Naissance du monde, Mythes, Religion et Tradition
A∴ R∴
Comment ne pas avouer que nosgrandes
traditions se nourrissent aux sources de la philosophie des Mythes, et
de la
religion des Dieux.
Depuis les temps anciens, ils sont inventions d’humaines, parlent sur
tout ce
qui préexiste avant lui,et
sur ce qu’il
adviendra de lui, après son passage dans le temps.
Comment ne pas penser également, que pour accepter la valeur du récit
mythique,nous
devons l’attribuer à des
entités, ou des puissances, qui échappent au temps et à l’espace, et de
fait,l’accorder à
des divinités surhumaines et
éternelles ? Enfin, n’est-il pas salutaire d’accepter
cet
enseignement transmis par la poésie, le chant, les récits pour que
chacun en
fasse sa quête?
Ici, il n’est question, que de destinée en ce monde, voire dans l’autre
si nous
l’admettons, mais toujours en conscience et en liberté.
Le message philosophique, mythique ou religieux est, en substance,
sous-entendu
ou précis sur nous-mêmes, nos origines etnos devoirs d’humains.
Dieux et mythes en nous révélant d’où nous venons, nous indiquent aussi
où nous
allons.
Pourtant aucun récit ne nous dit clairement notre sort. Les chemins
tracés
qu’ils entrouvrent ne font que nous éclairer, et nous montrer le chemin
de nos
choix décisifs.
Les dieux et les mythes sont nécessaires à notre propre perception du
monde et
pourl’écriture de
notre destinée. Nous
les inventons afin qu’ils nous inventent, et nous permettent d’écrire
notre
propre histoire. Belle réciprocité.
Il n’est donc pas curieux de s’apercevoir qu’à des siècles
d’intervalles,
l’humain a pu inventer des récits différents sur l’origine de l’univers.
Des tablettes en terre cuite de l’époque sumérienne datant de 25
siècles avant
JC, les dieux et les mythes, sont venus jusqu’à nous sans altération du
temps,
aussi construits et élaborés qu’au premier jour de leur invention. Leur
substance est intacte et a marqué des traditions primordiales telles
que :
sumériennes, égyptiennes, iraniennes, grecques, indiennes, chrétiennes
et
musulmanes.
Ainsi, Hésiode avec sa Théogonie,
un
poème grec écrit au VIIIème siècle avant J-C, après l’Iliade et
l’Odyssée,nous
plonge dans un texte fondamental, une
matrice.
Il s’agit du récit de la naissance du monde et des dieux. Un grand
récit de la
succession des générations divines.
Hésiode y évoque l’émergence du règne de Zeus, le dieu des Dieux,
symbolisant
la force.
Au début était le chaos, nous dit Hésiode.
Le
chaos qui représente le désordre, la mort, un trou noir abyssal et
effrayant. Vient ensuite son contraire,la naissance de Gaia, la terre, la mère nourricière,
elle est un miracle
surgissant. Vient enfin le désir avec Éros, force vitale.
Ainsi,Hésiode, le
poète nousenjoint
de penser que le sens de la vie, doit
régner dans l’harmonie, juste, et belle. Une vie où nous aurions tous
notre
place. Il affirme qu’il nous faut préférer le Cosmos cohérent au chaos
distordu.
Dans la tradition qui nous est la plus connue, si ce n’est la plus
familière,
prenons la Genèse. Dans ce récit,
l’origine de l’homme est animée par le souffle du divin. Ici point de
sang ou
d’eau, la part divine qui nous concerne est totalement spirituelle et
cette
notion donne toute sa dimension à cette démarche. Dieu crée la lumière,
le
ciel, la mer, la terre, les plantes, les planètes, puis les animaux et
enfin
l’humain. Homme puis Femme.
Il se sert de la poussière de la terre, uniquement car aucune herbe ni
arbuste,
n’avait encore poussé nous dit la Bible. Une fois modelé l’homme avec
de la
glaise, le divin grand architecte, insuffle une haleine de vie dans les
narines
et l’homme devient vivant. La femme, ou le deuxième sexe, vient ensuite
selon
le récit biblique
Le
couple ainsi créé peut se reproduire pour enfanter, et pourtant le sexe
comme procréation n’est pas la voie préférée du Divin. Les mythes
associent
beaucoup le sexe à la finitude et à la mort.
Ce qui explique que le mythe de l’androgynie soit préféré par nombre de
traditions, Iraniennes ou Indiennes
notamment.
Dans cette dernière, un récit nous indique comment
« Purusha »,
androgyne indien, « se divisa et peupla le monde. »
Il avait, nous dit Mircea Eliade, l’ampleur d’un homme et d’une femme
qui se
tiennent embrassés. Ils se divisèrent en deux et devinrent époux et
épouse. Ils
s’unirent et créèrent les hommes, puis l’époux devint taureau et la
femme vache
et naquirent les bovins, lui devint étalon et elle jument et vinrent
les
chevaux…ainsi tous les couples furent créées par couples, jusqu’aux
fourmis »
Dans certains récit rabbiniques, Adam lui aussi était un être
androgyne. Adam
et Eve avaient été conçus dos à dos, mais ayant difficultés à se voir,
ils
demandèrent à Dieu à être séparé. D’un coup de hache le divin les
sépara en
deux.
Sur la naissance de l’homme, le Coran rejoint la Bible. Pourtant un
grand
scepticisme semble de mise, sur la nature de l’homme, jugé imparfait et
source
de malheur. En effetsi
le Dieu des
musulmans, se sert aussi d’argile et insuffle l’esprit de vie à son
modèle, un
vent d’inquiétudese
lève notamment avec
Iblis, le chef des anges, créé de feu, qui refuse de se prosterner
devant la
nouvelle créature, créée de terre. Allah réprouva Iblis, et le chassa
au motif
du péché d’orgueil.
Mais
ce sont les Grecs avec Platon, quiont le récit le
plus complet sur la naissance de l’homme. Dans le discours
d’Aristophane au
cours du Banquet, Platon nous raconte que l’androgyne primitif
réunissait en
lui homme et femme.
Il avait quatre bras et quatre jambes, deux visages dans une seule tête
et
quatre oreilles. Mais ces humains trop ambitieux eurent l’outrance de
vouloir
défier les dieux en les rejoignant au ciel. Zeus, le Dieu des Dieux
décida de
les séparer en deux pour les affaiblir.
Il ordonna Apollon de les harmoniser dans leurs traits et celui-ci les
dessina
un visage sur le bon côté du corps, il arrangea le ventre et fit
apparaitre le
nombril. Il polit l’ensemble et assembla la poitrine avec un outil de
cordonnier. Une fois l’androgyne disparut il fallut arranger les sexes
de ces
nouveaux humains, nous dit Platon.
Zeus mit alors les organes par devant, et ainsi « la
conception se fit par
la conjonction du mâle avec la femelle » nous dit le mythe.
Avec
l’invention des sexes Platon nous renseigne un peu sur l’homosexualité
et sur
notre espoir en l’amour de cette moitié de nous qui erre et qui cherche
également la sienne. Un homme qui cherche un homme, une femme qui
cherche une
femme ou bien un homme qui recherche une femme, autant qu’elle peut
rechercher
un homme.
La femme justement créature
particulière dans les récits de la Tradition.
Elle reste dans la Bible nous enseigne celle-ci, créée pour tenir
compagnie à
l’homme.
Dieu, nous dit le récit biblique « fit dormir l’homme et prit
une de ses
côtes et referma la chair à sa place. Puis de cette côte, Yahvé façonna
une
femme, et l’amena à l’homme.
Nous retrouvons dans le Coran la même légende, sauf que le livre sacré
des
musulmans, précise, que l’homme ne souffrit pas de cette création de sa
propre
chair.
Ainsi, les mythes bibliques et coraniques sont radicalement opposés aux
autres
récits notamment Grecs qui voient la femme comme complément essentiel
de
l’homme. Alors que Bible et Coran insistent sur une création de la
femme après
l’homme, et donc de son infériorité innée.
Le Coran qui insiste même sur le thème de l’usure du temps. L’homme
dit-il avec
l’âge se solidifie, créé de limon il se raffermit et devient ferme et
consistant. La femme née de la chair, avec le temps s’enlaidit, car la
chair
avec l’âge se corrompt progressivement.
De terre et de chair dans les mythes et les légendes la naissance du
monde
varie selon les traditions des peuples, et rien ne serait plus absurde
que de
s’étonner de ces contradictions.
Petits ou grands, les Mystères, résonnent à nos oreilles avec une belle
modernité. Ces vers et ces textes répandus par les aèdes apparaissent
nés
d’aujourd’hui,malgré
l’épaisseur des
siècles.
Ces écrits surgit du passé nous enseigne toujours avec autant d’acuité
nos
secrets de demain ?
Admettons que si chaque mythe diffère de l’autre, ils ont néanmoins des
points
communs, ceux de nos peurs et de nos désirs humains.
Enfer ou paradis, Mythes et Dieuxse
relient dans un destin commun, qui transcende les imaginations des
peuples et
des civilisations.