La Saint Jean d’hiver
Non communiqué

La langue hébraïque confère au nom de Jean la double signification de Louange ou de Grâce montante et de miséricorde descendante. Ainsi l’on découvre l’indication d’une correspondance harmonieuse entre les périodes solsticiales, le rythme respiratoire de l’homme fait d’inspiration et d’expiration et la pulsation spirituelle de louange et de miséricorde des deux Jean, sorte d’incantation qui manifeste la gloire de Dieu et emplit l’Univers.
Il en va des deux Saint Jean comme des deux solstices, de la naissance et de la mort, du passé et de l’avenir. Ils n’en font qu’un : le Baptiste a précédé le Christ, et lorsqu’il disparaît l’Evangéliste apparaît. Le Baptiste ferme l’Ancienne Loi et annonce la révélation chrétienne. L’Evangéliste ferme le Livre du Monde avec l’Apocalypse et annonce le second avènement.
« L’un et l’autre ouvrent et nul ne peut fermer. L’un et l’autre ferment et nul ne peut ouvrir. » indique quelque part la Bible. Ils sont les deux témoins de la présence et de la permanence des réalités spirituelles, des moments entre un temps et l’autre, entre une époque et l’autre. Ils ont pris la place qu’occupait dans la répartition des fêtes de la Rome impériale le Dieu Janus. Ainsi leur localisation sanctorale leur confère un double rôle à la fois spirituel et cosmologique.
De même, la naissance et la mort n’appartiennent pas en fait au cycle humain. Elles sont des intermédiaires comme les deux Saint Jean, gardiens des ordres initiatiques, qui présentent une face divine et une face humaine.
En cette Saint Jean d’Hiver c’est l’apôtre Jean qui est fêté. Sous le patronyme de Saint Jean ici, s’abritent aussi bien l’auteur que les auteurs présumés de l’Evangile du même nom , ainsi que le fameux presbytère de Jean qui mourut à Ephèse à un âge avancé.

A cause de la connexion très étroite qui lie les deux Saint Jean au symbolisme solsticial de Janus, et sachant que Janus était le Maître du Triple Temps, son troisième visage, invisible, portait l’œil frontal de Shiva symbole du sens de l’Eternité. C’est donc ce symbole qui nous dirige depuis la Genèse intégrée au prologue de Jean jusqu’à l’Apocalypse qui termine cet Evangile. Et comme Apocalypse signifie Révélation, il s’agit aussi du sens de l’Eternité.
Une éventuelle triade surgit ici avec Jean le Baptiste de l’Ancienne Tradition qui prêchait l’amour Fraternel et la vraie humanité, appelé aussi le Précurseur, avec Jean l’Evangéliste de la nouvelle Alliance qui apporta la lumière et la spiritualité avec le prologue, et Jean de l’Apocalypse, prophète de l’Eternité. Dans ce sens, il devient possible de mieux concevoir dans le symbolisme de Saint Jean celui de la Connaissance. De plus, dans cette particularité, la triade rétablit, dans sa divine justesse, un équilibre compromis, car, sur un autre plan, la dyade implique toujours un certain « manichéisme » …..
Mais une tradition bien établie affirme que l’apôtre Jean, après la mort du Christ, serait venu se fixer à Ephèse. Il aurait été investi de la dignité de Patriarche d’Asie Mineure et aurait vécu jusqu’à un âge avancé. Alors l’apôtre Jean, grâce à la pérennité du Logos qui ouvre l’Evangile de Jean, n’était-il pas le chef d’une Eglise invisible, d’une Eglise parallèle réservée à une élite qui, à travers des avatars sans nombre, serait parvenue jusqu’à nous ?
par Aymeri