La Mort #3159007

La Mort

Auteur:

B∴ V∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Avant d’aborder ce midi le sujet de « LA MORT » je voudrais vous faire part, mes frères de quelques réflexions sur le travail que nous faisons en loge.



À plusieurs occasions, j’ai entendu sur le travail d’un frère, la réfection suivante : c’est une planche trop profane, pas assez « symboliques »


Pour ma part cette réflection me gêne, et ce pour deux raisons:


– il ne faut pas oublier que nous travaillons d’abord la « Pierre Brute » Certes, si la pensée maçonnique dirige notre travail, le SYMBOLISME, lui n’est qu’un outil… Il nous permet de mieux comprendre, j’allai dire de mieux ressentir l’objet de nos études.


Nous acquérons, grâce à lui non seulement une compréhension objective, mais aussi subjective des éléments par le vécu qu’il nous transmet. Cependant si l’outil ne s’applique pas sur la pierre, il reste dans le vide, le symbolisme devient une gymnastiques de l’esprit, et la pensée tourne vite à la spéculation intellectuelle.


La « Pierre Brute » et notre réalité, elle est ancré dans le monde profane, et c’est notre travail que de la transformer, n’oublions pas cependant que tout part d’elle.


– La deuxième raison, est que nous professons la maxime suivante : « Continuer à l’extérieur l’oeuvre que nous avons commencé à l’intérieur du temple « .Nous ne sommes pas un ordre religieux qui se retire du monde dans un monastère, nous sommes en prise directe avec le monde extérieur dit  » Profane », et notre objectif est d’être le trait d’union entre ces deux univers.


Ceci étant dit, et fidèle à ce que je viens vous énumérer, je vais essayer dans cette planche de traiter le sujet de  » LA MORT  » n’ont pas dans sa définition ni dans l’évolution de cette définition, à savoir que :


La notion de Mort est passé de l’opposition entre l’animé et l’inanimé, à la notion de souffle de vie, puis des battement du coeur, aux éléctoancephalogrames plats (alors que toutes les autres fonctions vitales sont présentes).


Mais bien au contraire dans l’influence de la Mort sur l’univers, comment elle à  » façonné  » la Vie. Comment la Vie ainsi contrainte, a générer l’opposition entre l’Espèces et l’ Individu, et comment la Mort a ainsi façonné l’ Esprit et l’ Ame de l’individu. Enfin, comment la Fraternité peu nous aider à TRANSCENDERla Mort.


Tout à commencée il y a environ 15 milliards d’années, avec ce que nous nommons communément BIG BANG, ( ne posons pas la question de l’avant, il est probable qu’il y ait un, mais hors d’atteinte de notre compréhension actuelle)



À cette époque la température de l’Univers est portée à des milliards de milliards de degrés, bien trop élevée pour supporter la moindre organisation, il n’y a ni Galaxie, ni Etoile, ni Atomes. On pourait simplement parler d’une « Purée » de photons ;Mais l’Univers n’est pas statique, qui va se refroidir très doucement, et en se refroidissant pouvoir s’organiser : les particules les plus anciennes s’associent pour former des structures de plus en plus élaborées,nous passons du simple au complexe, du moins efficace au plus efficace, et l’histoire de l’univers, c’est l’histoire de la matière qui s’organise.



La matière ne s’organise pas n’importe comment, mais autour de quatre forces (la force nucléaire, la force électromagnétique, la gravité et la force faible)


Ces forces organisent la matière donnant naissance aux Galaxies, aux Etoiles, aux Planètes.



Les étoiles massives brûlent leur hydrogène, puis leur Helium, donnant naissance à des atomes de plus en plus lourd.L’Oxygène, et le Carbone apparaissent.



En explosant les étoiles dissipent ces éléments dans l’univers, l’oxygène en se mélangeant à l’hydrogènes donne de l’eau, le carbone se regroupe en longue chaîne moléculaire, les acides aminés se constitue, etla Vie apparait.



Nous sommes donc bien comme le dit Hubert REEVES constitués de« Poussière d’étoile «  au plus symboliquement : les  » Fils de la Lumière « 



À l’échelle de l’Univers, il ne suffit pas que la vie apparaisse, encore faut-il qu’elle soit pérenne, pas plus que l’étincelle n’est le feu, on ne pourra parler de Vie sur un monde que si elle se perpétue, et c’est là qu’intervient  » la Mort « .


Face à celle ci, la Vie n’a que deux alternatives :


— Ou elle a un caractère  » d’ Immortalité  » ce qui est peu fréquent en apparence.


— Ou elle trouve le moyen de se  » Reproduire « Donc de transmettre la Vie, ce qui se fait de génération en génération par le biais des Gènes.



On aboutit donc à une forme d’immortalité des Gènes.



On arrive ainsi à une première conclusion :


La Mort a en quelque sorte  » Façonnée la Vie « 

Face à celles-ci, il lui a fallu inventer la Reproduction, avec toutes les conséquences que nous allons voir maintenant.


La mort, en obligeant la vie, à la Reproduction, l’enferme dans une DUALITÉ entre les intérêts de l’Individu, et ceux de l’Espèce.



Dans une Vie primitive ou  » première  » l’Individu ne compte pas, seuls est reconnu la nécessité de survie de l’espèces. La mort de l’Elément est nécessaire à la continuité du  » TOUT « , et la disparition est Sacrée, Vénérée, Célébrée, comme l’est la Naissance. Car l’une et l’autre doivent se produire pour que vive l’Espèce à jamais.


Nous retrouvons dans cette alternance  » Naissance et Mort  » de nombreuses valeurs maçonniques, la notion de cycle de vie, du blanc et du noirs dans le damier, de Mort du vieil homme et de sa renaissance, comme si cette alternance première avait marqué notre pensée, et notre façon de percevoir la Vie.


Cependant en continuant de s’organiser, la Vie est devenue plus  » facile « , nos sociétés ont inventé la notion « d’Individu » ; le TOUTassuré de subsister, l’Elément a gagné le droit à l’existence, alors la Mort, simple étape sur le chemin du Groupe, s’est transformée en fin de l’être.


Face à elles nous avons créé l’unique, le libre arbitre, l’indépendance ; et donné naissance à l’INDIVIDU. Celui-ci en devenant autonome par rapport à l’Espèce, a accédé à une valeur propre, une pensée autonome, un esprit, une Ame.



Ce n’est plus l’Espèce qui prédomine, mais l’Individu qui plus est, doté d’un esprit, d’une Ame, et qui va tout naturellement chercher à se survivre face à la Mort.



À ce niveaux de l’évolution, et face à l’émergence de l’esprit, il nous faut peut-être redéfinir les notions de Vie ou de Mort.



Croyons-nous que la Vie s’arrête avec les battements de notre coeur ?

Pensez-vous qu’un homme dont les idées continuent à guider les actions de dizaines, voire de millions de ses semblables soit morts, même si ses os sont depuis longtemps réduit en poussière ?( Pasteur )


Il est vivant, et le restera tant que le germe qu’il a semé dans les esprits continuera à se propager et à se faire acte par l’intermédiaire d’autres organismes.


Nous n’existons que dans le cerveau des autres.S’ils gardent notre image, nos désirs, et nos pensées dans leur mémoire nous vivons pour toujours…



Inversement imaginons nous avoir échappé à la mort parce que nous mangeons, nous bougeons, nous reproduisons ?


Ce corps que nous animons, retire-t- il de ses actes des sentiments qui font de nous des êtres humains ?


Abrite-t-il un germe puissant et particulier capable de se répandre et de motiver à son tour d’autres individus?


N’est-ce pas à la notre idéal ? et si la réponse est non, sommes nous vraiment vivant ?

Nous voyons donc que la mort est omni présente dans l’univers, elle afaçonné la Vie, l’obligeant à la Reproduction, laquelle face à l’Espèce, a généré l’Individu, porteur d’un Esprit, d’une Ame qui comme nous l’avons vu ne peut à son tour échapper à la Mort qu’en existant dans le cerveau et la mémoire des autres.


Tout comme nos gènes, notre esprit peut se transmettre de génération en génération, et il est amusant de constater que l’esprit de l’individu peut se pérenniser dans la mémoire de l’espèce.


Lorsque j’étais apprenti, le premier travail qui m’a été confiée était une réflexion sur le « Damier », l’alternance du blanc et du noir, du bien et du mal,pour aboutir à la ligne qui les sépare, la ligne du juste milieu, et de la synthèse.



Depuis tout à l’heure nous voyons l’opposition de la Vie et de la Mort, de

l’Individu et de l’Espèce.
Hors cette confrontation n’est qu’apparente, puisque comme nous venons de le voir, L’Espèces peu devenir le réceptacle, de la mémoire, et de la pensée de l’individu donc de son Ame.



Nous pouvons transcender la Mort et l’opposition « Individu, Espèce » par la fraternité.


En effet qu’est-ce que la fraternité, si ce n’est la reconnaissance et l’acceptation de l’autre ?


Il est semblable à moi, mais ce n’est pas moi, c’est mon frère ! il a son autonomie, sa propre pensée et je l’accepte en tant que telle dans son intégralité et son originalité.


Nous partageons un idéal commun, une pensée forte nous anime, capable de motiver à son tour d’autres individus. Nous sommes donc dans la mémoire de nos frères, et reconnu en tant que tel, d’ailleurs quel est le premier serment que nous prêtons lors de notre entrée dans le temple ?


 » Je préférerais mourir en me tranchant la gorge, plutôt que de trahir mes frères « 


N’affirme-t-on pas ainsi que la fraternité nous protège la mort ?


Et si mes frères étaient les garants de mon immortalité ?


Que deviendrais-je si je disparaissais de leur mémoire ?


Symboliquement la Mort à plusieurs significations :


Libératrices des peines et des soucis, elle n’est pas une fin en soi ; Elle ouvre l’excès au règne et de l’esprit, or c’est biens la survie de l’esprit que nous confère la fraternité ; c’est en cela quelle transcende la Mort.



J’ai dit.



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