Le Chiffre Cinq
Non communiqué
La métaphysique de l’apprenti Maçon ne pousse pas ses ambitions au delà du ternaire. L’étude des nombres commence par trois, car un et deux ne deviennent intelligibles que dans le ternaire, figuré par la proposition, relativement à laquelle sujet, verbe et attribut prennent un sens.
Le sujet en lui même n’est rien, il en est de même du verbe et de l’attribut envisagés isolément. Trois est le premier nombre sacré des constructeurs, qui voient dans le triangle la figure fondamentale de la géométrie. Ils construisent selon trois dimensions et se gardent bien d’en imaginer une quatrième. S’ils passent à quatre, s’est pour distinguer les directions est-ouest et nord-sud qui tracent la croix. Celle-ci fournit l’équerre, mesure de l’angle constructif.
Cinq se rapporte à la quintessence, c’est à dire à la substance qui se conçoit comme sujet des qualités apparentes. Quatre manifeste ce qui tombe sous le sens, alors que cinq se rapporte à l’intelligible, à ce que l’esprit seul peut concevoir.
Dans ces conditions, cinq devient le nombre de l’homme doué d’intelligence d’où le Pentagramme et tout le symbolisme s’y rattachant. L’étoile à cinq pointes est l’astre du génie humain qui se traduit en compréhension et en volonté ; il en émane une lumière qui rayonne indéfiniment et une chaleur dont l’effet se fait sentir dans un rayon plus restreint. L’homme étoile devient foyer concentrateur, puis émetteur de tous ce qui est supérieurement humain. Il flamboie d’une ardeur qui n’est plus individuelle, puisque provenant de l’ambiance humaine ; elle n’est qu’humanitarisme condensé ou coagulé, selon la terminologie alchimiste. L’illuminé s’est rendu attractif pour la lumière mystérieuse, invisiblement diffuse à travers l’espace, dite lumière astrale,car elle n’est émise non par le soleil ( raison) ou par la lune (imagination), mais par le étoiles (intuition divinatoire).
Se saturant de cette lumière, le Compagnon devient lumineux astralement. Il éclaire mystérieusement, non par les discours, mais en communiquant son activité psychique et mentale. C’est en vibrant qu’il fait vibrer comme il vibre lui-même. Le travail, dont il est à la foi le sujet et l’objet, se répercute sur autrui ; c’est en cela qu’il est caractéristique du deuxième degré, car le compagnonnage réalise la communion ouvrière, la grande coopération de chacun avec tous. Ce sont là des mystères d’ordre profondément religieux. Ils échappent au raisonneur profane qui reste froid et ne sait pas vibrer. Si l’étoile flamboyante lui est montrée, il n’y voit que du feu. Pourquoi cinq rayons et non six sept ou huit ?
C’est que cinq ramène quatre à l’unité, quatre, c’est la croix élémentaire, les oppositions conjuguées dont résulte l’objectivité. Cinq, c’est le nombre de la compréhension qui distingue l’initié.
LES CINQ SENS
Le rituel de Compagnon a souvent
été agrémenté de
dissertations profanes, tirées de quelques manuels de
physiologie. On aurait dû s’apercevoir, cependant,
à quel point il est ridicule d’écarter les
apprentis et de se donner des allures de mystère, pour
dévoiler finalement quelques notions absolument
élémentaires sur le mécanisme des
sens. Entrer en concurrence avec l’école primaire est
plutôt humiliant pour le deuxième degré
de la franc-maçonnerie ! Si l’on veut parler des cinq sens,
les questions que l’on se pose sont alors les suivantes :
– ou commence et ou finit l’illusion des sens ?
– Quel est leur rôle dans la formation de nos
idées,
– Nous sont-elles toutes suggérées par les sens,
– Combien de sens avons-nous exactement,
– Certains animaux ne semblent-ils pas doués de sens qui
nous manquent ?
– Les personnes intuitives ne jouissent-elles pas de sens
supplémentaires ?
– Convient-il de baser la recherche de certains ordres de
vérité, sur le développement d’une
hypersensibilité anormale ?
LES CINQ ORDRES D’ARCHITECTURE
Les initiations qui développent l’individualité, en fortifiant la raison et la volonté, sont dites masculines ou Doriennes. Celles qui, par contre font appel à l’imagination, au sentiment et à l’intuition sont envisagées comme féminines ou Ioniennes. Aux premières, donc au grade d’apprenti, se rapporte l’ordre Dorique, de même que l’ordre Ionique correspond aux secondes, donc au grade de Compagnon. Un rapprochement s’impose ensuite entre le grade de Maître et l’ordre Corinthien. Mais l’ordre Toscan et l’ordre Composite ne riment initiatiquement à rien.
L’ETOILE FLAMBOYANTE.
En accomplissant son cinquième voyage, les mains entièrement libres, le Compagnon a du s’appliquer à se mettre en état de réceptivité par rapport à certaines lumières ambiantes, invisiblement diffuses dans l’espace. Savoir attirer à soi cette obscure clarté afin de s’en saturer progressivement. Tel est le secret capital du second degré de l’initiation, qui correspond au véritable illuminisme.
Pour découvrir cette lumière mystérieuse, il faut gravir successivement cinq marches de couleurs différentes et marquées chacune d’un signe planétaire.
LE PENTAGRAMME
L’étoile qui se découvre au Compagnon définitivement vainqueur des attractions élémentaires est celle du génie humain. Elle a cinq pointes qui correspondent à la tête et aux quatre membres de l’homme. Or, ceux ci ont a exécuter ce que le cerveau commande, c’est pourquoi le Pentagramme, dit aussi l’étoile du Microcosme, est, en magie, le signe de la volonté souveraine, qui est l’irrésistible moyen d’action de l’initié.