Du bien et, du mal
Non communiqué
Puisque le Bien fait le ciel chez l’homme, et que le Mal fait l’enfer,
il faut
absolument qu’on sache ce que c’est que le bien et ce que c’est que le
mal ;
précédemment il a été dit
que le bien est ce -qui appartient à l’amour envers
le Seigneur et à la charité à
l’égard du prochain, et que le mal est ce qui
appartient à l’amour de, soi et à l’amour du
monde ; il suit de là que ce n’est
que d’après les amours que l’on sait ce que c’est que le
bien et ce que c’est
que le mal.
Toutes les choses qui, dans
l’univers, sont conformes à l’ordre Divin se
réfèrent au Bien et au Vrai ; et
toutes les choses qui, dans l’univers, sont contraires à
l’ordre Divin se
réfèrent an mal et au faux: cela vient de ce que
le Bien et le Vrai, qui
procèdent du Divin, constituent l’ordre, au point qu’ils
sont l’ordre.
Le Bien qui appartient à l’Amour envers le Seigneur est
appelé Bien céleste, et
le Bien qui appartient à la charité à
l’égard du prochain est appelé Bien
spirituel : quelle est la différence entre le Bien
céleste qui appartient à
l’Amour envers le Seigneur et le Bien spirituel qui appartient
à la Charité à
l’égard du prochain, et combien est grande cette
différence, c’est ce qui sera
dit dans la suite.
La doctrine du Bien céleste, qui appartient à J’amour envers le Seigneur, est la plus vaste, et en même temps la plus inconnue; la Doctrine du Bien spirituel, qui appartient à la charité à l’égard du prochain, est vaste aussi et inconnue aussi, mais moins que la Doctrine du Bien céleste, qui appartient à l’amour envers le Seigneur. Que la Doctrine de la Charité soit vaste, c’est ce qu’on peut voir en ce que la charité chez l’un n’est pas la même que chez l’autre, et en ce que l’un n’est pas le prochain de la même manière que l’autre.
Comme la Doctrine de la Charité était si vaste, les Anciens, citez qui la doctrine de la Charité était la Doctrine même de l’église, distinguaient la Charité à l’égard du prochain en plusieurs Classes, qu’ils subdivisaient encore ; ils donnaient un nom à chaque Classe, et ils enseignaient comment la charité devait être exercée à l’égard de ceux qui étaient dans une classe, et comment elle, devait l’être à l’égard de ceux qui étaient dans une autre et de cette manière ils rédigeaient en ordre la Doctrine de la Charité et les exercices de la charité, afin de les mettre distinctement à la portée de l’entendement.
Les Noms qu’ils donnaient
à ceux
envers lesquels ils devaient exercer la charité
étaient en grand nombre; ils en
appelaient quelques-uns aveugles, d’autres boiteux,, d’autres manchots,
d’autres pauvres, puis misérables et affligés,
d’autres orphelins, d’autres
veuves : mais en général ils les nommaient des
Affamés auxquels ils devaient
donner à manger, des Altérés auxquels
ils devaient donner à boire, des
Voyageurs qu’ils devaient recueillir, des Nus qu’ils devaient
vêtir, des
Malades qu’ils devaient visiter, et des Prisonniers qu’ils devaient
aller voir
sur ce sujet, voir A. C. Ni 4954 à 4959
Ces noms avaient été donnés du Ciel
aux Anciens qui étaient de l’église, et par
ceux qui étaient ainsi nommés ils entendaient
ceux qui étaient tels
spirituellement ; leur Doctrine de la charité enseignait qui
ils étaient, et
quelle étai! la Charité à
l’égard de chacun.
De là vient que ces mêmes Noms sont dans la Parole, et signifient ceux qui sont tels dans le sens spirituel. La Parole en elle-même n’est que la Doctrine de l’amour envers le Seigneur et de la charité à l’égard du prochain, comme aussi le Seigneur l’enseigne ´ Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute La pensée, c’est là le premier et le grand commandement, le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même ; de ces deux commandements dépendent là Loi et les Prophètes. – Math. XXII. 35, 36, 37, 38. La Loi et les Prophètes, c’est toute la Parole.
Si ces mêmes Noms sont dans la Parole, c’est parce que ceux qui étaient dans le culte externe devaient exercer la charité à l’égard des hommes qui étaient ainsi nommés ; et ceux qui étaient dans le culte interne, à l’égard des hommes désignés spirituellement par ces noms ; ainsi C’était pour que les simples entendissent et pratiquassent la Parole avec simplicité, et les sages avec sagesse ; puis aussi, afin que les simples par les externes de la charité fussent initiés dans les internes de la charité.
Emmanuel Swedenborg