Le Crâne
Non communiqué
Synthèse du travail des Apprentis

« Être ou ne pas être, telle est la question ».
Cette célèbre réplique que Shakespeare a mise dans la bouche de Hamlet viens tout de suite à l’esprit du profane dans le Cabinet de Réflexion pendant son Epreuve de la Terre. Ce symbole de la mort physique du profane devient bien plus qu’une réplique théâtralequand il sollicite en lui une réflexion sur le sens de son existence. La vie qu’il mène est confortable, ses affaires prospèrent, son foyer auprès de sa compagne est plus que convenable. Alors pourquoi se pencher vers une option qui semble funeste?Il est évident que la quête qui a mené le profane jusqu’à ce moment est synthétisée dans la question : « Est-ce que je vis vraiment ma vie ? ». Alors, le profane est-il prêt pour cette mort du monde matériel et sa renaissance à la vraie vie par l’Initiation ?
Ce Crâne lugubre l’incite à chercher en lui-même des réponses à d’autres questions :
– Vais-je mourir physiquement ?
– Suis-je en danger ?
– Qu’est-ce qui va disparaître en moi ?
– Comment vais-je vivre ce moment ?
– Comment serai-je après cette
épreuve ?
– Comment vais-je être
perçu(e) par les autres ?
Les réponses qu’il formule à ces questions deviennent une démarche ésotériquequi révèle ce qu’il est en lui-même, ses possibilités, ses limites.
Une deuxième interprétation du symbolisme du Crâne relève du monde de l’Alchimie, au ternaire alchimique indispensable au processus de formation de la pierre philosophale : Pour que ce rite de vie et de mort puisse être efficace et aboutir à la purification du profane, il lui faut encore un puissant symbole, un « témoin » psychique permettant de relier les vivants aux morts, un lien puissant exprimant la chaîne ininterrompue entre les Maîtres passés à l’Orient Eternel et le profane qui aspire à reprendre le flambeau en devenant Franc-Maçon à son tour. Ce « témoin » psychique, ce crâne humain posé près du profane, lui rappelle : « J’étais ce que tu es, tu seras ce que je suis ! », des mots lourds de significations qui lui disent dans les mots d’Oscar Wirth: « Ce que tu vas voir, je l’ai déjà vu ; ce que tu vas vivre, je l’ai déjà vécu ; ce que tu vas entendre, je l’ai déjà entendu, je suis « la réalité telle qu’elle apparaît dépouillée de son décor sensible ; la vérité brutale, privée du voile des illusions », alors courage et bonne route ! Mais dans cette demeure alchimique, le crâne possède encore un autre secret, qui n’apparaît qu’au moment délicat de la sublimation alchimique, c’est celui du Caput mortem, lorsqu’il faut couper la tête, Caput mortem, afin de voir apparaître le cygne blanc, thème alchimique de la putréfaction.
Une troisième interprétation du symbole du Crâne nous vient de la Table d’Emeraude d’Hermès Trismégiste : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ; par ces choses se font les miracles d’une seule chose». En observant la géométrie du Crâne, certaines parallèles deviennent évidentes : La forme voutée du Crâne nous rappelle le toit vouté du Temple qui, à son tour, nous rappelle la Voute Etoilée, évoquant la Perpendiculaire qui monte de la terre et descend du ciel. Certaines autres caractéristiques nous invitent à réfléchir sur d’autres aspects parallèles :Le crâne contient la matière grise donc la faculté de pensée individuelle, le toit du Temple en tenue contient la faculté de réflexion collégiale la Voûte Etoilée contient la totalité de la connaissance de l’humanité. Sur le plan physique, le crâne, fait de matière dure, protège le cerveau du FM, le toit du Temple protège l’espace sacré de la Tenue, la Voûte Etoilée protège l’Humanité – en bas comme en haut !
En conclusion, revenons au soliloque de Hamlet :
« Qui, en effet, voudrait supporter les flagellations, et les dédains du monde, l’injure de l’oppresseur, l’humiliation de la pauvreté, les angoisses de l’amour méprisé, les lenteurs de la loi, l’insolence du pouvoir, et les rebuffades que le mérite résigné reçoit d’hommes indignes, s’il pouvait en être quitte avec un simple poinçon ? »
La question de Hamlet était sûrement :Être ou ne pas être Franc-maçon ?
VM, j’ai dit
J B
“To be or not to be?” C’est la célèbre réplique que Shakespeare a mise dans la bouche de Hamlet. Celui-ci regarde un crâne qu’il tient à la main : « Être ou ne pas être ? » Cette réplique théâtrale n’est plus un jeu quand elle vient à l’esprit de la personne qui réfléchit sur le sens de son existence.
Je ne peux dire que je redoute ma non-existence puisque je ne sais –ni ne saurai de mon vivant– ce qu’elle me réserve. La vie que je mène actuellement me convient tout à fait. Mes affaires sont prospères, je vis confortablement dans une maison plus que convenable auprès de ma femme. Si les conditions actuelles étaient différentes, peut-être pencherais-je plutôt vers l’option funeste.
HAMLET. – Etre, ou ne pas être, c’est là la question. Y a-t-il plus de noblesse d’âme à subir la fronde et les flèches de la fortune outrageante, ou bien à s’armer contre une mer de douleurs et à l’arrêter par une révolte ?. Mourir… dormir, rien de plus ;… et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du cœur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair : c’est là un dénouement qu’on doit souhaiter avec ferveur. Mourir… dormir, dormir ! peut-être rêver ! Oui, là est l’embarras. Car quels rêves peut-il nous venir dans ce sommeil de la mort, quand nous sommes débarrassés de l’étreinte de cette vie ?. Voilà qui doit nous arrêter. C’est cette réflexion-là qui nous vaut la calamité d’une si longue existence. Qui, en effet, voudrait supporter les flagellations, et les dédains du monde, l’injure de l’oppresseur, l’humiliation de la pauvreté, les angoisses de l’amour méprisé, les lenteurs de la loi, l’insolence du pouvoir, et les rebuffades que le mérite résigné reçoit d’hommes indignes, s’il pouvait en être quitte avec un simple poinçon ?. Qui voudrait porter ces fardeaux, grogner et suer sous une vie accablante, si la crainte de quelque chose après la mort, de cette région inexplorée, d’où nul voyageur ne revient, ne troublait la volonté, et ne nous faisait supporter les maux que nous avons par peur de nous lancer dans ceux que nous ne connaissons pas ?. Ainsi la conscience fait de nous tous des lâches ; ainsi les couleurs natives de la résolution blêmissent sous les pâles reflets de la pensée ; ainsi les entreprises les plus énergiques et les plus importantes se détournent de leur cours, àcette idée, et perdent le nom d’action…
Crâne : Il évoque la mort physique. Il est le symbole de la mort du profane qui renaît à la vraie vie par l’Initiation. Dans le cabinet de réflexion, il rappelle le thème alchimique de la putréfaction.
À la gloire du
Dieu Tout Puissant
et Sublime Architecte des Mondes

Symbole, Symbolisme, Symbolique du Crâne
Une méthode d’approche du symbole consisterait à
:
– laisser s’exprimer son intuition,
– laisser son esprit raisonner, si l’on peut dire,
par analogie,
– observer, en se posant des questions sur sa
forme, son emplacement, son
utilisation, etc.
– effectuer des recherches
complémentaires : dictionnaires, livres, etc.
Dans la démarche symbolique, l’important n’est pas la connaissance elle-même mais l’assimilation de cette connaissance. Autrement dit, c’est l’amélioration de la personnalité qui est recherchée. On parlera ainsi de démarche « ésotérique » : il s’agit de révéler ce que nous sommes en nous-mêmes, nos possibilités, nos limites.
Le symbolisme est un état d’esprit et non un découpage plus ou moins artificiel de mots ou de valeurs à qui on donnerait un sens particulier et arbitraire qui serait d’ailleurs très vite oublié.
S’arrêter à la signification primaire d’un symbole n’a pas un grand intérêt en soi.
Ainsi, dire que les gants blancs symbolisent la pureté ou que l’équerre symbolise la rectitude est sans doute vrai mais, finalement, insuffisant.
Par définition, un symbole ne peut être totalement expliqué. Il est, pour partie, incommunicable, car il passe par la vie intérieure de l’être, il s’adresse au coeur, à l’âme et à l’esprit.
Prenons un exemple cité par Jean Ferré dans son «Dictionnaire symbolique et pratique de la Franc-Maçonnerie» et tiré du Rituel de Réception.
Dans le Cabinet de Réflexion le candidat ou la candidate se trouve face à un crâne. On dit que celui-ci symbolise la mort. Cette signification première est évidente, mais aussi assez pauvre.
En revanche, le même crâne peut devenir authentique symbole si le candidat ou la candidate qui séjourne dans le Cabinet de Réflexion cherche en lui ou en elle les réponses au problème posé par cette tête.
– Vais-je mourir physiquement ?
– Suis-je en danger ?
– Qu’est-ce qui va disparaître en moi ?
– Comment vais-je vivre ce moment ?
– Comment serai-je après cette épreuve ?
– Comment vais-je être perçu(e) par les autres ?
Lorsque le candidat ou la candidate aura médité, le crâne sera devenu pour lui ou elle le symbole de sa mort profane pour une re-naissance dans le sacré. Ces moments, il pourra en parler, bien sûr, il pourra les décrire à travers ses « Impressions de Réception », mais jamais il n’arrivera à transmettre ce qu’il aura vécu.
Crâne
Un crâne est toujours
présent dans le cabinet de réflexion* mais
également au
revers du tablier* (où sont peints crânes et
tibias, pour les tenues* de deuil}
et sur le tableau* de la loge de maître*. Ainsi, la loge au
3° du Rite Écossais
est décorée d’une tenture noire
parsemée de têtes de morts et d’os en sautoir*
Pendant la cérémonie
d’élévation à la maîtrise,
le Rite Français* dis pose
aussi un cénotaphe couvert d’un drap noir, contenant la
représentation au moins
d’un crâne. C’est à cet emblème
macabre, serti sur une bague, que Pierre
Bézoukov, l’un des héros de Guerre et Paix,
reconnaît pour franc–maçon son
interlocuteur martiniste. Le crâne symbolise toujours, avec
la faux* et le
sablier*, la brièveté de la vie, et lorsque
Pierre Bézoukov entreprend de se
faire initier, il peut contempler, dans le cabinet de
réflexion «un crâne
humain avec les cavités, des orbites et les dents
» et « un cercueil plein
d’ossements humains ». Au terme de cette initiation*,
l’orateur rappelle alors
que la mort est aimable et qu’il convient de la considérer
comme délivrance,
avant repos et récompenses.
Cette orientation mystique de la maçonnerie correspond
à une interprétation
particulière des symboles de la mort. Celle–ci est
proche de celle montrée par
le geste d’Hamlet, se saisissant au bord d’une tombe du crâne
d’un fou pour
méditer sur l’inconsistance de la vie et la
légèreté des hommes. En effet
«
vain » ou « vanité » ne
signifient–ils pas, originellement, vide ( «vanus
») ?
Cette pensée de la vanité des biens du monde a
largement inspiré la peinture
classique, des XVIe et XVIIe siècles, et une
Vanité n’est autre alors qu’un
tableau déclinant sur un mode symbolique (avec
crâne, miroir, sablier,
ossements, vers, mouches et chandelle) l’insignifiance de la vie, la
toute
puissance de la mort. À y regarder de plus près,
le « message » n’est jamais
aussi simple S’il est clair que la Vanité de Philippe de
Champagne {Le Mans,
musée Tessé) présente, dans une
intention édifiante, un crâne aux orbites
vides, il n’en est pas moins vrai que nombre de Vanités sont
profondément
ambiguës, disant tout à la fois l’inconsistance de
la vie et l’urgence à en
jouir sans différer. Elles rappellent que la mort
réduit tout à néant mais que
La conscience douloureuse dé cette fin peut donner
u–. sens à l’existence et
l’orienter vers les arts. les sciences et les plaisirs encore
présents Les
tenues funèbres, qui commémorent le souvenir de
francs–maçons disparus,
commencent dans l’affliction et la tristesse, mais elles
s’achèvent touXours
par des mots d’espérance. La batterie* de deuil {«
Gémissons | ») est toujours
suivie d’une batterie d’allégresse («
Espérons ! »).
Lausanne, le 05 juillet 2005 Par Marcos Drake Texte tiré du livre à paraître de Marcos Drake également disponible sur le site www.etoile-du-nord.comouwww.marcos-drake.com
Le ternaire alchimique est également présent, car indispensable au processus alchimique de formation de la pierre philosophale.
Le sablier qui se trouve posé devant le profane, est un attribut de Saturne, il symbolise le temps, il représente sur le plan matériel, donc terrestre, le temps qui s’écoule et qu’on ne peut inexorablement pas arrêter, chaque grains de sable qui tombe nous rapprochant irréversiblement du jour de notre mort. Le sablier représente encore autre chose, qui pour le profane n’est peut être pas tout de suite perceptible, ce qui n’enlève rien à sa force évocatoire, car le sablier qui a tout pouvoir sur le plan terrestre ( matériel ), n’en a aucun sur le plan astral ou cosmique. Ce qui signifie, qu’une fois l’homme libéré des chaînes matérielles du temps terrestre, il pourra enfin réintégrer le temps initial, c’est-à-dire celui du commencement, de la création, l’instant primordial d’avant la chute, là ou le péché et les servitudes n’existaient pas.
Pour que ce rite de vie et de
mort puisse être efficace et
aboutir à la purification du profane, il lui faut encore un
puissant symbole,
un « témoin »
psychique permettant de relier les vivants aux morts,
un lien puissant exprimant la chaîne ininterrompue entre les
Maîtres passés à
l’Orient Eternel et le profane qui aspire à
reprendre le flambeau en devenant Franc-Maçon
à son tour.
Ce « témoin »
psychique est un véritable crâne humain
posé près du
profane, et devant lui se trouve écrit ces mots :
« J’étais ce que tu
es, tu seras ce que je suis ! », des mots
lourds de significations.
Ce crâne, réceptacle des forces
supérieures, transmettra alors un dernier
message au profane, comme le faisaient autre fois les têtes
de morts parlantes
qui enseignaient aux vivants.
Elle lui dira : Ce que tu vas voir, je l’ai déjà vu ; ce que tu vas vivre, je l’ai déjà vécu ; ce que tu vas entendre, je l’ai déjà entendu, je suis « la réalité telle qu’elle apparaît dépouillée de son décor sensible ; la vérité brutale, privée du voile des illusions », (O. Wirth) alors courage et bonne route ! Mais dans cette demeure alchimique, le crâne possède encore un autre secret, qui n’apparaît qu’au moment délicat de la sublimation alchimique, c’est celui du Caput mortem, lorsqu’il faut couper la tête, Caput mortem, afin de voir apparaître le cygne blanc, thème alchimique de la putréfaction.
Mourir pour renaître
à nouveau, c’est une loi universelle :
« En vérité, je vous le dis,
si le grain de blé qui est tombé en terre ne
meurt, il reste seul ; mais, s’il meurt, il porte
beaucoup de
fruits » (Jean 12 : 24).
Puis le profane, qui peu à peu sortira de sa profonde
méditation, lèvera les
yeux vers le Coq, symbole solaire qui lui annoncera la fin de sa nuit
éternelle, et le triomphe prochain de la lumière
sur les ténèbres.