Planche d’instruction sur la vie et le travail de l’ A en L

Auteur:

M∴ P∴ V∴

GLNF
Loge:
La Fidèle Amitié - Orient

Nous aborderons tout d’abord l’attitude, le comportement, la démarche de l’A en loge puis le thème de son travail en loge.

1/ La vie de l’A en Loge

a) L’Entrée dans la Loge

Lorsque les travaux sont ouverts, il est indispensable de frapper à la porte du temple d’une façon particulière pour se voir ouvrir la porte et pouvoir y pénétrer. C’est ainsi que l’A doit frapper trois coups.

Le F couvreur annonce alors au VM « on frappe en A à la porte du Temple ». L’A doit montrer qu’il est initié, et, pour ce faire, se mettra à l’Ordre.

Q. « Comment se font les signes desF.M. ? »


R.« Par équerre, niveau et  perpendiculaire. »

La position du bras doit évidemment répondre à ces trois critères.

Afin de trouver un état de rectitude, l’Adisposera ses pieds en équerre. Cette attitude symbolise ainsila droiture de sa conduite sur la voie rectiligne que se doit de suivre tout maçon.

La marche est hésitante, elle s’exécute pas à pas en partant, au REAA, du pied gauche. L’A effectue trois pas. Cela signifie que la progression vers la lumière (représentée dans la loge par le VM) n’est obtenue qu’après des efforts successifs prudemment amplifiés. Le premier pas est un essai, le deuxième pas marquera sa prudence, le troisième sera tout fait d’attention.

À ce moment-là, l’A est en état de voir la lumière, selon ses facultés.

Il fera alors le signe vers l’Orient, montrant ainsi qu’il sera un maçon attentif à l’initiation ; se tournant ensuite vers le premier surveillant en faisant de nouveau le signe, il manifestera ainsi son souci de s’élever, de progresser. Enfin par un troisième signe vers le second surveillant, il prouvera sa discipline et son application aux travaux qui lui sont ou lui seront confiés.

Pivotant alors sur ses pieds, pour se mettre dans une direction, perpendiculaire à celle qu’il asuivie jusqu’à présent, il attendra toujours à l’ordre que le Maître des Cérémonies le conduise à la place qui lui est attribuée dans la loge : le deuxième rang de la colonne du Septentrion.

b) La place de l’A dans la loge

L’A est placé au nord ; c’est un lieu où la lumière, est restreinte, et, de plus, sous l’action directe de la lune. L’A ne pourra donc avoir de clarté pour ses travaux, que ce qu’il en recevra du reflet qui l’éclaire. Cette clarté diffuse lui permet, dans sa lente élaboration de sa spiritualité, de distinguer les nuances avec le risque de faire des confusions. Pour pallier à cet inconvénient, l’A est astreint à ne consacrer son attention que sur son propre perfectionnement.

La pensée amenant la perfection de l’esprit, l’apprenti devra s’entraîner à la réflexion, car c’est là un moyen d’agir sur son être psychologique.

Cette « loi du silence » est précisément une règle qui lui est imposée : voir, écouter, se taire. Se taire consiste non seulement à ne rien dire, mais aussi à ne faire aucune réflexion en soi-même, quand on écoute parler quelqu’un. C’est par cette conception que pourrait se justifier le précepte maçonnique. » On s’initie soi-même”. En effet l’A ne peut que se taire : il n’a pas acquis l’éducation qu’il lui ferait dire qu’il a l’entraînement dans la recherche de la vérité.

On voit l’avantage de la méthode du silence pour l’A, particulièrement dans un atelier où les Mfont preuve d’émulation entre eux. La réflexion de l’A sera naturellement excitée : les Mdevront, par leurs interventions, en particulier lors des planches tracées en loge, intéresser, motiver, éveiller. C’est là leur devoir de transmission. L’A pourra alors établir une différence de valeur entre les images et sa connaissance toute faite d’intuition au début, ce qui le conduira à une opinion suffisante.

2/ Le travail de l’A en loge

Le travail et l’assidiuité aux tenues conduisent l’A à bâtir son propre temple, au travers de l’étude de la symbolique, par la réflexion personnelle et collective, mais aussi par l’idéal qui nous anime, par la progression suivie de degré en degré.

a)L’A au travail c’est le travail personnel, à savoir : l’étude du rituel, de la gestuelle et des symboles du tableau de loge.

L’étude du rituel : chaque lecture apporte un supplément de connaissance. Le rituel doit être la bible de l’apprenti. Il faut s’en imprégner en loge et l’assimiler à têtereposée,

L’étude de la gestuelle : ce ne doit pas être un acte automatique, mimétique, irréfléchi. C’est, au contraire, un acte réfléchi, pensé et exécuté comme tel. Ce n’est pas un acte insignifiant, mais un acte signifiant c’est-à-dire reflétant action et signification.

L’étude des symboles : cela vise tant ceux du tableau de loge que les autres symboles apparents dans la loge

Contraint au silence, l’A doit exacerber son oeil et son oreille pour s’imprégner de cet environnement inconnu pour lui..

Méthodes et outils constituent l’équipement indispensable pour oeuvrer dans une loge. Sans méthode, les outils ne servent à rien, sans outils la méthode reste inapplicable. L’A s’intégre véritablement dans la construction entreprise et peut ainsi recevoir en vue de transmettre, plus tard, l’esprit du métier.

b) L’A au travail c’est le travail collectif auquel il est appelé, auquel il se doit de participer. L’outil irremplaçable pour passer du travail pour soi au travail pour l’oeuvre est le rite : pour nous c’est le rite écossais ancien et accepté. Il en existe d’autres reconnaissables par le tablier porté par les Mâitres.

Pratiquer n’est pas refaire sans cesse le même travail, mais aller toujours plus loin en enlevant d’abord les aspérités puis le superflu.

Le ciseau etle maillet, outils de l’A, évoquent précisément ce nécessaire travail.

Le rituel précise :


Q.« À quoi travaillent les apprentis ? »


R.« A dégrossir la pierre brute, afin de la dépouiller de ses aspérités, et à la rapprocher d’une forme en rapport avec sa destination. »

Dégrossir : donner un premier façonnage à un matériau brut. Cela va sans dire que tout n’est pas terminé au premier degré.

Cette pratique est un art vrai avec méthodes et outils. Pour en découvrir les secrets, il faut faire le nécessaire pour être présent à l’oeuvre, donc être assidu aux tenues dont les agapes font partie intégrante.

c) L’apprenti au travail c’est plancher, c’est-à-dire effectuer un travail soumis à certaines règles.

Une planche ne doit pas être une simple compilation livresque, ce qui ne veut pas dire que le livre est à bannir, au contraire. Elle ne doit pas être tracée pour être lue comme un livre, mais pour être « dite » sans endormir, sans être récitée. Enfin, une planche se doit d’être personnelle pour être dite non par coeur mais avec cœur.

Une planche doit répondre aux deux exigences suivantes :

* sur la forme : le plan est indispensable et la simplicité de l’expression sera le gage que celui qui planche comprend ce qu’il dit. “Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire viennent aisément”.

* sur le fond : l’originalité ne tient pas seulement dans le thème (qui n’est pas déterminé par l’apprenti mais par le deuxième surveillant) mais surtout dans la manière de creuser le sujet, même si ce dernier est usé : on peut entendre une planche x fois on en retire toujours quelque chose.

Attention le degré auquel se situe le travail ne doit pas être dépassé.

Une planche n’est pas un examen de passage. Les planches d’A ne sont pas commentées mais l’Aayant présenté son travail à la loge attend une appréciation de la part de ses frères.

La prise de parole ne constitue pas une discussion ou un dialogue à bâtons rompus, encore moins un débat ; elle se fait dans un ordre prétabli.

En conclusion :

La L offre à l’A  la possibilité d’être accueilli pour prendre rang pami les F de la L, tous initiés. En retour l’A devra apprendre à prendre part rituellement au travail d’initié.

La vie et l’essor de la Loge dépendent de cet échange incessant et fraternel entre les “Anciens” et les “Nouveaux”.

Ainsi naîtra une solidarité cosmique fondée sur un Amour universel.

Notre Rite est conservateur et regarde vers le passé pour en tirer ce qu’il y a de permanent et d’essentiel pour l’homme.

Le REAA actualise ce passé,s’y insère pour féconder le présent dans une actualité permanente, il ne retourne pas au passé mais revient à la source pour élargir le présent et engager l’avenir de l’homme.

Une des caractéristiques de la méthode maçonnique consiste,en effet,à fertiliser une aventure individuelle par une ascése collective au sein d’une Fraternité.


J’ai dit V

Vous devez être abonné pour accéder à ce contenu


S'abonner

Retour à l'accueil