Franc-Maçon et Tireur Sportif
Non communiqué
J’ai l’honneur de vous présenter une planche que j’ai intitulée, « moi Franc-Maçon tireur ». L’idée m’était venue en l’an 1995 en lisant un ouvrage de Bill PULLUM et quand j’en ai parlé à notre vénérable maître, il m’avait encouragé dans cette voie. N’y voyez là, aucune tentative de ma part de tenter de tirer de quelconques conclusions entre notre Ordre et ma pratique sportive du Tir. Ce sera plutôt à vous de m’en proposer. Je n’ai voulu, que vous relater mon vécu et mes réflexions en essayant de vous les faire partager. Qui plus est peut être ensemble, arriveront à cette idée que toute activité humaine est empreinte de la sensibilité, de la culture, de la philosophie, de l’environnement physique et psychologique de celui qui la pratique.
* Pour débuter, je commencerais par des
informations techniques sur le Tir sportif
Le Tir est régi sur le plan Mondial par l’U.I.T., entendez
par là, Union Internationale de Tir. Pour l’anecdote, c’est
la première fois qu’une Fédération
Internationale se décline en français. Elle
comprend du Tir à la cible et du Tir au pigeon d’argile,
communément appelé ball-trap. Sur le plan
National, notre organe de tutelle est la
Fédération française de Tir, et sur le
plan local la Ligue Régionale de Tir. Saviez-vous vous, avec
130.000 licenciés la Fédération
française de Tir est la dixième
fédération olympique avant
l’athlétisme, le cyclisme, le volley-ball, etc. En
Martinique, nous ne pratiquons que 9 des 50 disciplines
gérées par la Fédération
française de Tir.
Le Tir est aussi une distraction agréable riche en plaisir. L’ex entraîneur de l’équipe des U.S.A. Bill PULLUM écrivait et je cite « les membres de la fraternité du tir vit cette passion qu’est ce vieux rêve d’adresse de toucher une cible distante. » Il poursuivait en disant que « Le tir de compétition vous place constamment en face d’un challenge unique, un challenge si intensément personnel que seul, ceux qui ont manié une arme dans une grande compétition peuvent le comprendre. »
La valeur et l’attrait de ce sport qui est physiquement et psychologiquement exigeant, est pourtant exempt de violence et ceci n’est plus à démontrer. Et l’on comprendra pourquoi je peux, ainsi que tant d’autre me consacrer si complètement à ce sport. Les outils du Tir Sportif sont des armes qui rappellent la violence et la guerre mais, paradoxalement je vais tenter ici, de vous parler de pratique sportive et de challenge à l’échelle humaine.
Je voudrais vous citer maintenant deux faits. Après un Championnat Départemental en Martinique, lors de l’annonce des résultats, donc hors du pas de Tir, deux tireurs eurent des mots. L’un d’eux menaça l’autre de faire usage de son arme envers lui. Il fut traduit en conseil de discipline et écopa d’une mise à pied d’un an. À ce jour il n’a jamais reparu sur un stand De Tir, et n’a donc pas d’autorisation de détention.
Un autre tireur sportif dans le civil, a fait usage d’une arme à feu non sportive (il s’agissait d’un 7,65) il fit d’abord radié de son club, et pareillement il disparut des stands. Je ne m’étendrai pas plus en avant sur cet aspect peu reluisant mais bien que restreint vous l’avouerez de l’usage des armes et surtout qui n’a rien avoir avec la pratique du Tir Sportif.
Le Tir est un sport de tout âge. Je peux citer pour l’exemple, Clémente MORALES qui, à plus de 70 ans, concoure toujours. Il a récemment été médaille d’argent au « Samuel Molynari Tournaments » à Puerto Rico je vous citerais aussi l’Anglais Malcom COOPER qui à plus de 60 ans a occupé la 10 place mondiale en carabine à 300 mètres.
* Pour poursuivre, le deuxième volet de mon
propos portera sur les différentes démarches que
l’on rencontre dans la pratique du Tir.
Certains viennent au Tir par curiosité, mais ils abandonnent
assez vite et oublient les armes au placard. Mais ils sont
rappelés par l’administration Judiciaire et
Préfectorale sur leur détention d’armes alors
qu’ils ne pratiquent plus.
Il y a ceux qui changent de voie et qui, de curieux, deviennent des
collectionneurs.
D’autres pensent, qu’en s’inscrivant dans un Club de Tir, ils
acquerront plus facilement une arme à feu. Mais ils se
trompent, car la réglementation limite a trois ans
l’autorisation de détention d’armes. Cette autorisation ne
se renouvelle que sur avis favorable du Président de Ligue.
Cet avis est assujetti à celui du Président de
Club ce dernier avis étant motivé lui, par Une
assiduité sur les stands donc à une pratique
réelle.
Puis il y a ceux plus nombreux qui franchissent l’étape de
la compétition. Alors, pour eux commence la longue vie de
tireur.
* Et c’est là que commence la
troisième partie de mon tracé, siège
de ma Réflexion.
Les étapes de la vie de notre tireur seront longues et
difficiles avec son cortège de joie, d’abandon, de
frustration, de haut et de bas. Il lui faudra en premier lieu apprendre
deux éléments techniques du tir que sont la
Visée et le Lâcher.
Le premier élément est la Visée c’est-à-dire l’alignement de l’Œil, du cran de mire, du guidon et de la cible.
Le deuxième élément est
le Lâcher c’est-à-dire, la pression du doigt
exercée sur la queue de détente de l’arme
jusqu’au départ du coup. Cette pression ne doit pas
perturber cette Visée que l’on a
précédemment construite.
Cela lui semblera facile de réussir la Visée.
Mais il lui faudra revenir incessamment à cet
élément technique de base. Très
souvent il laissera une belle Visée, pour regarder son
impact en cible (donc ailleurs) et sera étonné de
réaliser un mauvais impact.
Alors, il apprendra que son cerveau ne peut se consacrer
qu’à une seule tache consciente à la fois, ce
cerveau aura forcément abandonné l’action de
viser pour celui qui consiste à porter le regard en cible et
le résultat ne sera pas celui escompter. Parce qu’il aura
voulu connaître le résultat avant l’acte final.
Alors me direz-vous, si le cerveau ne peut se consacrer qu’à
une tâche consciente à la fois, comment faire pour
gérer à la fois la visée et le
lâcher?
Notre tireur découvrira qu’il lui faudra essayer de faire
passer dans l’inconscient siège des réflexes, cet
élément technique qu’est le lâcher. Et
pour cela, il mettra en pratique ce que disait le sage et je cite
« répète mille fois
ton geste avant de le connaître ».
Tous ces éléments enfin un peu
maîtriser, car la perfection en la matière est, et
reste, une quête permanente, notre tireur apprendra, et
surtout découvrira, que ces techniques ne
représentent que peu de chose dans la pratique du Tir.
La place restante revient à l’esprit, les sportifs
l’appellent le Mental. C’est-à-dire, la maîtrise
de soi, la pensée positive, l’écoute de son moi
intérieur, la pratique du cerveau droit, le vécue
de ses sensibilités en un mot l’écoute de soi.
Dans un match son premier adversaire, c’est soi même. En
effet, son Tir ne peut en aucune manière influer un
adversaire qui se trouve dix postes plus loin. Chacun tire sur sa
propre cible et les arbitres en fin de match jouent au comptable et les
départagent.
Gagner une compétition c’est rester
maître de soi, durant les soixante coups du match, en
gardant, toute son unité intérieure, afin que son
propre technique puisse s’exprimer entièrement.
C’est reconnaître les feux rouges de sa désunion,
les distorsions de sa séquence, de son rituel, car ils sont
immuables.
Et puis, il découvrira qu’enseigner aux autres est un
excellent moyen pour progresser lui-même. Car le partage de
son savoir est un acte fraternel et plus encore, un moyen unique pour
renforcer ses propres acquis.
À ce stade de mon propos et sans perdre
l’ordonnancement de mon tracé, il me semble opportun de vous
livrer quelques réflexions qui me furent faites par un
Frère Outre-Atlantique.
Je cite : « Savais-tu tu Frère que la
prise en main que tu fais avec ton pistolet, tu la fais avec l’empan
cette mesure antique qui s’obtient en multipliant la largeur de ta
paume avec le nombre d’or » ? « Savais-Tu
Frère qu’en multipliant la distance du sol à ton
nombril que tu appelles Hara siège de ton Tir, et ou tu
puises ton énergie, cette distance donc,
multipliée avec le nombre d’or te donne la distance du sol
à tes yeux base de ta Visée, siège de
la lumière ? »
Ces réflexions m’ont ému au plus profond de mon
être, et, permettez–moi de les méditer encore
sans y faire une quelconque et hâtive analyse.
Après avoir esquissé ces quelques ligues très générales sur le tir, une question s’est posée à moi. En quoi ma démarche maçonnique peut-elle m’aider dans ma pratique du Tir sportif ? Dans le catéchisme de l’apprenti, il est demandé, « Qu’est ce que la Franc-Maçonnerie ? » Et la réponse est, « C’est une alliance universelle d’hommes éclairés, groupés pour travailler en commun au perfectionnement intellectuel et moral de l’humanité ». Dans cette partie de l’instruction de l’apprenti, ces notions de perfection et de justesse se retrouvent neuf fois. Pour le Franc-Maçon, il y a une quête permanente de la perfection. Dans le Tir, je cherche bien à réaliser le score parfait soit atteindre soixante fois le centre de la cible. En face de ces deux points de vue, la tentation est forte de penser que les croyances limitantes qui émaillent mon tracé et mon vécu du Tir peuvent tendre vers la perfection.
Moi tireur sportif, ma préparation mentale ou encore mon rituel, car il m’est propre et immuable car issu d’une certaine pratique, me permet de me déconnecter du monde extérieur, de me mettre en communauté consciente avec toutes les parties de mon corps et de rassembler mes sensibilités. Elle me permettra de donner le meilleur de moi-même, d’effectuer le geste parfait, La visée parfaite, le lâcher parfait qui aura pour conséquence le « 10 ».
Pour moi FM, le rituel possède une
dimension transcendantale qui me permet de me relire à
l’esprit, d’accéder à des états
supérieurs de la conscience, de prendre une position
d’hélicoptère d’abord au-dessus de
moi-même et au-dessus du continuum
Ce rituel que je me dois de répéter mille fois
avant de le connaître est certainement le meilleur outil de
mon parcours initiatique. Et, afin de le répéter
mille fois, quoi de mieux qu’une assiduité en loge. Cette
présence en Loge se fera avec la Visée constante
de la pensée positive et fraternelle qu’est la
pensée maçonnique.
Ce parcours est semé d’embûches et
je dois rester en permanence, serein, maître de moi. Comme le
geste pénal de l’apprenti me le rappelle, je dois contenir
le bouillonnement des passions qui s’agitent dans ma poitrine et
préserver ainsi ma tête de toute exaltation
fébrile en prenant garde d’abord et surtout à
moi-même !
Ne suis pas en effet mon premier adversaire. Celui que je reconnus dans
le miroir quand la lumière me fut donnée.
Certains frappent à la porte du temple par
curiosité, à nous d’être vigilant pour
écarter celui-ci et certainement accepter cet autre car il
sera à coup sur, demain, le plus solide des maillons de
notre chaîne d’union.
Nous rencontrerons ceux qui collectionneurs de titres et d’honneurs appartiennent à bon nombre de clubs service et voient dans notre ordre un de plus.
Et plus nombreux seront ceux qui, parcourant leur inlassable démarche initiatique comprendront que ce propos est symbole. Nos outils ne doivent pas êtres utilisés que dans la loge, nous nous devons de continuer au-dehors l’œuvre commencée dans le temple. Cette Œuvre, nous pouvons et surtout nous devons la consolider dans nos actes de tous les jours. Peut-être tout simplement est-ce cette invite à voir dans toute activité humaine un gisement maçonnique. Peut-être que l’on peut démontrer que les conceptions initiatiques sont parfaitement applicables à la vie de tous les jours. Un homme sain, normal, équilibré, peu vivre d’une façon spirituelle en accord avec les lois universelles de l’initiation. J’essaye de prouver que cette idée philosophique appliquée à la vie, peu aider l’homme à réaliser l’initiation dans son existence, que l’homme peu et doit gagner son incarnation.
Paulo Coelho disait que « L’extraordinaire
empruntait le chemin des Gens ordinaires ».
Ce chemin des Gens ordinaires est peut-être
parsemé de toutes nos activités quotidiennes.
Qu’en dites-vous ?
J’ai dit
F