Vous êtes belle, Madame
A∴ L∴ G∴
A
la belle saison, des perles de rosée enveloppent votre toison
Ondulante et dorée comme les blés entremêlés de coquelicots
Posée sur vos frêles épaules, constellée forment une inflexion
Esquissant, à l’aube d’un matin, l’ébauche d’un corps abricot
Vous
êtes belle, Madame
Epaule
gauche dénudée la naissance de votre sein émerveille
Galbe arrondi, courbure prononcée, flan aux belles sinuosités
Votre cuir tanné embaume, au point du jour, séduit, ensoleille
Les cœurs insatiables boxent en leur cage des tressauts agités.
Vous
êtes belle, Madame
Votre
regard se détourne au passage de demoiselle libellule
Vous admirez cet odonate aux paires d’ailes membraneuses
Vos iris d’un vert d’eau scintillent de mille et mille ombellules
De votre vision sémillante émerge deux prunelles lumineuses.
Vous
êtes belle, Madame
Votre
visage d’ange, à l’aube de vos vingt printemps irradie
Des rayons de lumière naissent, un sourire point sur vos lèvres
Impatientes de goûter l’appétence d’un délicat baiser affadie
La blancheur de vos ivoires dévoile votre sensualité en fièvre.
Vous
êtes belle, Madame
Le
voile brillant brodé d’une lisière argentée ondule en vague
Un corps sublime aux courbes dessinées embrouille mon esprit
Vos hanches dessinent une architecturale courbure, je divague
Les yeux mi-clos j’entrevois la saillance d’un bossage assombrit
Vous
êtes belle, Madame
Renaissance
de la nature, renaissance printanière, résurrection
Anxiété hivernale, nature morte, coiffe poudrée sont amnistiées
Ma main droite, placée en équerre je sonde une autre vibration
Endiguant le bouillonnement de mes passions inexpérimentées.
Vous
êtes belle, Madame
Préserver
mes pensées de toute agitation fébrile, désordonnée
Susceptible de compromettre ma lucidité d’esprit et ma culture
L’extrême fleur d’un génie d’âge exige la méditation confessée
J’ai dit à mon Maître ma résipiscence, estomper cette aventure.
Vous
resterez belle, Madame