne s’exécute toujours sur le même plan, terrestre, les pieds toujours en équerre.De plusle fait qu’à chaque degré, nous devions refaire les pas du degré précédent crée un lien entre eux et rappelle que l’on doit retourner à la terre, ou sous la terre dans notre cabinet deréflexion, même qui reste indissociable de notre ascension et des passages dans les divers mondes. Tout ce qui est en bas est en haut. Il n’existe pas de positif sans négatif. C’est l’équilibre entre les deux qui procure l’harmonie. Harmonie symbolisée par l’axe, l’invariable milieu où toutes les oppositions se concilient ou s’évanouissent.Ce travail m’a amené à de nombreuses réflexions et je ne puis le conclure sans vous dire les rapprochements avec d’autres symboles de ma tradition ancestrale, qu’il m’a montrés. Notamment les nombres TROIS, QUATRE, CINQ, SEPT et NEUF utilisés dans les rituels de naissance et de mort dans ma région pour exprimer l’idée de complémentarité et/ou d’opposition entre l’Homme et la Femme. C’est ainsi que lors des cérémonies de dation de nom on fait passer l’enfant au dessus d’un van sur lequel on a disposé des graines comestibles : §3 fois s’il s’agit d’un garçon, §4 fois dans le cas d’une fille Puis on fait tourner le coq de sacrifice : §3 fois au-dessus de la tête du garçon §4 fois dans le cas de la fille.De même lors de la cérémonie qui a lieu à la nouvelle lune qui suit l’accouchement, les membres de la famille se réunissent devant la demeure de l’accouchée et jettent des rameaux de palmier sur le toit, chantant et courant de l’extérieur vers l’intérieur :§Neuf fois si le nouveau né est une fille, §SEPT fois dans le cas d’un garçon.Ce n’est qu’avec quelques années au grade de maîtresse que je commence à comprendre l’impact et la signification du système numérique symbolique et surtout des couples de nombres associés à l’Homme et à la Femme.C’est ainsi que je passe peu à peu de la rigueur de l’exécution de ces rituels, venus du fond de nos traditions sans âges, que j’ai pratiqué sans les comprendre, à leur sens, à leurs significations les plus intimes. C’est ainsi que peu à peu, je m’éveille aux messages, délivrés dans « l’âme du monde » par mes prédécesseurs au village. Peut être est-ce cela passer de l’équerre au compas. Peut être est-ce cela renaitre et devenir le maître HIRAM. Peut être est-ce cela le sens du message de la marche de la maîtresse maçonne.Peut est-ce ce que le rituel révèle en disant « c’est lui c’est l’architecte… », Celui qui sait manier l’équerre et le compas, le concret et le subtil. Celui qui sait parler à la pierre ainsi qu’à l’idée.J’ai dit… Navigation des articles Planche Précédente "La Marche du Maître Maçon" Planche Suivante "Les Trois pas de la Marche du Maître"