L’Initiation Compagnon

Auteur:

Non communiqué

Obédience:
DHB
Loge:
Non communiqué

« Dès que les chèvres ont brouté, 
Certain esprit de liberté 
Leur fait chercher fortune : 
elles vont en voyage »
La Fontaine

Le pré clos, la rumination silencieuse, les apprentis ont grandi. Sous le couvert du second Sur, ils ont demandé la parole et montré qu’ils méritaient leur augmentation de salaire en utilisant avec esprit, intelligence et sensibilité les outils symboliques qui leur avaient été donnés.

Cette cérémonie d’initiation scelle un passage de la vie maçonnique. Sous l’œil de notre juge suprême  fut-il, pour vous, étonné ; ému ; ironique ; indulgent ; sarcastique ; sous l’œil de notre juge suprême, vous êtes devenu compagnon.

Vous avez 5 ans, vous aviez 3 ans : l’initiation nie les parcours linéaires et fait progresser par bonds. Cinq est le nombre ésotérique du compagnon et s’il est obtenu par la somme 3+2, il constitue un ensemble nouveau qui, somme et pas juxtaposition, organise les conditions de la créativité. Le 1ier et les 2èmes grades, A et C, sont intimement liés, l’un constituant la suite de l’autre pour permettre de réaliser le chef d’œuvre et de conquérir la maîtrise.

Pour parcourir le monde et explorer tous les chemins, les pas s’élargissent, 3+2, les lumières brillent : 3+2, la batterie s’allonge : 3+2. Ecoute, médite, regarde ; comprend, réalise.

Je continue avec vous le chemin de l’instruction ; vous le poursuivrez avec le 1ier surveillant. Depuis le cabinet de réflexion, vous pratiquez le chemin de la méditation. Ce midi, nous vous avons fait emprunter le chemin de l’intuition immédiate, celui qui passe d’abord par le corps. Vous avez, les yeux grands ouverts cette fois-ci occupé le centre de notre At. A ces chemins de connaissance que, A, vous avez déjà balisés, vont s’ajouter tous les chemins que vous allez pouvoir parcourir à la rencontre des autres, maintenant que vous savez peut-être un peu mieux qui vous êtes.

Ecoute, médite, regarde ; comprend, réalise. Le C est le plus libre des FM. Il possède tout ce qui fait l’agrément de la M et ses devoirs sont légers, ses obligations sont réduites puisqu’il ne peut pas encore participer pleinement à la vie et à la conduite du groupe, de son At. Les obligations du C sont intimes et pourtant, elles impliquent de progresser et de toujours nous revenir.

Ecoute, médite, regarde, comprend, réalise. L’élargissement du pas et le compas pour prendre sa part de vérité, les lumières et l’étoile flamboyante pour guide, les outils avec leur mode d’emploi, les arcanes : c’est au C de mettre en œuvre ces ressources, par ailleurs dénuées de sens si elles ne sont pas utilisées. L’A devient C en passant de la perpendiculaire au niveau. La rectitude du mur du temple n’est plus le seul élément à prendre en compte : l’équilibre de la construction toute entière doit être envisagé. En changeant de colonne, l’indispensable est donné au C : la parole. La parole pour comprendre et la parole pour réaliser. La parole dans le monde M n’est pas l’outil d’expression de soi qu’il est dans le monde profane. Que d’inanités nous seraient épargnées si tous les M s’en souvenaient! Le questionnement est bien sûr le moyen de comprendre pour soi ce qui vient d’être dit, d’aller à la rencontre de l’autre. Pourtant, le dialogue, le colloque singulier, n’a pas de statut dans notre temple.

Si le C écoute, médite, regarde, comprend, réalise, les autres M présents dans le temple aussi. La parole de chacun devient ainsi partie de la connaissance de tous et le silence obstiné de certains, de certaines est une perte sèche pour tous. Que chercherez-vous en prenant la parole ? Qu’allez-vous nous apporter ? Quoi que ce soit, il est certain que cela rejoindra notre question centrale : comment allons-nous augmenter le bonheur de l’humanité ? C’est alors qu’il nous faut utiliser judicieusement l’arsenal dont nous, FM, disposons, arsenal dont le ciment est l’amour fraternel.

Ecoute, médite, regarde, comprend, réalise. En testant progressivement tous les aspects de la M, en ce compris l’art de la planche, on se réalise et on réalise le projet maçonnique de diffusion des savoirs et des connaissances qui permet à chacun de mesurer les limites de sa liberté. Ainsi, le spectateur qu’était l’Advient progressivement acteur de la représentation que nous nous donnons mutuellement. Il est partie intégrante de la théâtralisation de notre soif d’absolu et de savoir. L’invitation au voyage ne dispense pas de la fréquentation de notre At et c’est avec celles et ceux qui l’ont reconnu comme sœur, comme frère, dans cet At que le C réalisera son travail.

La Fontaine disait : 
« Une hirondelle en ses voyages ; 
Avait beaucoup appris. 
Quiconque a beaucoup vu ; 
Peut avoir beaucoup retenu ».

J’ai dit.

SD D

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