Franc-maçon, Homme de devoir et d’obligation

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N∴ S∴

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Non communiqué
Loge:
:  NC

Selon le Petit Larousse, le devoir se définit comme «  ce à quoi on est obligé par la Loi, la morale, etc. », de même que l’Obligation se définit comme «  une contrainte, un devoir qu’impose la loi, la morale, les conventions sociales, les circonstances, etc. »

Un devoir est une obligation qui peut être de nature juridique ou morale. Les devoirs constituent la contrepartie des droits des citoyens.

Ce qui est un devoir pour l’un devient un droit pour celui qui en reçoit le bénéfice. Autrement dit, les droits des uns sont les devoirs des autres

Dans un sens juridique, le mot « devoir » est employé comme synonyme du mot « obligation ». Un vendeur a donc le devoir de livrer l’objet qu’il a vendu, tandis que l’acheteur a le devoir de payer le prix de cet objet. Bien souvent, ce terme désigne des obligations juridiques dont la connotation morale est importante (ex : les devoirs du mariage).

Le terme de devoir peut aussi désigner une réalité plus morale, qui doit guider le citoyen dans son comportement dans l’espace public. On pourrait évoquer le devoir de respecter la propriété d’autrui. S’il recouvre des obligations juridiques, il est affirmé comme une obligation plus large pour le citoyen à l’égard des autres.

Le devoir désigne l’ensemble des règles générales qui guident la conscience morale. Il est accompli par obligation, en dehors de toute autre considération de volonté ou de désir.
Ex : Agir par devoir, avoir le sens du devoir.
Pour le philosophe
Emmanuel Kant (1724-1804), un acte n’a de valeur morale que s’il est fait par devoir. Ce devoir, qui fait appel à la raison, se situe au-dessus des intérêts et des passions, c’est un impératif catégorique qui s’impose à nous comme une obligation et n’admet pas d’alternatives.

Depuis que la maçonnerie existe en tant que société initiatique, le devoir a toujours été au centre de son expression. Déjà, au 14ème siècle, le REGIUS, précise les devoirs du franc maçon: loyauté envers Dieu, fidélité aux autorités locales, respect de la morale. L’esprit des anciens devoirs est repris par la constitution d’Anderson (18ème siècle): « un maçon est obligé par sa condition d’obéir à la loi morale ».La franc maçonnerie puise donc dans la tradition ses règles et devoirs.

Au delà de ces limites, elle perd son âme et devient une société ordinaire. La maçonnerie actuelle n’a rien perdu de cet esprit, même si la notion de devoir a pu évoluer avec les siècles .

Les articles ci-après des Principes Généraux de la Franc-maçonnerie cités dans les « Constitution et Règlements Généraux  » du Grand Bénin de la République du Bénin stipulent que :

Citations :

Art 2 :

«  La franc-maçonnerie a pour devoir d’étendre à tous les membres de l’humanité les liens fraternels qui unissent tous les Francs-Maçons sur toute la surface du globe.

Elle recommande à ses membres la propagande par l’exemple, la parole et les écrits sous réserve de l’observation du secret maçonnique. »

Art 3 :

« Le Franc-maçon a pour devoir, en toutes circonstances, d’aider, d’éclairer, de protéger son Frère, même au péril de sa vie, et de le défendre contre l’injustice. »

Art 4

« La Franc-maçonnerie considère le travail comme un des devoirs essentiels de l’Homme. Elle honore autant le travail manuel que le travail intellectuel. »

Fin de citations ;

De même, l’instruction au premier degré nous apprend les devoirs du Franc-maçon, à savoir : « fuir le vice et pratiquer la Vertu », « en préférant à toutes choses la Justice et la Vérité ».

Nous avons trois types de Devoirs, des Devoirs envers nous même (envers notre âme, et envers notre corps), des Devoirs envers les autres et des Devoirs envers Dieu. Le Devoir est une action que nous sommes obligés de faire et qui est conforme à la loi. Le Devoir est profondément lié à la loi, mais il trouve son origine dans le désir de conservation de soi des individus.

Le respect de la personne morale en nous, tel est le principe général d’où dérivent tous les devoirs individuels.

Le plus important, celui qui domine tous les autres, est le devoir de rester maître de soi. On peut perdre la possession de soi-même de deux façons, soit en se laissant emporter, soit en se laissant abattre, en cédant aux passions enivrantes ou aux passions accablantes, à la colère ou à la mélancolie.

Les Devoirs auxquels chaque Maçon s’est librement astreint découlent du serment pris lors de son initiation, c’est pourquoi le premier Devoir est de ne pas faire de mal aux autres, d’honorer ses frères, de transmettre son savoir, ses valeurs à d’autres maçons.

Le Devoir d’obéir à la loi morale nous révèle la liberté de notre volonté de nous opposer aux inclinaisons de notre nature, notre action doit être parfaitement désintéressée, restons humbles devant notre travail, n’en tirons pas une gloire immérité. Et le Maçon plus que quiconque, est un Homme de Devoir, lui qui est lucide, qui connaît ses faiblesses, mais qui aspire à la connaissance, à plus de perfection. Par son serment, le Maçon a des Devoirs envers son ordre, mais est-ce qu’un Devoir ne nous lie pas envers nous- même ?

Il n’est point besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.

La Maçonnerie est un Devoir, car il n’existe pas de Devoir plus ou moins important selon la situation ou le grade, car le non accomplissement pour ce à quoi l’on s’est engagé, un jour produira les mêmes conséquences ou sanctions.

On n’échappe pas aux valeurs fondamentales … ! Lesquelles sont évoquées généralement par les Néophytes dans leur testament philosophique car le Profane qui « frappe à la porte du Temple » est « de bonnes mœurs », c’est-à-dire qu’il adhère déjà aux obligations de la Loi morale sans distinctions de race, de nationalité et de croyance.

Le mot Devoir revient à chaque degré et se trouve enrichi par de nouvelles considérations. En fait, nous découvrons qu’il se décline en une multitude de devoirs.
Mon Devoir est d’être celui que je m’efforce de devenir en tant que citoyen et, modestement en tant que Franc-maçon.

En franc-maçonnerie, le mot devoir n’est pas un élément symbolique isolé, mais un élément très riche de la composition symbolique contractée lors de l’initiation de l’impétrant, composition harmonique incluse dans le rituel et qui reste à déchiffrer. Les mots sont par eux-mêmes des symboles au même titre que les objets ou gestes. Le mot est inclus dans une phrase dans un certain ordre, créant une situation en vue d’agir sur l’individu pris en tant que totalité. Ainsi la fonction que remplit dans le rite la signification propre, ne peut se comprendre par une explication exclusivement centrée sur la traduction, mais par son rapport avec la structure dans laquelle il est inséré. Ce mot fait donc partie de l’admission du profane au groupe maçonnique au travers d’un rite de passage d’un état à un autre.
Dès son introduction dans le cabinet de réflexion, le profane médite sur les devoirs de l’homme envers lui-même, sa famille, sa patrie, l’humanité. Première épreuve, l’épreuve de la Terre, accompagné de la sentence «  VITRIOL », lui enseigne que le premier devoir est de descendre au plus profond de lui-même pour parvenir à la connaissance, la pierre cachée. Purifié par la terre,  il devra dominer ses passions pour trouver la vérité enfouie au plus profond de sa personnalité.

L’initiation est plus qu’une cérémonie symbolique : il est demandé au profane adhésion, engagement, obligation du secret, devoir de solidarité, nécessité du travail et du perfectionnement par la connaissance et l’exercice des vertus. L’accent est mis sur le caractère exceptionnel de ces devoirs : « ce qui serait dans un profane une qualité rare ne doit devenir pour le franc-maçon que l’accomplissement de son devoir ».
L’accomplissement du devoir fait partie intégrante du travail initiatique maçonnique.

Dès le premier degré, l’apprenti a comme premier devoir de méditer les enseignements du rituel afin d’y  conformer sa conduite.
 Il doit se connaître en toute humilité : nos pensées et nos émotions ne sont point pures, elles sont envahies par le foisonnement des raisonnements et des savoirs de nos éducateurs. La première démarche raisonnable est de les déraciner et de n’accepter aucune idée pour vrai que nous ne comprenions intimement et ne jugions vrai. La principale difficulté des enseignements est qu’ils tentent d’expliquer et de transmettre un savoir plutôt que d’éveiller la capacité à écouter, à analyser et à comprendre le vécu.
 Il doit prendre conscience des mécanismes de son ego, de son étroitesse d’esprit et de sa vanité. Il doit commencer à rechercher la vérité, vouloir la justice, aimer ses frères et se soumettre à la loi. Il doit profiter de son obligation de silence pour apprendre à écouter.

Ensuite le franc-maçon a le devoir de connaître le monde et de se connaître dans un monde où il ne sait même pas ce qu’il est venu faire. Son devoir est de surpasser les autres hommes par le développement de ses qualités tout en se mettant au service des causes liées au salut du genre humain.

Puis dans son cheminement, il a le devoir de faire rayonner sa conscience relative, de respecter l’homme et son organisation sociale ; Le Franc-maçon exerce sa méthode maçonnique dans la vie quotidienne pour tenter de construire un monde plus heureux, plus droit, plus d’équerre.

Conclusion :

Reconnaissons que le Devoir est la grande loi de la Maçonnerie, inflexible comme la fatalité, exigeant comme la nécessité, impératif comme le destin.

L’approfondissement de la notion de devoir, à chaque stade de la vie maçonnique est l’essence même de la recherche de la vérité. La récompense ne se trouve pas dans un quelconque résultat espéré mais dans la démarche, c’est-à-dire la découverte d’un sens à l’existence.
Dans le contexte maçonnique, parler d’obligation au singulier signifie reconnaître l’ensemble de toutes celles incluses dans le serment solennel prêté lors de l’initiation et qui comprennent la famille, la patrie, ainsi que, désormais, le travail à effectuer sur soi-même en direction de la connaissance et de la fraternité. Ce contrat moral nous engage au plus profond de notre conscience. Dans la démarche maçonnique la question du sens épouse étroitement celle de l’obligation, les deux sont consubstantielles. Il s’agit toujours de savoir pourquoi, pour quelle raison, nous prenons telle décision et non telle autre. Ici, l’obligation n’est pas une entrave à la liberté individuelle, tout au contraire elle lui apporte une dimension supplémentaire. Souvent, la liberté profane est un affranchissement de règles élémentaires et une dispense de réflexion autorisant à suivre la voie égocentrique de son bon plaisir. il n’est pas d’obligation sans responsabilité ni sans solidarité. De cela nous devrions nous pénétrer de façon régulière pour donner à notre carrière initiatique son plein épanouissement. Et la loge reste le lieu premier pour ce faire.

Nous sommes libres de nous plier à certaines pratiques rituelliques, libres de faire preuve de rigueur dans notre comportement tant en Loge qu’à l’extérieur, libres de nous éloigner de nos compagnes plusieurs fois par mois, libres de suivre une certaine forme de pensée imposée par notre présence en Loge.
Libre mais par devoir. Lequel me rend responsable de moi-même et des autres par une démarche compassionnelle au sein d’un Ordre qui « a pour but le perfectionnement moral de l’Humanité ». Et je sais que « Si l’on persévère résolument dans la Vertu, la vie devient calme et paisible »
Trois repères lumineux dans le foisonnement symbolique de la Loge illuminent mon esprit :
– la Sagesse (celle de la prudence)
– la Force (celle de la conviction)
– la Beauté (celle qui orne nos pensées)

Vénérable Maître,J’ai dit

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