La Mort d’Hiram
F∴ J∴
« Nul se saurait se dire véritablement initié, tant qu’il n’est pas mort trois fois »
Oswald Wirth nous suggère ainsi dans : « La Franc-Maçonnerie rendue intelligible à ses Adeptes – Le Maître » que le maçon, avant d’accéder à l’initiation complète, se doit de franchir trois étapes fondamentales de son parcours initiatique.
Avant d’être reçu en « Chambre du Milieu » pour accéder à la maîtrise, il doit déjà effectuer un premier passage, la Réception au grade d’apprenti, qui figure symboliquement la mort de l’être profane aux « préjugés du Vulgaire » et sa résurrection ou renaissance en tant qu’Initié véritablement libre.
Et si la Réception au grade de Compagnon ne peut certainement pas être considérée comme un élément de la symbolique de la Mort, le premier souvenir qui s’impose à l’esprit du maçon retraçant son parcours initiatique est celui du Cabinet de réflexion où figure cette tête de mort accompagnée de l’inscription : V.I.T.R.I.O.L (Visite l’intérieur de la Terre et, en rectifiant, tu trouveras la Pierre cachée). Cette devise alchimique inscrite au seuil de la démarche initiatique du futur Maçon est une invitation à descendre au plus profond de lui-même, à visiter ses propres enfers, à pénétrer dans son Subconscient afin de le purger et de l’épurer, elle invite le postulant à mourir à lui-même pour renaître et poursuivre son parcours en « rectifiant » pour ainsi donner un autre sens à sa Vie.
Ainsi, le Maître maçon aura bien subi trois morts successives avant d’être admis en Chambre du Milieu, une première lors de son recueillement dans le Cabinet de réflexion, une deuxième lors de son Initiation et admission au grade d’Apprenti et enfin la troisième lors de son Exaltation à la Maîtrise.
En effet, cette Initiation au troisième degré offre au frère Compagnon qui en a été jugé digne de vivre en le jouant lui-même, comme un acteur, un mythe, celui de la Mort d’Hiram, et d’en recevoir le message car il en est bien sûr le principal destinataire.
Le Compagnon devient donc Maître en revivant et simulant la Mort et la Résurrection d’Hiram tout en en écoutant le récit de sa Légende.
La compréhension de cette initiation passe donc forcément par tout un questionnement.
Quelle est la Légende d’Hiram ?
Hiram est l’architecte chargé de la construction du Temple de Jérusalem. Selon leur niveau de connaissance, Hiram classe ses ouvriers en trois degrés : les Apprentis, les Compagnons et les Maîtres. Chaque degré a un mot de reconnaissance, des signes et attouchements qui permettent de les distinguer entre eux. A la fin d’un jour où les travaux de construction du Temple sont presque achevés, Hiram inspecte le chantier. Trois Compagnons aux connaissances insuffisantes et au temps non encore accompli voulaient passer Maîtres avant l’heure. Ils voulurent obtenir les mots, signes et attouchements des Maîtres de la part d’Hiram et organisèrent un guet-apens. Chacun se posta à l’une des portes du Temple.
Lorsque Hiram veut sortir par la porte d’Occident, il rencontre le premier Compagnon qui devant son refus de donner les mots, signes et attouchements des Maîtres le blesse à l’épaule droite d’un coup de Règle.
Hiram se précipite vers la porte du Nord où il rencontre un deuxième compagnon qui lui fait la même demande. De part son refus, Hiram est à nouveau blessé, cette fois à la nuque par un coup donné avec une Equerre.
Enfin, il se dirige vers la porte d’Orient où le troisième compagnon réitère la demande des deux précédents. Essuyant également un refus de la part de Maître Hiram, ce dernier lui assène un coup de maillet au milieu du front et le tue.
Les meurtriers firent disparaître le corps du Maître assassiné, ils l’enterrèrent et quand on s’aperçut de l’absence d’Hiram, le roi Salomon envoya jusqu’à sept Maîtres à sa recherche. Après avoir longtemps erré, ceux-ci découvrirent une tombe fraîchement creusée sur laquelle les assassins ont placé une branche d’Acacia. Une parole fut prononcée lors de l’exhumation du corps et l’on décida que cette parole dont les initiales sont MøBø deviendrait le mot du grade de Maître, la Parole initiale ayant certainement été trahie.
Deux Maîtres tentèrent en vain de relever le mort par l’attouchement d’Apprenti puis de Compagnon mais ce ne fut qu’à l’aide des cinq points parfaits de la Maîtrise que le mort fut relevé de son tombeau.
Ainsi périt et ressuscita cet Homme juste et fidèle à son devoir et à ses convictions et ceci, même si la Mort devaitêtre le prix à payer. Telle est la légende d’Hiram que le frère Compagnon revit lui-même lors de son élévation au grade de Maître.
Cette légende, ce mythe a pour but de révéler au récipiendaire les chemins de son Destin.
Jugé digne de la suprême initiation, celle du Maître, on l’invite à entrer dans le Temple à reculons et c’est ainsi qu’il s’enfonce dans les ténèbres comme si son Avenir se trouvait soudain derrière lui, comme s’il se devait de « revisiter » tout l’enseignement des deux premiers grades afin de le posséder à fond, et dans cette rétrogradation, seule la lueur de l’Astre de la compréhension qu’est l’Etoile flamboyante accompagne son recul. Au deuxième degré, il lui a été donné de « voir » l’Etoile flamboyante, il sait qu’il commence à la « comprendre » mais il sait aussi qu’il ne l’a pas encore « réalisée ». Il revit un à un les cinq voyages du Compagnon, rentrant en lui-même, il médite sur la valeur de ses propres conceptions et se rend compte du fossé immense séparant la réalité, des images mentales que nous fabriquons pour essayer de nous la représenter. Cependant, il sait comment il doit se conduire envers les autres. Il a choisi la Voie lumineuse de l’épanouissement total,Il doit agir avec équité (Equerre) et suivre la direction immuable qu’il s’est fixé (Règle), celle de toujours faire de son mieux. Il s’est familiarisé avec les sciences humaines, il a travaillé à s’améliorer sur le plan moral, intellectuel et spirituel, à mieux se connaître lui-même. Il sait également que le travail à son propre perfectionnement sera incessant et que toute maîtrise commence par celle de soi-même, il doit devenir son propre maître.
Sa marche à reculons le mène de plus en plus profond dans les ténèbres épais, il passe à nouveau par le Feu, se laisse transporter par l’Air et plonge confiant dans les Eaux dont il ne craint pas les courants. De nouveau sur le sol, il plonge dans le gouffre béant de cette Terre qui s’ouvre. Il veut aller au plus profond des choses et ce retour en arrière, ce retour au point de départ primitif doit lui permettre de s’engager dans une nouvelle direction.
A une profondeur bien plus grande que celle du cabinet de réflexion de sa première Mort initiatique, le Récipiendaire se trouve au point de rencontre de son propre Centre. De cet endroit, il pourra se libérer de toutes les entraves et les contraintes profanes de toute sorte qui l’asservissent. Il est au seuil de la Chambre du Milieu. A cette profondeur de lui-même, il retrouvera l’état primordial, celui d’avant le « Pêché originel » selon certaines religions, celui « où l’Ego devient si transparent qu’il ne perturbe plus l’Etre véritable ».
Le Compagnon, qui en a été jugé digne et méritant s’apprête donc à franchir un autre seuil, un autre niveau de conscience. Mais est-il aussi pur qu’il le prétend, on examine ses gants et son tablier, il pratique un dernier examen de conscience, son âme est comme pesée par la déesse Maât, lui reste-t-il quelque chose à cacher en cet instant de Vérité ?
Ainsi le Compagnon est-il prêt à aborder la Maîtrise, il se retourne, pensant recevoir la Véritable Lumière mais il ne voit que deuil et désolation, il ne comprend pas, il s’interroge, il obtient rapidement une réponse : Le Maître Hiram est mort, assassiné par trois Compagnons.
Qui est donc véritablement le Maître Hiram ?
Hiram est le Fils d’une veuve de la Tribu de Nephtali (Bible, premier livre des Rois). Il est donc un héros mythique par excellence puisque fils d’une Femme (la Terre) et sans trace flagrante d’une fécondation terrestre donc sans doute divine. Il est fidèle à la Parole, il connait le sens de la Vie, il est architecte du Temple de Jérusalem donc d’une évidente parenté avec le Grand Architecte de l’Univers car tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, il est donc assimilable à Adam avant le péché originel, fils de Dieu créé à son image. Il est architecte de lui-même, Maître de son Destin, donc le type même de l’Homme Réalisé. Il est entre la Terre (La Veuve) et le Ciel (Dieu) comme tout Maître accompli se trouve entre la Règle et le Compas.
Le Rituel nous dit : « Il dirigeait nos travaux par le Monde, nous conseillait et nous éclairait de ses sages conseils ». Hiram est donc également Lumière, Sagesse, Force et Beauté.
Il illumine de sa présence le Temple maçonnique et représente parfaitement sa vocation sacrée.
Mais le Temple n’est-il pas d’une certaine façon, une manière de nous représenter nous-mêmes, tout au moins de représenter ce vers quoi nous tendons à devenir. Hiram est donc chacun d’entre nous, cet Homme Réalisé à l’image de Dieu avant le Péché originel.
Il est un peu notre « Principe conscient » qui ordonne et harmonise nos désirs et volontés en fonction de nos besoins propres et de ceux de notre entourage. Comme le Maître Hiram sur le chantier du Temple de Jérusalem, ce « Principe » commande ses ouvriers qui ne sont que nos fonctions psychiques qui lui sont subordonnées, nos Fonctions mentales.
Mais ces fonctions psychiques inférieures ont tendance à se rebeller, il en va ainsi de la nature de l’Homme, elles revendiquent la direction des opérations car lasses d’obéir à celui pourtant bon et fécond, elles n’aspirent qu’à l’égoïsme perturbateur et destructeur.
Le Compagnon comprend alors le pourquoi de cette désolation au plus profond de son Être, il est au milieu de son Temple intérieur, dans le Saint des Saints, au cœur même de ce jardin secret où toutes les décisions de tous ses actes sont prises, bonnes …Ou mauvaises, vraies… Ou fausses. Cet endroit de lui-même pourrait être éclairé pourtant tout est sombre, tendu de noir, le Delta lumineux brille toujours à l’Orient mais il n’est plus perceptible par le Compagnon, un épais rideau noir le masque, l’Etoile flamboyante est déjà loin derrière lui et sera d’ailleurs éteinte quand il s’avancera encore comme pour rappeler que l’Homme est ainsi fait, il a tendance à oublier trop vite ce qu’il a appris. Il est au cœur de son Temple intérieur, à la Source même de ses connaissances et règles de Vie ou tout devrait être ordonné et harmonieux et pourtant c’est le chaos, rien n’est à sa place, le Temple est réduit, l’Orient est caché, le Vénérable Maître a quitté la Chair de Salomon, l’Orateur et le Secrétaire sont descendus en tête des colonnes du Midi et du Nord. Le premier et le second surveillant sont avancés, plus rien n’est à sa place, le Compagnon distingue bien un Pentagramme mais il est inversé.
Et Hiram, le Maître, le Principe essentiel de la Conscience du Récipiendaire, est mort.
Il n’éclaire plus sa Chambre du Milieu, il n’est plus aux commandes de ses décisions intimes, le Compagnon mesure combien il a en définitive perdu l’Intégrité de son « sens moral ».
La mort d’Hiram signifie donc cette inhibition, cette entrave, cet engourdissement du principe conscient de notre Être. Elle est la conséquence de cette Faute originelle qui a détruit notre Être réalisé, la résultante de cette défaillance en quelque sorte de notre psychisme, une défaillance liée à la nature même de notre Être.
Le Compagnon prend donc conscience de ce drame qui se déroule en lui, et la manière dont Hiram est assassiné va l’éclairer sur la nature de ce dysfonctionnement profond mais également sur la manière de s’en prémunir.
La mort d’Hiram metle futur Maître face à son propre Destin, et pour qu’il se rende bien compte qu’il s’agit de sa propre histoire, il va devoir revivre symboliquement sa propre Mort, il comprendra ainsi comment il a lui-même participé à ce Drame, comment il a lui-même tué son « Surconscient » et comment il pourra le faire revivre.
Dans le Rituel, les meurtriers sont des Compagnons, des membres de son équipe, de plus, des subordonnés. Ils sont armés des outils de la Franc-maçonnerie, ceux-là même qui doivent permettre au futur Maître d’avancer vers son but ultime. Ces outils sont des outils de Vie qui se retrouvent détournés de leur but initial et deviennent des instruments de Mort.
Ces trois mauvais Compagnons armés de leurs trois outils détournés de leur but premier montrent bien à l’Initié tous les dangers présents sur le Chemin de la recherche de laVérité. Ils montrentcombien nous devons nous montrer vigilants envers nous-mêmes et qu’il ne suffit pas de tenir un outil dans la main pour bien s’en servir.
Ces mauvais Compagnons sont nos Facultés intellectuelles qui décident ne plus vouloir accepter d’ordres du Surconscient, de la Conscience, celle qui donne les ordres en fonction du Bien et du Mal, en fonction du Vrai et du Faux en fonction du bon sens moral car Elle… connait le Mot du Maître. Nos facultés intellectuelles veulent s’affranchir de ce Maître qui rétribue ses ouvriers en fonction de la bonneou mauvaise exécution des ordres donnés, ce Maître qui apportera la Satisfaction quand ils sont bien exécutés mais qui nous plongera dans le remord si ce n’est pas le cas.
Le Mythe de la Mort d’Hiram, comme tous les Mythes d’ailleurs (Osiris, Eleusis, Jésus), ouvre une porte sur la face cachée du psychisme humain et permet de mieux appréhender les lois qui le régissent.
Le Compagnon doit comprendre que, comme l’ « Adam primordial », il peut se laisser séduire par les fausses promesses du « serpent tentateur ». Et la menace vient d’en bas car en effet, dans notre Vie quotidienne, nous avons des relations effectives avec ce qui nous entoure au niveau terrestre, au niveau de notre Monde Matière. Nous sentons ou ressentons des émotions, nous agissons ou réagissons. Nous nous voyons réfléchir et imaginer. Ces relations effectives avec notre environnement, nos facultés mentales que sont l’Imagination et la Raison nous sont connues car « conscientes » et nous pouvons penser que ce sont ces facultés qui régissent notre Vie et qu’elles se contrôlent mutuellement. Cependant la réalité est autre, le véritable Maître de notre Psychisme est en nous certes, mais dans le domaine de notre Inconscient…
Si notre fonctionnement est sain, c’est notre « Inconscient supérieur » qui dirige nos existences, et c’est sans doute lui qui est assimilé au Ciel pour les Chrétiens ou encore à la Lumière par l’Egypte ancienne. Il maîtrise et harmonise notre Être. Cette harmonie lui apporte la Paix, elle nous fait éprouver de l’Amour pournotre environnement et être aimé par lui, elle nous fait vivre dans la Joie car l’Homme devient heureux en restant fidèle à sa vocation essentielle qui est de respecter la « Parole première ». Cette inconscient supérieur, c’est le Surconscient, autrement dit notre « Conscience » qui fait de nous les « Fils de la Lumière ».
L’Homme, dans sa vie de tous les jours, se trouve ému, touché par des sensations physiques, ces sensations sont transmises à l’imagination qui va nous faire entrevoir des promesses de satisfaction ou de malaise et l’imagination commande à la raison de programmer un acte visant à obtenir cette satisfaction ou à éviter le déplaisir. Tout ce circuit psychique est du domaine du Conscient mais ce circuit primaire est doublé par un autre circuit, celui-là complètement inconscient, celui de notre Conscience morale ou Surconscient qui appréhende instantanément la sensation et le désir, et autorise ou interdit l’acte conçut par l’intellect.
La sensation et le désir qui en découlent apparaissent bien conscients à l’Homme, il réussit à les appréhender concrètement mais subit de plus ou moins bonne grâce les impératifs de sa Conscience et à tendance à se révolter contre ses interdits d’autant plus qu’il ne la ressent pas puisqu’inconsciente. De plus, quand il manque d’obéir ne serait-ce que partiellement à cette petite voix dans son Esprit, il se trouve immédiatement sanctionné par le sentiment de culpabilité.
Le Surconscient devient rapidement et incontestablement un gêneur. La plupart des Hommes de ce Monde décide de se débarrasser de cet empêcheur de tourner en rond et se laissent séduire par les fausses promesses de leur imagination exaltée, ce même Serpent tentateur qui comme à l’Adam primordial, promet à l’Homme non seulement la jouissance de tous les fruits de la Terre mais surtout l’absence de tout scrupule et remord lors de cette jouissance car il lui promet également la connaissance du Bien et du Mal, en définitive, la connaissance de la Parole du Maître.
Influencé par son imagination exaltée, voulant faire de sa raison l’arbitre du Bien et du Mal, en définitive en survalorisant ses fonctions intellectuelles, en gonflant son égo, l’Homme tue en lui son Esprit, sa Conscience sans se rendre compte que c’est cependant et sans conteste la meilleure partie de lui-même.
Victime de l’Ignorance, de la Vanité de l’Homme et de son ambition …
Hiram est mort…
Mais le Maître en mourant n’a pas donné la Parole, les mauvais Compagnons n’ont pas obtenus ce qu’ils voulaient. L’Homme s’imagine cependant affranchi du Maître Surconscient, c’est-à-dire Hiram, le Grand Architecte, Dieu le Père, mais s’il est vrai que ce dernier a disparu, il est remplacé par un autre Maître, bien plus tyrannique, oppressant, qui lui, vient des profondeurs des ténèbres, de l’autre extrémité de notre Inconscient, de ses bas-fonds.
Cet autre Maître, c’est le Subconscient qui n’est que « résidus de tensions énergétiques contradictoires et négatives ». L’Homme vulgaire devient donc l’esclave de ce Maître tyrannique qui exalte à l’extrême son imagination et obnubile sa raison jusqu’à lui enlever toute clairvoyance.
L’Homme devient donc comme un bateau ivre sur les flots tumultueux d’une Vie sans logique. Au lieu d’apporter la Satisfaction promise, Le nouveau Maître n’apporte que frustration et angoisse, culpabilité refoulée et colère. L’Homme vulgaire vit finalement dans une vie à contre-sens et sa solitude est immense.
La Vie devient un chaos véritable et c’est justement ce chaos rempli de mort et de désolation que le Compagnon découvre dans sa propre Chambre du Milieu.
En vivant lui-même le Mythe d’Hiram, en pratiquant cette introspection au plus profond de lui-même, le Compagnon comprend l’analogie faite entre la Mort d’Hiram et l’assassinat de son Surconscient par lui-même. Cette prise de Conscience « réveille » en lui le principe endormi, ce Principe essentiel qui n’est que volonté de fidélité à la Parole, cette Parole perdue, cette Parole qui est sa quête, le sens qu’il a choisi de donné à sa Vie.
Ce mythe vécu par le récipiendaire de la manière la plus intime ne lui révèle donc pas simplement la manière dont il a lui-même tué sa Conscience mais lui donne, en même temps le fabuleux désir de la ressusciter.
Ce fabuleux Voyage qui mène le Compagnon à la rencontre de sa véritable Conscience, cette introspection profonde et sans complaisance fait comprendre au nouveau Maître que son Architecture psychique idéale doit être sous le règne de ce Surconscient d’où provient la Lumière et qui lui apporte Sagesse, Force et Beauté. Cette Sagesse qui donne au Maître la véritable maîtrise de lui-même, la Force qui permet au Maître de résister aux multiples tentations de ce bas monde et la Beauté qui vient de l’Harmonie qui règne en lui.
Fidèle aux lois universelles de la Vie, le Maître s’intègre donc avec Bonheur dans le Monde où il vit, pour lui-même et pour le Bonheur de tous ses Frères.
Mais pour cela, il sait que sa Vie demandera des efforts constants sur lui-même, qu’il devra sans cesse réprimer ses pulsions ou ses jugements souvent trop hâtifs, qu’il devra lutter sans cesse contre son penchant pour l’égocentrisme et que sans cesse il devra « rassembler » ce qui est épars, rassembler son énergie vitale pour garder la Lucidité et la Vigilance nécessaire à son parcours sur le chemin de son Destin.
Vigilance et Persévérance… A l’aube du premier Jour, dans le Cabinet de réflexion, le Maître se souvient…
La Mort d’Hiram n’est pas cette mort physique qui nous attend au bout du chemin terrestre, il ne faut pasla chercher dans un Futur plus ou moins proche mais là, maintenant, dans notre présent. Elle plane sur nous en permanence et menace de faire de nous des « suicidés de l’âme », des « cadavres ambulants ».
L’Initié, l’Homme Véritable, la connait bien, il a reçu le message lors de son exaltation à la Maîtrise. Elle est la « seconde Mort » tant redoutée par nos Maîtres Egyptiens.
Et c’est un combat que le Maître doit mener, avant tout contre lui-même mais également pour lui-même et pour L’Humanité.
Petite parcelle de Vie, de Lumière dans l’Univers, il se doit d’être fort car lui aussi a pour mission d’être utile et fécond, car lui aussi « éclaire » l’Eternité.
J’ai dit,