La Lumière
H∴ N∴ F∴
La
Lumière, depuis l’aube de notre vie sur Terre, c’est l’astre Roi qui
ressuscite
chaque matin de sa mort de la veille. La Lumière est aussi symbole de
Vérité et
d’Omniscience.
Le Soleil est notre étoile, énergie créatrice fondamentale, source de vie. Tous les atomes qui nous composent, sont nés dans les étoiles. C’est le premier modèle de la divinité suprême à l’origine de nos religions, Entité qui ne peut être regardée en face sans y perdre la vue.
Lumière et ténèbres font le Ciel, scène par excellence où se succèdent les contraires, où s’affrontent les cycles, où se jouent les ascensions astrales comme les déclins. C’est l’écran majeur où se constate l’Univers. Il est le modèle gigantesque du nombre et de l’ordre par les lois qui le régisse.
Lorsque le Soleil est à son Zénith, les ténèbres sont au Nadir, dans les profondeurs du cosmos. Le Grand Horloger régit imperturbablement la succession précise de leurs règnes successifs.
Il y a là un axe vertical, fil à plomb imaginaire qui traverse la matière brute de la Terre et dont notre âme est le centre. Toute ascension le long de ce fil est une élévation vers la lumière, toute glissade le long de ce fil est une plongée vers les forces sombres des ténèbres, ce sont des allers-retours incessants entre deux sources de connaissance tout au long de notre vie.
C’est le conflit perpétuel qui se joue en chacun de nous entre le bien et le mal, la vérité et l’erreur. Il ne saurait y avoir de lumière sans ténèbres, fondamentalement complémentaires, c’est la dualité originelle.
Lors de notre initiation, nous sommes d’abord introduits dans la pénombre sépulcrale du cabinet de réflexion. Cette cohabitation avec l’idée de la mort est sensée stimuler notre conscience créer une fissure dans nos certitudes et nous faire réfléchir plus profondément sur notre existence.
Mais même au fond de ce simulacre de tombeau, une petite flamme solitaire vacille. C’est dans les ténèbres de notre fondamentale incomplétude que luit aussi notre propre richesse. C’est en soi que se poursuit l’exploration, le coq nous l’annonce tel Jean le Baptiste.
Après l’épreuve de la terre, nous commençons par voyager encore aveuglé mais entre des mains sûres, cheminant d’un pas mal assuré sur ce que nous découvrirons ensuite être un pavé mosaïque parsemé d’embuches.
Lorsque le bandeau nous est ôté, en plus de tous les Frères qui nous accueillent, notre vision est saturée des symboles qui décorent la Loge et que nous auront tout loisir d’étudier par la suite.
A l’Orient, le Delta lumineux encadrant l’œil omniscient du GADLU, conscience universelle, avec le Soleil à droite et la Lune à gauche. Sous le Delta le Vénérable Maitre surplombant les trois Grandes Lumières de la Loge et tous ces symboles que nous n’avons pas encore remarqués… La Lumière est amplement représentée à l’Orient !
Notre initiation n’est pas une illumination, elle ne nous fourni pas de Lumière sur un plateau d’argent mais nous ouvre une méthode avec le chemin du symbolisme. Le chemin de notre âme vers la lumière ne sera qu’une suite d’alternances entre phases sombres et claires.
En loge, les trois grandes lumières de la Maçonnerie nous invitent d’emblée à nous attarder longuement sur leurs richesses qu’elles suscitent.
La Bible, ou livre de la connaissance sacrée, est ouverte sur le prologue de Jean. Les cinq premiers versets ouvrent à des interprétations profondes et infinies sur la puissance du Verbe et la nature de la Lumière. Sur Elle repose l’Equerre, ou la rectitude dans cette recherche et la conduite de sa vie et le Compas, comme la constante adaptation entre les oppositions nécessaires et fécondes.
Ces trois grandes lumières alimentent et balisent notre route, elles nous enseignent non seulement à faire évoluer notre entendement, mais à réaliser que le fait de vivre est lui-même un phénomène singulier, une lumière pour les hommes dit l’Evangéliste.
Au
centre du Temple, entre Zénith et Nadir, Orient et Occident, Midi et
Septentrion brillent les trois petites lumières, comme trois petites
étoiles
descendues de la voûte céleste sur les trois piliers pour distinguer la
Sagesse, la Force et la Beauté. Vertus essentielles donnant consistance
à
l’éthique qui doit nous animer et nous faire persévérer dans la
recherche de
notre divinité intérieure, notre lien intime avec la Création.
Intendants de notre petit empire personnel, nous assumons avec plus ou moins bonne volonté une situation dont le sens global nous échappe. Mais nous devenons jour après jour un peu plus conscients de nous-mêmes et de notre influence toujours un peu plus positive sur notre milieu et notre devenir.
Nous avons besoin de paix autour de nous pour commencer à trouver notre propre paix intérieure. Nous découvrons ainsi l’importance de la nature de notre conduite dans le monde profane et que c’est en privilégiant l’harmonie autour de soi que nous pourrons la créer en nous.
La Lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont pas perçue ! Symboliquement, nous pouvons être baignés d’informations et ne rien en percevoir. Une intuition ou un évènement doivent au préalable éveiller notre entendement, créer une fissure dans nos certitudes et nous permettre de sortir de notre gangue comme un papillon de sa chrysalide.
L’Orateur rappelle lors de chaque initiation que, je cite : « La Franc-maçonnerie proclame, comme elle l’a proclamé dès son origine, l’existence d’un principe créateur, sous le nom de Grand Architecte de l’Univers. Elle n’impose aucune limite à la recherche de la vérité et c’est pour garantir à tous cette liberté qu’elle exige de tous la tolérance… »
Il est précisé à l’article 1 de la Déclaration de Principes de la GLDF que : « La Grande Loge de France travaille à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers.
Quel est le lien qui nous unis à la Création et à son Grand Architecte ? Quel est le chemin vers la Lumière qu’il symbolise ?
A l’origine matière inanimée, aucune vie ne se serait développée sans l’intention qui a fait ce que nous sommes.Avec ce dessein singulier et l’énergie dispensée par le Soleil pour se reproduire, progresser, se développer, nous en sommes arrivés à vouloir comprendre le comment et le pourquoi de l’existence…
Plus le champ de notre esprit s’agrandit, plus nous apprenons à lire les réponses à la question du comment. Mais la question du pourquoi se heurte au mystère fondamental et nous invite soit à une foi inconditionnelle en un dogme, soit à une recherche libre par la spiritualité.
Avec le symbole du Principe Créateur demeure pour toutes les consciences une constatation fondamentale : Si la création, dans tout ce qui est perceptible à nos sens, est réelle, son origine restera toujours mystérieuse mais nous sommes tous invités à la découvrir avec des yeux neufs pour nous émouvoir de sa formidable nature baignée d’une intelligence prodigieuse…
Les ténèbres sont en nous, la Lumière aussi. Ces deux là sont les machinistes de l’immense théâtre qu’est la vie. Nos âmes sont les comédiens, jouets plus qu’acteurs d’une œuvre qui les malmènes et qu’ils aimeraient bien comprendre.
J’ai dit.