Le rôle personnel du Maître dans la Loge

Auteur:

Non communiqué

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Méditerranée 10/2005


Avant de définir le rôle personnel du Maître, il est bon de voir déjà ce qu’il se doit d’être et ce qu’il faut entendre par Loge maçonnique. La Loge est un groupe qui évolue et se transforme dans un cadre visant à faciliter la transmission initiatique. Elle est génératrice d’émotions et de conflits. Des oppositions et des incompréhensions apparaissent.

La Loge fournit un espace temps sacré, cadré par le rituel. Si les idées s’affrontent, les individus qui la composent ne devraient pas, en principe, se laisser aller à cet affrontement. Il ne faut pas accorder une importance exagérée à ce qui n’est qu’accessoire. La Loge permet de s’ouvrir à l’autre et de travailler ses émotions. Il ne faut pas se contenter d’y accomplir un rite, tout en fraternisant de manière louable.

La Loge est un lieu dont le temps et l’espace ont été soustraits au temps profane et à l’espace commun, pour constituer un lieu de réflexion où l’on cherche l’idéal de perfection de notre Ordre Initiatique. Cette poursuite s’effectue au moyen de la Parole puisque nous travaillons dans une tradition orale. La Loge permet à chacun d’exposer son point de vue et d’être écouté. Ainsi tombent les préjugés et s’affinent les idées.

La Loge n’est pas un refuge où l’on peut venir lécher ses plaies. C’est un lieu fraternel mais parfois aussi impitoyable. Un lieu de possible transformation, à condition de se joindre au chantier commun. Entre midi et minuit, la Loge devient un lieu privilégié, aux dimensions symboliques.

Symboliquement, le Maître est identifié à Hiram. Après avoir été frappé tour à tour avec la Règle, l’Equerre et le Maillet, il meurt pour renaître à une nouvelle vie spirituelle. A ce stade, la « formation » n’est évidemment pas terminée avec l’acquisition du grade. C’est au Maître lui-même qu’il revient de définir son chemin initiatique. La cérémonie suggère la démarche à suivre.

Nous n’aspirons pas au repos. Il faut donc travailler sans relâche sur soi-même pour se maîtriser. La méthode maçonnique nous donne dès le 1er degré tous les éléments, tous les matériaux, tous les outils pour opérer la transformation de notre être profond.

La vie se charge également de faire travailler tout un chacun sur lui-même, qu’il s’en rende compte ou pas. Ne serait ce que pour rectifier une situation déplaisante ou insatisfaisante. Le Maître a perçu qu’il lui reste tout à apprendre et qu’il sera toujours un éternel cherchant. Si la Loge est là pour l’y aider, il sait que c’est sous sa seule responsabilité qu’il avancera davantage. Il doit élever son niveau et reculer ses horizons. Il ne faut pas qu’il végète paisiblement sur les Colonnes. Il doit travailler avec zèle, constance et régularité. Il doit répandre la Lumière, mais pour la répandre, il faut déjà commencer par la posséder. Ce n’est pas tout de l’avoir symboliquement reçue, encore faut-il l’avoir comprise et en faire une bonne utilisation. Celui qui rayonne éclaire les autres, mais celui qui brille les plonge dans l’obscurité.

L’expérience acquise au cours de sa vie maçonnique lui a permis de se convaincre que ses premiers instructeurs avaient raison de lui dire que dans notre rite, il n’y a rien, pas une parole, pas un geste, pas un détail du rituel qui n’ait sa signification et sa valeur initiatique. L’apprentissage du rite et la compréhension de sa signification fait partie de son engagement maçonnique.

Existe-t-il vraiment un modèle de Maître dans sa Loge ? Il n’existe pas de Maître Maçon étalon. Le Maître doit avant tout être un modèle qui, par sa valeur, sa façon d’être ou d’agir, doit être une somme d’inspiration et d’exemple. Il doit avoir acquis l’aptitude à transmettre donc être capable de prendre la direction d’un chantier. Le Maître révèle sa maîtrise en accordant son mode de pensée avec les principes fondamentaux de notre Ordre et en mettant ses actes en harmonie avec ses paroles.

La vie de la Loge est réglée par le rituel. Aucune Loge ne ressemble point par point à une autre. Au milieu, le Maître a un rôle actif à jouer. Il doit participer à l’animation de la Loge plutôt qu’être spectateur attentif. Il doit donc s’astreindre à la fréquenter régulièrement. L’exigence d’assiduité est capitale et évidente dans une institution où le vécu en Loge est sa Pierre de fondation. Ce vécu s’étend jusqu’aux sous-groupes, commissions diverses, collège des officiers, réunions d’instruction.

Il ne faut surtout pas que le Maître vienne en Loge comme dans un club, y chercher quelques convivialités, provoquer des rencontres dans un état d’esprit contraire à l’éthique de l’Ordre, recueillir un carnet d’adresses, rechercher une promotion sociale. Ainsi agissent les meurtriers d’Hiram. Le Maître doit savoir transmettre les valeurs symboliques et initiatiques aux derniers arrivés. Il ne doit pas faire l’étalage de son expérience, mais plutôt délivrer des pistes de réflexion.

Le Maître doit se distinguer de l’homme ordinaire par sa manière d’exister. Il doit faire aimer notre Ordre par l’exemple de ses qualités et préparer, par une action incessante et féconde, l’avènement d’une humanité meilleure et plus éclairée. Il doit se rappeler la grandeur des devoirs qu’il s’est imposé et à toute heure, il doit être prêt à les remplir. Ce qui est important pour le Maître, à mon point de vue, c’est bien d’être capable de modifier ses positions philosophiques, d’être « en recherche », même si on ne sait pas où cette recherche nous mène. C’est un moyen d’arriver à se connaître soi-même, à connaître la « Vérité », à connaître cette étincelle de vie cachée en nous.

Etre Maître, c’est avant tout être Maître de soi-même, tâche ardue qui demande à trouver en toutes choses le juste milieu, que ce soit dans les pensées ou dans les actes. Pour avancer sur cette voie, la maçonnerie nous propose des initiations successives et les symboles. Encore faut-il avoir le désir d’avancer. La Franc Maçonnerie est une institution humaine, avec ses défauts et ses qualités. Le Maître dans sa Loge y trouve surtout ce qu’il y apporte, sa fraternité, sa confiance, son désir de progresser, de transmettre le message de Liberté, d’Egalité et de Fraternité.

J’ai dit

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