La Stricte Observance « Templière »
Non communiqué
Parler de la S.O., c’est parler de l’histoire des mythes de la F.M., plus particulièrement au XVIIIème, où l’opératif fait place au spéculatif, mais où toute spéculation est réservée aux lettrés (nobles ou riches), lettrés qui ne connaissent pas de frontière et parlent une langue commune, le Français.
Le XVIIIème, c’est aussi le « siècle des Lumières », donc de l’obscurantisme, de guerres de religion latentes, de mysticismes, d’ésotérismes (on parle alors d’illuminisme), terreau d’un foisonnement de mouvements qui se disent d’autant plus facilement « maçonniques » que chacun en a sa définition et que, si des Landmarks existent, ils sont -à partir de 1723- édictés de Londres, dont l’autorité reste longtemps contestée, surtout en pays catholique.
Ce foisonnement est particulièrement net en Allemagne, héritière du St Empire Romain Germanique, mais éclatée en multiples baronnies, et de vieille tradition mystique, mythologique et ésotérique. Les expériences y abondent, autour de théosophes à la fois charismatiques et mystérieux, auxquels s’agrègent des « disciples » en quête d’autres dimensions que leur oisiveté profane.
Le problème est donc souvent de faire la part du Vrai et de la mystification.
Parmi ces mouvements, pourquoi isoler la « Stricte Observance », qui n’a, comme la plupart des autres, vécu qu’un temps limité, et dont le créateur, Charles Von Hund sera classé parmi les mystificateurs ?
Tout simplement parce qu’on peut dire que notre régime, le R.E.R., y puise une bonne part de ses sources.
Cet apparent paradoxe s’explique d’abord par des raisons historiques, mais qui n’excluent pas de raisons de fond.
1) Bref (d’où quelques « impasses ») historique de la S.O.
Le Baron -au sens médiéval du terme, équivalent de Prince- Charles de Hund (…et de quelques autres lieux) a vécu, avec 8 ans d’avance, un itinéraire proche de celui de Willermoz : initié à l’âge de 20 ans à Francfort, maître 4 mois après, V.M. dans les 12 mois, il va consacrer sa vie à la F.M., jusqu’à s’y ruiner.
L’aventure de la S.O. commence dès l’année suivante, en 1743, lors d’un voyage à Paris, où il aurait été armé chevalier selon le rite templier, avant d’être nommé G.M.de la VIIème Province, successeur du Margrave Von Biberstein, dont (cf. Chronologie) on connaît les liens avec les Stuart.
La S.O. sera dotée de statuts en 1756 – soit
13 ans plus tard-, à Dresde.
A noter que, 3 ans avant, Willermoz crée à Lyon
la « Loge de la Parfaite Amitié »,
à vocation de Grande Loge « à
l’instar de celle de Paris » (peut-on
déjà y voir un « complexe
provincial » ?), qui se verra dotée de
statuts en 1760 – soit 7 ans plus tard.
La même année (1753), Martinez de Pasqually fonde le « Temple des Elus Cohens », qui, eux, attendront leurs statuts 14 ans…, avec la particularité d’une quasi-absence de rituel.
Par contre, du rituel, la S.O. en dispose… : c’est celui de la Chevalerie Templière, dont le faste n’est pas étranger à son succès auprès de la noblesse d’Allemagne (parmi laquelle nombre de Chevaliers Teutoniques, toujours vivaces), et des autres pays d’Europe.
Sur ce rituel se greffe un système
« philosophique » original :
La Sricte Observance -qui sera, à juste raison, mais par les
observateurs extérieurs- qualifiée de
« Templière », se
veut, à l’instar des ordres monastiques (notamment
Cisterciens et Franciscains), un retour à la
règle fondatrice, primitive, en réaction contre
le laisser-aller ambiant : au XVIIIème, où la
F.M. se résumait souvent (dixit
Frédéric II) à des
« tenues d’agapes »
entre hommes de bonne compagnie, au sein de « Loges
de Bacchus ».
Retour à la règle, donc, mais
quelle règle ? Celle des Templiers, mais remise par Von Hund
au goût du temps (en l’absence de tout écrit),
donc mêlant dans un système cohérent
les saga templière et écossaise :
– les Templiers sont les vrais Maîtres de la F.M., qu’ils ont
apportée à l’Ecosse en fuyant les
persécutions. La F.M. est donc le noviciat du Temple, et la
S.O., plus que son héritière, est le Temple
Rétabli. La S.O. est donc un Ordre, d’où un
rituel très formel, une stricte hiérarchie, une
organisation territoriale et de gouvernement quasi-militaire (propre
à séduire la noblesse
d’épée).
– l’Ecossisme, pris à la fois en tant que système
de hauts grades et au sens historique : les Stuart, de tous temps
protecteurs du Temple, en sont héréditairement
les « Supérieurs
Inconnus », et en investissent les Grands
Maîtres. D’ailleurs, Von Hund, adoubé par un
Chevalier inconnu, aurait reçu ses patentes du
« prétendant »
Charles-Edouard.
Le système Von Hund s’appuie sur d’autres
« faits », dont certains sont
historiquement avérés (cf détails
infra) :
– après 1314 (immolation de Jacques de Molay), quelques
Templiers trouvent asile en Ecosse, auprès du Roi Robert
Bruce Ier Stuart, l’aident à vaincre ses ennemis et s’en
trouvent récompensés par la création
de l’Ordre de St André du Chardon, à eux
réservé (et à leur descendance
mâle), mais dont le Roi se réserve le titre
héréditaire de Grand Maître, et au sein
duquel ils reconstituent le Temple.
– sous l’égide de Jacques VI, près de 3
siècles après (1593), se constitue la
« Rose-Croix Royale »,
formée de 32 Chevaliers de St André, dont
naîtra, en 1645, l’« Invisible
College ».
– en 1662, sous Charles II, cette société
secrète est à l’origine de la
« Royal Society », dont nombre de
membres seront eux-mêmes à l’origine des Loges qui
formeront en 1717, la Grande Loge de Londres.
– de même, la Loge créée en 1688
à St Germain-en-Laye par Jacques II, dernier Stuart
régnant exilé, se voit soucher un Chapitre de
Maîtres Écossais de St André du Chardon.
Ajoutons à cela les nombreux contacts prouvés entre les Stuart et les mystiques Allemands, la disparition de toute archive lors de la création de la G.L. de Londres (dont, d’après Von Hund, les preuves de la filiation templière), la création en 1743 (date de la « révélation » parisienne de Von Hund ), mais à Lyon, d’un grade de vengeance du Temple…sans parler des nombreuses traces de l’agrégation des Templiers aux maîtrises de constructeurs (voir entre autres Paul NAUDON).
A noter que le mythe Templier était dans
l’air du temps, y compris dans les fameuses
« divulgations » apocryphes de
1745 :
« Pendant les guerres de la Palestine,
quelques Princes croisés formèrent le dessein de
rétablir le Temple de Jérusalem, & de
ramener l’Architecture à sa première institution.
Il ne s’agissoit plus d’une construction matérielle ;
c’étoit spirituellement qu’ils vouloient bâtir,
& dans le cœur des Infidèles. Ils
s’assemblèrent dans cet esprit, & prirent pour se
reconnoître le nom de Chevaliers Maçons libres.
« Ils convinrent ensemble du Signe de
l’attouchement & de quelques mots Symboliques. Ces
caractères distinctifs ne se communiquoient qu’à
des personnes qualifiées & au pied des Autels, avec
Serment de ne les révéler qu’à un
Chevalier Frere, après un mur examen. Ils
donnèrent à leurs Assemblées le nom de
Loges, en mémoire des divers campemens que les
Israëlites firent dans le désert, & pour
retracer la manière dont ils rebâtirent ce second
Temple (ce qu’ils firent en tenant d’une main la Truelle, &
l’Epée de l’autre). Ils adoptèrent dans leurs
cérémonies quelque chose de cet usages.
Les Princes & Seigneurs Croisés, au
retour de la Palestine établirent des Loges en differents
endroits, & c’est de-là que la Maçonnerie
s’est répanduë dans l’Europe. »
On peut aussi se référer au célèbre Discours de Ramsay (1686-1743) qui, cependant, en 1736, ne parle pas directement des Templiers, mais de « Nos ancêtres, les croisés, rassemblés en toutes les parties de la chrétienté dans la Terre-Sainte, voulurent réunir dans une seule confraternité les sujets de toutes les nations ». Ramsay après une Maçonnerie établie à partir des rites du métier de constructeur, aborde un enseignement plus spirituel à partir de la chevalerie et du métier des armes.
La S.O. a sans doute été également influencée par les Chevaliers Porte-Glaive et les Chevaliers teutoniques. Elle veut restaurer l’Ordre du Temple, recouvrer ses trésors en obéissant à ses chefs, les Supérieurs Inconnus. Certains membres prirent ce programme à la lettre et quelques imposteurs profitèrent de la situation. Elle conférait sept grades (apprenti, compagnon, maître, maître écossais, Novice, Templier, Chevalier Profès qui comprenait lui-même plusieurs classes). L’accès aux grades à partir de Chevalier Écossais vert n’était accessible qu’aux nobles ou aux ecclésiastiques, sauf « mérite exceptionnel » auquel, quand on était roturier, la fortune n’était pas forcément étrangère…
En bref, dans l’esprit des nombreux convertis, dont Willermoz, instruit par Jean de Turckeim, la cause est entendue : la seule et vraie F.M. est celle du Temple, donc celle de la S.O.
De là vont se succéder un certain nombre de chapitres, puis de convents, dont il faut se souvenir que la présence effective de FF a été au maximum de 37 (registre de présence à Wilhemsbad), soit ceux qui avaient le moyens d’y participer, et encore, pour la plupart, « à temps partiel », de même que tous les « gradés » avaient droit à la double (ou triple ou quadruple) signature, ce qui rend aléatoire aujourd’hui.le décompte de participants réels.
En 1754, le chapitre de Clermont confirme cette filiation templière.
Cette certitude est encore celle du Convent d’Altenberg (1763), qui avalise les statuts rédigés par Von Hund. Au convent de Kohlo, en 1772 Von Hund allie son groupe au « Cléricat des Templiers » de Johann August Starck, établi en 1767, et jusque là inconnu de toute institution maçonnique.
…Mais il commence à rencontrer une
certaine contestation, puisque le même convent :
1) change l’appellation de S.O. en Régime Ecossais
Rectifié (et le rite du même nom), le
« Rectifié »
étant défini par son sens alchimique
d’authenticité première
(élimination de toute impureté dans le processus
de transmutation).
2) change le titre de Chevalier templier en celui de Chevalier
Bienfaisant de la Cité Sainte
3) surtout, proclame Ferdinand, Duc de Brunswick « magnus
superior » de l’Ordre, relativisant ainsi
toute référence aux « Supérieurs
Inconnus ».
Entre-temps, Von Hund a en effet perdu de sa superbe : quasiment ruiné, il a aussi un problème de crédibilité quant à son fameux voyage à Paris, début de l’aventure S.O., dont il ne peut prouver aucun fait. Il admet même un certain désintérêt (récent) des Stuart pour la F.M….
Cela n’empêche pas le système de
perdurer : à l’Allemagne, puis à la Suisse qui
s’y est ralliée dès Altenberg, s’ajoutent
Strasbourg, puis Lyon, avec Willermoz, G.M. du Tribunal Souverain qu’il
vient de créer avec Saint Martin (future Grande Loge
Écossaise). Après la visite du Baron de Weiler,
aventurier parlant un parfait Français,
dépêché par Von Hund, il prend la
tête de la IVèmè Province, et va
essaimer le R.E.R. à Bordeaux et Montpellier.
Plus dure sera la chute…
Dès 1775 (convent de Brunswick), les accords
de Kohlo avec le Cléricat Templier de Starck sont
dénoncés.
Pire, dès la mort de Von Hund en 1776, Brunswick lance une
enquête qui confirme ses soupçons : non seulement
le « Prétendant Stuart »
n’a pas pu rencontrer Von Hund à Paris (il n’y
était pas), mais il n’est même pas
maçon (refusé par son père !), et la
patente de G.M.P. de Von Hund se révèle
à la fois cryptée et apocryphe…
La S.O., désormais R.E.R., a donc Von Hund comme seul auteur et père…et Brunswick, se sentant floué, ordonne une « rectification », pendant que Charles de Sudermanie (futur Charles XIII de Suède, et autre « Supérieur Inconnu ») établit des rapprochements avec la maçonnerie suédoise de Zinnendorf, appelée « Ecole du Nord », influencée par l’hermétisme et le rosicrucianisme.
Willermoz, quant à lui, réagit à hauteur de sa déception – et de ses ambitions : dès 1778, il réunit les loges de Lyon et de Strasbourg en un Convent des Gaules.
En dehors des « rectifications » qu’il apportait au Régime Écossais, ce convent est la première Assemblée unitaire des trois Provinces françaises de la Stricte Observance, l’Auvergne, la Bourgogne et l’Occitanie (formant ensemble la « Langue de France »), en un « Grand Prieuré des Gaules ». Un mois après, le 27 décembre, est publié « Le Code Maçonnique des Loges Réunies et Rectifiées de France, tel qu’il a été approuvé par les Députés des Directoires de France au Convent National de Lyon en 1778 ».
La première partie de cet acte fondateur couvre les trois premiers degrés de Saint-Jean et le grade de Maître Écossais de Saint-André; la seconde : la Règle des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte – titre substitué depuis Kohlo à celui de Chevalier Templier. Ce grade plus chevaleresque que maçonnique est immédiatement conféré à Ferdinand de Brunswick et à Charles de Hesse…
Avec J. de Turkheim (G.M. Strasbourg) Willermoz prouve son talent de synthèse : au lieu de tout rejeter de la S.O. en bloc, il en garde la partie utile à ses desseins, soit son rituel (R.E.R.), qu’il a lui-même recopié en 1772, et son organisation, qu’il transpose dans l’Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, auquel adhère en premier la Suisse en créant (1779) le Grand Prieuré Indépendant d’Helvétie.
En 1782, le Sérénissime Grand Maître des Provinces « de la Langue Allemande » de la Stricte observance, Ferdinand de Brunswick, réunit « Un Convent général de tous les Francs-Maçons », aux bains de Wilhelmsbad.
Les francs-Maçons Français,
toujours menés par Willermoz proposent la motion suivante :
« les francs-maçons modernes
n’étaient plus les successeurs immédiats des
templiers, et qu’ils ne pouvaient l’être, comme dignes
frères des trois grades de la maçonnerie de
Saint-Jean, puisque celle-ci existait déjà depuis
plusieurs siècles avant la création du Temple
proprement dit, que cependant un enseignement historique serait
incorporé aux hauts grades, et que l’on continuerait en se
rapportant aux premiers moment de son existence, à faire
commémoration de cette illustre Chevalerie ».
Le Code maçonnique des Loges Rectifiées, et celui des Chevaliers Bienfaisant de la Cite Sainte, arrêtés au Convent de Lyon, y sont approuvés par tous, ainsi que la Règle Maçonnique en neufs points, rédigée par Willermoz.
Si le fondement « Templier » propre à la Stricte Observance y fut définitivement « rectifié », l’organisation extérieure y fut travaillée avec encore plus de soin, qui maintenait les neufs Provinces, ayant chacune Trois Grands Prieurés et leurs Chapitres, « lesquels portent vis-à-vis des loges ordinaires de Saint-Jean le titre maçonnique de Directoires Écossais des Loges réunies et Rectifiées ».
En citant Galiff :
« [….] l’on décida enfin que
la légende du nouveau système
(écossais rectifié) serait celle-ci
». Nunc sumus equites benefici Civitatis Sanctae,
religionis christianae strenui defensores spem, fidem et caritatem
colentes.
Ce qui veut dire que les francs-maçons qui
« rectifiaient » ainsi le
régime de la Stricte Observance, ne se regardaient plus que
comme des « Chevaliers Bienfaisants »,
qui ne se consacraient plus qu’à la défense du
Christianisme et à la pratique des trois vertus
théologales : « la Foi,
l’Espérance et la Charité ».
Le but total de l’ordre fut concentré dans la bienfaisance,
d’après le modèle des premières
chevaleries religieuses et l’ancienne règle de Saint-Bernard
« Decimus panis pauperibus detur ».
Il résulte de tout cela qu’on ne fit, quant aux grades supérieurs, que confirmer et sanctionner à Wilhelmsbad les rectifications faites au Couvent de Lyon ; c’est-à-dire que les formes, la hiérarchie, la division territoriale et l’organisation entière du nouveau système, restèrent à peu près les mêmes que dans la Stricte-Observance. La différence essentielle entre les deux systèmes écossais est donc celle-ci : que, tandis que l’ancien faisait surtout profession de croire que la Confrérie maçonnique avait été imaginée par les Templiers, pour perpétuer secrètement leur ordre jusqu’au moment de son rétablissement public, le nouveau, renonçant à toutes prétentions séculières et profanes, ne s’attache qu’à la partie spirituelle et toute chrétienne des anciennes Chevaleries religieuses, trouvant moyen de les relier moralement et historiquement à la Franc-Maçonnerie, ainsi qu’à diverses autres associations antérieures du même genre. Le Temple à reconstruire mystiquement reste donc le même jusqu’au bout et devient enfin celui de la Cité Sainte ou de la Jérusalem Céleste. C’est dans ce sens que sont dirigées toutes les rectifications apportées aux rituels et cérémonies des divers grades, et notamment aux quatre premiers.
La réforme de Willermoz devient ainsi la
règle de toutes les loges initiatiques.
Mais cette dénonciation de la S.O. et toute ascendance
templière suscita quelques réticences en
Allemagne, avec des partisans
« économiques »
(l’organisation et l’élitisme de la S.O. avaient
suscité un fructueux système de tontine) ou
« mystiques », qui
prêtaient aux templiers des talents alchimiques. Ces derniers
vireront d’ailleurs pour beaucoup au mesmérisme (apparu en
1783).
Epilogue : en 1794, Brunswick invite les Loges de la S.O. à se dissoudre, une « venimeuse secte les ayant corrompues ». La S.O. était née et morte avec son auteur…
2) En conclusion (provisoire) de ce bref historique, se
posent quelques questions de fond :
– Von Hund, mystificateur ? Plutôt auto-mystifié :
pour asseoir son système, il fallait que le fondateur de la
S.O. en ait lui-même vécu la
réalité, « pieux
mensonge » auquel il a fini par croire
lui-même… Mais les historiens, s’ils ne nient pas sa
sincérité, s’accordent à y voir aussi
une sorte de fanatisme, pour la restauration des Stuart, pour le
triomphe de l’Eglise Catholique sur la Réforme, pour une
résurrection
« spirituelle » du Saint-Empire
Romain Germanique.
Dans un ouvrage récent André Kervella re-situe l’action de Hund dans un contexte historique où s’opposent en maçonnerie les « modernes » anglicans aux « anciens » jacobites et met ainsi en cause l’action de Ramsay et surtout, l’influence de la Grande Loge de Londres, anglicane et hanovrienne.
– d’où, en corollaire, le succès de la S.O. auprès d’une élite nostalgique des Ordres chevaleresques, tant en Allemagne (avec les Teutoniques, où seuls n’étaient -et ne sont toujours- acceptés que les nobles) qu’en Bourgogne, éprise de rites, d’ordre, mais aussi de spiritualisme (notamment théosophique).
– dernier point d’interrogation : Willermoz, insatisfait perfectionniste notoire, qui cherche et se cherche: après Martinez de Pasqually et Claude de Saint-Martin, il trouve Von Hund et sa S.O.
On peut croire que c’est là qu’il trouve
« l’étage
intermédiaire » qui finalisait
sa construction :
– entre l’initiation compagnonnique, base de la maçonnerie
symbolique et l’initiation sacerdotale du système Martinez
de Pasqually, il donne, avec la S.O., consistance à
l’initiation chevaleresque, en l’appuyant sur la figure puissamment
emblématique du Temple.
– en homme d’ordre, Willermoz avait conscience de la
fragilité des structures maçonniques de son
époque, foisonnantes et reposant sur des
autorités de personnes -voire de naissance. La S.O. lui
apporte une organisation à la fois territoriale et
hiérarchique en adéquation avec sa
notion d’Ordre, où la noblesse n’est pas que de naissance.
N’oublions pas aussi que Willermoz lui-même admettait mal que
certaines portes lui soient fermées du fait de sa roture, et
que la fréquentation de têtes
couronnées grâce à la S.O. ne pouvait
lui être indifférente…
Le génie de Willermoz, c’est la synthèse de toutes ces expériences, influences et ressentis dans le système parfaitement cohérent qu’est le R.E.R. : pour caricaturer, c’est dans la S.O. qu’il trouve le contenant qui manquait à son contenu. D’autant qu’il y avait quelque convergence entre ces sources d’inspiration :
– l’Ordre des « Chevaliers Maçons Elus Cohen de l’Univers » inclut dans ses hauts grades (définis en 1767) ceux de Chevalier d’Orient et de Commandeur d’Orient, de même que la S.O. incluait des grades de Novice et de chevalier Profès, et que les deux sont dirigés par des « Supérieurs Inconnus ».
– l’Ordre issu Claude de Saint Martin se définit lui-même comme « une école de chevalerie morale s’efforçant de développer la spiritualité de ses membres, tant par l’étude d’un monde encore inconnu (…) que par l’exercice du dévouement (…) et par la création en chaque esprit d’une foi solide. »
Que reste-t-il aujourd’hui de cet épisode de notre Histoire ?
– dans le monde : j’ai, sans chercher l’exhaustivité, dénombré, uniquement en Europe francophone, une bonne quinzaine d’organisations actuelles se proclamant héritières de l’Ordre du Temple, dont la plupart à vocation spirituelle, mais d’autres à consonance sectaire (l’O.T.S. existe toujours, issu de l’Ordre du Temple, résurgence créée en 1952, entre autres par P. de Ribaucourt…)
Le dernier avatar connu (1988) est l’OSTI (Ordre Souverain du Temple Initiatique), fusionné en 1993 avec le CIRCES (Cercle International de Recherches Culturelles et Spirituelles).
Les seules qui pourraient se prévaloir d’une quelconque filiation seraient l’ « Ordre du Christ » portugais (1919) et Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem.
– en maçonnerie, la S.O. a laissé des traces dans les hauts grades du REAA, du Rite d’York (Chevalier du Temple), et même chez les agnostiques de Memphis-Israïm (avec le mythe de Cagliostro)…
Au REAA, on trouve par exemple des grades tels que (11) sublime chevalier élu, (13) chevalier de l’Arche royale, (15) chevalier d’Orient, (16) prince de Jérusalem, (17) chevalier d’Orient et d’Occident, (21) chevalier prussien, chevalier Kadosch (grade de vengeance) etc… Le rituel du 30ème degré déclare « Notre grade commémore l’Ordre Templier et s’en inspire sans pour autant prétendre en être le continuateur et l’héritier ».
Il existe encore aujourd’hui un système à prétention maçonnique dit l’Ordre Illustre de la Stricte Observance, de même qu’un « Projet Baucéant » maintient, parmi les Maçons de toutes obédiences et de tous Rites, une volonté de Xème résurgence de l’Ordre du Temple.
– c’est sans doute dans le R.E.R. que le mythe Templier est le plus présent, qui se retrouve dès le quatrième grade du Rite, et plus encore dans l’Ordre Intérieur, plus chevaleresque que maçonnique. Sa structure territoriale et hiérarchique, sa discipline qui évoque le vœu d’obéissance des chevaliers, le caractère hiératique du rituel, l’importance des décors et de la vêture, notamment l’épée, et surtout la référence permanente aux valeurs chrétiennes. Roger BLANCHET, dans ses analyses du Rite n’hésite pas à dire que « le Rite Écossais Rectifié est un rite de Chevalerie et de bienfaisance ».
Même la notion de « Supérieurs inconnus » n’aurait pas totalement disparu…
Et même si c’est pour s’en
défendre, la référence existe :
« le grade de Chevalier Bienfaisant de la
Cité Sainte diffère de ce que pouvait
être la pensée templière non
préoccupée de soufisme, d’alchimie ou
de magie… ».
« Comme les Grands Prieurés
d’Helvétie et de Belgique, le Grand Prieuré des
Gaules n’est pas, au sens précis du terme, un Grand
Prieuré templier. C’est un Grand Prieuré de Rite
Ecossais Rectifié. Cependant, conformément
à la volonté formelle de ses fondateurs, il
affirme une filiation spirituelle avec l’Ordre du Temple
médiéval. »
La chevalerie, magnifiée par le mythe Templier, est en effet l’un des archétypes les plus vivaces de la Maçonnerie. Comme ceci mériterait un travail spécifique, je me contenterai d’en citer quelques exemples.
– Ainsi, le mythe est présent dans la
légende du Graal : je cite Wolfram von Eschenbach dans
« Parzifal » (Aubier Montaigne,
1977, t.II, livreIX, p.36) :
« De vaillants chevaliers ont leur demeure
au château de Montsalvage, où l’on garde le Graal.
Ce sont des Templiers…tout ce dont ils se nourrissent leur
vient d’une pierre précieuse, qui en son essence est toute
pureté… C’est par la vertu de cette pierre que le
phénix se consume et devient cendres. Mais de ses cendres
renaît la vie, c’est grâce à cette
pierre que le phénix accomplit sa mue pour
reparaître ensuite dans tout son éclat… »
(Wolfram von Eschenbach, Parzival). Outre le fait qu’il identifie
explicitement les chevaliers du Graal aux Templiers, ce texte
s’achève sur une référence au symbole
du phénix cher au R.E.R.
– Même Edouard de Ribaucourt, dans son « Histoire du Régime Ecossais Rectifié en France » concourt à la survivance du mythe : « Que ces Templiers aient transmis à d’autres les traditions de leur ancien Ordre, en se servant de l’Ordre de Saint André du Chardon, il n’y a aucune impossibilité et tout concourt à le prouver ».
– René Guénon, dans sa quête de la « tradition primordiale », avait accepté d’être Grand Maître de l’Ordre du Temple Rénové, désigné par une « entité » qui, se manifestant par des mediums, était tout à fait dans la ligne de la vengeance templière. Cet esprit fut confirmé par des « communications » de Weishaupt, le fondateur des « Illuminés de Bavière », et de Cagliostro, mort dans les cachots de l’Inquisition à Rome (on pense à l’ « Agent Inconnu » de la « Loge Elue et Chérie » de Willermoz !)
En 1911, Guénon qui a déjà quitté l’Ordre Martiniste, le Rite de Memphis-Misraïm et l’Eglise Gnostique, dissout l’Ordre du Temple « sur l’ordre des Maîtres ». En 1929, dans « Autorité spirituelle et Pouvoir temporel »,il rejettera sur Philippe-le-Bel l’entière et unique responsabilité du drame templier.
– Autre exemple : Si aujourd’hui vous visitez « L’Alcazar Tolédan », vous y trouverez une salle, où les « Chevaliers hospitaliers », passionnés de Bienfaisance et de Justice, sont représentés par des mannequins en pied, portant la truelle de la main droite et l’épée de la main gauche, pointe en bas. Les légendes sont décrites avec une justesse telle que les qualités de ces valeureux soldats, et celles demandées à notre B. A. F. Eléémosynaire (autre spéficité du RER), sont en tous points similaires !
– Dernière référence,
et non des moindres, l’Apocalypse de Saint Jean (19), dont je me
demande si elle ne fonde pas toutes les autres :
« Puis je vis le ciel ouvert, et voici,
parut un cheval blanc. Celui qui le montait s’appelle Fidèle
et Véritable, et il juge et combat avec justice. Ses yeux
étaient comme une flamme de feu; sur sa tête
étaient plusieurs diadèmes; il avait un nom
écrit, que personne ne connaît, si ce n’est
lui-même ; et il était revêtu d’un
vêtement teint de sang. Son nom est la Parole de Dieu. »
En illustration de ce concept de « filiation
spirituelle », vous ne m’en voudrez pas,
V M, de conclure en mettant en parallèle 2 professions de
foi :
– celle de l’Ordre Souverain et Militaire du Temple de
Jérusalem -issu de l’Ordre du Temple de
Fabré-Palaprat, par ailleurs fondateur de l’Eglise
(gnostique) Johannite…et franc-maçon-, qui me
paraît illustrer la force du mythe templier aujourd’hui comme
hier :
« Être Templier
aujourd’hui, c’est essayer de sauvegarder toutes
ces valeurs – Amour, Sagesse, Élévation
spirituelle de l’homme, Épanouissement personnel-
qui ont fait la richesse de notre civilisation et de les transmettre
à notre tour.
Être Templier aujourd’hui
c’est essayer, à travers la vision futuriste de la
Chevalerie du Temple, de continuer en l’adaptant à
notre temps, l’œuvre entreprise par nos
Aînés.
Ceux-ci avaient pour règle, le courage, la
bravoure, la loyauté, Ils avaient pour but, la sauvegarde de
ces mêmes valeurs, et la défense de la
Chrétienté. Aujourd’hui, la Chevalerie
n’a d’autre armure que L’Amour, la
Tolérance, l’Abnégation et le
Dévouement. Elle n’est plus une noblesse de nom
mais de cœur. »
– celle du G.P.D.G. :
« Le Régime Ecossais
Rectifié a pour but de maintenir et de fortifier, non
seulement dans l’Ordre Intérieur, mais aussi dans les Loges
maçonniques, les principes qui sont à sa base :
– La fidélité à la religion chrétienne, fondée sur la foi en la Sainte Trinité,
– L’attachement aux principes et traditions, tant maçonniques que chevaleresques, du Régime, se traduisant par l’approfondissement de la foi chrétienne et l’étude de la doctrine ésotérique chrétienne, enseignée dans l’Ordre,
– Le perfectionnement de soi-même par la pratique des vertus chrétiennes afin de vaincre ses passions, corriger ses défauts et progresser dans la voie de la réalisation spirituelle,
– Le dévouement à la patrie et le service d’autrui,
– La pratique constante d’une bienfaisance active et éclairée envers tous les hommes, quelles que soient leur race, leur nationalité, leur situation, leur religion et leurs opinions politiques ou philosophiques.
La réalisation spirituelle que le Régime Écossais Rectifié propose comme but à chacun de ses membres, en lui en fournissant les moyens, c’est de redevenir homme véritable, temple de Dieu, Un en trois Personnes. »
Et lorsque Saint BERNARD de CLAIRVAUX dit « Donnez-vous tout entier à votre charge. Agissez en Maître. Donnez tout puisque tout vous sera demandé, jusqu’à la dernière obole… L’HUMILITE est la Pierre Angulaire de toute vie mystique », on comprend mieux la fière devise de l’Ordre du Temple, dont il avait fixé la règle, extraite du psaume 115 : « NON NOBIS, DOMINE, NON NOBIS SED NOMINI TUO DA GLORIAM ».
LA STRICTE OBSERVANCE EN 33 DATES…
1) Les « temps héroïques » : entre l’Histoire et la légende.
– 1119 : création de l’Ordre des Chevaliers de la Milice du Temple (« Templiers »). Saint Bernard lui donne ses statuts. Autour de leurs tenures, au cours et au retour des Croisades, se multiplient les « Francs- Mestiers » (=franchise de corvées, de guet etc…).
– 1143 : création de l’Ordre des Frères Hospitaliers de Ste Marie des Allemands (« Chevaliers Teutoniques » en 1198), dont la règle et l’administration sont calqués sur le Temple.
– 1313/14 : suppression des Templiers (Clément V/Philippe-le -Bel) : « un certain nombre » se réfugie en Ecosse, près de Robert Ier Stuart, qu’ils aident à gagner la bataille de Bannockburn contre Edward II. En récompense : création de l’ « Ordre de Saint-André du Chardon ».
– 1440 : Strasbourg: l’expression « Franc-Maçon » remplace « Frère de St Jean ». Ce n’est qu’en 1537 que la Compagnie des Maçons de Londres deviendra « Compagnie des Francs-Maçons ».
– 1500 : 1ère mention des « Rose-Croix » à Kassel (Hesse). Origines ?
– 1517 : les 95 Thèses de Luther. (1533 : adhésion de Calvin à la Réforme).
– 1593 : Jacques VI Stuart, roi d’Ecosse, (et d’Angleterre en 1603), rosicrucien, crée, avec l’Ordre de Saint- André du Chardon, la « Rose-Croix Royale », à l’origine de l’ « Invisible College » (cf. 1645).
2) Le XVIIème Siècle : l’Epopée Stuart
– 1620 : 1ère mention d’une
« Loge Acception »
(=ouverte aux non-opératifs), à Londres.
Prusse : un groupe de Chevaliers Teutoniques crée
l’ « Ordre de la Stricte
Observance ».
– 1645 : Londres : création officielle de
l’ « Invisible College »
(cf. 1662).
création du REAA.
– 1648 : Révolution Cromwellienne: Charles Ier Stuart décapité, sa veuve Henriette de France se réfugie à St Germain en Laye, avec ses enfants et de nombreux Catholiques écossais et irlandais.
– 1662 : Charles II Stuart crée, avec
l’ « Invisible College »,
la « Royal Society »
(charte en 1663).
Allemagne : publication des œuvres de Jacob Böhme
(Théosophe de grande influence sur Charles II). Preuves de
nombreux contacts préalables entre mystiques allemands et
Stuarts.
– 1685 : création, autour de Jacques II Stuart (fils de Charles), de l’ « Ordre des Maîtres Ecossais de St André » (cf. 1314/14).
– 1688 : Jacques II destitué par son gendre
Guillaume d’Orange (réformé), se
réfugie à St-Germain. Il y crée une
Loge Bleue, sur laquelle est souchée un chapitre de
« Maîtres Ecossais de St
André ».
Naissance de Jacques III (reconnu comme tel par Louis XIV), qui
enseignera l’ « Ecossisme »
(=science des hauts grades) au Margrave de Thuringe Von Biberstein,
futur G.M.P. de la Stricte Observance, et
prédécesseur de Von Hund.
1ère loge attestée non opérative,
à Dublin (Trinity College).
3) Le XVIIIème siècle : les Francs Maçons entre organisation et mysticisme
– 1717 : Londres : 4 Loges s’érigent en Grande Loge (avec Payne, Désaguliers, Anderson…). Destruction des archives précédentes: origines templières, catholiques, ou Orangistes contre Jacobites ?
– 1728 : le Chevalier de St-Lazare (par la grâce du Régent) Ramsay, écossais, stuartiste, espion français, prononce à la G.L. de Londres le 1er discours « spiritualiste ». Il affirmera plus tard (1737) après la rupture avec Londres, l’origine templière de la Maçonnerie, en jetant les 1ères bases du Rite Ecossais.
– 1732 : 1ère loge « anglaise » à Bordeaux. (1735 : « Grande Loge de France »).
– 1743 : Charles Von Hund à Paris,
où il aurait reçu les hauts grades Ecossais de
Charles-Edouard Stuart (fils de Jacques III). Dès son retour
à Dresde, il introduit le système templier.
Création à Lyon d’un grade de
« Chevalier Kadosh »,
vengeur du Temple.
– 1753 : Willermoz crée à Lyon la
« Loge de la Parfaite
Amitié ».
Martinez de Pasqually fonde le « Temple
des Elus Cohens ».
– 1756 : Von Hund re(?)-crée la « Stricte Observance » (dite « Templière » ultérieurement)- Cf.1620 -, avec l’aval de Frédéric de Prusse (initié en 1738) et la référence aux « Supérieurs Inconnus ».
– 1760 : Martinez de Pasqually fonde « Les Chevaliers Maçons Elus Cohens de l’Univers »(statuts en 1767).
– 1763 : convent d’Altenberg (Saxe) : statuts de la « Stricte Observance », immédiatement adoptés en Suisse.
– 1768 : Willermoz devient Elu Cohen de Martinez de Pasqually, qui, lui, rencontre Louis Claude de Saint- Martin, futur « Philosophe Inconnu », et en fait son secrétaire.
– 1772 : convent de Kohlo (Lusace) : la
« Stricte Observance »
prend le nom de « Régime
Ecossais Rectifié » (sens
alchimiste) et s’introduit à Strasbourg (ville
française depuis 1687): Province de Bourgogne.
Willermoz et St-Martin créent un « Tribunal
Souverain », future Grande Loge Ecossaise.
– 1773 : visite à Strasbourg, puis Lyon, du Baron de Weiller, dépêché par Von Hund.
– 1774 : Willermoz introduit à Lyon le R.E.R., qui essaime à Bordeaux et Montpellier.
– 1776 : mort de Von Hund.
– 1777 : enquête diligentée par le Duc de Brunswick, « Magnus Superior » de la S.O. depuis Kohlo : le mythe Von Hund s’écroule, la S.O. sera qualifiée de « secte venimeuse ».
– 1778 : convent des Gaules : avec l’accord de Brunswick, Willermoz fonde l’ « Ordre des Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte » (C.B.C.S.), qui remplace la S.O. en France, avec de nouveaux codes.
– 1779 : création du Grand Prieuré Indépendant d’Helvétie, qui passe de la S.O. (cf.1763) au C.B.C.S./R.E.R.
– 1782 : convent de Wilhemsbad : la réforme lyonnaise est adoptée, l’ascendance templière est rejetée.
– 1794 : Brunswick dissout toutes les Loges se
réclamant de la S.O.
Le R.E.R. lui même se met en sommeil pour cause de
Révolution, accusé de « parti
de l’étranger ».
4) Le XIXème siècle : l’ère du Phénix…
– 1805 : réveil du R.E.R. à Besançon.
– 1807 : la Loge du Centre des Amis (Paris, 1793) passe au R.E.R., et se constitue, avec Willermoz, en Préfecture de Neustrie, relevant du Grand Prieuré Indépendant d’Helvétie (Zürich).
– 1811 : traité entre le G.O.D.F. (Paris, 1773) et le R.E.R., en fait Lyon, Montpellier, Besançon.
– 1828 : le dernier Directoire R.E.R.
(Besançon) remet ses archives à Zürich
et se dissout.
BIBLIOGRAPHIE
Histoire des Francs-Maçons en France, dirigée par
Daniel LIGOU (chez Privat, plsrs éditions)
Jean TOURNIAC : Principes et Problèmes Spirituels du R.E.R.
et de sa Chevalerie Templière (Dervy, 1985).
Paul NAUDON : Origines Religieuses et Corporatives de la
Franc-Maçonnerie (chez Dervy, 1979).
René Le Forestier : « La
Franc-maçonnerie templière et occultiste
» Ed Aubier Paris.
B.G Galiff : « La Chaîne
Symbolique »
réédité en 1986 par La Nouvelle
Bibliothèque Initiatique à Genève.
Jean-François VAR : La Stricte Observance (Villard de
Honnecourt N° 23-1991).
L’Essor du Phénix (Villard de Honnecourt N° 19-1989).
Antoine FAIVRE : L’Esotérisme au XVIIIème
siècle (chez Seghers, 1971).
Alice JOLY : Un Mystique Lyonnais…(chez Protat Frères,
1938).
André Kervella, La Maçonnerie Ecossaise dans la
France de l’Ancien Régime, Editions du Rocher,
1999.