Le Mythe #3161013

Naissance du monde, Mythes, Religion et Tradition

Auteur:

A∴ R∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
:  NC


Comment ne pas avouer que nosgrandes traditions se nourrissent aux sources de la philosophie des Mythes, et de la religion des Dieux.
Depuis les temps anciens, ils sont inventions d’humaines, parlent sur tout ce qui préexiste avant lui,et sur ce qu’il adviendra de lui, après son passage dans le temps.
Comment ne pas penser également, que pour accepter la valeur du récit mythique,nous devons l’attribuer à des entités, ou des puissances, qui échappent au temps et à l’espace, et de fait,l’accorder à des divinités surhumaines et éternelles ? Enfin, n’est-il pas salutaire d’accepter cet enseignement transmis par la poésie, le chant, les récits pour que chacun en fasse sa quête?

Ici, il n’est question, que de destinée en ce monde, voire dans l’autre si nous l’admettons, mais toujours en conscience et en liberté.
Le message philosophique, mythique ou religieux est, en substance, sous-entendu ou précis sur nous-mêmes, nos origines etnos devoirs d’humains.
Dieux et mythes en nous révélant d’où nous venons, nous indiquent aussi où nous allons.
Pourtant aucun récit ne nous dit clairement notre sort. Les chemins tracés qu’ils entrouvrent ne font que nous éclairer, et nous montrer le chemin de nos choix décisifs.
Les dieux et les mythes sont nécessaires à notre propre perception du monde et pourl’écriture de notre destinée. Nous les inventons afin qu’ils nous inventent, et nous permettent d’écrire notre propre histoire. Belle réciprocité.


Il n’est donc pas curieux de s’apercevoir qu’à des siècles d’intervalles, l’humain a pu inventer des récits différents sur l’origine de l’univers.
Des tablettes en terre cuite de l’époque sumérienne datant de 25 siècles avant JC, les dieux et les mythes, sont venus jusqu’à nous sans altération du temps, aussi construits et élaborés qu’au premier jour de leur invention. Leur substance est intacte et a marqué des traditions primordiales telles que : sumériennes, égyptiennes, iraniennes, grecques, indiennes, chrétiennes et musulmanes.
Ainsi, Hésiode avec sa Théogonie, un poème grec écrit au VIIIème siècle avant J-C, après l’Iliade et l’Odyssée,nous plonge dans un texte fondamental, une matrice.
Il s’agit du récit de la naissance du monde et des dieux. Un grand récit de la succession des générations divines.
Hésiode y évoque l’émergence du règne de Zeus, le dieu des Dieux, symbolisant la force.
Au début était le chaos, nous dit Hésiode. 

Le chaos qui représente le désordre, la mort, un trou noir abyssal et effrayant. Vient ensuite son contraire,la naissance de Gaia, la terre, la mère nourricière, elle est un miracle surgissant. Vient enfin le désir avec Éros, force vitale.
Ainsi,Hésiode, le poète nousenjoint de penser que le sens de la vie, doit régner dans l’harmonie, juste, et belle. Une vie où nous aurions tous notre place. Il affirme qu’il nous faut préférer le Cosmos cohérent au chaos distordu.
Dans la tradition qui nous est la plus connue, si ce n’est la plus familière, prenons la Genèse. Dans ce récit, l’origine de l’homme est animée par le souffle du divin. Ici point de sang ou d’eau, la part divine qui nous concerne est totalement spirituelle et cette notion donne toute sa dimension à cette démarche. Dieu crée la lumière, le ciel, la mer, la terre, les plantes, les planètes, puis les animaux et enfin l’humain. Homme puis Femme.
Il se sert de la poussière de la terre, uniquement car aucune herbe ni arbuste, n’avait encore poussé nous dit la Bible. Une fois modelé l’homme avec de la glaise, le divin grand architecte, insuffle une haleine de vie dans les narines et l’homme devient vivant. La femme, ou le deuxième sexe, vient ensuite selon le récit biblique

Le couple ainsi créé peut se reproduire pour enfanter, et pourtant le sexe comme procréation n’est pas la voie préférée du Divin. Les mythes associent beaucoup le sexe à la finitude et à la mort.
Ce qui explique que le mythe de l’androgynie soit préféré par nombre de traditions, Iraniennes ou Indiennes notamment.
Dans cette dernière, un récit nous indique comment « Purusha », androgyne indien, « se divisa et peupla le monde. »
Il avait, nous dit Mircea Eliade, l’ampleur d’un homme et d’une femme qui se tiennent embrassés. Ils se divisèrent en deux et devinrent époux et épouse. Ils s’unirent et créèrent les hommes, puis l’époux devint taureau et la femme vache et naquirent les bovins, lui devint étalon et elle jument et vinrent les chevaux…ainsi tous les couples furent créées par couples, jusqu’aux fourmis »
Dans certains récit rabbiniques, Adam lui aussi était un être androgyne. Adam et Eve avaient été conçus dos à dos, mais ayant difficultés à se voir, ils demandèrent à Dieu à être séparé. D’un coup de hache le divin les sépara en deux.
Sur la naissance de l’homme, le Coran rejoint la Bible. Pourtant un grand scepticisme semble de mise, sur la nature de l’homme, jugé imparfait et source de malheur. En effetsi le Dieu des musulmans, se sert aussi d’argile et insuffle l’esprit de vie à son modèle, un vent d’inquiétudese lève notamment avec Iblis, le chef des anges, créé de feu, qui refuse de se prosterner devant la nouvelle créature, créée de terre. Allah réprouva Iblis, et le chassa au motif du péché d’orgueil.

Mais ce sont les Grecs avec Platon, quiont le récit le plus complet sur la naissance de l’homme. Dans le discours d’Aristophane au cours du Banquet, Platon nous raconte que l’androgyne primitif réunissait en lui homme et femme.
Il avait quatre bras et quatre jambes, deux visages dans une seule tête et quatre oreilles. Mais ces humains trop ambitieux eurent l’outrance de vouloir défier les dieux en les rejoignant au ciel. Zeus, le Dieu des Dieux décida de les séparer en deux pour les affaiblir.
Il ordonna Apollon de les harmoniser dans leurs traits et celui-ci les dessina un visage sur le bon côté du corps, il arrangea le ventre et fit apparaitre le nombril. Il polit l’ensemble et assembla la poitrine avec un outil de cordonnier. Une fois l’androgyne disparut il fallut arranger les sexes de ces nouveaux humains, nous dit Platon.
Zeus mit alors les organes par devant, et ainsi « la conception se fit par la conjonction du mâle avec la femelle » nous dit le mythe. Avec l’invention des sexes Platon nous renseigne un peu sur l’homosexualité et sur notre espoir en l’amour de cette moitié de nous qui erre et qui cherche également la sienne. Un homme qui cherche un homme, une femme qui cherche une femme ou bien un homme qui recherche une femme, autant qu’elle peut rechercher un homme.

La femme justement créature particulière dans les récits de la Tradition.
Elle reste dans la Bible nous enseigne celle-ci, créée pour tenir compagnie à l’homme.
Dieu, nous dit le récit biblique « fit dormir l’homme et prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Puis de cette côte, Yahvé façonna une femme, et l’amena à l’homme.
Nous retrouvons dans le Coran la même légende, sauf que le livre sacré des musulmans, précise, que l’homme ne souffrit pas de cette création de sa propre chair.
Ainsi, les mythes bibliques et coraniques sont radicalement opposés aux autres récits notamment Grecs qui voient la femme comme complément essentiel de l’homme. Alors que Bible et Coran insistent sur une création de la femme après l’homme, et donc de son infériorité innée.
Le Coran qui insiste même sur le thème de l’usure du temps. L’homme dit-il avec l’âge se solidifie, créé de limon il se raffermit et devient ferme et consistant. La femme née de la chair, avec le temps s’enlaidit, car la chair avec l’âge se corrompt progressivement.


De terre et de chair dans les mythes et les légendes la naissance du monde varie selon les traditions des peuples, et rien ne serait plus absurde que de s’étonner de ces contradictions.
Petits ou grands, les Mystères, résonnent à nos oreilles avec une belle modernité. Ces vers et ces textes répandus par les aèdes apparaissent nés d’aujourd’hui,malgré l’épaisseur des siècles.
Ces écrits surgit du passé nous enseigne toujours avec autant d’acuité nos secrets de demain ?
Admettons que si chaque mythe diffère de l’autre, ils ont néanmoins des points communs, ceux de nos peurs et de nos désirs humains.
Enfer ou paradis, Mythes et Dieuxse relient dans un destin commun, qui transcende les imaginations des peuples et des civilisations.

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