Que la lumiere qui a eclairé nos
J∴ C∴ R∴
Notre travail en loge nous place dans une voie hors du temps qui guide notre present
« Que la lumiere qui a eclairé nos travaux continue de briller en nous, pour que nous achevions au dehors, l’œuvre commencée dans ce t.., mais qu’elle ne reste pas exposée aux regards des profanes… »
C’est le V M qui prononce cette phrase, après avoir fait mettre les F F à l’ordre. C’est souligner l’importance de la formule lancée et reçue à la fermeture des Trav…, face aux 3 Grandes Lum…, le tableau de loge laissant apparaître les symboles du 1er degré. La solennel lite de cette phrase en souligne l’importance pour tous les participants.
Lorsqu’il prononce ces mots, le V M nous fait entrer dans une voie insolite, chargée d’affirmations, de suggestions et une invitation. Il nous situe à la fois dans le passé, le présent et l’avenir. A nous de nous retrouver dans cette triple orientation. Voyant cela, je propose un sous titre que j’intitulerai : Notre travail en loge nous place dans une voie hors du temps qui guide notre présent.
Sous entendu, que le présent initiatique que nous vivons en commun est indissociable des notions de passé, et surtout, d’avenir.
Ce pourrait être à l’image de la vision que nous avons de ces constructeurs de cathédrales qui ont œuvré en s’appuyant sur des valeurs du passé religieux pour créer une œuvre imagée conçue pour « parler » au présent, et sans doute sans imaginer que des siècles plus tard, ces mêmes images, ces symboles religieux, parlent de la même façon qu’à l’origine de l’édification. C’est l’avenir.
N’est ce pas hasardeux de prétendre que le F M d’aujourd’hui ressemble à ces oeuvriers, ces architectes, ces maçons, ces tailleurs de pierre, ces vitriers ? Je ne le crois pas, et suis prêt à défendre l’idée, tout en comprenant que ce que nous construisons ne s’appuie pas sur des éléments « en dur », mais sur des symboles, des idées et une élévation, non pas de tours ou de clochers, mais de l’idée que ce que nous entreprenons doit participer à grandir l’homme dans son quotidien, dans son présent. L’avenir ne lui appartient pas, mais il a le devoir de le préparer en transmettant les valeurs intemporelles contenues dans ce Livre d’architecture que nous appelons : notre Rituel.
Mais attention : inutile de chercher à calquer notre démarche sur nos devanciers compagnons opératifs. La différence se situe en deux mots : Exoterisme – Esoterisme.
Commençons pas un ordre cohérent. Et nous savons que la notion d’ordre en F M est omniprésente à tous les niveaux d’interprétation ou d’évolution personnelle.
« Il est minuit V M »
C’est, pour moi, le présent ; fugace mais bien réel qui me situe entre deux visions. La 1ère vision, réelle du passé vécu en tant qu’initié dans ma Loge ; l’autre vision, suggestive et non formulée semble être l’avenir. Cela veut dire qu’il s’est passé quelque chose avant minuit, et qu’il s’en passera après dans la logique de la 1ère option.
Une voie hors du temps ?
Achever au dehors, l’œuvre commencée dans ce T ? Oui sans doute, mais il conviendrais d’abord de savoir en quoi consiste cette œuvre, et comment et pourquoi cette lumière brille en nous ?
Cette interrogation comporte bien des directions de recherche pour parvenir au point central ou nous sommes, avant de songer à continuer au dehors, c’est-à-dire dans le futur.
Je serais tenté d’y voir la notion de cycles, et pourquoi pas, de mythe de l’éternel retour ? Mais non ! Ce hors du temps tel qu’il est formulé échappe à toute chronologie, puisque le temps est une notion humaine associé à l’espace. C’est pourtant pour s’élever au dessus de notre contingence humaine que nous pratiquons un Rite d’ouverture de nos Travaux maç… Lequel Rite, par l’adhésion effective de tous les participants, se transforme en un rituel qui nous transporte malgré nous, hors du monde des apparences et du manifesté.
C’est donc « en esprit » que le F M pratique en Loge son œuvre initiatique, c’est-à-dire cette recherche de la Lumière qui doit l’éclairer. C’est la condition exclusive de sa propre compréhension des symboles qui lui sont proposés. Sinon, le maçon ne serait qu’un spectateur passif qui pourrait faire l’économie du tablier et des gants.
Qu’est ce qu’une voie hors du temps pour l’apprenti F M ?
C’est une série d’indications informelles dont on ne connaît pas les origines. Mais l’homme étant d’un naturel curieux, par défaut, il recréé son histoire, à travers le mythe. Un mythe, diront les savants, est un récit sacré, impliquant l’homme et son monde et faisant appel aux dieux ou à des forces cosmiques. C’est ainsi qu’il fut perçu, conçu depuis les temps les plus anciens. Mais, comme ces dieux ou ces forces cosmiques sont des inventions humaines, on peut considérer que le mythe exprime tout ce que l’homme ignore – par la force des choses – sur ce qui s’est passé avant lui et ce qui se passera après.
Et pour qu’un tel récit ait une valeur convaincante et véridique, il doit être attribué à des Etres ou des Puissances qui échappent aux contingences du temps et de l’espace = autrement dit = a des divinité supra humaines et éternelles. Elles seules peuvent conférer au récit mythique, la force et l’autorité nécessaire pour qu’il ait valeur d’enseignement, de message. Car il s’agit du destin de l’Homme en ce monde et dans l’autre. Un mythe fondateur ou de création, contient toujours un message explicite ou implicite sur nos origines, mais aussi nos devoirs de créatures conçues et voulues par les dieux. Car, en révélant à l’homme d’où il vient, le mythe peut lui révéler aussi ou il va, ou du moins ou il peut aller s’il se conforme aux prescriptions comme aux interdits du récit. Aucun mythe ne me propose une voie toute tracée à suivre en aveugle, mais plutôt des chemins et des choix cruciaux pour mon accomplissement en tant qu’Etre humain.
René Guénon (Aperçus sur l’Initiation) met le lecteur en garde lorsqu’il parle du mythe : ne pas le confondre avec le symbole. Pour lui, le mythe EST la Tradition, et la tradition est le support de l’initiation. Guénon décortique la signification du mot : mythe en grec MUTHOS, provient de la racine MU (muet) et représente la bouche fermée, et donc : le silence.
Une même racine pour deux mots évoquant le silence : mythe et mystère. Ce n’est pas tout : le même sens évoque le mystique qui, étymologiquement s’applique à tout ce qui concerne le mystère. « mustikos » est l’adjectif de « mustès » en latin : initié.
Ainsi donc, la tradition serait le support de l’initiation ? Mais quelle est cette tradition pour un apprenti F M du REAA ?
Nous savons qu’il y a autant de traditions que de mouvements de pensée, de recherche philosophique ou de traditions religieuses.
TRADITION : mot emprunté au latin « traditio », dérivé de « tradéré » =trans et donner. C’est le sens de transmission. C’est ce qui s’est passé pour l’apprenti lorsqu’il a intégré pour la première fois, la chaîne d’union.
Comment s’est-il retrouvé là ? Parce que le F1er surv. a précisé qu’il désirait la Lumière. Et s’il ne l’a pas perçue d’emblée, cette lumière désirée et recherchée était bien présente et visible, mais sous forme d’un symbole dans le symbole, ou seul, son regard pouvait être en mesure de le voir. Nous avons tous, ici, été en présence de cette énigmatique suggestion de la Lumière : souvenons nous lorsque le V M nous a demande de nous retourner, qu’avons-nous vu ? A nouveau le miroir reflétant la tête du nouvel homme devenu apprenti mais surtout, ce qu’il voit au dessus de sa tète, en reflet : le delta rayonnant qui est bien réel au dessus du V M à l’Orient ! Il vient de l’occident, il tourne le dos à l’orient et il peut contempler ce symbole majeur ! Et en plus, il est en présence de son parrain !! N’est-ce pas l’illustration de la triade : passé, présent et avenir ? Le parrain représentant le passé vécu transmettant les clef du Rite à un futur maître maçon du REAA ?
Cette tradition, celle qui nous concerne n’est pas un héritage unique et monobloc. C’est un ensemble de traditions diverses puisées dans le passé histirico/religieux de notre Occident, telles que représentées dans notre Volume de la Loi sacrée. Mais, ne confondons pas. Ce n’est en aucun cas une tradition religieuse, (tel que ce mot est interprété et compris de nos jours). Le REAA a puisé dans cet ensemble de traditions, un fil conducteur qui nous sert à la fois de repère et de témoignage : c’est le travail de la pierre ; c’est la destination de cette pierre ; c’est l’image, le reflet que cette pierre taillée et assemblée, nous renvoie, comme une réponse à ce qui est notre « voie hors du temps qui guide notre présent ». Et cet ensemble fini, prend pour nous la forme d’un édifice sacré, image supposée ou réelle d’un temple spirituel, reflet de la perfection divine ou, si l’on préfère, reflet de l’œuvre conçue par le GADLU. Et notre Rite, sans rien nous imposer, nous laisse imaginer et nous fait entrer dans la peau d’un compagnon constructeur de cathédrale.
Il y a l’homme, il y a la pierre brute, il y a la construction harmonieuse et il y a le ressenti de Celui qui contemple l’œuvre achevée et habitée par la beauté, la force et l’harmonie.
L’exemple proposé par notre Rite n’est pas une cathédrale, mais un temple qui cumule la double définition,à la fois mythique et légendaire : je veux parler du temple du roi Salomon, abondamment décrit dans notre VLS, et dont notre loge maçonnique reprend certains éléments symboliques que vous reconnaissez tous.
J’ai ainsi ma réponse à la 1ère affirmation de mon sous-titre et vais pouvoir aborder ce que peut être l’initiation pour un apprenti f.m. du REAA, au regard de « cette Lumière qui a éclairé nos travaux… »
On vous a dit, mes frères apprentis, que vous étiez initiés, comme on aurait pu vous dire « vous êtes vaccinés ». N’en croyez pas un mot ! Ce que vous avez reçu n’est rien d’autre qu’une sorte de visa,ou une feuille de route pour entreprendre un long voyage, dont vous ne connaissez ni le but, ni même l’itinéraire. Vous savez seulement aujourd’hui que vous avez commencé ce voyage dans une direction surprenante : à l’intérieur de vous mêmes. Si toutefois initiation il y à, c’est bien lors de ce face à face avec vous mêmes dans le miroir, et à deux reprises ! – entre votre JE et votre MOI. De profanes, vous êtes devenus mystes = celui appelé à découvrir le mystère. Dans le silence évoqué plus haut, vous vous immergez dans le mythe, suggéré et transmis par le Rite, pour, non pas suivre, mais vivre le rituel qui- si vous êtes muets, vous n’êtes plus aveugles- vous permettra d’appréhender ce que veulent vous dire les symboles maçonniques. C’est cela qui guide le présent.
L’initiation est une perception intime qui ne peut qu’être évolutive. On ne la reçoit pas comme une grâce mais comme une transmission.
C’est la raison pour laquelle elle reste vivante, car, ce que vous avez reçu, vous saurez et aurez le devoir, un jour futur, de transmettre à votre tour, ce qui vous a été communiqué par l’intermédiaire du Rituel.
Qu’est ce que l’initiation ? C’est le début du chemin intérieur entrepris par tout nouveau postulent. C’est le passage sans retour de l’état de profane à celui d’apprenti (je ne dis pas encore initié !), de celui qui attendait devant le temple avant d’être invité à pénétrer à l’intérieur. Et cet « intérieur » est justement en soi-même !
Si au cours de vos lectures,un auteur éminent vous l’explique en détail ; si un conférencier dans sa planche (comme moi, ce soir !) vous donne la recette ; si un frère de la loge vous dit « c’est ceci ou c’est cela », ne croyez ni les uns ni les autres avant d’avoir analysé votre propre jugement, votre ressenti sur la question. Le vécu initiatique est une formidable aventure personnelle qui se vit à travers soi, pour soi. Le maillet et le ciseau ; la pierre brute, ce n’est pas mon frère qui l’utilise à ma place, c’est moi. Ce qui est du domaine du ressenti, est par définition incommunicable. C’est le secret maçonnique.
Pourtant, si, malgré ce que viens de vous dire le conférencier que je suis ce soir vous parle de l’initiation, c’est uniquement pour vous faire part de ma propre expérience, mon propre vécu dans la pratique du REAA.
En franchissant la porte basse, je suis passé d’un état de conscience à un autre. Cet état transcendantal a pu créer les conditions pour entrevoir l’espoir de découvrir la part de lumière qui réside en chacun d’entre nous, mais bien cachée. Qu’il soit profane ou initié, tout homme en est possesseur. C’est le rôle de la pratique du rite qui devra être « l’éveilleur ». Je me suis retrouvé dans un présent moins fugace que le présent temporel, et, en pénétrant dans le mystère, je suis devenu un élément du mythe. Le franc-maçon que je suis devenu est à la fois le passé et l’avenir, grâce à ce présent qui m’a ouvert les yeux. Je suis entré dans cette voie hors du temps pour œuvrer dans le présent.
Quelle est cette œuvre pour un appr. F M ?
Le message transmis par les symboles devient de plus en plus audible. Le silence, d’abord, qui est une façon de déposer son fardeau qui peut freiner son voyage intérieur (préoccupations profanes, surcharge d’un SAVOIR trop encombrant, etc.) puis la pierre brute et les outils pour la travailler.
Au fait : pourquoi la pierre et pas le bois ? Peut-être parce que le bois est périssable et donc sensible aux éléments terre air eau feu, alors que la pierre est préexistante à l’homme et subsistera bien après lui. Souvenons nous de l’adage selon lequel l’homme est assimilé à un arbre, un chêne avec la solidité et la longévité afférentes à sa condition, ou bien : l’homme est un roc. Et nous avons là, toute la différence entre ce que furent le « vieil homme » et le nouvel initié.
Alors, pour qu’une fondation soit à la fois dans une perspective de voie hors du temps et dans le présent, lequel présent conditionne l’avenir, c’est bien la pierre qui doit être travaillée. Car, celle-ci recèle une étincelle de lumière originelle. Celle qu’a peut-être contemplée Adam ? Une pierre qui sera utilisée pour la construction du Temple du roi Salomon (nous dit la Bible).
Mais, la pierre ?
Et bien, celle que dégrossit l’app. semble contenir un secret ! Ce secret dont on parle beaucoup sans jamais prétendre le connaître, Y aurait-il une relation avec la « pierre cachée » des sages ? Il n’est pas interdit de l’imaginer si l’on considère son évolution naturelle. De l’étincelle qu’elle produit en la frappant jusqu’à ses multiples évolutions et fonctions, la pierre brute deviendra celle qui servira à bâtir l’édifice sacré, c.ad. l’Homme. Avec le temps elle pourra peut-être se transformer en une pierre semi précieuse, translucide et toujours détentrice de cette étincelle de Lumière contenue depuis son origine, comme par ex. une agate ? Cette pierre, c’est nous. C’est la manifestation matérielle de celui qui a frappé à la porte du temple. Il lui reste maintenant à continuer à chercher.
Cette pierre est le symbole fondamental de notre maçonnerie spéculative qui, avec les outils, nous rappelle que nous sommes relies (par filiation) aux compagnons opératifs, eux-mêmes héritiers d’une lignée légendaire dont l’origine se perd dans un passé lointain. Il faut peut-être y voir là le sens de « voie hors du temps » ?
Tous nos symboles recèlent un langage qu’il nous faut apprendre à décrypter. C’est le langage du Sacré. Le Sacré qui s’oppose au profane, se présente comme une réalité naturelle. Et l’initiation nous offre la possibilité de découvrir dans le quotidien, les signes du sacré. A ce propos, je rappelle que « profane » signifiait et désignait celui qui était sur le parvis du temple de Jérusalem et n’avait pas encore qualité pour y entrer.
Cette connexion entre l’initiation et la recherche du sacré, transforme le maçon par l’adhésion au projet d’un pèlerinage « en lui-même »par la renaissance en une vie plus « éclairée » comme si, par la magie d’une cérémonie rituelle, celui qui était dans les ténèbres se trouve soudain guidé par une étoile qui l’orienterait et placé dans une lumière qui « illuminerait » ce qui doit être vu. Cette lumière-lueur-clarté ou tout autre terme approprié, se présente comme l’instrument, sinon le but de l’initiation. C’est une des raisons pour laquelle la Loge est une communauté de témoignages de tout ce qui est inscrit au cœur du meilleur de l’humanité. Nous sommes comptables de cette lumière à donner, à transmettre, du fait que nous l’avons reçue.
J’ai été reçu et mis sur la Voie, c.a.d. initié dans une loge pratiquant le REAA Ce rite comporte un Rituel, lequel a pour fonction de projeter sur des objets,cette lumière citée plus haut pour les animer et faire que ces objets se transforment en symboles, lesquels, par leur fonction, seront le support du symbolisme.
Le symbolisme remplace, pour le F M. Que je suis, ma boite à outils il est la Voie Royale pour comprendre l’esprit de toute construction, toute création Il est un des fondements, comme la pierre d’angle, un élément central de ma recherche. Mais si je ne reste pas vigilant, le symbolisme peut engendrer une confusion entre le symbole, le signe ou le mot qu’il remplace. Il n’y a plus dans ce cas que l’exploitation de similitudes ou de simples proximités analogiques. S’il reste un élément figé, il n’est qu’un objet, voire un emblème. Il perd alors ses pouvoirs magiques=ceux d’une aide à la compréhension des mystères de la Création et de la Vie. Le symbolisme est un outil : il n’est pas le but de notre quête l’initiation nous invitant à rechercher la Connaissance, pas le savoir. Les faux savoirs et les sophismes, les idées à la mode sont au nombre des perversions de notre méthode initiatique.
Oswald Wirth (la F M Rendue intelligible à ses adeptes –maître) nous met judicieusement en garde contre les excès engendrés par cette « langue des symboles » quand il écrit : « dans tous les domaines, tout est symbole ; ne soyons pas dupes du symbolisant et pénétrons jusqu’au symbolisé ». Le symbolisé c’est le symbolique qui devient la transfiguration issue du symbolisme. La forme la plus achevée de « ce symbolique » sera une représentation subjective du concept GADLU. Ce sont effectivement ces outils qui, grâce à l’imaginaire, vont aides à la compréhension et à la construction du réel.
Une question peut se poser : suis-je entant que F M, et peut-être initié, dans le réel ?
Autre question : la réalité est elle à l’image du monde extérieur qui conditionne notre vie de tous les jours ? La réponse est contenue dans nos rituels d’ouverture et fermeture de nos travaux en Loge. Un équilibre entre le temps profane et le temps sacré. Un équilibre entre l’homme social et celui en quête de spiritualité. L’un ne va pas sans l’autre.Un asocial ne fera pas un initié, capteur puis transmetteur de nos valeurs initiatiques. Le présent pour un maçon sincère ne se situe pas seulement en loge, mais dans cet espace (dit) profane entre minuit et midi, là ou doit être réalisé ce qu’il promet à la fin de chaque Tenue : « continuer au dehors, l’œuvre commencée dans le temple ». Et si j’ai bien suivi et écouté ce qui est dit lors de la transmission de la flamme sur les 3 piliers, ainsi que l’extinction de ces mêmes flammes, je dois savoir quelle est ma mission et quelle est cette œuvre.
Continuer au dehors ?
Six mots encadrent la réponse : midi minuit, ésotérisme et exotérisme, et pierre cubique.
Notre premier devoir, à midi, est le dépôt de nos métaux à la porte du T… Il nous faudra les reprendre à minuit. Ces métaux, ce sont nos certitudes, nos jugements sur autrui, nos inattentions sur notre prochain, nos défauts et quelques fois aussi une trop grande complaisance vis-à-vis d’un ego démesuré. La mission qui nous est assignée est de reprendre ces métaux avec un regard et une attitude différente à condition que le rituel nous éclaire sur notre perception du dehors. Nous devons évoluer en permanence entre l’ésotérisme du Rite et l’exotérisme, là ou se trouve le profane à qui rien ne doit lui être révélé.
Nous sommes chacun une pierre, a-t-on dit. Cette pierre à la forme d’un cube, lequel renferme notre secret ésotérique. Si, au dehors nous voulons continuer l’œuvre, sachant ce qu’il contient, nous ouvrirons notre cube qui, de volume se transformera en plan ; et ce plan aura la forme d’une croix. C’est à l’image de cette forme crucifère que les comp. Opératifs ont construit les édifices sacrés pour transmettre un message à tous, moyennant l’obligation de croire. C’est l’exotérisme. Si nous savons ce que renferme le cube, nous avons le devoir de transmettre, par symboles et par images (sans parler de l’exemplarité) à ceux qui ont le désir de chercher, de connaître.
C’est peut-être cela, faire que la Lumière continue de briller en nous ?
J’ai dit V M
R R