Le Capricorne

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Etymologie

Issu du latin Capricornus, venant du génitif de Caper (le bouc) et de Cornus (la corne), donc littéralement « Corne de bouc », le Capricorne est représenté tantôt par un bouc, tantôt par un monstre à cornes de bouc, ou bien par une créature mi-chèvre mi-poisson.


Mythologie

Dans la mythologie grecque il est relié au dieu Pan, mi-homme mi-bouc, dieu des bergers, des pâturages et des choses terrestres.

Une des versions est qu’après avoir pris l’apparence d’une chèvre, il aurait voulu se transformer en poisson pour plonger dans le fleuve et ainsi échapper à Typhon, mais n’eut que le temps de transformer le bas, d’où le corps de chèvre et la queue de poisson.
Zeus (ou Jupiter), charmé par sa ruse, l’immortalisa dans les cieux.

Selon Zénobios, il serait lié à la chèvre Amalthée qui aurait allaité Zeus enfant. De ses cornes coulaient le nectar et l’ambroisie qui rendaient immortel.
Zeus honora sa nourrice en la plaçant comme constellation dans le ciel.

Pour Ovide, Rhéa, la mère de Zeus l’aurait confié à la naïade Amalthée afin de le sauver de son père Cronos. La nymphe l’aurait nourri avec le lait d’une chèvre qui cassa un jour une de ses cornes.
Amalthée entoura cette corne d’herbes fraîches et la remplit de fruits pour nourrir Zeus : c’est l’origine de la corne d’abondance.

Enfin les mésopotamiens voient dans la constellation du Capricorne un poisson chèvre nommé Sukhurmashu, symbole du dieu sumérien Enki, maître des eaux douces souterraines, de la sagesse, des arts et des techniques, de la magie et de l’exorcisme.
« En » signifie Seigneur en sumérien, et « Ki » la Terre, mais en fait plutôt le monde d’en bas, puisque Enki est surtout le dieu des eaux souterraines qui coulent entre la surface de la terre et les enfers, espace nommé « l’abîme » selon la cosmologie mésopotamienne.


Astronomie

En astronomie, la constellation du Capricorne est traversée par le soleil du 19 janvier au 15 février, et ses 2 étoiles principales sont Alpha et Xi.

En astrologie dite tropicale (du grec tropikos, qui tourne), le signe zodiacal du Capricorne se situe entre le 21 décembre et le 21 janvier, à quelques jours près suivant les années.

On observe donc que pour le natif du signe le soleil ne traverse pas forcément sa constellation au moment de sa naissance, contrairement à ce que l’on entend souvent.

Ceci est dû en partie à la précession des équinoxes, phénomène généré par la variation de la direction de l’axe de rotation de la terre, elle-même causée par le couple qu’exercent les forces des marées de la lune et du soleil sur le renflement équatorial de la Terre.

Les étoiles ne sont donc pas vues, depuis la Terre, dans la même direction d’une année à l’autre, et ce décalage est d’environ 1°23’ par siècle (déplacement du point vernal dans le sens rétrograde le long de l’écliptique), ce qui correspond à un cycle d’environ 26000 ans.

Lorsque les signes du zodiaque astrologique ont été définis par les Babyloniens aux alentours de 410 avant J.C, le point équinoxial (ou vernal, position du soleil au moment de l’équinoxe de printemps) de l’époque se trouvait dans la constellation du Bélier, c’est l’origine de la correspondance de l’équinoxe de printemps du 21 mars avec le début du signe astrologique du Bélier.

Quelques 2500 ans plus tard, un natif du signe du Bélier se retrouve en fait dans la constellation des Poissons, sidéralement parlant, tandis que le soleil traversera la constellation du Sagittaire pour une personne née sous le signe du Capricorne, et le soleil passe dans le Capricorne pour le signe Verseau (on « recule » grossièrement d’un signe pour passer de l’astrologie à l’astronomie).

L’autre raison du décalage entre le zodiaque sidéral (le ciel) et le zodiaque tropical (les saisons) est le découpage du zodiaque astrologique (du grec zodiakos, ceinture d’animaux, bande de 16° de large) en 12 secteurs de 30° chacun pour coller aux 12 mois de l’année, découpage ne correspondant pas aux temps de séjour réels du soleil dans les constellations : 21,1 jours dans le Çancer et 27,4 jours dans la constellation du Capricorne, par exemple, alors que l’astrologie définit 30 jours pour chaque constellation par convention.
D’autant qu’il existe une treizième constellation englobée par le zodiaque sidéral : le serpentaire, autrement appelée Ophiuchus, qui accentue encore ce décalage et perturbe certains astrologues qui ont décidé de l’intégrer aux signes astrologiques.

Tous ces facteurs combinés expliquent donc le décalage entre le signe astrologique solaire et la position du soleil dans le ciel au moment de la naissance du natif.


Astrologie

-Il existe néanmoins une astrologie dite sidérale qui se base davantage sur la position réelle du soleil dans le ciel au moment de la naissance, mais sans y coller parfaitement.

C’est notamment le cas des Hindous, qui, avec l’astrologie védique (Jyotish) ont instauré par convention un système de décalage de 24° (les fameux ayanamsa) entre les signes tropicaux et sidéraux.

On retrouve globalement ce décalage d’un signe en arrière pour passer du tropical au sidéral, sauf si la personne est née vers la fin du troisième décan (en fait au delà des 24°) de son signe.

En pratique, le natif du 15° du Capricorne en astrologie tropicale se retrouvera 21° du Sagittaire (Dhanu en Jyotish) et le 5° Verseau deviendra 11° en Capricorne (Makara), alors que le 26° Cancer restera Cancer (Karka) mais 2° en Jyotish.

Les Capricornes occidentaux et hindous sont donc décalés de 24°, et le natif de Makara naîtra entre le 15 janvier et le 13 février, ce qui diffère encore du zodiaque sidéral.

Toutes ces règles sont également valables pour l’ascendant.

Les principaux traits de caractère du Capricorne sont le sérieux, la profondeur, la lenteur, le contrôle, la persévérance, la solitude, l’ascétisme, l’ambition, la responsabilité et le pragmatisme.

Il est double car le côté ambitieux se différencie des autres.

Son signe opposé, mais complémentaire, est le Cancer qui est plus sensible et plus intuitif.

Le Capricorne est un signe cardinal (du latin cardo : pivot, gond) qui ouvre la saison d’hiver. Le natif sera donc apte à entreprendre des choses et à lancer des travaux.

C’est également un signe de terre, donc pratique, stable et concret.

Dixième signe du Zodiaque, il est relié originellement à la dixième maison (le Milieu du Ciel), celle qui nous parle du secteur de la vie concernant la carrière professionnelle, le statut social, les honneurs, la réputation et le parent de l’autre sexe.

Sa planète maîtresse est Saturne, qui co-gouverne le Verseau avec Uranus; sa couleur le brun ou le noir et sa polarité féminine.


Esotérisme

Le début de ce signe tropical le 21 décembre coïncide avec le Solstice d’hiver et la Saint-Jean d’hiver, le jour le plus court de l’année et la nuit la plus longue, mais aussi le moment à partir duquel le soleil, invaincu par les ténèbres, va reprendre son ascension.

En effet cette date marque la fin de la progression de la nuit et de la baisse de l’énergie associée, pour entamer la phase ascendante du processus de régénération.

Ce renouveau et cette montée en puissance de la lumière et de l’énergie correspondent bien au mode cardinal du Capricorne qui amorce les choses et initie le changement.

L’entrée dans le signe du Capricorne avec le Solstice d’hiver symbolise la « porte des dieux » qui permet le passage du monde matériel au monde spirituel, du plan de la manifestation au plan transcendant.
Cette porte solsticiale est gardée par le visage jeune du dieu romain Janus.

Janus étant le nom romain de Jean, Saint-Jean l’évangéliste représente pour nous ce visage jeune de Janus qui annonce ce passage comme il annonce la bonne nouvelle de la venue de Jésus : il n’est pas la lumière mais il l’annonce, comme nous explique Jean-Claude MONDET dans « La Première Lettre » de l’apprenti au REAA.

L’auteur de l’évangile de Jean symbolise la verticalité, cette plongée dans notre intériorité afin d’y effectuer le travail souterrain qui nous conduira vers la connaissance de soi et du monde.
Ce lent travail ascétique et solitaire, persévérant, qui suit le même cycle chaque année, et par extension chaque jour et à chaque tenue, correspond bien au caractère du Capricorne.

Cette introspection visant à rectifier sa pierre brute nous renvoie directement à l’inscription VITRIOL du cabinet de réflexion, ou au VITRIOLUM décrit par Jean-Claude MONDET dans « la Première Lettre » de l’apprenti.

Par opposition le Cancer symbolise la Saint-Jean d’été avec le visage de Janus vieilli, gardien de la porte des hommes, passage du monde spirituel vers le monde matériel, Jean le baptiste pour nous qui représente l’horizontalité du plan de la manifestation et de la transmission des enseignements, la mise en oeuvre.

Et comme le Capricorne et le Cancer, ces 2 Saint-Jean, ces 2 Jean, ces 2 faces de Janus, ces 2 mondes et ces 2 plans sont complémentaires.

Ces 2 signes sont unis par l’astrologie, à l’instar de Jésus qui forme la trinité avec les 2 Jean, conformément aux écrits d’Hermès trismégiste dans « La Table d’Emeraude » : « Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut … », car les 2 opposés sont réunis par un troisième élément.

Le Capricorne est le dixième signe du Zodiaque.

Ce nombre 10 symbolise la fin mais aussi le renouveau, d’ailleurs sa réduction théosophique ramène à l’unité. Dans son ouvrage « The numbers of life » Kevin Quinn Avery nous explique qu’avec le 10 l’homme est revenu à l’unité du 1, mais avec la connaissance du cycle complet derrière lui, le début éclairé par le passé.
Pour lui le 10 est en réalité le 1 mais à une octave supérieure, symbolisée par le 0 qui suit.

Il évoque également le lien avec la dixième lame majeure du Tarot de Marseille : la roue de fortune.

Cet arcane, représentée par 3 animaux montés sur une roue, nous renvoie encore une fois au ternaire : les 3 phases du temps, les 3 dimensions de l’espace, ou les 3 dimensions de la vie humaine.

La roue, symbole de l’univers, du cosmos ou de la Terre, nous indique le mouvement perpétuel et l’éternel recommencement, le cycle sans fin.

Toutefois, certains auteurs font correspondre le Capricorne à la quinzième lame du tarot : le Diable.
Cet arcane représente en fait la tentation des plaisirs terrestres, ce qui n’est pas négatif en soi, mais c’est surtout leur abus et la perte de liberté qui en découle dont il s’agit.

Cette lame représente l’aliénation au premier sens du terme, l’asservissement au monde matériel, aux instincts, aux pulsions et aux désirs.
C’est la partie ambition de son caractère dont il s’agit ici, son talon d’Achille.

C’est ce goût pour les choses matérielles qu’il devra apprendre à contrôler, notamment à travers ses choix, référence à l’arcane No 6 l’amoureux, le 6 étant la réduction théosophique du 15.

Mais la décade est aussi l’addition théosophique du quaternaire, comme représenté dans la Tétraktys pythagoricienne : ce triangle formé de 10 points disposés en pyramide de 4 étages.

La base de la pyramide comporte 4 points, évoquant le quaternaire des éléments, des saisons et des points cardinaux, et décrit la Terre et l’univers, faisant référence à la solidité et à la stabilité du carré.

Au dessus se trouvent les 3 points symbolisant les ternaires du temps, de l’espace, les 3 dimensions de la vie humaine (physique, psychique et spirituelle) et les 3 triades sacrées.

Les 2 points supérieurs se rapportent au dualisme fondateur, aux dyades sacrées, au Yin et au Yang, au soleil et à la lune, au jour et à la nuit, au masculin et au féminin, …

Au sommet un seul point symbolise le divin, l’unité principe de toute chose.

La totalité englobe l’univers dans son ensemble, de la Terre au ciel (Corinne Morel, « Le guide du tarot. Les Arcanes majeurs »).

Dans l’arbre de vie de la Kabbale, les séphirots sont au nombre de 10 si l’on occulte Ensoph et Daath (la séphira cachée).

La dixième lettre de l’alphabet hébreu est Yod, c’est aussi l’initiale de YHVH, le nom de Dieu dans la bible hébraïque, également nommé tétragramme.
Sa valeur numérique est 10 (en guematria simple) ou 20 (guematria simple déployée) ou encore 2 (petite guematria).

– Saturne, la planète maîtresse du Capricorne, renvoie au dieu romain des Saturnales, fête romaine célébrée quelques jours avant le solstice d’hiver, du 17 au 23 décembre.

Par syncrétisme, il est assimilé au roi grec des Titans Cronos, divinité géante ayant précédé les dieux de l’Olympe et symbolisant le temps et la mort, fils de Gaïa (la Terre) et d’Ouranos (le Ciel étoilé).

Comme Cronos, Saturne est représenté par un vieillard avec une faux symbolisant le temps et la mort et fût considéré par les romains comme le fils de Gaïa (Tellus ou Terra Master) et d’Uranus (nom latin d’Ouranos).

Rappelons qu’Uranus et Saturne co-gouvernent le Verseau depuis 1781, signe suivant immédiatement le Capricorne.
Autre relation entre le Capricorne et le Verseau : la force, arcane majeure No 11, suit la roue de fortune dans le Tarot pour lui communiquer l’énergie nécessaire afin d’entamer un nouveau cycle (Alexandre Jodorowsky,
« La voie du Tarot »).

Cette faux, ainsi que le sablier, sont présents dans le cabinet de réflexion.
Ils symbolisent le temps mais aussi la mort (le fameux « Mémento Mori ») dans tous les sens de ces termes.

La règle à 24 divisions, un des outils de l’apprenti, représentant les 24 heures de la journée, peut être reliée au temps subjectif (qualitatif, irrationnel, lié au vécu) selon Jean-Claude, mais il existe aussi un temps objectif (quantitatif, scientifique, lié à la matière, extérieur à nous) et un temps sacré (celui de la loge de midi à minuit, anhistorique, non linéaire et non mesurable, mais réversible), sans parler du temps microscopique et du temps macroscopique.

Hésiode, dans la mythologie grecque, découpe le temps en 5 périodes nommées l’âge d’or, d’argent, d’airain, l’âge des héros et l’âge de fer (que nous traversons actuellement); tandis qu’Ovide occulte l’âge des héros, comme la cosmogonie hindoue.

La mort, quant à elle, correspond à la fin d’un cycle, comme décrit précédemment avec le nombre 10 ou les solstices, mais aussi à l’œuvre au noir (ou Nigredo) dans l’alchimie spirituelle, le noir étant la couleur du Capricorne.

L’alchimie opérative était sensée à l’origine transformer le plomb en or, ou du moins à trouver l’or caché dans le plomb.

Or, Saturne, comme toutes les planètes, correspond à un métal, ici le plomb (le saturnisme est la maladie liée à l’intoxication au plomb).
L’or est relié au soleil, il s’agirait donc de trouver son soleil, sa lumière qui éclaire le chemin vers la connaissance dans ce signe gouverné par Saturne.


Conclusion

« La voûte étoilée qui couvre le temple rappelle que ce lieu est en correspondance avec l’ordre céleste. La voûte est l’expression du ciel des causes et contient le zodiaque, symbole des énergies constitutives de l’homme cosmique » selon François Figeac (« La Voûte étoilée et l’astrologie initiatique »).

Le zodiaque est présent dans les espaces entre les nœuds des lacs d’amour en périphérie du plafond du temple, et chaque constellation correspond à une partie du corps de l’homme cosmique, le Capricorne étant relié aux genoux, et le Cancer à la poitrine et aux poumons.

Pour lui, l’astrologie sacrée a fait naître le langage symbolique, et par l’intermédiaire du fil à plomb reliant perpendiculairement la voûte étoilée au tableau de loge, l’apprenti accède à ce ciel des causes et à la connaissance des origines.

Il différencie le zodiaque personnel du zodiaque de la loge, l’Apprenti devant dépasser le premier pour s’intégrer au second, notamment par le biais du rite et de la chaîne d’union.

En transcendant son individualité et son destin personnel, il ne fait qu’un avec ses frères et le Cosmos, et emprunte un chemin vers la voie de la Connaissance.

Marc-Alain Ouaknin, dans « Mystères de la kabbale », explique que l’astrologie kabbaliste décrit et analyse les données de chacun afin qu’il puisse se libérer des contraintes et des restrictions liées à un certain niveau d ‘existence et de conscience.

Pour ce faire, l’homme doit nécessairement s’élever spirituellement, notamment au travers de la méditation.

Affranchi de son thème astral de naissance, il serait libre de suivre son propre chemin pour accéder à la connaissance.

Ces 2 voies, apparemment différentes sur la forme, ne se rejoignent elles pas sur le fond : approcher au plus près la Connaissance de soi et du monde ?

J’ai dit.

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