Le Livre des Douze Portes d’Alchimie
Non communiqué
Premièrement,
Aristote au quatrième des Ethicques dit, Que le Mercure est
le nourrissement des Planètes.
BERAVLT SAMATITAIN dit, Que le Soleil & la Lune, sont occurrents en Mercure, & après deux préparations Mercure s’y est mort.
HETHOMEDESdit : « Le jaune est moyen entre le blanc & le rouge. Le Mercure & le Kibric font rougeur de cuisson de feurougi. Le Soleil avec la Lune & Mercure font Lune. »
HERMES dit : « Mercure monte de terre au ciel, & si va du ciel en terre, & ainsi se mortifie, & reçoit la vertu haute & basse. Son père si est Soleil,samère est la Lune. »
L’HORTULAN dit : « L’art d’Alchimie est donné fans mensonge ; par lequel Art le Soleil est engendre &meilleur que le Soleil naturel, en toutes propriétés. »
ORTHOPHALES : « Notre pierre est chose minérale, & parartcomposéede choses contraires, des pures & subtiles parties de Mercure ; lesquels parties sont chaud & humide, froid & sec & ces choses sont contenues en Soleil & en Lune avec Mercure & la pierre est entrant & fixe, & converti Mercure & les autres corps imparfaitsen Soleil & en Lune selon l’art de Musique. »
GEBER dit : « Il
y à une pierre, une Médecine en quoi nous
n’ajoutons rien d’étrange.
rosarius dit, Grandequantité de Mercure est causede perfectiondés
métaux ; &grande
quantité de Kibric est cause decorruption
en iceux. La chaleur forte a donnéau
commencement noirceur, &lent feu fait blancheur
& après blancheurilvient citrin & le citrin vient
de beaucoup de blanc & peu de rouge. Citrination estparfaite digestion pour bouter hors le noir. »
PLATON dit, Qu’il y a blanc Soufre en toute Lune, & enchacun Soleil y a Kibric rouge.
AVICENNE dit, Que on ne se trouve
pas sur terre Kibric blanc ni rouge, hors tant seulement en Soleil
& enLune ; lesquels fontles
rayons pour teindre les autres métaux en vraie
& pure blancheur & rougeur. Mercure est
mêle avec Soleil Lune, & est fixe avec eux. Il
n’entre chose en notre pierre qui ne soit de sa nature. Qui
sait Mercure teindre avec Soleil & Lune, il sai le secret du
Soufre blanc & vermeil.
Au blanc prend Mercure & Lune, & au vermeil prend
Mercure& Soleilcar
tout le bénéfice de l’art est en eux.
Ne mêle pas le blanc avec le vermeil, car tufaudrois.
Et lecommencement de notre ouvrage
estdissoudre notre pierre en eau de Mercure.
TIMOTHEE AFRODITESdit,
que le moyenqui divise, & qui
conjoint les natures & les teintures, est l’eau de
Mercure, car il est la perfection de toutes médecines, soitcorporelles, ou spirituels.
En tous métaux nuls corps qui demeurent en leur propre
nature, congèlent Mercure nin’adhèrent
avec lui & ainsi Mercure tout seul ne
guérit pas les corps malades, doncfaut
ilque le corps soit fort subtile
& clair, rendant à la nature de Mercure,
à fin que la médecine soit de plus
légère fusion que n’est le corps par
soi, aussi quelle soit plus fixe que n’est Mercure.
Quand tu veux avoir médecine pour le rouge, tu dois
élire Soleil & pour le blanc, Lune & soient
solus chacun à par soi, avec eau de Mercure, c’est
à savoir, un poids de Soleil & douce poids
d’eau.
Le temps de putréfaction est quarante jours. Et
tant plus sera prolongé le temps de
putréfaction ; tant vaudra mieux, &
toujours à lent feu.
Il y a trois médecines unepour
leSol, l’autre pour la Lune,
& latroisième pour,
Sol & Lune ensemble.
La médecine du Soleil est
fixe en plus bref temps, & puis aprèsmédecine de la Lune & puis
celle du Soleil & de la Lune ensemble. Si tu prends la
médecine simple, & que tu recommences
l’ouvrage avec eau de Mercure, si comme fais au
commencement, moyennant le corps, la médecine fera
plutôt faite que la première : & par ce
manière sera multiplié la médecine. Et
saches que là teinture de l’eau doit concorder
à la teinture de la médecine.
La projection dessus Mercure se fait par cette
manière. Prends unepartie de la médecine ;
& l’Amalgame avec Mercure, & puis cette
amalgamation, soit jetée sur Mercure naturel, chaud
& bouillant & tantôt il sera
congelé en Soleil ou en Lune.
POMPEIUS dit. Pourris huit
parties de Mercure, avec deux parties de pur Sol, en chaleur
de fièvre, par 90jours, en hochant plusieurs fois
à fin qu’il soit plutôt dissout.
Le signe de putréfaction est noirceur,
& puis broyé tout & le mets en un autre
vaisseau, premièrement à lent feu par trois jours
naturels & au neuvième jour
étoupe le vaisseau car Mercure en sa sublimation porte avec
lui l’âme du Soleil & fais tel feu que la
main puisse presque toucher le vaisseau, sans soi blesser &
ainsi sublime ce qui pourra sublimer, & puis ce qui
sera sublimé divise-le en neuf parties, lesquelles vous
garderez chacune en sa fiole, en chaleur de fièvre ;
& puis broyez ce qui est demeuré au fonds du
vaisseau & puis mêle avec lui une des neuf fioles
susdites & puis mettrez au feu par 30 jours ; car
c’est le terme de chacune imbibition.Le
signe de la première est aucunement blancheur ; &
que la terre avait aucunement soif ; & puis baillez la
seconde partie, & a donc elle aura plus de blancheur &
puis baillez-lui la, tierce partie, & en la fin fera la terre
parfaitement blanche ; & puis en après la couleur de
la terre ne se verra point, hors tant seulement au vermeil &
jusqu’au terme tu auras mis 150 jours naturels :
les six poids demeuras sont au rouge, & les doit-on
donner & administrer l’un âpres
l’autre, si comme les trois premières
& ainsi commencera à rougir la médecine,
petit à petit, jusqu’au à tant
qu’elle soit parfaitement rouge. Et sont les huit mois pour
les huit fioles. Et dois savoir, que chacun poids, des neuf fioles
devant dites, dois être fixé en sa terre, avant
que d’y mettre l’autre poids ; laquelle
chose tu prouveras par cette manière : jette un
poids de la médecine sur une lamine de Vénus, ou
de Lune, ou de Mars qui soit rouge au Feu & si la
médecine fond fans fumer, &
qu’elle est entrante & qu’elle baille
teinture, c’est fait & si non,continue
ton opération au feu, jusqu’au a ce
qu’elle soit telle &
puis, fonds un poids de très pur Sol, &
puis jette dessus autant de cette médecine,
&laisse refroidir, & puis pulvérise tout,
& en après fonds un poids de pure Lune, &
jette dessus autant de poudre dessus dite & puis laisse
refroidir, puis pulvérise tour. De cette seconde poudre,
jettesur Lune ; comme fais premier sur Sol, & fais ainsi
toujours, tant que l. médecine sera
pulvérisable & ce fera toujours
médecine & puis cette médecine
jetée au moins dessus l000 poids de Lune &
la convertit en très pur Sol. Et si tu multiplies ta
médecine, par la manière dessus dite,
un poids cherra, sur 10000 de Lune.
Et ainsicomme tu as ouvre au vermeil avec leSol, par semblable manière pourras ouvrer au blanc avec Lune & Mercure. La médecine de là Lune est faite rouge, au manifeste, mais néanmoins elle est blanche par-dedans. Et si comme la médecine de Sol est jetée sur la Lune, par semblable manière la médecine de la Lune est jetée sur Vénus. Le temps de chacune médecine est de 10 mois, moins 10 jours. Chacun mois est de 30 jours pour la médecine sur Mercure, & surles autres métaux malades, c’est à savoir, Saturne, Jupiter, Vénus, &Mars. Faites putréfaction des deux luminaires chacun par soi, comme il est dit devant par 90 jours & puis mêle tous les deux ensemble ; & ainsi fait le mariage du mâle & de la femelle pour la grand pierre & puisdistillele tout ensemble & divise ce qui est distillé en neuf parties si comme devant est dit, pour la médecine de Sol. Car après trois imbibitions tu auras blancheur ; & est chacune imbibition de 90 jours. Et les autres six tendant à rougeur & sont ordonnées trois par la manière baillée en la médecine simple, fors tant que chacune imbibition soit de 50 jours. Et s’il advient que en la fin, quand la médecine serait fixe, elle ne fut pas de bonne fusion, prends des deux Luminaires,avec le poids de notre eau, & pourris, & distille, comme dit est devant, & cette eau distillée, baille à la dite médecine qui est fixe, broyés & abreuvez, petit à petit, tant qu’elle en pourra boire, jusqu’à tant qu’elle ait bonne fusion, & qu’elle soit bien entrante sans fumée.
La projection de cette
médecine sur Mercure se fait par telle manière.
Prends de cette médecine une partie, &
l’amalgame avec autant de Mercure cru, puis chauffe
d’autre Mercure cru, tant qu’il
s’en veuille fuir & jette la médecine
devant dite & elle le congèlera en vrai Sol
& si tout était frangible, tu la doit, amalgamer
derechef avec l’autre Mercure cru, & puis la jette
encore sur autre Mercure cru ; si est toujours
médecine & ce fait toujours,
jusqu’à tant qu’elle ne soie plus
frangible ; & jusqu’à tant que la couleur,
& la maléation te plaise.
La projection sur les autres métaux imparfaits se fait par
cette manière : Fonds un poids de fin Sol
& autant de fine Lune, &
puis mets autant de médecine, & jette de cette
médecine sur les corps que tu veux guérir ;
& si comme tu fais de la médecine de Sol sur la
Lune, si un chet sur 100… Tout le temps de cette
médecine est de seize mois, chacun mois de 90
jours & encore 90 jours par-dessus.
JULLIUS FERINA dit, Prends un poids defucille de Sol très pur, & très délié & douze poids de Mercure : coule, & faites un corps de ces deux, en dissolvant le corps du Sol avec le Mercure, tant que tout passe par le drape très délié & puis cuit tout à lent feu par 20 jours & soit le feu si grand que le Mercure ne s’enfuie pas du Sol : & en chacune semaine broyé très bien tout ensemble ; puis à la fin des six semaines lamatière sera noire, & pourrie, & congelée en un corps : & s’il n’est ainsi continue le feu, devant dit, tant qu’elle soit ainsi & puis le broyé tout le mets au feu, car petit à petit il blanchira, de semaine en semaine, en six semaines & en autres six semaines il rougira plus fort feu, c’est-à-dire, à très fort feu & autres six semaines il se fixera, à plus fort feu c’est-à-dire a très fort feu & ainsi se fait l’ouvrage en 90 jours, & puis jette sur une lamine presque rouge, un petit de là médecine, & si elle est fondante, colorée, & entrant sans fumée, tu as le ferment delà pierre & un poids fondu avec autant de Soleil rougit 1000 poids de Lune, par fusion de feu. Et s’il advient que la médecine fut fixe & non pas fondante, broyé-la, & si l’arrose avec eau de Mercure, devant dit, jusqu’à tant qu’elle en boive son poids & puis mets au feu de semaine en semaine,en tentant la fusion si elle est bonne. Et si ne te déplaise pas de la prolixité, car la prolongation est profitable. Et sache que chacune incération est de douze jours. Et sache que sept incérations, & putréfactions font la médecine très forte ; car chacune incération vaut douze fois plus que celle de devant car si la première fois chet sur 10, la seconde cherra sur 100 & la troisième sur 1000.
Avec Lune & Mercure
pourras-tu faire par semblable manière la
médecine au blanc sur Vénus.
La conjonction des médecines solues se fait par telle
manière, car chacune se fait à lent feu, par 92
jours, un poids de Sol & deux de Lune & puis doivent
être mêlez ensemble car telle conjonction est
appelée Mariage de mâle & de femelle,
c’est-à-dire, de Sol & de Lune, &
est la médecine gouvernée par la
manière de susdite & sa projection se fait
sur Mercure, & sur les autres corps imparfaits ; & les
convertit en très pur Sol. Et sachez que la
médecine composée contient presque le
double du temps.
SAUBATIUS DE TOLETTE dit, qui ne dissout les corps, il laboure en vain. La solution n’est autre chose que de les convertir en eau, de quoi ils furent premièrement engendrez, laquelle chose est Mercure. Sai donc que le corps sont Mercure corporel & qu’il soit fait eau mercuriale, & se fait par eau de Mercure : & ainsi fait la chose incorporelle devenir corps ; car en la commixtion Mercure devient corps, & ainsi converti les natures & tu trouveras ce que tu demandes. Toute notre maîtrise se fait avec eau de Mercure, car elle dissout les corps calcinez, & les converti en terre, & blanchit la cendre. Le père de notre maîtrise est le Sol, sa mère est la Lune, car le Sol est le corps parfait & la Lune est corps imparfait. Le sperme d’eux est Mercure vif, qui est nourri de lait de l’arbre par imbibition : par plusieurs fois, fais qu’il en boive tant qu’ils pourront. Et toutes choses crées sont les quatre éléments manifestement & parce les Philosophes par amitié des éléments ont baillé cette science & disent qu’ils oeuvrent de sang, de os, de vers, d’œufs, de vin & de plusieurs autreschoses, mais toutefois qu’ils n’ouvraient lors que d’une matière seule, par distillation, en extrayant les quatre éléments, premièrement eau, air, feu, & puis demeurait au fonds du vaisseau la terre noire & puis premier rendaient à la terre son eau, & puis après l’air, & puis le feu, tant que tout était un corps & puis de cette médecine ils jetaient sur les corps malades qui étaient de leur espèce ; car il est certain que naturellement l’homme engendre l’homme, ainsi des autres bettes, & par semblable manière les métaux ne sont engendrés seulement que de leur propre sperme de Mercure, & de Kibric dedans la terre, car le Kibric est le père acteur sur la terre qui est Sol, & la Lune est la mère patiente, & Mercure est le sperme de l’un & de l’autre, & c’est la génération des métaux, selon le témoignage des douze Philosophes de cet Art.
Pour multiplier la pierre ou minière que tu sais, prends trois parties de Mercure accoutre par sublimation, comme tu sais,& les mets avec une partie de corps approprie, comme tu sais, mettant tout dedans un matras, sur cendres, à lent feu, par un jour ou deux & le tout refroidi, casses le matras & broyée votre matière dedans un marbre, puis cuisez-la, dedans le vaisseau que savez par 3 jours, à lent feu, ayant mis ce que dessus, & mêlez avec la médecine, & pierre première faite, le tout dedans le dit mortier de marbre ; après les trois jours la faut purger ainsi que savez en après la faut mettre à cuire par trois autres jours, avec un peu plus de feu, & au troisième lui faut rendre son esprit, comme à la première fois, puis la remettre encore trois jours en son vaisseau en augmentant le feu de degré en degré jusqu’à ce que tout soit demeuré au fonds. Cela fait ajouterez trois parts d’eau de Mercure, accoutré comme dessus & ferez les cuire, comme devant, en l’honorant de chacun trois jours, comme devant, comme sachez, & continuerez jusqu’à l’infini. Ou bien, prenez corps & esprit en pareil nombre & faites les cuire comme devant, & mieux vaudra. Faites bien, & vous trouverez qu’il est vrai.