Les Origines du rite et des constitutions
Non communiqué
Mes Frères, quel est le
lien qui nous unit ? C’est la franc-maçonnerie. Qu’est ce
que la franc-maçonnerie ? C’est une alliance universelle
d’hommes éclairés, réunis pour
travailler en commun au perfectionnement spirituel, moral,
matériel et intellectuel de l’humanité. Ces mots,
ces phrases, sont ceux que nous apprenons tous par cœur
durant notre apprentissage.
Bien souvent, nous les oublions après, non pas que nous nous
sentions débarrasser d’une corvée, mais
logiquement, plus le temps passe, plus nous vieillissons et plus nous
nous élevons. Le résultat fait
qu’automatiquement, nous nous éloignions de la
base. Alors pour un instant, redescendons. Juste un peu d’histoire afin
de situer la franc-maçonnerie dans le temps et les
époques. Tout d’abord, pour une
société qui serait prétendument
secrète, la franc-maçonnerie détient
un record singulier, c’est celui de la bibliographie. En 1925,
déjà ¾ de siècle, un
érudit allemand du nom de WOLFSTIEG avait
déjà dénombré (Toutes
œuvres confondues) plus de 54.000 titres traitant du sujet
Imaginez vous ¾ de siècle après,
à l’aube du nouveau millénaire, et avec les
récentes affaires, ce que cela peut donner en plus comme
articles, brochures et livres divers.
Cette planche n’a pas pour but de les connaître ni de les
énumérer, mais plus simplement, je dirais qu’il
s’agit ici d’un résumé de notre histoire, de ses
bases et des origines de nos Constitutions.
Au commencement, à la
sortie de l’âge des cavernes, dès qu’il se trouva
des hommes pour extraire la pierre, au moyen de la construction ils
élevèrent des murs et posèrent dessus
un toit pour s’abriter. Dès cet instant, l’ARCHITECTURE
était née. L’Architecture est la mère
de toutes les civilisations. Elle est la condition première
car sans elle, nulle pensée créatrice ne peut
prendre forme. Cette inspiration émane directement du Grand
Architecte de l’Univers et elle en est l’expression humaine. Dans sa
forme originelle et de part sa source, elle justifie sa
prééminence sur les autres arts pour faire
entendre et comprendre ce qu’était la vie et les aspirations
des peuples qui bâtissaient.
Bien des siècles plus tard se dresseraient dans les cieux
européens les grandes cathédrales qui pour
MICHELET étaient « de
gigantesques actes de Foi ». Au Moyen
âge, il s’est trouvé des architectes, des
tailleurs de pierre, des appareilleurs et des imagiers pour donner
à l’ART ROYAL sa destination la plus haute : La gloire de
Dieu, Incréé et Créateur, à
la fois géniteur et asexué, en un mot : Le Grand
Architecte de l’Univers. Lorsque vers 1145, le moine cistercien Garin
de Troyes appartenant à l’abbaye de Fontenay,
réussi a appliquer à la
géométrie les « Postulats
d’Euclide », il venait d’inventer l’art
du Trait, qui permettrait aux Compagnons du Devoir d’élever
les constructions que nous connaissons encore de nos jours
La franc-maçonnerie, née au cours du
12ème siècle, est issue du milieu des
bâtisseurs. Ils étaient à
l’époque les seuls capables de construire ces
cathédrales. En somme, ils étaient les
représentants de la haute technologie de leur temps. Si nous
pouvons connaître quel monastère forma les
premiers d’entre eux, ce que nous ignorons encore, c’est où
et comment ils ont été recrutés et sur
quelles bases ils le furent pour être plus précis.
Tous ces hommes étaient organisés en
confréries. Détachés des structures
sociales et politiques de leur temps, ouvert à tous ceux qui
en acceptent les règles, la confrérie unit les
hommes épris d’un même idéal. On
trouvait dans leurs rangs des Maîtres, des Compagnons et des
Apprentis. Ils furent les premiers FRANCS-MACONS. J’ouvre ici une
brève parenthèse. Il faut savoir que le mot franc
maçon est français. Au temps des constructeurs,
c’est à dire au 11ème siècle,
c’était le terme exact pour désigner ceux qui
appartenaient à des confréries ou des
corporations qui bénéficiaient d’une franchise.
Voyez la Franche-Comté qui était en fait une
Comté Franche, ou encore les francs bourgeois.
De nos jours existent encore des ports francs. Rappelons nous de
discussions entre Frères qui faisaient remarquer que le
terme Franc Maçon venait de l’anglais Free Masson, mais
n’oublions pas non plus que nos Chers Frères d’outre-Manche
placent la charrue avant les bœufs. Il nous suffit de faire
comme pour le mot V I T R I O L rectifier. Cette franchise donc,
permettait de libérer un homme, un vilain, de son servage.
Le seigneur de son fief lui accordant alors le droit de devenir autre
chose que sa condition première ne lui aurait pas permis. En
quelque sorte naissait l’homme nouveau. On peut comprendre
également le terme Franc-maçon dans le sens de
maçon travaillant la pierre franche, celle que l’on taille
et que l’on sculpte. Le franc-maçon est l’artisan qui par
son habileté et sa compétence a su devenir un
homme libre, libre d’esprit et j’irai jusqu’à dire de libre
pensée puisque son propre créateur, affranchi de
sa servitude par son travail, délivrant par son art de
travailler la matière, un message de liberté
intellectuelle et de pure spiritualité.
La hiérarchie pyramidale est basée sur le
Maître d’œuvre appelé
également Vénérable, qui est
respecté, non pour sa personne mais pour sa fonction, ses
qualités spirituelles et son expérience. Il est
chargé outre l’organisation générale
du travail sur le chantier, de veiller à
l’évolution spirituelle de tous les membres. Dans sa
tâche, il est secondé par les autres
Maîtres, les Surveillants, qui dirigent les
équipes sur le chantier. Ces équipes sont
formées par des Compagnons auxquels sont adjoints les
Apprentis.
Assujetti aux rudes
épreuves du service sur le chantier, le postulant se voit
astreint aux tâches les plus basses et soumis aux railleries
de la part de ses aînés. Tout est mis en
œuvre pour éprouver sa volonté et le
dissuader d’intégrer la confrérie. S’il parvient
à faire preuve de patience et de stoïcisme, il sera
accepté et subira les épreuves de l’initiation.
Une fois admis, outre l’application au métier, une conduite
irréprochable sera exigée de lui ainsi que le
strict respect des lois de la confrérie.
Celui qui transgresse les lois de l’ordre est
sévèrement puni et en cas de faute grave, de
divulgation des rites et des secrets au profane, il peut-être
exclut à vie de l’ordre. Il ne nous faut pas comprendre les
soucis du secret avec une volonté
déterminée d’occulter les connaissances, mais
l’enseignement ésotérique (du grec Eisio pour ce
qui est en dedans) dispensé dans les ateliers à
pour but d’éviter la dissolution des connaissances et
surtout les mauvaises transmissions qui en résulteraient.
Seul celui qui a réussi les épreuves peut
apprendre et transmettre. C’est le principe même de la
confrérie ; la transmission de l’enseignement avec le souci
que ce dernier survive aux hommes. Souvenons-nous
d’Archimède pendant que Syracuse tombait. Alors qu’il allait
être frappé à mort par le soldat
romain, il lui aurait dit : « Tue-moi mais
n’efface pas çà ».
Hormis l’aparté sur Archimède, tous les
éléments que j’ai cités seront, comme
nous le verrons, repris plus tard par Anderson pour
l’établissement des Constitutions. J’ai utilisé
le mot YMAGIER et non pas YMAGEUR en l’écrivant avec un Y
pour initiale comme dans sa forme en français de
l’époque. J’aurais plutôt dû
employé à la place le terme barbare d’IMAGINEUR
car « TOUT EST IMAGINATION ».
Ces ouvriers étaient en fait des OEUVRIERS. Ayant la charge
de faire naître sous leurs mains les statues, ils faisaient
appel à leur imagination ainsi qu’à leur
interprétation symbolique des Ecritures. Ils
créaient une œuvre en taillant leur pierre. Ce
n’étaient aucunement des illettrés comme nous
pourrions le penser, mais des gens simples, instruits sur les chantiers
pour la plupart, et à qui l’ont communiquaient la
CONNAISSANCE.
« Un maçon est obligé par sa tenure d’obéir à la Loi morale, et s’il comprend bien l’Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux ». (Art 1 des Anciennes Obligations). Des querelles virent le jour entre Francs Maçons appartenant aux confréries et les autres, maçons grossiers, appartenant aux corporations et n’ayant pas eu accès aux Arcanes du Métier, n’entendant pas l’utilisation du compas, de l’équerre et de la règle. Elles ne servirent qu’à creuser le fossé entre eux. Les Confréries de Francs Maçons apparurent en Occident aux environs du 10ème siècle sans que cette période puisse être vraiment retenue comme authentique.
Dans « LA
FRANC-MACONNERIE, HISTOIRE ET INITIATION »,
Christian JACQ nous rapporte la légende suivante,
tirée du Manuscrit « Cooke »
: « Durant le 10ème
siècle vivait en Angleterre un roi du nom de ATHELSTAN. Ce
roi régna jusqu’aux environs de l’An 940. Ce serait sous son
règne que Saint Alban fit construire par des
maçons la ville qui porte son nom. L’un des fils du roi
prénommé Edwin voulant faire partie des
constructeurs, il devint géomètre et
Maître d’œuvre après avoir franchi
toutes les étapes de l’Initiation Maçonnique. Elu
Grand Maître, il aurait fondé à York la
première Grande Loge et réunit une
Assemblée Plénière en 925 ou 926,
assemblée qui devait ensuite se tenir tous les ans et qui de
nos jours fait partie de nos Traditions ».
La légende toujours, raconte qu’Edwin aurait voulu
procéder à la rédaction de
Constitutions propres aux Maçons. Pour ce faire et par souci
d’honnêteté, il aurait réuni tous les
Rituels Maçonniques accessibles dans toutes les langues de
l’époque. Les Maçons des diverses
régions du globe lui auraient fait parvenir des
écrits en Grec, en Latin, en Français et en
Allemand. Edwin en fit faire une compilation et désormais un
Livre des Constitutions serait remis à chaque nouveau Franc
Maçon. La phrase qui débutait l’ouvrage aurait
été : « GRAND
ARCHITECTE DU CIEL ET DE LA TERRE, FONTAINE ET SOURCE DE TOUTE BONTE,
QUI BATIT DE RIEN SA CONSTRUCTION VISIBLE ».
(Référence Manuscrit COOKE. Vers 1410/1420).
Réalité, légende, la plupart des
historiens ne jugent pas sérieuse l’histoire d’Edwin, fils
de roi, architecte, géomètre et
franc-maçon. Le haut moyen âge, je devrais
plutôt dire le Grand moyen âge, celui des
cathédrales, meurt avec le 14ème
Siècle et la Disparition de l’ordre du Temple. Les Francs
Maçons ne jouissent plus en France de la puissante
protection de l’ordre. La période fin
15èmè Siècle début du
16ème voit encore les Francs Maçons beaucoup
voyager. (Ils auraient été alors plus de 30.000).
Ils sont allé partout, aussi bien dans le monde occidental
que dans le monde oriental. Leurs constructions témoignent
pour eux en Angleterre, en France, en Espagne, au Portugal, en
Allemagne, en Italie, en Palestine, à Chypre. C’est
également cette époque qui voit naître
le récit selon lequel un passant observant 3 ouvriers sur un
chantier leur aurait posé cette question :
« Que faites vous ? ».
Le premier aurait répondu : « Je gagne ma vie », le deuxième « Je taille une pierre », le troisième, « Je construit une cathédrale ». Seul celui-là aurait été un Initié. Le 16ème siècle voit les non maçons entrer en Loge. Dans les débuts, se ne sont pas encore des intellectuels ni des philosophes mais plutôt des hermétistes. Ces « Maçons » dits « Acceptés » seront de plus en plus nombreux dans les Ateliers. Cette période de la fin du 16è et du début du 17ème verra la venue des bourgeois, puis celle des prêtres et des nobles. La réaction en sera que les Opératifs et les Manuels quitteront les Loges et la fracture se fera entre les Francs Maçons et les Compagnons.
Frères utérins d’une même mère « LA CONNAISSANCE » ayant œuvré pour un même but « LE PERFECTIONNEMENT » dans le respect d’une même Règle, « LA TRADITION ». Ce ne sera que quelques siècles plus tard que de timides rapprochements auront lieu. En 1535, l’Evêque de Cologne Monseigneur HERMAN estime que le destin des constructeurs est menacé et qu’il faudrait de nouveau définir le rôle de la Francs Maçonnerie par rapport aux grands problèmes du temps. Pour cela, il provoque la réunion de Cologne où des délégations de Francs maçons viennent des toutes les capitales européennes. Leur premier travail devra être une charte où sera affirmée l’antiquité de l’Institution et son originalité. Décision sera prise de conserver les signes et les mots rituels, le patronage de Saint Jean étant toujours de mise. Cette charte stipule qu’une Loge désirant initier un profane doit obligatoirement comprendre 7 Frères, placés sous la direction d’un Maître. Ainsi, les bases de l’ordre sont conservées dans leur ensemble.
En 1599 Des documents maçonniques Administratifs comme les Procès-verbaux de la Loge Saint Mary’s Chapel à Edimbourg, sont connus. (Le premier procès-verbal d’une initiation daterait du 9 Janvier 1598). Le nouvel initié ayant pour nom Alexandre CERBIE. Les Loges étant fixées dans les villes, elles deviennent plus accessibles aux profanes. La Tradition étant conservée par des Artisans, souvent se sont eux qui dirigent les Loges. C’est sans doute pour cela que la maçonnerie dite « ECOSSAISE » est considérée comme la plus respectueuse des idéaux primitifs.
L’année 1688 aurait vu la création à Saint Germain en Laye d’une Loge fondée par le Roi Jacques II Stuart, alors en exil en France. C’est cette première Loge fondée en 1688 qui aurait introduit la maçonnerie écossaise détentrice des Rites les plus anciens, inspirés des initiations de Bâtisseurs et de la Tradition Templière.
1717 marques la naissance de la Franc Maçonnerie moderne ou « SPECULATIVE ». Un pouvoir maçonnique centralisateur est constitué ; une Logé Mère s’arrogeant la toute puissance législative.
En 1718, le Grand Maître PAYNE demanda aux Frères d’apporter en Grande Loge toute pièce d’archives concernant la Fraternité, et à plusieurs reprises au cours de tenues trimestrielles de Grande Loge, plusieurs documents lui furent présentés.
En 1721, Payne put soumettre un
règlement contenant 39 articles ainsi que les textes dont il
s’était servi. 29 Septembre 1721. Une tenue de Grande Loge
chargea le Révérend ANDERSON de
« mettre en ordre dans une nouvelle
méthode » les Anciennes
Constitutions.
Le 25 Mars 1722, Création d’une commission de 14
Frères (2×7) qui rapporta. 25 Mars 1722. Sur ordre du Duc de
MONTAIGU alors Grand Maître de la Grande Loge d’ Angleterre,
le pasteur James ANDERSON fait imprimer et éditer le livre
intitulé : « DES
MACONS FRANCS ET ACCEPTES » ; Recueilli
par lui dans les Anciennes Archives. Ces Anciennes Obligations sont LE
LIVRE DE LA LOI des Maçons Spéculatifs. Elles
énoncent quels sont les Devoirs et Obligations envers
l’ordre, La Loge, Les Frères ainsi que la conduite qu’un
maçon doit tenir chez lui. Elles seront dans le Livre des
Constitutions.
Ces Anciennes Archives ou Old Charges sont en grande partie
tirées du Manuscrit COOKE. Le manuscrit Cooke se
présente comme un poème anonyme daté
aux environs de 1410. Ce manuscrit dont l’érudition laisse
à penser qu’il est le fruit de la collaboration de plusieurs
auteurs, comme son modèle immédiat le REGIUS,
aborde d’une manière neuve l’éloge des ARTS
LIBERAUX et l’histoire légendaire du Métier de
Bâtisseur. L’histoire relatée par le manuscrit
Cooke est un véritable enseignement voilé sous un
manteau d’allégories. Si nous l’examinons dans le
détail, les différents aspects du manuscrit sont :
a) La Maçonnerie comme fondement des Arts Libéraux. Ce trait de pensée s’appuie sur l’Universalité de l’Architecture qui fait appel à l’ensemble des Arts Libéraux et sur le fait que, d’après la Genèse : (Chapitre 4, 17). Je cite : « Caïn connu sa femme, qui conçut et enfanta Hénok. Il devint un constructeur de ville ». Si je lis bien, l’invention de la maçonnerie précéda et prépara peut-être l’invention des autres Arts Libéraux, le trivium (Grammaire, rhétorique, dialectique) et le quadrivium. (Arithmétique, géométrie, astrologie et musique) Poursuivons notre citation. Nous lisons : (Genèse 4, 18-19). « A Hénok naquit Irad, et Irad engendra Mehuyaël, et Méhuyaël engendra Métushaël, et Métushaël engendra Lamek. Lamek prit deux femmes ; le prénom de la première était Ada et le nom de la seconde Cilla et encore : (Genèse 4, 22) : Cilla enfanta TUBAL-CAÏN ; il fut l’ancêtre de tous les forgerons en cuivre et en fer ».
b) Les « Patrons»
du métier de Bâtisseur. Les « Patrons »
cités en référence dans le manuscrit
REGIUS daté de 1390, sont remplacés dans la
rédaction du manuscrit Cooke par la
référence aux « Patrons
Testamentaires » du Métier,
Testamentaires par référence à
l’Ancien Testament. Ces ‘anciens patrons’ étaient : SEVERIN,
SEVERE, CARNOPHORE et VICTORIN.
Quatre tailleurs de pierre martyrisés. Ils sont
représentés sur une clef de voûte de
l’église de Chars. Appelés également
« LES QUATRE COURONNES »,
ils représentent symboliquement les 4 points cardinaux,
rayonnant à partir d’un centre qui est l’initié
lui même et en qui tout se trouve. Ces « nouveaux
Patrons » cités dans la Bible
sont : Genèse 4, 20-21 Caïn et Jabel
« Patrons »
des maçons ; Jubal « Patron »
des musiciens ; Tubal-Caïn « Patron »
des forgerons et Naamah, sœur de Tubal-Caïn
« Patronne »
des tisseuses et des fileuses. (Sic) Réf. Manuscrit Cooke.
Puisque je cite à nouveau Tubal-Caïn en temps que « patron » des forgerons, il me paraît nécessaire de rappeler que beaucoup considèrent les « Opératifs » originels comme ayant été des orfèvres en la matière, que se soit en matière d’architecture, de taille de pierre et de sculpture. Or si nous analysons le terme « orfèvre », qu’y trouvons-nous ? Tout d’abord le préfixe « OR », du Latin Aurum, métal noble et précieux, et ensuite le suffixe « FEVRE », qualificatif vieux français, qui s’est fait ‘patronyme’ et a pris les formes de « FAVRE ». « LEFEVRE » ; « FABRE » ; « LEFEBURE » avec un V ou avec un B ou même les deux, le V s’étant transformé au moment de la révolution pour devenir un U. Toutes ces formes d’un même mot variant selon la région d’origine et qui signifient « FORGERON ». Le tout réuni établissant le qualificatif de « FORGERON DE L’OR ». Bien qu’étant placé sous le patronage de Saint Eloi, il est quand même l’expression d’un travail du métal, comme il se trouve exprimé avec Tubal-Caïn pour la franc-maçonnerie dans le manuscrit Cooke.
c) Les 2 COLONNES de LA CONNAISSANCE. Toujours selon le Cooke, ces 2 Colonnes étaient destinées à échapper au Déluge et dessus auraient été inscrites les connaissances propres aux Arts Libéraux, par opposition à Flavius Josèphe dans ces « ANTIQUITES JUIVES ». Reprises dans le Manuscrit REGIUS sur l’épisode de la Tour de Babel, les auteurs du Régius et du Cooke intègrent ces 2 colonnes dans leur texte en raison de leur analogie avec les 2 colonnes JAKIM et BOAZ du Temple de Salomon. Je cite : « Il dressa les colonnes devant le vestibule du sanctuaire ; il dressa la colonne de droite et lui donna pour nom : YAKIM ; il dressa la colonne de gauche et lui donna pour nom : BOAZ. Ainsi fut achevée l’œuvre des colonnes » (1 er Livre des Rois, 7, 21-22). Dans « le Cantique des Cantiques », hymne à l’amour attribué à Salomon, nous trouvons au 5ème poème : « Ses jambes sont comme des colonnes d’albâtre, posées sur des bases d’or pur ». Il est certain qu’alors Salomon ne parlait pas des colonnes du Temple, mais qui sait, peut-être La connaissance était-elle au bout.
d) L’IMPORTATION DE LA MACONNERIE. Du chantier du Temple de Salomon, en Angleterre, via la France, cette importation exprimée dans le Cooke est une allégorie servant à signifier un fait bien connu de l’Architecture ; à savoir que l’Art Gothique des Cathédrales apparut en Ile de France avant d’être importé au 12ème siècle en Angleterre. Des textes existent, prouvant l’envoi d’architectes français aux 12 et 13ème siècle en Angleterre. Le manuscrit Cooke prouve que les maçons, principalement formés aux arts mécaniques, étaient également instruits et mêmes lettrés à l’égal des savants instruits des arts libéraux.
17 JANVIER 1723. Adoption du texte des « ANCIENNES OBLIGATIONS » comme Loi de la Maçonnerie par la G.L.d’Angleterre. Année 1728 : Création de la 1 ère G L D F « Mise en sommeil en 1767 ». 1894 Recréation de la G L D F La Constitution fut votée par l’Assemblée Générale des 10, 11, 12 Mai 1895, avec élection du Grand Maître et des Grands Officiers.
Après l’histoire,
passons au Rite. La terminologie de ce mot a deux sens
différents selon qu’il est écrit avec un R
majuscule ou avec un R minuscule. Est appelé Rite avec une
majuscule, une branche particulière de la Franc
Maçonnerie. (Rite Ecossais Ancien et Accepté,
Rite Ecossais Rectifié, Rite Français). Est
appelé rite avec une minuscule, un acte
cérémoniel dont la forme a
été réglée à
l’avance en vue de sa finalité initiatique. Au grade
d’Apprenti, il suffit de se souvenir du moment où l’on
dépouille de ses métaux le futur
Frère. Dans un sens comme dans l’autre, le terme RITE ne
doit jamais être employé comme un synonyme de
« PRINCIPE ETABLI »
ou bien de « SYMBOLE ».
La religion catholique possède plusieurs liturgies
auxquelles la terminologie a donné le nom de Rite. En effet,
il y a le Rite Romain, le Rite Maronite des chrétiens du
Proche Orient, le Rite Orthodoxe des grecs et des slaves. Un Rite peut
donc se définir comme une présentation dont le
caractère le distingue des autres par la forme. Il est
impossible de citer tous les Rites et toutes les Religions. Par des
événements encore présents dans les
esprits et dans les chairs, nous avons eu à
connaître en Europe, une nouvelle guerre de religions. C’est
dire combien peut-être dure parfois, la coexistence de
différents rites.
Qu’on le nomme Dieu, Yawhé, Allah, l’Eternel, l’Ineffable,
ou la Grand Architecte, tous ces noms ne sont que l’expression d’une
même chose ; un concept qui dépasse l’entendement
du commun des mortels. Au delà de tout dogme, c’est la
représentation que l’homme s’est fait de ce qu’il ne peut
toucher ou voir mais qu’il essaie encore et toujours
d’appréhender Eternelle dualité de l’esprit et de
la Lettre. Qu’il soit juif ou chrétien, catholique ou
protestant, musulman sunnite ou chi’ite, l’homme à toujours
le même devoir envers les autres ; La Charité. Le
partage est le début de la connaissance de soi. La
charité est un devoir, mais qui ne doit pas s’exercer au
préjudice des siens, comme pour un Franc Maçon.
Elle doit se faire, sans ostentation. N’importe qui peut en
bénéficier. Qu’il soit animiste,
chrétien ou juif, la charité ne saurait faire
preuve de distinction dans la pauvreté et le besoin. Le
tronc de La Veuve détenu par l’hospitalier
peut-être réclamé par qui veut. Il
peut-être versé à qui le
mérite, sans distinction de nationalité, de race
ou de religion s’il est F M. N’oublions pas que le mot hospitalier
vient du mot hospice d’où dérive le mot
hôpital. L’ordre des Hospitaliers, rival de celui du Temple
et l’un des bénéficiaires de la dissolution de ce
dernier, avait été crée pour venir en
aide aux pauvres en Terre Sainte.
Qui veut venir en Loge vient, celui qui ne veut pas venir, reste. Si un Rite ne plaît pas ou s’il est mal vécu, liberté est d’en changer afin d’en pratiquer un autre. J’ai volontairement soustrait de mon travail, les vicissitudes ainsi que toutes les péripéties qui ont entourées l’établissement du Rite Ecossais Ancien et Accepté en France, ces dernières mériteraient à elles seules plusieurs planches, de très longues heures de lecture, et de jouer les rats de bibliothèque, afin de pouvoir consulter tous les écrits, Décrets, et Circulaires du Suprême Conseil de France, ainsi que les Archives du Grand Orient. Donc, je me contenterai juste de citer les plus pratiqués en France.
Commençons par celui
que nous connaissons et pratiquons le Rite ECOSSAIS, ANCIEN ET ACCEPTE,
le Rite EMULATION, le Rite FRANÇAIS, Le Rite ECOSSAIS
RECTIFIE. Depuis 1938, existent à la Grande Loge de France
des ateliers qui travaillent au Rite rectifié.
Le Rite Ecossais Rectifié serait le prolongemenLes Origines
du rite et des constitutionst de la maçonnerie qui
aurait existé en Angleterre avant 1717.
Créé officiellement en 1778, il
résulte qu’il est certainement la forme la plus ancienne de
la maçonnerie spéculative. Il a
conservé dans son rituel un archaïsme qui le
distingue des formes modernes que nous connaissons et qui lui donne une
valeur initiatique très estimable. En Europe, il est surtout
pratiqué en Suisse.
Le Rite français ou
Moderne. Rite pratiqué par le Grand Orient de France. La
plupart des ses Ateliers travaillent avec ce Rite. Il ne comprend que
sept degrés mais le Grand Collège des Rites
confère tous les grades de l’écossisme jusqu’au
33 è. Bien qu’étant cataloguée
« Obédience
irrégulière », la
Grande Loge de France et les Loges qui lui sont
fédérées, n’en travaillent pas moins
au Rite Ecossais Ancien et Accepté. D’autres Ateliers dans
d’autres Obédiences utilisent ce rituel mais parfois,
celui-ci ayant été ‘adaptés’ sur
différents points, il peut s’en suivre de notables
différences. « Celui
qui a reçu l’initiation dans une Loge
régulièrement constitué est un
maçon
« régulier » ».
A la Grande Loge de France, nous travaillons surtout au Rite Ecossais
Ancien et Accepté. Ici, l’ostracisme est absent. Nous
acceptons tous les Frères, de toutes les
Obédiences. Nous sommes autant F M qu’eux. Ils peuvent
venir assister à nos travaux, nos outils sont les leurs.
Nous tendons tous vers les mêmes buts ; notre
perfectionnement, le perfectionnement de l’homme, le
bien-être de l’humanité, normalement. Quand le
Rite est bon et bien fait, il est facile pour le franc-maçon
de travailler avec ses outils et ses symboles – c’est-à-dire
l’intelligence de sa main et la beauté de son cœur
– à son perfectionnement, pour la joie de ses
Frères et de son Atelier.
Le chemin offre tout et bien plus encore, mais rien n’y est gratuit.
Les réponses sont en nous. Faisons le premier pas, le chemin
fera le reste. Le passé avec ses clivages a permis que
s’établisse la séparation entre les racines, le
tronc et les branches. Ne continuons pas à
débiter « l’arbre merveilleux
» même pour en faire de belles planches, sinon que
nous restera t il de l’héritage originel des
bâtisseurs ?
Nous sommes tous des ENFANTS DE LA VEUVE. Cette veuve est la Connaissance. Connaissance de Soi, connaissance des Autres, connaissance de l’Univers « CONNAIS-TOI TOI MEME ET TU CONNAITRAS L’UNIVERS ET LES DIEUX ». Nous disparaîtrons tous un jour, telle est la Loi de la nature et de la Vie. Hâtons-nous de nous connaître et de connaître les autres. Construisons maintenant afin que nos descendants n’est peut-être pas à le faire à leur tour, et s’ils devaient chercher, qu’ils trouvent et comprennent pourquoi nous cherchions et ce que nous tentions de construire : L’Homme et l’Humanité.
Lorsque nous pénétrons pour la première fois dans un Temple maçonnique, nous ne savons pas très bien comment va se passer l’apprentissage. Evidemment, qui dit apprentissage, dit formation. Arrêtons- nous un instant sur le verbe Former. Il signifie que quelque chose va changer de forme, va se transformer. Donc, nous avons une matièLes Origines du rite et des constitutionsre. Que celle-ci soit végétale ou minérale, durant l’apprentissage, nous allons la façonner, tout d’abord comme le veut le Maître puis sans bien nous en apercevoir, nos mains et nos pensées vont agir selon notre cœur. Et bien cette matière qui insidieusement nous change, nous transforme, c’est le Rite. Il est à la fois actif et passif, présent actuel et passé futur. Le Rite est comme l’air qui nous entoure ; impalpable mais essentiel. Nous ne pouvons ni le voir, ni l’étreindre mais lui nous baigne.
La première fois, nous ne saisissons pas tout. Nous faisons des gestes, nous prenons des attitudes sans bien saisir toutes leurs significations. Au fur et à mesure que le temps passe, nous sommes de plus en plus pénétrés par ce que nous vivons. En fait, la matière qui a évolué c’est nous.
Je terminerai ici mon bref survol de l’histoire des origines, en souhaitant qu’il se rapproche le plus possible de la vérité historique, et qu’en même temps, il soit conforme à la beauté de la légende de notre confrérie. Si tel n’était pas le cas, veuillez m’excuser par avance des erreurs ou omissions que j’aurai pu faire.
Au moyen âge, un ordre chevaleresque avait une très belle devise, qui malheureusement a disparu avec lui et les événements. Il s’agit de la devise de l’ordre des Pauvres Chevaliers du Temple de Salomon. Permettez-moi de vous la restituer en la visitant et en la rectifiant.
Pas pour nous grande architecte. Pas pour nous. Mais pour le gloire de ton nom.
J’ai dit.