Rennes- le-Château – L’Abbé Saunière – Les Nombres et la Géométrie
Non communiqué
Introduction
Rennes-le-château, petite commune de l’Aude, est perchée sur un sommet des environs de Couiza, à une vingtaine de kilomètres au sud de Limoux et à quelques kilomètres de sa jumelle d’en bas, Rennes-les-Bains, petite station balnéaire des bords de la Sals. La Sals, cette rivière aux eaux salées qui serpente dans une gorge étroite, est d’ailleurs à elle seule un univers de mystères et de symbolisme.
En 1891, Béranger Saunière, modeste curé de Rennes le Château, aurait découvert dans son église quatre parchemins à l’intérieur d’une colonne creuse. Il se serait rendu à Paris, au séminaire de Saint-Sulpice, pour y faire expertiser les fameux documents.
Peu de temps après, commence pour lui une nouvelle vie : l’argent semble couler à flots. Pendant vingt-cinq ans, il vivra en millionnaire, distribuant aux bonnes œuvres, rénovant le presbytère et l’église, rachetant six terrains à ses abords pour y construire son domaine. Sur ce domaine, il fait édifier la somptueuse villa Béthania qu’il destine, après sa mort, à devenir une maison de retraite pour les prêtres du diocèse. Mais en attendant, elle est réservée à ses amis des cercles parisiens, ésotériques et mondains.
Au sein du domaine, l’abbé Saunière se fait aménager un jardin planté d’arbres exotiques, qui outre les deux chiens Faust et Pomponnet, accueillera d’autres animaux moins courants : deux singes, des paons, des cacatoès et des poissons exotiques.
Béranger Saunière fait aussi construire un belvédère et un chemin de ronde, en bordure du domaine et en surplomb de la Vallée de Couleurs. Sous le belvédère est aménagée une immense citerne, destinée à alimenter en eau les fontaines du jardin. A l’extrémité Est du chemin de ronde, il y adjoint une orangeraie ; à l’extrémité Sud, l’énigmatique tour Magdala, de style néo-gothique, avec ses 22 créneaux, pour y abriter sa bibliothèque et ses collections, parait-il, de 10 000 cartes postales et 100 000 timbres poste.
Pendant les huit ans que dureront les travaux, l’entrepreneur et ses 17 ouvriers seront nourris à aux frais de l’abbé :22 créneaux, 17 ouvriers … 17, 22 … on va y revenir …
De son vivant, Béranger Saunière aurait dépensé l’équivalent de 3 518 440 euros. Lorsque la mort l’emporta le 22 janvier 1917, il avait encore bien d’autres projets : acheter une voiture, faire goudronner la route, construire une autre tour, édifier une chapelle dans le cimetière, reconstruire le rempart de Rennes-le-Château … D’où provenait la fortune de l’abbé Saunière ? On dit qu’avec son compère l’abbé Boudet, ils auraient découvert le trésor des templiers, ou celui des cathares, ou encore celui des Wisigoths …
Certains attribuent l’origine de cette fortune, non à la découverte d’un trésor matériel, mais à un chantage auquel il se serait livré vis-à-vis de sa hiérarchie.
Rennes-le-Château, l’antique Rhedae, capitale Wisigothe du Razès, cacherait un terrible secret qui ferait trembler Rome … On dit que le Christ aurait survécu à la crucifixion car il aurait eu un jumeau, lequel aurait pris sa place sur la croix (thème d’ailleurs repris inlassablement par les bricoleurs en spiritualité, de tout poil et de tous horizons). Les rumeurs vont bon train quant au tombeau de Jésus qui se trouverait aux environs de Rennes-le-Château. On parle aussi de la preuve du mariage de Jésus avec Marie-Madeleine (Marie de Magdala), de l’arbre généalogique de leur descendance. Ils auraient eu une fille, Sarah.
Cette descendance aurait donné naissance à la dynastie Mérovingienne. Le Prieuré de Sion, une très ancienne société secrète fondée par Godefroi de Bouillon oeuvrant en marge de l’ordre templier, serait le gardien de cette filiation christique. Le Prieuré tirerait encore les ficelles dans l’ombre. Sous sa forme actuelle d’association loi de 1901 il a été créé en 1956 par un certain Pierre Plantard qui se prétendait lui- même descendant des Mérovinginens.
Bref … le Graal se trouverait-il dans une grotte, quelque part entre le Pech Cardou et le Pech Bugarach ?
On dit que Béranger Saunière était en relation avec ce fameux Prieuré de Sion qui a tant fait fantasmer Dan Brown. On dit que le but ultime du Prieuré serait de restaurer un roi mérovingien sur le trône de France puis de le faire sacrer empereur d’occident. Mais l’abbé était-il un simple pantin manipulé ou plutôt un mégalomane ambitieux ?
L’été dernier, j’ai croisé à plusieurs reprises le secrétaire général de l’actuel Prieuré de Sion, dans les rues de Rennes-les-Bains alors qu’il promenait un adorable petit chien blanc. A la terrasse de l’Hostellerie de Rennes-les-Bains, j’ai déjeuné à la table juste à côté de la sienne : c’est un personnage tout à fait inoffensif, une sorte de Poulidor de l’ésotérisme … Il y a quelques années, c’était le secrétaire particulier de Pierre Plantard. Le Pieuré de Sion ne serait-il pas simplement une bande de boy scouts en mal de sensationnel ?
Quant aux Mérovingiens, ils sont connus pour avoir régné sans gouverner ; ce qui, après tout, devrait être compatible avec n’importe quel régime politique en place. Finalement, à part se faire mousser, « ceux qui tirent les ficelles » ne s’engagent pas à grand chose …
Les nombres huit, dix-sept etvingt-deux
Huit
Martines de Pasqually (1727 – 1774), dans son traité sur la réintégration des êtres, nous explique qu’après la première, puis la seconde prévarication, il existe un médiateur collectif : le Réparateur, le Grand Elu Récurrent. Cette récurrence, ce sont les prophètes qui participent à la classe 8 des esprits. Le huit, c’est l’esprit d’Elie, lequel se manifeste dans l’Histoire Sainte. Son ultime manifestation est le Christ1. Il vient en quelque sorte signer un pacte avec Satan et libérer l’homme : le voile du temple s’est déchiré.
Selon Martines de Pasqually, la voie du Réparateur est trop étroite et doit être secondée par la voie externe, le sept, celle qui utilise l’intermédiaire des anges et en particulier l’ange gardien.
Mais son disciple, Louis-Claude de Saint-Martin (1743 – 1803), considère que l’ange n’est là qu’à titre accessoire et que le Christ suffit. Il serait en effet plus sûr de suivre seulement le Réparateur, car le démon ne peut l’imiter parfaitement. C’est la voie interne, encore appelée voie « cardiaque » . C’est la voie de la bienfaisance.
Revenons à Béranger Saunière … Féru d’ésotérisme chrétien, il semble qu’il ait été en accord avec cette approche martiniste. On va voir combien le huit a d’ailleurs marqué son œuvre.
Estimé, aimé de ces paroissiens, même ceux qui lui reprochent ses fouilles nocturnes dans le cimetière, notre curé agrémente ses sermons de paraboles pour qu’ils soient vivants et accessibles à tous. Il pratique lui-même la bienfaisance à l’exemple de Jésus-Christ. Malgré les visites de plus en plus fréquentes de personnalités politiques ou mondaines, sa maison est restée ouverte aux plus petits. Lorsqu’on évoque la construction coûteuse de la villa Béthania, il déclare lui-même :
«Cette villa, maison un peu vaste et assez confortable, je l’ai construite d’abord pour moi, désirant terminer mes jours dans mon ancienne paroisse, et aussi, pour remplacer le presbytère dont j’étais comme tous les autres curés, menacé d’être dépossédé par le Gouvernement (la loi de 1905 de la Séparation de l’ Eglise et de l’ Etat). Enfin, dans ma pensée, cette maison, une fois terminée, j’avais l’idée de l’offrir à Mgr l’Evêque de Carcassonne avec toutes ses dépendances, pour en faire une maison de retraite en faveur des prêtres âgés et infirmes, où rien n’aurait manqué : le bon air, une chapelle pour la messe, une bibliothèque et un cabinet de lecture, des jardins variés, des terrasses, une véranda, des promenades et même une place réservée dans le cimetière paroissial après leur mort. »
Le nombre huit apparaît en filigrane dans l’ensemble son domaine en construction et Bérenger Saunière semble faire une place importante au Christ Réparateur.
La tour Magdala et la tour de l’orangeraie, toutes deux de section carrée, occupent deux angles diamétralement opposés d’un échiquier imaginaire 8 x 8, étalé dans les jardins du domaine (respectivement les coins Sud-Ouest et Nord-Est). Le belvédère, relié à chacune d’elles par une branche du chemin de ronde, s’inscrit quant à lui dans le carré des neuf cases du coin Nord-Ouest.
Le sol de l’Orangeraie est carrelé et représente lui-même un carré de 8 x 8, soit un total de 64 dalles. Par ailleurs, dans la tour Magdala, le sol de la bibliothèque est aussi un carré de 8 x 8, soit également 64 motifs.
8 x 8 = 64, soit 6 et 4 = 10, soit 1 + 0 = 1 : l’unité du Réparateur avec Dieu.
Il peut penser que Béranger Saunière voulait incorporer à son œuvre le symbole de l’action du Réparateur.
Au chapitre 21 des « Nombres » , Louis-Claude de Saint-Martin expose la progression des 8 époques actives du Réparateur, allant du 8, le Réparateur lui-même, et progressant vers Dieu, le 1 :
Lors de l’époque 8, 8 est multiplié par 1 et on obtient 8 : c’est la représentation de l’unité divine dans le cercle universel céleste et terrestre.
Lors de l’époque 7, 8 est multiplié par 2, ce qui donne 16, que Saint-Martin définit comme la puissance de l’unité divine cachée dans le « huiténaire » et agissant par le « septénaire » (l’ange gardien) sur le désordre.

Puis sont décrites les époques 6, 5, 4, 3, 2 ; et vient finalement l’époque 1, où 8 est multiplié par lui-même comme dans l’échiquier de Saunière, pour obtenir le nombre 64 que Louis-Claude de Saint-Martin décrit ainsi :
« complément du cercle huiténaire, où ce nombre puissant, après avoir parcouru toutes les profondeurs des régions et de l’existence des êtres, rétablit l’unité divine dans son nombre simple là où elle était subdivisée, et l’action où régnait le néant et la mort. »
Bien-sûr, ces propos peuvent paraître fumeux ou tirés d’un chapeau. Ce sont en réalité des notions complexes qui s’emboîtent, s’entremêlent et interagissent comme les leviers et les rouages d’un mécanisme d’horlogerie. Elles sont l’un des fondements de l’ésotérisme chrétien … quand bien même certains grincheux s’évertuent à nous rabâcher que la religion chrétienne n’est qu’exotérisme ! 2
Bien-sûr, ces propos peuvent paraître fumeux ou tirés d’un chapeau. Ce sont en réalité des notions complexes qui s’emboîtent, s’entremêlent et interagissent comme les leviers et les rouages d’un mécanisme d’horlogerie. Elles sont l’un des fondements de l’ésotérisme chrétien … quand bien même certains grincheux s’évertuent à nous rabâcher que la religion chrétienne n’est qu’exotérisme ! 2

Revenons au domaine de l’Abbé et entrons dans l’église de Rennes-le-Château : Bérenger Saunière en a fait entièrement pavé le sol avec des dalles blanches et noires alternées à la manière d’un pavé mosaïque. Au fond de l’église, dans l’axe de la nef, se détache nettement un échiquier de 8 x 8 = 64 cases.
A l’image de l’étape ultime du rétablissement de l’unité divine, la nef mène tout droit de l’échiquier de 64 cases à l’autel. Béranger Saunière semble symboliser la voie qu’il s’est tracé dans les pas du Christ, l’ultime Réparateur. Symbolisant la religion d’amour et de tolérance, il accepte les faiblesses de l’homme et saitla difficulté du cheminement qui mène à la Grandeur.
Dix-sept
Le 17 janvier 1917, Béranger Saunière est terrassé par une attaque, à la porte de la tour Magdala. Il fait appeler l’abbé Rivière, le curé de Couiza. La confession dure plus de deux heures. Lorsque l’abbé Rivière ressort, il est livide … Il s’est refusé à lui donner l’absolution. L’abbé Saunière décédera le 22 janvier, d’une hémorragie cérébrale ; il ne recevra l’extrême-onction que deux jours après sa mort.
Mais ce qui est plus étrange, c’est que le 12 janvier, alors que plusieurs personnes affirment avoir vu l’abbé Saunière en bonne santé, sa bonne Marie Dénarnaud passe la commande d’un cercueil !
Y aurait-il eu bouillon d’onze heures ? La mort de l’abbé aurait-elle été programmée ? Etait-ce précisément le 17 janvier où tout devait basculer ? Le nombre 17 semble en effet avoir rythmé la vie de Rennes-le-Château et de son intrépide curé.
Saunière était certainement un symboliste et le symbolisme l’a peut-être rattrapé. D’aucuns considèrent sa mort comme l’accomplissement d’un cycle hermétique ou infernal, attaché au 17 ; et même plus particulièrement au 17 janvier. Alors … Prieuré de Sion … ou pas Prieuré de Sion derrière tout ça ? La date symbolique du 17 janvier était peut-être inscrite dans une sorte de pacte moral signé dans l’ombre, comme étant la date où Saunière aurait à rendre des comptes …
Qu’importe, je vous livre tout en vrac :
Outre le fait que les ouvriers qui ont bâti le domaine de Saunière étaient 17, on retrouve ce nombre un peu partout …
BS sont les initiales de Béranger Saunière ; B = 2, S = 19. Et 19 – 2 = 17. Ces deux lettres, l’abbé les a fait placer en noir sur un disque rouge, entre les deux salamandres du groupe alchimique situé à l’entrée de l’église. Cet ensemble est connu pour évoquer les quatre éléments :
D’abord, Asmodée, le démon des plaisirs impurs. Il est là, courbé, grimaçant, un genou en terre, soutenant le bénitier. Il représente la Terre.
Un énorme demi coquillage repose sur les épaules d’Asmodée : c’est le bénitier. Il représente l’Eau. Deux salamandres sont figurées en bas relief au-dessus du bénitier : c’est le Feu.
Encore au-dessus, un groupe de quatre anges décomposent les quatre mouvements du signe de croix, avec cette légende : « par ce signe tu le vaincras » . C’est le quatrième élément, l’Air.
Quant au cinquième élément, l’homme, la quintessence, Saunière considérait peut-être qu’il en était l’humble représentant. C’est pourquoi il aurait incorporé ses initiales à la composition symbolique.
Mais, pour en revenir au thème du 17 janvier et puisqu’il est question d’Alchimie, rappelons que c’est le 17 janvier 1382 que Nicolas Flamel réussit sa première transmutation de mercure en argent ! Signalons également que 17, c’est le numéro atomique du chlore, sans lequel le Grand Œuvre serait impossible.
Poursuivons sur le thème du 17 :
Le château actuel de Rennes est le dernier vestige visible du moyen âge dans le village. Il a appartenu durant plusieurs siècles aux Seigneurs de Rennes, la famille des Hautpoul. Marie de Nègre d’Ables, marquise d’Hautpoul de Blanchefort, décède … un 17 janvier : le 17 janvier 1781. C’est sur sa pierre tombale, dans le cimetière de Rennes-le-château, que l’abbé Saunière relève les inscriptions codées dans son épitaphe ; inscriptions qui, dit-on, l’auraient mis sur la voie de sa découverte ; inscriptions qu’il aurait ensuite burinées …
Le 17 janvier 6813, la rumeur dit qu’un chevalier en fuite arrive avec Sigibert IV à Rhedae, capitale wisigothe du Razès, qui n’est autre aujourd’hui que Rennes le Château. Sigibert, encore enfant, aurait survécu à l’embuscade du 23 décembre 679 en forêt de Woëvre près de Stenay dans les Ardennes, dans laquelle son père, Dagobert II, a trouvé la mort. L’assassinat a été organisé par Pépin de Hersal, que Dagobert avait écarté de la charge de Maire du Palais d’Austrasie. Ce 17 janvier 681, avec l’arrivée à Rhedae de Sigibert IV, futur Comte du Razès, c’est la lignée mérovingienne qui aurait été préservée de l’extinction.
C’est un 17 (mais septembre, cette fois-ci) que Saint François d’Assise, reçoit en 1224, les stigmates de la Passion du Christ (cinq plaies sur les mains, les pieds et la poitrine).
17 c’est aussi l’Etoile dans le tarot : on voit un être entièrement nu au bord de l’eau, qui semble recevoir le rayonnement venu d’en haut, pour l’émettre vers le bas. La transmission de la Parole Divine ne peut se faire qu’après un dépouillement total qui fait apparaître l’être à nu.
Mais 17, c’est aussi le chiffre engendré par la Bête de l’Apocalypse : Saint Jean nous invite à calculer le chiffre de la Bête, dont il nous dit que c’est 666. Comment calculer ce qui, par ailleurs, est déjà donné en résultat ? Il resterait une étape à franchir … Rappelons nous que la fameuse bébête possède sept têtes et dix cornes, soit 17 au total.
D’ailleurs, 666 + 17 (la bête + ses têtes + ses cornes) = 683 … 6 + 8 + 3 ça nous donne toujours 17. Si Jean nous dit que 666 est un « chiffre d’homme » , gageons que 17 est aussi un « chiffre d’homme » .
Encore deux anecdotes et j’en terminerai avec le dix-sept …
Saunière est terrassé par une attaque le 17 janvier : le 17 janvier, c’est la fête de Sainte Roseline ; c’est-à-dire Rose Line, Rose Ligne dans la langue des oiseaux, largement usitée par les ésotéristes. Et la rose ligne, c’est l’autre nom du méridien de Paris, repéré en rouge rosé sur les anciennes cartes du monde ; par opposition à celui de Greenwich, la « sorcière verte » .
Devinez ce qui passe juste à l’est de Rennes-le-Château … Le méridien de Paris ! Et à Paris, où passe-t-il ce fameux méridien ? Juste à l’est de l’église Saint-Sulpice ! Saint-Sulpice dont la fête est, comme Sainte-Roseline le 17 janvier !!!
Souvenez vous : c’est au séminaire de Saint-Sulpice que Béranger Saunière aurait emmené les fameux parchemins qu’il aurait découverts, lesquels allaient, semble-t-il, lui assurer la fortune. Ah, Saint-Sulpice … une sorte de temple ésotérique évoquant un peu le temple de Salomon, établi sur les terres de l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés. C’est le sulpicien Emile Hoffet, éminent paléographe, occultiste connu pour ses liens avec certaines sociétés secrètes, qui aurait été chargé d’authentifier, de traduire et de décrypter les fameux parchemins.
Enfin, citons le phénomène lumineux des pommes bleues de l’église Sainte Marie-Madeleine de Rennes-le-Château : chaque 17 janvier, la lumière entre par un vitrail du chœur et se promène dans l’église sous forme de pommes bleues. Les pommes bleues convergent et se joignent exactement sur l’autel à 13 heures, soit midi heure locale.
Des pommes bleues … ce n’est pas sans rappeler la traduction du second manuscrit de l’abbé Saunière :
QUE POUSSIN TENIERS GARDENT LA CLEF PAX 681
PAR LA CROIX ET CE CHEVAL DE DIEU
J’ACHEVE CE DAEMON DE GARDIEN A MIDI POMMES BLEUES »
Vingt-deux
Donc, le 22 janvier 1917, dans sa chambre au premier étage de la villa Béthania, Béranger Saunière rend l’âme.
Alors, bien sûr, là, je vous fait le coup classique : 22 … ce sont les 22 arcanes majeurs du Tarot … Mieux : ce sont les 22 lettres hébraïques ! Vous vous y attendiez ? Non ? Attendez … beaucoup plus fort maintenant : 22 … ce sont les 22 portes qui relient les dix sefirots !
Il est pourtant évident que le nombre 22 a eu un sens spécial pour l’abbé Saunière. Comme nous l’avons vu précédemment, un belvédère en arc de cercle et un chemin de ronde dominant la Vallée de Couleurs, relient la tour Magdala à l’Orangeraie, en limite des jardins du domaine. Figurez vous que l’accès au belvédère se fait par un double escalier de 11 marches, soit 22 marches en tout.
A sud du chemin de rond, la tour Magdala est également marquée par le 22. Possédant 22 créneaux, on accède à son sommet par un autre escalier de 22 marches, qui monte en colimaçon dans l’échauguette de la tour. En haut de cette tour néo-gothique, la vue est magnifique. Petite anecdote : si l’on s’assied sur le rebord intérieur, dans le coin opposé à l’échauguette et que l’on regarde au travers de la porte par laquelle on a débouché au sommet de la tour, on aperçoit une meurtrière dans le fond de l’échauguette. Devant cette meurtrière, à la manière d’un viseur, est alignée une pomme de pain : c’est l’extrémité de la rampe d’escalier, qui semble se projeter de l’autre côté de la vallée du Ruisseau de Couleurs. Le lieu désigné est une grotte : la grotte de la Madeleine. Il semble bien que l’abbé Saunière n’ait rien laissé au hasard.
Mais rendons nous à l’autre bout du chemin de ronde, toujours en quête du nombre 22 …
L’orangeraie, construite sur l’amorce d’une deuxième tour, est une structure de verre aux fines nervures métalliques. Espace du songe et de l’invisible, elle s’oppose à la tour Magdala, espace de la matière et du réel. Dans cette logique de l’aspect dualiste, on ne sera donc pas surpris de trouver également un escalier de 22 marches, mais qui, cette fois, nous propose de descendre dans le sous-sol de la tour … vers l’intérieur de la terre.
Quel sens donner à tout çà ? Y a-t-il une allusion aux 22 livres de l’ancien testament puis aux 22 chapitres de l’Apocalypse de Saint Jean ? Béranger Saunière cultivait l’art du mystère.
Bon allez … deux petites dernières pour la route :
Au dessus du portail de l’église est inscrit ce texte de 22 lettres, tiré de la genèse : « Terribilis Est Locus Iste » ( ce lieu est terrible )4.
Et puis, rappelez vous l’inscription au dessous des quatre anges du groupe alchimique : « Par ce signe tu le vaincras » . Cette phrase comporte également 22 lettres mais ne devrait en comporter que 20 : « Par ce signe tu vaincras » 5. Le « le » , qui fait peut-être référence au démon en dessous, a cependant été sciemment ajouté. Grâce au rajout de cet article, nous avons là aussi 22 lettres.
Qui était l’Abbé Saunière ?
Né le 11 avril 1852 à Montazels, près de Couiza, Bérenger Saunière passe sa scolarité à Limoux, à l’école Saint-Louis. Il entre à Carcassonne au petit séminaire, puis au grand séminaire en 1874. Il est ordonné prêtre le 7 juin 1879.
D’abord Vicaire d’Alet, puis curé du doyenné du Clat, il sera ensuite professeur au séminaire de Narbonne. Mais à la suite de problèmes disciplinaires avec sa hiérarchie, il sera rétrogradé et nommé curé de Rennes-le-Château le 1er juin 1885.
De nature insolente, il est indépendant, individualiste et parfois rebelle à la hiérarchie.
En 1892, la mairie porte plainte contre les agissements de l’abbé Saunière dans le cimetière communal : il effectue des fouilles, déplace des tombes, transfère les ossements dans un ossuaire qu’il a fait construire. Il s’acharne particulièrement sur la tombe de la marquise de Blanchefort, dont il burine l’épitaphe pour la rendre illisible, après en avoir, parait-il, relevé toutes les inscriptions.
Avec son confrère et ami, l’abbé Boudet, curé de Rennes-les-Bains, on les voit parcourir la montagne en tous sens de façon incompréhensible, parfois en pleine chaleur, parfois à la tombée de la nuit, grattant le sol, ramassant des cailloux ou déplaçant des pierres énormes, allant d’un point à un autre sans raison apparente.
Puis l’abbé Saunière change de train de vie. L’argent semble couler à flot et des personnages de haut rang séjournent régulièrement à Rennes-le-Château dans sa villa Bethania.
Marie Dénarnaud, amie d’enfance, n’avait que 18 ans lorsqu’elle entra à son service. De « bonne du curé » , elle devint sa confidente et peut-être plus d’ailleurs … Elle commandait ses robes par correspondance dans les plus grands magasins parisiens. Béranger Saunière et Marie Dénarnaud menaient la grande vie.
Béranger Saunière, tout en étant prêtre, a parfois quelques poussées de sève. On dit qu’il devint l’amant de la célèbre cantatrice Emma Calvé, que lui aurait fait connaître Emile Hoffet, le paléographe et cousin du directeur du séminaire de Saint Sulpice, par l’intermédiaire de cercles ésotériques.
Emma Calvé serait tombée, parait-il, complètement amoureuse de Saunière. Elle serait venue régulièrement lui rendre visite à Rennes-le-Château. On trouvera leurs initiales entrelacées dans un cœur, gravées sur la roche à la Fontaine des Amours6.
Mais à part ça tout le monde s’accorde à dire, dans le village et alentour, que Béranger Saunière remplit sa fonction de prêtre avec bonté et charité. Il est proche de ses paroissiens et aimé de tous. Depuis les restaurations qu’il a entreprises dans le village, on a oublié les fouilles dans le cimetière. Il conseille les uns, soutient les autres, vient au chevet des malades. A sa mort, alors que son corps est placé assis dans son fauteuil préféré, sur la terrasse de la villa Béthania, tout le village défile devant lui en lui rendant un dernier hommage. Il y a des visiteurs de marque. Des paroissiens, dans un étrange rituel, arrachent et emportent les glands cramoisis qui ornent le vêtement du prêtre.
L’évêque de Carcassonne, Mgr Billard, a toujours fermé les yeux sur les activités et le train de vie de l’abbé Saunière. Même, il semble l’avoir protégé … Mais, après le décès de l’évêque, en décembre 1901, son successeur Mgr de Beauséjour demande des comptes à l’abbé Saunière : d’où lui vient tout cet argent qui lui permet de dépenser sans compter ? Après quelques réponses laconiques sur les dons qu’il aurait reçu, Béranger Saunière change d’attitude et se moque ouvertement de son supérieur : au lieu d’essayer de minimiser sa fortune, il truque les comptes qu’il remet à l’évêque afin de mettre en évidence qu’il possède encore plus d’argent qu’on ne pourrait le penser !
Ce comportement provocateur exaspère alors Mgr de Beauséjour, qui décide de muter Béranger Saunière à Coustouges. Mais l’abbé tient tête à l’évêque et refuse de partir. Et voilà la mairie qui s’en mêle : le maire écrit à l’évêché pour faire part du mécontentement des habitants du village concernant le départ de leur curé ! Pour mettre l’évêché en difficulté, il signe un bail de location du presbytère pour une durée de 99 ans en faveur de Béranger Saunière.
Le 1er février 1909, Béranger Saunière donne par écrit sa démission de prêtre mais reste cependant à Rennes-le-Château. Le nouveau curé, l’abbé Marty, devra loger ailleurs puisque le presbytère est loué à Saunière. Et comme personne ne veut le loger dans le village, il se voit obligé d’habiter dans la vallée et de monter chaque jour la petite route escarpée qui mène à Rennes.
Saunière, imperturbable, continue à célébrer la messe dans sa chapelle privée de la villa Béthania. Chaque dimanche, la petite chapelle est comble et de nombreux paroissiens doivent rester à l’extérieur, cependant que l’abbé Marty célèbre la messe, à une centaine de mètres de là, dans une église déserte.
Mgr de Beauséjour fait de l’acharnement : le 27 mai 1910, il traduit l’abbé Saunière devant le tribunal de l’Officialité7. Convoqué le 16 juillet 1910, il ne se présentera pas et le 23 juillet, le tribunal se prononcera pour une suspension a divinis8 d’une durée d’un mois.
Béranger Saunière fait appel et le nouveau procès aura lieu le 15 octobre 1910, pour les griefs de trafic de messes, dépenses exagérées et non justifiées, désobéissance formelle à Mgr l’évêque. Le jugement, rendu le 5 novembre, confirmera la première condamnation et y adjoindra une peine de 10 jours d’exercices spirituels dans le monastère de son choix.
Il purgera sa peine en avril 1911, malgré une tentative de recours devant la Sacré Congrégation du Concile à Rome.
Béranger Saunière était un intellectuel. Il possédait l’une des plus importantes bibliothèques privée de la région. De part son caractère individualiste, il semble qu’il se soit forger sa propre idée du religieux.
Françoise MENDL, dans son roman « Journal de Bérenger Saunière, curé de Rennes-le-Château »9 pense que le Dieu de bonté que la religion oppose au diable perfide et tentateur, ne pouvait peut- être plus convenir à notre curé. Il aurait peut-être été séduit par la pensée cathare10, mais il ne pouvait pas non plus adhérer à cette conception schématisée de ce monde d’en bas, création de Satan : « Rien n’était à jeter dans cette œuvre unique où les mondes d’en haut et d’en bas s’interfèrent sans cesse, où le diable a été créé pour éviter la stagnation et nous conduire, nous qui ne sommes que des hommes mais possédons aussi une étincelle divine, à lutter sans cesse pour devenir meilleurs » .
Il semble certain que Saunière refusait l’infaillibilité pontificale : le Christ avait montré que nul n’est infaillible. Ses divergences de vue, par rapport au discours officiel de l’Eglise de l’époque, ont peut-être pesé lourd dans la balance … vraisemblablement bien plus que cette prétendue histoire de trafic de messes …
Si l’on se réfère à l’écrivain Jean-Luc Chaumeil11, la plupart des ecclésiastiques impliqués dans l’affaire de Rennes-le-Château auraient appartenu à une « franc-maçonnerie de rite écossais, chrétienne et hermétique » . Traduisez : le Rite Ecossais Rectifié (RER). Ces ecclésiastiques sont bien sûr l’abbé Saunière et l’abbé Boudet, mais aussi l’évêque de Carcassonne Mgr Billard, le sulpicien Emile Hoffet et vraisemblablement l’abbé Bieil, directeur du séminaire de Saint-Sulpice.
Le Rite Ecossais Rectifié est un système maçonnique et chevaleresque chrétien. Sa devise est « Perit Ut Vivat » et son emblème est un Phœnix. Il a été créé par Jean-Baptiste Willermoz12 en 1778 à Lyon, à l’occasion du Convent des Gaules.
Il possède une structure : le Régime Ecossais Rectifié. C’est une maçonnerie en quatre grades, complétée par un Ordre Intérieur en deux grades :
Loges écossaises1. Apprenti
2. Compagnon
3. Maître
4. Maître Ecossais de Saint-André (équivalent au 18ème degré du REAA) Ordre intérieur
5. Ecuyer Novice (équivalent au 30ème degré du REAA)
6.Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte (équivalent au 33ème degré du REAA)
Il existait initialement deux autres grades, Profès et Grand Profès, constituant une « classe secrète » , mais ceux-ci n’ont pas été retenus par le convent de Wilhemsbad en 1782. Ils seraient pourtant toujours pratiqués en secret par certains « Grands Prieurés » .
Le symbole du 1er degré au Rite Ecossais Rectifié, c‘est la colonne brisée.
Il est intéressant de constater qu’à la croisée nord du transept et du chœur de l’église Saint- Sulpice (en somme du côté des apprentis) se trouve une curieuse statue : le Christ à la colonne. Le Christ est représenté à côté de la croix et devant une colonne brisée, ce qui conforte l’hypothèse d’un lien étroit entre « ces Messieurs de Saint-Sulpice » et le Régime Ecossais Rectifié.
Par ailleurs, d’aucuns affirment qu’il pourrait y avoir une connexion entre le fameux Prieuré de Sion et le Rite Ecossais Rectifié … Selon les statuts du Prieuré, la hiérarchie de l’ordre comprendrait 7 grades :
1. Preux (729 membres)
2.Ecuyer (243 membres)
3.Chevalier (81 membres)
4.Commandeur (27 membres)
5.Croisé de Saint-Jean (9 membres)
6.Prince Noachite de Notre-Dame (3 membres) 7. Nautonier (1 membre)
L’actuel Prieuré de Sion est-il la continuité d’un ordre mystérieux fondé par Godefroi de Bouillon vers 1099 lors de la première croisade ? Le Prieuré de Sion, oeuvrant en marge de l’ordre du Temple, a-t-il eu une existence historique ou est-ce Pierre Plantard, prétendant descendre des Mérovingiens, qui a concocté toute cette salade ?
Selon certaines sources, le Prieuré de Sion aurait recruté au sein du Régime Ecossais Rectifié, attendu que les premiers grades du Prieuré de Sion correspondent aux grades supérieurs du Régime Ecossais Rectifié (Preux pour Maître Ecossais de Saint-André, Ecuyer pour Ecuyer Novice, Chevalier pour Chevalier Bienfaisant de la Cité Sainte).
D’où l’idée d’un lien entre l’abbé Saunière et le Prieuré de Sion. Mais nous nous aventurons peut- être là sur des pentes un peu glissantes …
Pierre Plantard, qui se faisait aussi appeler « Pierre Plantard de Saint Clair13 » , ne s’est-il pas simplement inspiré de la franc-maçonnerie chrétienne, ou encore du mystérieux « Hiéron du Val d’Or » pour monter l’une des plus grosses fumisteries de tous les temps ?
Le Hiéron du Val d’Or a été fondé par deux ésotéristes chrétiens en 1873 à Paray-le-Monial, lieu des apparitions du Cœur de Jésus au XVIIe siècle. Contrairement au Prieuré de Sion, l’existence historique de cette société ésotérique ne peut être contestée. Elle poursuivait 5 objectifs :/1.la démonstration des origines du christianisme dans la mythique Atlantide,
/2./la reconstitution d’une tradition sacrée universelle,
/3./la préparation pour l’an 2000 d’un règne politique et social du Christ-Roi,
/4./l’adoption du nom sacré Aor-Agni comme symbole clé de toute la connaissance (Aor : lumière en hébreux ; Agni : divinisation hindoue du feu),
5. la création d’une « Maçonnerie Chrétienne du Grand Occident » .
La doctrine du Hiéron comprenait certains éléments chrétiens et certains autres non chrétiens, parfois d’inspiration druidique. Cela nous ramène à Béranger Saunière et son compère l’abbé Boudet, qui avaient comme une espèce de dévotion pour les pierres de la montagne, qu’ils choyaient, déplaçaient, réalignaient pour célébrer, sinon la gloire de la nature, peut-être celle du Grand Architecte de l’Univers …
La géométrie
Qu’avait donc trouvé les deux fameux abbés ? La carte d’un trésor, ou s’agissait-il de documents sensibles dont la révélation risquait d’ébranler la crédibilité de l’église catholique et de lui faire perdre toute autorité sur les foules ? Saunière avait-il grassement monnayé son silence auprès de sa hiérarchie catholique, sous forme d’une rente à vie ?
Les rumeurs vont bon train dans ce pays rude et empreint de mystère, où le touriste un peu trop fouineur a l’étrange impression d’être suivi et surveillé en permanence, où les panneaux en bois fléchant les itinéraires pour marcheurs se déplacent un beau matin, histoire de vous décourager en vous emmenant par un raidillon de montagne au beau milieu de nulle part. Est-ce le Prieuré de Sion qui tire encore les ficelles dans l’ombre ?
Mais si certains en rajoutent parfois une couche, il est vrai que le pays a des relents de mystère et de spiritualité. Ca doit être ça qu’on appelle l’ésotérisme.
Par exemple, je vous dirai que le Grand Architecte a façonné ici le 5, c’est-à-dire l’homme, à grande échelle sous la forme d’un immense pentacle, connu sous le nom de « pentacle des montagnes » .
Du pentagone régulier, les pythagoriciens avaient fait leur logo. Mais soit dit en passant, il n’y a pas lieu de s’extasier béatement sur la présence du nombre d’or et de la proportion dorée dans le pentagramme. A partir du moment où il y a des angles de 72°, c’est qu’il y a du cosinus 2π / 5 dans l’air ; et quand il y a du 2π / 5 dans l’airc’est que ça sent la racine de cinq plus ou moins un, sur un multiple de deux ; et alors, le nombre d’or n’est pas loin … C’est géométrique ; il n’y a pas de ouffle cosmique là-dedans, c’est simplement beau.
Mais un pentagramme peut devenir « pentacle » . On sort alors du cadre pur de la symbolique pour glisser dans celui de la magie. Un pantacle (avec un « a » ) est un talisman, une figure géométrique à laquelle on attribue une valeur et un pouvoir magique lorsqu’on l’utilise. Un pentacle (avec un « e » ) est tout simplement un pantacle en forme de pentagramme, c’est-à-dire une étoile à cinq branches.
Un pentacle, en soi, reste un symbole neutre : ni magie blanche, ni magie noire. C’est l’usage qu’on en fait qui lui donne son effet, car il n’est que l’instrument du rituel. Si l’homme, bras tendus et jambes écartés, s’inscrit dans le pentagramme, c’est le démon sous la forme du bouc, avec cornes et oreilles poilues, qui s’inscrit dans le pentagramme inversé.
Rennes-le-Château est l’un des cinq sommets d’un gigantesque pentagone régulier d’environ 4066 m de côté, dans lequel est inscrit cet incroyable pentacle : « le pentacle des montagnes » .
Pour s’en convaincre, il suffit de prendre la carte IGN au 25.000 ème, N° 2347 OT. Les cinq sommets du pentagone, qui sont aussi des sommets géographiques, sont facilement identifiables :
– Au nord-ouest : Rennes-le-Château, à une altitude de 546 m,
– Au sud : les ruines du château templier de Bézu, à une altitude de 832 m, – Au nord : les ruines du château de Blanchefort, à une altitude de 476 m, – Au sud-ouest : le sommet de la Serre-de-Lauzet, à une altitude de 559 m, – A l’est : le sommet de la Soulane, à une altitude de 587 m.
Pour couronner le tout, un sixième sommet, La Pique, se trouve quasiment au centre du pentagramme. En fait, le centre exact de la figure est à 514 m, alors que le sommet proprement dit culmine à 582 m.
Il faut insister sur le fait que le pentacle des montagnes est une configuration géographique « naturelle » . La main de l’homme n’y est pour rien. Pour m’être imprégné plusieurs étés consécutifs de l’atmosphère particulière du lieu, je suis maintenant persuadé que c’est là, par le cinq, que l’homme a été symboliquement créé. Ne cherchez pas le paradis terrestre, il est quelque part du côté de Rennes-les-Bains et Rennes-le-Château. D’ailleurs, la route menant de Couiza à Albières ne passe-t-elle pas par un col appelé « le col du Paradis » ? Mais qui pense paradis terrestre pense aussi tentateur … et l’on peut voir le Fauteuil du Diable, cette roche évidée en forme de siège à flanc de montagne, qui domine Rennes-les-Bains, la vallée de la Sals et la Fontaine des Amours.
Ce paradis terrestre, Nicolas Poussin ne l’a-t-il pas désigné dans son célèbre tableau « Les Bergers d’Arcadie » ? Le tableau montre des bergers parvenus sur un tertre, devant un tombeau monumental auquel ressemblait en tout point la tombe érigée au XIXème siècle sur le tertre des Pontils, entre les villages de Serres et Arques. La tombe a été démolie dans les années 1970 sur ordre du propriétaire du terrain, qui ne supportait plus les curieux en mal d’ésotérisme.
A l’arrière plan gauche du tableau, se détache très nettement un sommet qui ressemble à s’y méprendre à La Pique, centre du fameux pentacle des montagnes. A droite, sur la crête, on reconnaît des ruines qui ressemblent étrangement à celles du château de Blanchefort. Sur la droite, dans le lointain, se détache la silhouette d’un village qui rappelle celle de Rennes-leChâteau. La bergère montre la fameuse inscription gravée sur le tombeau : « Et in Arcadia ego » : « Et je (suis) en Arcadie » 14. L’Arcadie … nom du paradis terrestre dans les classiques grecs et latins.
Beaucoup plus étrange : lorsqu’on regarde Les Bergers d’Arcadie, ce qui saute immédiatement aux yeux, c’est que les têtes, les bras, les corps et les autres éléments centraux dessinent un pentagone régulier. Comme la scène est orientée vers La Pique, faut-il comprendre que le tableau désigne explicitement le pentacle des montagnes ? Nicolas Poussin était-il un initié ? Mes frères, s’il n’y a qû un tableau à voir absolument au Louvre, ce n’est pas la Joconde, c’est bien « Les Bergers d’Arcadie » .
Quels phénomènes incontrôlables pouvait donc engendrer cet immense pentagramme, avec ses branches d’une longueur de plus de 6 km ? Quel mystérieux secret partageaient l’abbé Boudet, l’abbé Saunière avec leur collègue l’abbé Gelis, curé de Coustaussa, retrouvé baignant dans une flaque de sang, le 1er novembre 1897 dans la cuisine de son presbytère ?
Ce qui est sûr, c’est que les 2 compères ont bien été vus à maintes reprises parcourant la montagne d’un point à un autre sans raison apparente, de jour comme de nuit en déplaçant des pierres énormes.
Fallait-il simplement se rendre sur la Pique, au centre du pentacle, et effectuer des tracés d’invocation ou de bannissement en se projetant d’un sommet à l’autre par la seule force de la pensée ? Fallait-il plutôt parcourir réellement les distances entre les 5 sommets, effectuant ainsi rituellement les tracés à pied ?
Le pentacle des montagnes n’est pas le seul exemple d’alignements observables dans le pays. Nous allons nous intéresser d’un peu plus près à tout ça …
La longitude de Rennes-les-Bains est quasiment la même que celle de la ville de Paris. Le fameux méridien de Paris, la « rose ligne » ésotérique, coupe la Sals et la route de Sougraine à Rennes-les-Bains non loin de la Fontaine des Amours ; là où Saunière et la cantatrice Emma Calvé venaient parait-il se promener. Jusque là, rien de bien extraordinaire. Le passage du méridien est matérialisé par une ligne verte qui traverse la route et par une borne en pierre, érigée en l’an 2000, sur laquelle a été fixé un médaillon, lors de l’opération « la méridienne verte » .
Sur ce type de médaillon circulaire a été tracé l’axe Dunkerque – Barcelone. Les médaillons sont en principe orientés de telle sorte que cet axe se confonde avec le méridien. Je dis « en principe » ; nous allons voir pourquoi … Ces médaillons complètent, de Dunkerque à Barcelone, les 135 « plots d’Arago » qui matérialisent le méridien dans Paris intra-muros.
Plus au nord, au bord de la route qui serpente entre Serres et Arques, on trouve un autre médaillon scellé sur le dessus d’une borne blanche, matérialisant là aussi le passage du méridien de Paris. Nous nous trouvons aux Pontils, à 300 m à l’ouest du tertre sur lequel, jusqu’en 1970, était érigé le tombeau monumental en tout point semblable à celui immortalisé par Nicolas Poussin sur son tableau « les Bergers d’Arcadie » .
Le médaillon, sur le dessus de la borne, est correctement orienté dans la direction nord-sud. Mais où ça se corse, c’est qu’à 3 mètres à l’ouest de cette borne se trouve une autre borne ou plutôt une dalle, très curieuse celle-là, avec un médaillon qui n’indique pas le nord mais … le nord-ouest ! Cette dalle comporte également une petite construction pyramidale surmontée d’ une tête rappelant celle du Christ. A l’arrière, un pentagramme est gravé sur un minuscule muret vertical.
Pourquoi s’est-on amusé en l’an 2000 à désaxer le méridien. A la mairie de Serres, on m’a affirmé que l’artiste s’était d’abord trompé en positionnant le médaillon et la dalle elle-même, puis qu’on n’aurait voulu ni modifier ni déplacer l’oeuvre par crainte de l’abîmer. On aurait préféré la laisser telle quelle et placer une borne blanche au bon endroit avec un médaillon correctement orienté. Bizarre …
En prenant des repères cartographiques, je me suis amusé à prolonger le faux méridien induit par le médaillon incrusté dans la dalle. Au nord-ouest, il conduit tout droit au cimetière du village de Peyrolles, ou plus exactement à un énorme tombeau familial légèrement à l’écart, où l’on peut encore lire l’inscription « Albine Saunière 1822-1908 » . S’agissait-il de la famille de l’abbé Saunière ? Ce tombeau est orienté plein sud et si l’on prolonge son axe jusqu’à Rennes-les-Bains (encore une bizarrerie), on tombe pile poil sur le Fauteuil du Diable et la source du Cercle.
Par ailleurs, lorsqu’on prolonge au sud-est le faux méridien induit par le médaillon, on aboutit à un deuxième tombeau monumental, situé celui-là à l’est du village de Fourtou et repéré sur la carte de l’IGN au 25000ème. La végétation l’a envahi et plus aucune inscription n’est vraiment lisible. Il est orienté vers le sud-ouest. Une fois de plus, je me suis pris au jeu en prolongeant son axe. Quelle ne fut pas ma surprise en constatant sur la carte que j’aboutissais à une croix et une grotte, en contrebas du col de Saint-Louis, bien au sud de Bugarach, non loin du château des Maures.
Une fois arrivé sur place, j’ai eu beaucoup de mal à dominer mon vertige habituel, ayant réussi tant bien que mal à garer ma 206 le long de la paroi rocheuse, au bord de la route étroite. Tant que j’étais en voiture, ça allait … mais maintenant … le processus était toujours le même : lorsque ça devient insoutenable, je ferme les yeux quelques secondes et ça passe un peu. Je fais quelques mètres, je referme à nouveau les yeux en m’imaginant par exemple sur une plage, au bord de la mer. Comme ça, j’arrive à dominer un peu mon vertige. On m’a dit que ça s’arrangeait en vieillissant … Bof … En fait, ça ne s’améliore pas beaucoup. J’ai certainement gardé mon âme d’enfant.
Après avoir fait quelques mètres dans la grotte qui s’ouvre à flanc de paroi et s’enfonce dans la roche, j’ai vite dû rebrousser chemin car je n’y voyais pas grand chose. Au dessous de l’entrée de la grotte, un peu sur la gauche au niveau de la route, il y a bien une croix de fer fichée dans le roc. Ses branches se terminent par un disque et un trèfle. Sur chaque disque, est gravé un pentagramme.
J’allais de surprise en surprise … J’eus l’idée d’une intersection entre l’axe joignant le tombeau de Fourtou à cette fameuse croix et la prolongation de l’axe joignant le sommet de Rennes-leChâteau au centre du Pentacle des Montagnes. Cette intersection se produit au Pech de Bugarach, à 200 m en arrière du sommet, dans l’axe de Rennes-le-Château. N’étant pas équipé, je n’ai malheureusement pas pu me rendre à cet endroit précis de la montagne, mais je persiste à croire qu’il s’agit d’un point symbolique important. En effet, 2 autres lignes convergent vers ce point. Ce sont les prolongations des deux côtés latéraux du pentagone englobant le pentacle des montagnes : sommet de la Serre de Lauzet – sommet du château des templiers de Bézu et sommet du château de Blanchefort – sommet de la Soulane.
La prochaine fois, je m’équiperai un peu mieux et j’irai fureter vers le sommet. Le Pech de Bugarach est décidément un lieu magique … Il semble d’ailleurs protégé par une sorte de « gardien du seuil » , le gardien du parvis d’un temple où l’on accède à la connaissance. Depuis les méandres de la route qui mène du village de Bugarach au col du Linas, on a une vue imprenable sur une espèce de barre rocheuse, « la Pique Grosse » , précédant le Pech de Bugarach, dont la forme rappelle bougrement la posture du pélican chrétien qui se frappe la poitrine pour nourrir ses petits, symbole christique repris dans les hauts grades de la franc-maçonnerie. Je n’irai pas plus loin dans mon interprétation, mais je vous assure que la vision du site est spectaculaire, voire déstabilisante.
Pour en revenir au méridien de Paris, je vous parlerai encore de deux « faux méridiens » repérés évidemment par deux « fausses bornes » placées en l’an 2000. L’une se trouve à Rennes-les-Bains, au niveau des « Bains Doux » ; l’autre se trouve à Serres, à côté du pont romain. Il faut bien l’avouer : tout cela a été savamment orchestré. Force est de constater qu’on a semé ça et là bornes et médaillons pour aider au repérage d’alignements ésotériques, tout en laissant croire à l’homme de la rue qu’il s’agissait simplement de signaler le passage du méridien de Paris. Faut-il y voir une quelconque influence du fameux Prieuré de Sion ?
Il suffit de consulter la carte pour se rendre à l’évidence : le méridien de Paris ne passe pas aux Bains Doux, mais à l’est de Rennes-les-Bains, bien plus à l’est. Qu’est-ce que cette fichue borne fait donc à cet endroit ? Si l’on prolonge vers le nord la ligne induite par le médaillon, on s’aperçoit qu’elle conduit à un 3ème tombeau monumental repéré sur la carte, sur le côté gauche de la route qui mène de Couiza à Serres, peu après l’embranchement avec la direction de Rennes-les‑Bains. Ce tombeau, relativement récent, est orienté plein est et l’on constate sur la carte IGN que son axe aboutit exactement … au Col du Paradis !!! Cela ne s’improvise pas !!!
En poursuivant plus au nord le faux méridien des Bains Doux, on tombe alors sur de nouveau sur le village de Peyrolles ; non sur le 1er tombeau monumental comme on aurait pu le penser, mais sur une curieuse croix faite de végétation en fer forgé. Elle est située à l’angle de la « rue de la Croix » et de la rue principale. Cet axe « Bains Doux – croix de Peyrolles » coupe l’ axe « tombeau de Peyrolles – tombeau de Fourtou » à la cote 378, point culminant des environs. Lorsque je me suis rendu à cet endroit, j’ai eu la très nette impression que le paysage et le terrain me « pompaient » mon énergie. Ressenti incompréhensible. Je suis vite reparti de là.
Le dernier « faux méridien » remarquable, repéré par une borne et un médaillon tous deux imposteurs, passe à côté du pont romain, à l’entrée du village de Serres. Est-ce un hasard ? Sa longitude est la même que celle de la Chapelle Expiatoire à Paris …
Il est intéressant de constater que ce « faux méridien » passe par l’église de Serres et plus précisément à l’emplacement de l’ancien « portail des morts » lequel est surmonté à l’extérieur d’une croix templière. A l’intérieur, sur la voûte, on peut encore distinguer une double croix templière tracée à la peinture rouge.
En allant vers le sud, le « faux méridien » de Serres nous conduit au Col Doux qui est situé à l’ est de Rennes-les-Bains. Je me suis aperçu que le Col Doux est le centre d’un cercle imaginaire sur lequel sont alignés, environ tous les 60°, l’église de Rennes-les-Bains, le Fauteuil du Diable avec la source du Cercle, les sources de la Madeleine et la Fontaine des Amours. On monte au Col Doux en empruntant une petite route forestière à l’endroit où se rejoignent la Blanque et la Sals, au lieudit « le Bénitier » . Poursuivant jusqu’au hameau de Bordeneuve, il m’a fallu ensuite continuer à pied, grimpant alors entre les arbres par un petit sentier.
Je débouchai dans une vaste clairière circulaire. Seul au milieu de cette clairière, je ressentais nettement des énergies positives. Les pierres me parlaient, la nature m’écoutait.
Je les voyais passer en robe blanche. Au ruisseau qui traînait mes rêves vers un écrin de joie, je suivais la trace des fées. C’était au mois d’août.
J’ai dit VM
O H
1 Rappelons nous les dernières paroles du Christ, sur la croix, selon Saint-Marc : « Elôï, Elôï, lama sabachthani » , qui peut se traduire par « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » , mais aussi par « Elie, Elie, pourquoi m’as-tu abandonné ? » .
2 Ce qui est ésotérique serait forcément non chrétien !!!
3 Notons que 1781 s’obtient à partir de 681 : 6^81 = (7-1)^81
4 C’est le début de la phrase « Terribilis est locus iste ; hic domus Dei est et porta coeli, et vocabitur aula Dei » , qui signifie : Ce lieu est terrible ; c’est la maison de Dieu et la porte du ciel, on l’appellera le temple de Dieu » . Cette phrase tirée de la genèse est reprise dans l’Introït de la messe de dédicace (consécration) d’une église. Elle précède le Benedictus, qui est récité avant l’aspersion de l’autel.
5 Cette locution guerrière chrétienne tire son origine de victoire de l’empereur Constantin 1er sur Maxence. Une croix apparue dans les airs à ses armées, avec ces mots : « IN HOC SIGNO VINCES ! » ( « Par ce signe tu vaincras » ). Il fit peindre ce signe sur son étendard et écrasa ses ennemis.
6 Rochers et chute d’eau sur la Sals, aux environs de Rennes-les-Bains
7 Juridiction ecclésiastique du diocèse
8 Interdiction de célébrer la messe et d’administrer les sacrements
9 dont le sous-titre est d’ailleurs « Saunière, entre doute et espérance »
10 Il est vrai que nous sommes à deux pas du village d’Arques, l’un des derniers lieux de l’héritage cathare : Déodat Roché, qu’on a surnommé « le Pape Cathare » , né à Arques le 13 décembre 1877, ne s’est éteint que le 12 janvier 1978.
11 Le Trésor du Triangle d’Or – 1979
12 Jean-Baptiste Willermoz était un ami de Louis-Claude de Saint-Martin et, comme lui, un disciple de Martinez de Pasqually.
13 En référence à la famille Sinclair, fondatrice de Rosslyn Chapel, au sud d’Edimbourgh
14 En réalité, il manque le verbe. La phrase correcte serait : « Et in Arcadia ego sum » .