Prendre Place Prenez place mes Frères Auteur: M∴ W∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué Travail réalisé et lu par trois FFEBIl n’est pas encore midi.L’intérieur de l’espace est encore sombre, seule brille une petite lueur loin là-bas.Il est midi moins trois et tout est là.Maillet puis « prenez place mes frères ».Cela fait partie de ces petites phrases qui semblent être insignifiantes et qui ne retiennent pas forcément l’attention. Pourtant supprimons les et que devient la tenue ? Ces petites subtilités qui parfois nous échappent et font qu’en un instant, tout bascule.Nous sommes dans le temple même si celui-ci n’a pas encore été ordonné et sacralisé. Bientôt « nous aurons l’âge et il sera l’heure » et le VM nous convie déjà à nous préparer à changer de dimension. Le passage vient de s’ouvrir.DLPrenez place, mes frèresPremière phrase du rituel d’ouvertureElle ouvre la tenueEt nous ditPrenezPrenez la placeQui vous est offerteQui vous est dueQui vous est réservéeCe qui vous revientLa place de votre devoirVotre place de pierre tailléeInterchangeableMais aussi uniquePersonnelleEt vivantePrenez car vous devezVenir VouloirVous avancerVous engagerEt chaque jour a nouveauActe libre et volontaireOn vous le proposeOn vous le demandeOn vous en donne Et l’ordreEt la possibilitéPlaceEspacePoste office fonctionMais quelle est ma placeCelle que je prendsCelle qu’on me donneCelle que je dois…MWPrenez place peut se situer sur trois niveaux de lecture ; un niveau matériel ou pratique, un niveau philosophique, et un niveau initiatique. DLAu niveau pratiqueA « êtes-vous FM ? » on répond « mes FF me reconnaissent comme tel »Ce qui implique une place dans la loge, dans le rituelDans notre communautéMais aussi dans nos cœursEt place dans un espaceUn espace ordonnéOrdonné dans le tempsDans l’espaceDans le sacré bientôtJamais au hasardA tel officeA telle fonctionSur telle colonnePrès d’untelEn premièreOu deuxième ligneMWChez Aristote, au niveau philosophique, il y a un concept particulièrement important, celui du TOPOS. Il signifie « lieu », et ce n’est pas dans un sens indéterminé. Le topos, chez Aristote, c’est le lieu propre de chaque être dans l’espace. Selon lui, chaque être a son topos dans le tout, un topos exclusif qui lui appartient de plein droit. Je cite « Il suffit d’être qcq part pour être »Pensons à l’inverse, à ce que disent les désespérés : « Je n’ai plus de place au monde ». N’avoir plus au monde de place déterminée, sa place, son lieu à soi, n’avoir plus, peut-être, qu’une place quelconque, arbitraire, indifférente, substituable. Être n’importe où est synonyme de désespérance. Ce concept aristotélicien n’est possible que, parce que du temps d’Aristote, l’espace tel qu’on se le représentait généralement était fermé et hiérarchiquement structuré et la terre en occupait le centre. Le plus à l’extérieur et le plus haut se trouvait la voute parfaite des étoiles fixes. La voutes des étoiles était le domaine de la perfection, elle n’était pas soumise à la fragilité des choses terrestres. Quand on parlait d’en haut, cela signifiait supérieur. L’espace était différencié et dans cet espace hiérarchiquement articulé, chaque être avait sa place, son lieu.Que se passe t-il depuis la Renaissance (Galilée, Copernic) ? L’espace d’Euclide devient l’espace de l’univers, celui de la géométrie. C’est-à-dire un milieu vide, mais homogène, infini, indifférencié, et dépourvu de tout centre privilégié, identique en chacun de ses points. Dans cet espace réel, les hiérarchies s’effacent, en haut, en bas, les sphères célestes, les étoiles fixes immortelles, tout cela se dissout dans l’homogénéité infinie. Le monde lui-même devient infini et homogène. Il ne contient plus de topoi (pluriel de topos), plus de lieux propres à tel ou tel être. Tous les lieux se valent. Personne n’a plus sa place. Au niveau initiatique, nos pères fondateurs, au 18ième siècle, ont ressenti le besoin de redonner un lieu, un espace, un centre à ceux qui prennent le chemin. C’est pour moi le sens de « prenez place mes FF ». La première phrase d’un rituel initiatique n’est pas innocente, elle n’est pas là pour faire joli.C’est, à ma connaissance, la première phrase à tous les degrés qui pratiquent une ouverture des travaux. Un nouveau degré implique de nouveaux symboles, un nouvel environnement, une nouvelle initiation etc. Notre place d’initié est donc évolutive, car notre chemin est progressif. C’est la définition même de la méthode maçonnique qui est illustrée là. Nous pouvons le constater, aux 3 premiers degrés, le grade détermine la place. Les Apprentis sont au nord, les Compagnons au midi, les Maitres partout. DLToujours au niveau initiatiquePrenez place, en place pierre ajustéePrenez, c’est un acte volontaireEntrez en scène, la pièce va commencerMes frère êtes vous là, notamment les 7MM nécessairesÊtes-vous bien placés, « en vos grades et qualité »Sommes nous ff apprentis et plus ?Avons-nous l’age en un motLa loge est elle orientée, et ferméeSi tout est conforme au rite nous invoquerons le GADLU et ouvrirons les travauxComme le niveau initiatique et le niveau pratique sont plus liés qu’on le croit, notre place comme apprenti n’est pas seulement sur la colonne du nord pendant les travaux, elle est aussi lors de l’installation du temple et des instructions, dans les travaux d’entretien, la salle humide et les réunions familiales ; elle est aussi dans le temps que l’on consacre à méditer, lire, écrire, comparer, interroger les maîtres sur des points obscurs. Le travail est commencé, il ne s’arrêtera qu’avec notre mort sauf si nous voulons renoncer au travail en communauté ; il y a partout une place pour un FM dans le monde ou, dans un atelier de la GLDF ou d’une autre obédience on lui fera une placeMWToujours au niveau initiatique deux faits préexistent avant l’ouverture des travaux prononcée par ce « prenez place » :Premier fait Tout d’abord, au premier degré : le cabinet de réflexion, pour prendre place il faut se connaître sois même. C’est un des commencements fondamentaux. Il faut comprendre, définir la place, son lieu intérieur.Bien sur (signifiant-signifié) on est à la fois celui qui va prendre place et en même temps la place. (Idem que le concept de la pierre à tailler et le tailleur de pierre) C’est-à-dire une entité extérieure avec des aspérités qui va gagner son enveloppe juste, traduisez : devenir un homme Vrai. La recherche de la Vérité commence, bien sur, par là !EBDeuxième fait ; avant toutes les ouvertures de travaux, une étoile brille sur le plateau du VM.Ainsi, quand nous entrons dans le temple tout est là.Même la lumière.Surtout la Lumière car elle brille à l’Orient alors que tout n’est que chaos.Non pas le rien mais le chaos. Mais le Verbe est là. « Prenez place mes Frères » nous allons ordonner le chaos et créer le monde. Rien que ça… pas mal comme programme quand même.C’est donc la première étincelle d’ordre qui va apparaître dans le chaos profane environnant.Nous avons, juste au préalable, laissé nos métaux à la porte du temple et cet ordonnancement du temps, de l’espace et de l’esprit va être le catalyseur de la réaction de transmutation de l’individu.Cette réaction n’étant possible, bien sur, que grâce à la préexistence de la Lumière en dehors de nous mais aussi en nous.Manifestée ou non elle est là et elle représente ce lien invisible qui donne une cohésion au monde. Elle est aussi cette parcelle d’éternité et ce iota divin que nous avons tous en commun et qui nous uni.Au final, ce passage du temps profane au temps sacré, cette modification de notre environnement physique et symbolique va entrainer une mise en condition des Frères, une augmentation de leur sensibilité à ce qui ne peut être décrit.DLOn retrouve la double préoccupation entre prenez (action) et place (réflexion, quelle est ma place légitime et pourquoi)Je sais qui je suis et quelle est ma place et j’agis en conséquence)Je ne sais ni lire ni écrire je ne sais qu’épeler, donnez moi la première lettre et je vous donnerai la seconde ; on pourrait transcrire en donnez moi une place et je consoliderai notre mur ; pour l’apprenti on pourrait dire aider moi à tailler ma pierre pour qu’un jour pierre cubique je puisse entrer dans le mur que notre ordre construit et ainsi participer à l’édificeOn pourrait tout aussi bien dire aidez moi à t&ailler l’intérieur de ma pierre pour en dégager la lumièreEBMême si toutes les places ne sont pas interchangeables, chaque frère peut avoir la possibilité à un moment donné d’occuper telle ou telle d’entre elles. Chaque pierre est unique et pourtant chaque pierre participera également à la construction de l’édifice individuel et communC’est cette notion d’égalité fraternelle qui va nous servir de base, de socle, de base fondamentaleNous travaillons pour nous mais également l’un avec l’autre et certainement plus encore l’un pour l’autre. Il est vital que nous assistions les FF :. Dans la recherche de leu propre place comme eux le font pour nous. Ce sont ces sentiments d’altérité et d’empathie qui serviront de ciment à notre édifice.« Prenez place mes FF » et établissons ensemble ce socle, préparons et assemblons nos pierres que nous unirons enfin pour poursuivre l’œuvre.« Prenez place mes frères » éveillons notre énergie créatrice et poursuivons notre évolution du vieil homme au frère. Certes chaque frère à une évolution qui lui est propre en intensité et en vitesse mais justement partageons, confrontons, échangeons pour que notre aventure humaine soit profitable à tous. Pour que la place que nous nous trouvons nous enrichisse conjointement.Prenons place mes frères et entrons dans les voies qui nous sont tracées…MWDans le cadre forcement étroit de cette planche nous avons volontairement éludé de nombreux aspects, de nombreuses possibilités engendrées par cette phrase, en espérant que ces oublis donneront du grain à moudre à notre débat. Ainsi au plan pratique nous aurions pu traiter des déplacements en loge pour prendre place, déplacements dextrogyres, en marquant les angles.Prendre (une) place c’est prendre un bien matériel (un ticket) donnant accès à un spectacle. Ce spectacle, nous en sommes à la fois acteur, spectateur mais aussi la personne qui en permet l’accès. Au niveau philosophique, nous aurions pu nous demander pourquoi prendre sa place ? Avec comme réponse qui semble évidente pour nous FM : pour transmettre. Sachant que pour transmettre il faut être parfaitement situé. Nos amis anglophones ont une phrase qui résume tout « the right man in a right place ».Autre interrogation philosophique : Être à sa place indique une immobilité, un non mouvement. Ce n’est pas compatible avec une progression initiatique. Tout homme en mouvement serait-il privé de place ?Autre interrogation induite par la précédente, notre phrase titre est-elle un commencement, une finalité ou le chemin ? Peut-elle être les trois ?Au niveau initiatique: La première place du nouvel initié, comme néophyte, est dans la chaîne d’union. C’est à cette place qu’il recevra la lumière. Toujours au niveau initiatique demandons-nous quelles Vertus (grand V) permettent-elles de prendre place ? Foi, Charité, Espérance ? Ou plus simplement une vertu (petit v) telle l’humilité ? N’oublions pas que l’initié est placé genoux à terre pour être adouber FM.Autant d’interrogations, autant de planches, à vos stylos mes FF ! DLAu niveau philosophique aussiDerrière le prenez placeSe cache l’interrogation delphiqueConnais toi toi-même et tu connaîtra l’univers et les DieuxEssayez vous un peu à cet exerciceQui suis-jeUn nom un prénom une filiationUn métier, une familleDes qualités des défautsCe que lion dit de moiCe que je crois êtreCe que je voudrais qu’on diseBien sur, un peu tout celaMais qui suis je En connaissanceNon en savoir …Aussi incertain et flou que la libertéLa vérité…Alors ici parmi mes FFJe suis moi et me reconnaissant FMIl m’attribue une placeNous sommes ici Pour chercherRecevoir et transmettreEt nous sommes aussi ce que nous voientEt nous perçoivent nos FFPlus tardNous serons ce que les autres auront retenuDe nousUne sagesse indienne dit« apprend aux autres ce que tu saisC’est a peu près la seule façon pour un homme d’être éternel »Pensons aux initiés de toutes les grandes traditions spirituelles Dont nous citons encore les penséesJe pense à Luc Joye et Jean GachignardEt me promet d’essayer de vous passer ce qu’ils m’ont apprisAu jour de grand douteDans la solitudeQue vous laisse la mort, le désamourL’abandon, l’oubliNous autres maçon Nous pouvons nous direDans mon atelier j’ai étéEt j’y avais une placeEt à chaque tenueJe suis moiA ma placeEBNous avons dit VM.E B – D Navigation des articles Planche Précédente "Prenez place mes Sœurs" Planche Suivante "Prenez place mes Frères"