L’acacia m’est connu…
V∴ D∴
Etes-vous Franc-maçon ?
– Mes frères me reconnaissent comme tel.
– Etes-vous compagnon ?
– J’ai vu l’Etoile Flamboyante.
– Seriez-vous Maître ?
– L’acacia m’est connu.
Avec cette réponse « l’acacia m’est connu », le maître maçon se place en tant que connaisseur. Il déclare connaître l’acacia.
Mais est-il arrivé au bout de son chemin ? Non. Mais cette fois-ci il possède suffisamment d’éléments afin de décider de la direction à prendre. L’acacia sera pour lui plus qu’une étoile qui montre le chemin. Grâce à l’acacia, il trouvera l’endroit où gît maître Hiram même si il n’y a aucun chemin qui y mène, puisque cet endroit est enfoui dans la terre. Grâce à l’acacia il sera capable de « déterrer » du fond des abîmes, de l’obscurité totale, Maître Hiram, c’est à dire la connaissance, et de lui redonner la vie.
Remarquons que après
avoir assassiné et enterré Hiram, c’est
les 3 mauvais Compagnons qui symbolise à eux seuls,
l’ignorance, l’hypocrisie et l’ambition
qui vont planter une branche d’acacia sur la tombe pour
camoufler l’endroit, sans savoir que par ce geste il facilite
déjà les recherches à venir. Plus
tard, lorsque le frère maître qui est à
la recherche du Maître Hiram, va s’accrocher
à une branche d’acacia, sans savoir lui aussi que
c’est par cette branche que les recherches vont aboutir.
Dans cette légende, l’acacia passe de la main
d’un coupable, à la main d’un innocent.
Et entre les deux, il accompagne Hiram dans son dernier voyage.
Dans notre rituel maçonnique une branche d’acacia est placée sur le drap du récipiendaire pour nous rappeler celle qui fut plantée sur la tombe d’Hiram.
L’acacia accompagne le sage dans son dernier voyage. Plus tard, la couronne d’épine du christ serait tressée d’épines d’acacia. Là aussi, l’acacia accompagne un prophète dans son dernier voyage.
A l’observation de ces événements, on voit que cet arbre a un destin particulier: il est destiné à lier l’homme et la divinité, à être un pont entre le matériel et l’immatériel. L’acacia, cet arbuste au bois dur et imputrescible, aux épines redoutables, devient un symbole de renaissance et d’immortalité. C’est par la branche d’acacia que l’on va trouver l’emplacement du corps d’Hiram et se perpétuera ainsi la tradition maçonnique.
C’est aussi un symbole solaire, car les rayons de la couronne d’épines du Christ sont ceux d’un soleil. Parce qu’il perpétue la vie, parce qu’il donne la vie, parce qu’il répand la lumière du soleil, l’acacia rejoint l’idée de l’initiation et de la connaissance. Dans l’antiquité, l’acacia n’est pas utilisé seulement par les hébreux mais aussi par les égyptiens. Pour ces derniers l’acacia est un arbre sacré. Chez les tribus arabes l’acacia est devenu une idole. On le nomme « le rameau des initiés ». Les égyptiens et les arabes ont fait de l’acacia un emblème solaire car ses feuilles rappellent le lotus de l’héliotrope qui s’ouvre aux rayons du soleil levant et qui se ferment lorsque le soleil disparaît à l’horizon. L’acacia est, d’une certaine manière, l’incarnation du soleil sur la terre.
Il est donc la représentation de la vie éternelle.
L’arche de l’alliance ne peut être éternelle que si elle est faite de matériaux nobles. C’est grâce à ce bois, représentant la vie éternelle que le corps d’Hiram est découvert, et le maître maçon rejoint ainsi la vie, à travers le rituel.
Cette vie éternelle est
aussi toujours symbolisée par la couleur verte. Dans le
sacré, la couleur verte est attribuée
à l’élément
« eau »,
comme emblème de la
régénération.
La végétation ne peut se produire que par
l’action combinée de deux
éléments l’eau et la terre, la couleur
verte indique leur union féconde. Le vert est
associé au renouveau.
La symbolique veut, encore aujourd’hui, que le vert soit la
couleur de l’espérance. Le vert est aussi la
couleur des prophètes et de Saint Jean
l’Evangéliste annonciateur de l’esprit.
Dans notre Rituel, Les Compagnons conspirateurs symbolise donc
à eux 3, l’ignorance, le fanatisme et
l’ambition et transgresse leurs parcours initiatique. La
légende d’Hiram est vécue par le
Récipiendaire qui représente Hiram.
La Triple mort qu’il va vivre est mentale, sentimentale et
physique; elle symbolisé, par la gorge, le cœur et
le cerveau.
Les coups sont amplifiés par nos outils de constructions et deviennent alors, des outils de Mort : la Règle, porte à faux et atteint la gorge, siège de l’émission verbale et l’orifice du « prâna » (air-nourriture), la Pince touche le cœur, siège de l’âme et de l’émotivité et le Maillet frappe le front, siège de l’intellect.
Notre Rituel, aboutit à nous apprendre que le mensonge, l’ignorance et l’ambition sont 3 fléaux désorganisateurs qui causent le malheur de l’homme. Ainsi périt, Hiram, homme juste, fidèle au devoir, jusqu’à la mort.
Dans notre Rituel, le Récipiendaire est alors couché dans un drap noir, figurant la tombe. Une branche d’Acacia y est déposée. Ce rameau vert, symbole d’immortalité, met en scène à la fois, le meurtre et la résurrection du Maître.
La mort du Maître est le Premier stade : Préparation du psychodrame ; deuil et tristesse. C’est l’épreuve du seuil.
On interroge le néophyte, on le suspecte, on le vérifie. L’enquête se termine par la reconnaissance de son innocence dans le meurtre du Maître.
Deuxième stade : Épreuve de l’abandon, de l’errance des 9 Maîtres, de la recherche du corps du Maître. Nous sommes tous orphelins ; le Maître est mort et on ignore même où se cachent ses pauvres restes, puis découverte du corps, grâce à l’Acacia. Troisième stade : Épreuve suprême : voyage par l’élément Terre et jaillissement du germe de Vie. La mort sera vaincue ! Hiram sort des ténèbres de la mort, des profondeurs de la terre ; il renaît dans le néophyte ; la Vie a triomphé à jamais de la mort.
Notre Rituel le montre,
l’enseigne : Les 5 Points de Perfections
complètent cette renaissance de la vie.
La jonction des pieds, l’inflexion des genoux, la jonction
des mains, le serrement de la main gauche sur
l’épaule droite et finalement le Baiser de Paix
infusent dans le récipiendaire toutes les vertus de son
nouvel état de conscience : l’amour fraternel, le
dévouement affectueux, la confiance totale, la collaboration
éclairée, la douce union initiatique –
points sacrés unissant à la fois les
cœurs, les pensées, les volontés dans
un idéal partagé. Oui, désormais nous
ne faisons plus qu’un, car nous nous comprenons, nous nous
entendons ; être Maître, c’est atteindre
un palier nouveau.
Mais attention cependant : il ne suffit pas de relever le candidat par les cinq points de la Maçonnerie, pour que d’office il soit devenu Hiram lui-même ! Reste à transmettre le mot Sacré substitué ; comme Hiram, il verra « sa chair quitter les os » (Moha Bon). Mais maintenant, Hiram, c’est lui ; comme lui, grâce à cette renaissance, la vie continue, le « Secret du Travail bien fait » est perpétuée. Il devient impérissable et il sera toujours vivant, chargé d’une immortelle Espérance.
De ce que la Parole est « perdue » et doit être retrouvée un jour, c’est toute une évolution, tout un programme ; tout un travail intérieur ! Comme l’acacia qui fait le pont entre l’homme et le divin, la matière et l’esprit ; possesseur d’acacia, le maître maçon est ainsi relié à l’univers. Mais revenons au symbolisme de l’élévation à la Maîtrise.
Pour nous, jeune Maçon, c’est le passage de l’ordre psychique à l’ordre spirituel ; une évolution importante, une nouvelle étape de compréhension s’ouvre à nous. Hiram est la synthèse de la connaissance, de la perfection du métier et de la sagesse.
Conclusion :
L’Acacia symbolise cette bataille pour la Vérité ; son bois est dur et solide, car un Maître doit être stable et robuste ; mais il est hérissé d’épines, car il est apotropaïque : le pouvoir des pointes qu’il recèle ainsi rejette au loin les forces des ténèbres.
« L’acacia m’est connu » : je suis en mesure de me défendre et de rejeter au loin tout préjugé, toute erreur, toute sujétion à des images préfabriquées par une société imparfaite. Qu’il a sans doute « 7 ans et plus », c’est surtout « et plus » qui comptent ici, c’est-à-dire le temps de la maturation.
J’ai dit.