La Porte #3194007

La porte

Auteur:

Non communiqué

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Quand j’ai décidé de faire cette planche sur la porte, je me suis aussitôt mis à faire des recherches en commençant par l’étymologie de ce mot, puis sur son symbolisme dans différentes cultures, traditions, mythologies voire religions, cherchant les diverses significations de cet objet usuel, quoique imposant me direz vous, en cherchant dans toutes les directions !

J’ai donc farfouillé dans des livres, sur le net et en commençant ce travail d’investigation, je me suis rendu compte que je ne faisais que le contraire de ce que je prêche haut et fort auprès de nos jeunes Frères quand il doivent faire leur première planche : « C’est de ne pas aller glaner des informations dans les bouquins ou autre sources, mais bien de chercher la solution, à l’intérieur de soi même, là où certainement la réponse n’est peut-être pas la bonne, mais assurément la plus sincère et la plus authentique ! »

Pour quelle raison un Maître, reconnu comme tel par les autres Maîtres, aurai-t-il le droit de plancher sans faire une introspection ? Si une planche doit être un exposé, celle-ci au moins, doit-être un exposé du coeur, me semble-t-il !

Il est vrai que si je travaillais sur une planche consacrée à l’épée flamboyante, chère au Rite Ecossais Ancien et Accepté, je devrais certainement plonger mon nez dans un nombre incroyable d’ouvrages, quoique que, qui sait ?

J’occulterai donc le début de mes recherches, mais j’ai retenu néanmoins une citation extraite de l’évangile de st Mathieu concernant Cette Porte :

La voici donc : « Entrez par la porte étroite, car la porte et le chemin spacieux, mènent à la perfection, et il y en a beaucoup qui y entrent. Mais la porte étroite et le chemin étroit, mènent à la vie et, il y en a bien peu qui le trouvent ».

Je vais donc tâcher de suivre ce chemin et vous faire part de mes réflexions !

Suivant l’intonation que l’on prend pour énoncer le mot « Porte », ou suivant l’action que l’on exerce sur cette fermeture hermétique, il peut en résulter différentes connotations, qui peuvent être, je cite : accueillir, accepter, donner l’hospitalité ou bien au contraire, bannir, éconduire, repousser, rejeter !

Déjà se pose l’ambivalence, la dualité ! Je suis certain que tout un chacun à conscience de ce fait, mais comment de simples morceaux de bois, ou autre matériaux assemblés entre eux, puissent à ce point stopper, arrêter, voir pire, mettre en péril des vies !

Souvenez-vous des inscriptions qui furent, dans le passé, peintes sur les portes de certaines habitations !

Bien au chaud ils étaient dans leurs demeures, derrière cette porte qui leur donnée semblant de sécurité, mais la mort les attendait à leurs réveils ! C’est là la résultante de ne pas avoir les mêmes convictions, les mêmes idées politiques, philosophiques, religieuses, la même couleur, la même langue, bref de ne pas être comme l’autre, l’autre qui ce matin là était le plus fort ! Mais que veut dire être le plus fort ? Faire parler sa haine et son intolérance ou bien, son amour et son indulgence ?

Je vous laisserai le choix de la pensée mais bien sûr, pas celle de la réponse !

Et nous, Franc Maçons, sommes nous en sécurité derrière les portes de nos Temples ?

 Car, quoique vous puissiez en dire, nous sommes différents des autres, de l’autre ! N’y voyez pas là un signe d’arrogance dans mes propos, mais bien au contraire une réalité, nous sommes différents ! Le passé nous en a laissé malheureusement quelques traces, souvenez-vous !

Alors, je le répète, sommes nous en sécurité derrière les portes de nos Temples ? Mais faudrait-il encore savoir ce que nous entendons par Porte du Temple ?

Est-ce cette porte qui donne sur la rue, celle qui est en face du parvis, celle que l’on franchit le jour de son initiation ou simplement la porte de notre Temple intérieur ?

La porte qui donne sur la rue Buirette n’est qu’une porte banale préservant simplement l’entrée de l’immeuble aux profanes. Il n’est nul besoin que des signes extérieurs interpellent le passant, de même que nous ne devons, à l’extérieur, ne pas afficher de signes ostentatoires liés à notre ordre. Car il s’agit bien d’un Ordre discret, non ?

Mais alors me direz-vous, et ta fleur de myosotis que tu portes au revers de ta veste de barman, c’est quoi, si ce n’est un signe de reconnaissance ?

Je voulais répondre juste : ne m’oubliez pas, mais après réflexion, je me dis qu’un signe de reconnaissance n’est connu que de l’initié, non ? Alors, je continuerai de l’arborer !

Maintenant, je voudrai vous parler de la porte du Temple, là devant laquelle se trouve le Frère Couvreur, cette porte où nous nous sommes tous trouvés un jour, sans savoir qu’elle se situait juste en face de nous !

Sa fonction est simplement et symboliquement de séparer l’espace profane de l’espace sacré !

Suivant l’ouverture des battants, soit un seul, les deux ou simplement entrouverts, leurs positions leurs donnent un caractère hautement symbolique !

La porte entrouverte, lors de la présentation d’un profane, est comparable à un pont jeté entre deux mondes permettant aux divers officiers la fluidité du passage, d’un univers à un autre, et ce, sans briser le sacré d’une Tenue ! Cela n’est possible, que grâce aux échanges de paroles qui sont rituellement codifiées et prononcées !

Sur cette porte, comme nombre d’autres vulgaires portes dans ce bas monde, se trouve un heurtoir. Mais le Maçon doit s’en servir à bon escient est même si l’apprenti ne sait ni lire ni écrire, au moins le fait d’actionner correctement cet objet, lui donnera, tel un sésame, l’entrée du Temple ! La porte s’ouvre sans clef et pourtant toute porte matérielle en est pourvues, à condition, bien sur, qu’il y ai une serrure !

Quoique à y bien réfléchir, il est des portes qui ne sont que des ouvertures libres, dont la fermeture est virtuellement représenté par un homme, et la serrure par un code, un mot de passe ! Il n’est qu’à nous plonger dans divers contes ou mythologie pour en trouver des exemples !

De plus, les premiers hommes qui devaient se réunir dans des grottes, lieux où ils se retrouvaient pour certains rites, ne devaient techniquement pas avoir de fermetures sur l’extérieur, cela va de soit ! Cette fermeture sur le monde profane étant symboliquement représentée par la progression dans un goulet pour arriver au lieu de la, ou des cérémonies.

De même que cette maxime inscrite sur un des murs du cabinet de réflexions V.I.T.R.I.O.L. Visita interiorem terrae rectificando invenies operae lapidem. Descends dans les entrailles de la terre, en distillant tu trouveras la pierre de l’oeuvre, est la synthèse de la porte, la serrure et la clef de l’Initié…

Je passerai donc sur le symbole de la clef pour vous demander juste ceci :

Quelle est la fonction et la valeur essentielle de cet objet en métal, la clef ?

Doit-il être dans une serrure, prêt à ouvrir la porte, ou seulement être placé dans notre coeur pour savoir ouvrir les ventaux sans jamais les refermer ?

Doit-on accepter l’autre sans forcément l’avoir entendu frapper à la porte, ou simplement l’attendre comme dans ma vielle campagne, où l’on garde un peu de pain, de chaleur et d’amour pour l’autre ?

Cet autre qu’un jour nous serons vis-à-vis d’un autre qui oubliera ce mot pour le remplacer par un autre, le mot Frère !

Je voudrai juste poser cette question :

Pensez vous que la porte, ces simples morceaux de bois, voir autre matériaux réunis entre eux auraient-ils une réelle fonction si cette porte n’était pas équipée d’une serrure, qui elle, fait que la porte devienne vraiment ce à quoi elle est censé servir ?

Est-ce une serrure métallique, une serrure en bois ou tout autre mais par la suite de mes propos je souhaite vous en fournir le noble matériau, ou tout du moins vous le laisser deviner !

J’en viendrai maintenant à la porte de Notre Temple intérieur.

Premièrement il y a ces quatre sens que sont la vue, le toucher, l’odorat et l’ouïe, le péristyle physique de notre temple intérieur, les éléments qui constituent notre porte de tolérance voir, d’intolérance, qui peuvent-être, suivant nos humeurs profanes, ouverte ou fermée !

Mais en tant que Maçon, est-il normal de juger l’autre du premier coup d’oeil ? En ai-je le droit ? N’ai-je pas parlé, il y a juste une minute, d’attendre l’autre sans qu’il ai frappé à la porte ?

Je me rends compte que malgré tout, je ne suis qu’un homme et que je devrai apprendre à ouvrir une autre porte, celle de mon coeur ! Devrais-je attendre d’être frapper par la grâce, pour avoir également l’esprit ouvert ?

La maçonnerie aide à ce que la porte de notre Temple intérieur ne soit jamais fermée, une porte à laquelle on ne doit pas frapper, elle doit restée ouverte. Et peu importe que les mises engagées soient plus importantes que les gains ! N’est-ce pas cela la richesse du coeur ?

Mais cette porte du Temple, quelle qu’elle soit, sera-t-elle suffisamment hermétique, mais laisser quand même transpirer notre travail profond vers l’extérieur ?

Je suppose que la plupart, sinon, l’ensemble de mes Soeurs et Frères, ont connaissance du Dieu Janus, gardien des Portes des temples !

Alors écoutez ce premier copier-coller :

Ovide dit que Janus a un double visage parce qu’il exerce son pouvoir sur le ciel, sur la mer comme sur la terre ; il est aussi ancien que le monde ; tout s’ouvre ou se ferme à sa volonté. Lui seul gouverne la vaste étendue de l’univers. Il préside aux portes du ciel, et les garde de concert avec les Heures. Il observe en même temps l’orient et l’occident.

Sur le revers de ses médailles on voyait un navire ou simplement une proue, en mémoire de l’arrivée de Saturne en Italie sur un vaisseau.

Et voici le second :

Ne pouvant plus diriger le ciel, Saturne cherchait la tranquillité. Il fut accueilli avec hospitalité en Italie par Janus, le roi des latins et le dieu des portes des enfers. En plus de son hospitalité, Janus proposa à Saturne de s’associer tous les deux sur le trône. Janus et Saturne s’entendaient merveilleusement bien, il n’y avait jamais de querelles. Ils ne travaillaient jamais car la terre était toujours féconde. C’était l’Age d’or. En souvenir d’une pareille époque, on fêtait les Saturnales, où pendant trois jours tous étaient égaux, il n’y avait ni maître, ni esclave.

N’est ce pas cela à ce quoi nous oeuvrons, à ce que ces trois jours soient multiples, innombrables, illimités ?

Janus occupe bien là l’ambivalence de sa fonction et à y bien regarder, de nombreux symboles liés à ce Dieux, correspondent à notre Atelier !

En espérant que vous ayez trouvé en quoi ou de quoi doit être fait cette serrure dont je vous ai précédemment parlé, je conclurai donc par ces derniers mots que voilà.

A nous de faire de même, de ne pas claquer la porte au nez, de laisser passer simplement ce courant d’air d’Amour, d’un monde à l’autre, de l’utopie à la réalité !

Puisse-t-il être porté de Fraternité universelle, alors nous pourrons fièrement frapper à la dernière porte, celle de l’Orient Eternel !

Ce coup que nous frapperons à cette ultime porte, ne serra pas un coup appris lors d’un quelconque grade, mais bien un coup du sort qui lui fait partit d’un rituel immuable et absolument codifié, celui de la vie !

J’ai dit V M

Vous devez être abonné pour accéder à ce contenu


S'abonner

Retour à l'accueil