Les Cinq Points Parfaits de la Maîtrise
T∴ L∴
Cette planche est née d’un grand nombre d’interrogations : Pourquoi le F compagnon est-il exalté et non pas élevé à la maîtrise ? Pourquoi est-il relevé par 5 points réalisant alors une situation de prime abord grotesque, alors qu’il eut été plus facile de s’y prendre autrement ? Pourquoi le mot sacré lui est-il communiqué dans cette position ? Et encore bien d’autres questions…
Revenons donc à nos 5 points parfaits et refaisons un bref retour sur notre exaltation afin d’en ressaisir le sens.
Après que le F expert se soit assuré par l’examen de nos gants et de notre tablier que nous n’étions pas un des assassins d’Hiram, nous allons être à la fois acteur et spectateur d’un drame en deux temps. Un ternaire destructeur, les trois mauvais compagnons animés par l’Ignorance, le Fanatisme et l’Ambition vont nous faire symboliquement mourir comme Hiram avant nous. Hiram est alors enterré par les trois mauvais compagnons et les FF partent à sa recherche et retrouvent son cadavre grâce à un rameau d’acacia opportunément planté sur sa sépulture. Allongé sur le cercueil comme Hiram avant nous, nous sommes à nouveau replongés dans une caverne symbolique où nous avons tout le loisir de revivre notre chemin parcouru depuis notre initiation. Le cadavre retrouvé, un ternaire constructeur constitué des trois premières lumières de la Loge après moult difficultés nous relèvera grâce à leurs efforts conjugués.
Ce relèvement se fait
d’une manière bien précise, par les
cinq points dits « Points parfaits de la
maîtrise », que je
rappelle : Se prendre mutuellement le poignet droit en formant
la griffe.
S’approcher réciproquement du pied droit par le
côté intérieur. Se toucher
réciproquement le genou droit. Rapprocher les poitrines du
côté droit. Poser réciproquement la
main gauche sur l’épaule droite vers le dos pour
se tenir plus étroitement et s’attirer
l’un à l’autre. C’est dans
cette position que l’on se communique le mot sacré
de manière symbolique à l’une puis
l’autre oreille. Le mot ayant été
communiqué, le T V M s’exprime :
« Gloire au G A
D L’U ».
« Le
maître est retrouvé et il reparaît aussi
radieux que jamais » !
Historiquement, la 1ère référence aux
cinq points est d’origine compagnonnique. (Je vous ai joint
un tableau récapitulatif des évolutions que
j’ai pu trouver sans avoir pu vérifier toutes les
indications qui y sont mentionnées).
Je n’ai pas cherché dans ce travail à
développer point par point le symbolisme du pied, puis du
genou, etc. Ce qui m’intéresse, c’est le
sens général, et en particulier au R E A A.
En effet, comme souvent en
maçonnerie, le travail des FF, par apports successifs, a
toujours étoffé, développé
ou modifié le rituel du départ et
éventuellement le sens. Pour moi, l’important
c’est le symbolisme du relèvement et de la
transmission.
Le T V M en tendant sa main par la griffe, en prenant un
appui stable par le pied et par le levier du genou va permettre le
relèvement du F et le maintiendra fraternellement debout
par son bras gauche en soutien et le contact poitrine contre poitrine.
Le relèvement est le passage de
l’horizontalité, mort spirituelle à la
verticalité, renaissance spirituelle. Verticalité
qui est l’essence même du principe
d’humanité et de dignité humaine.
Il y a cinq points, par référence au nombre cinq dont on connaît la valeur symbolique, ces cinq points de contact réalisant la fusion des deux corps en un seul, autour d’un axe vertical commun. Cet axe vertical fait référence au point de départ nécessaire à la, construction de tout édifice dans toutes les directions de l’espace et ces cinq points sont parfaits comme doit être parfait l’édifice à construire.
Mais notre exaltation n’est pas terminée, il faut encore que le T V M nous transmette le mot sacré. Si on ouvre un dictionnaire, on trouve à exalter la définition suivante : « faire l’éloge de…» ou « glorifier ».
Qui glorifie-t-on ? Ce
n’est certainement pas le nouveau maître, mais
Hiram qui renaît à travers le nouveau
maître. (Voir rituel : « A
la Gloire du GADL’U,
le maître est retrouvé et il reparaît
aussi radieux que jamais »).
Qu’est-ce que cela peut signifier pour le nouveau
Maître ? Je me rappelle le soir de mon exaltation et
j’ai été bien soulagé
qu’aucun F ne me demande mes impressions
d’exaltation, car j’aurais
été bien embarrassé. Avec le recul, il
s’agit pour moi d’une transmission de
l’esprit maçonnique ou d’une
lumière initiatique. Hiram ressuscite dans le nouveau
Maître, il est en nous, il nous appartient de le faire vivre
en nous. L’exaltation est donc un nouveau départ,
une voie nous est tracée, un mot nous est transmis, mot qui
n’est que substitué, il n’y a donc pas
de révélation au sens propre, mais une
indication. Le nouveau Maître n’a encore rien
construit, le rituel est là pour nous le rappeler (7 ans et
plus) : il n’y a donc aucune limite à
notre démarche initiatique, il nous appartient à
chacun, en fonction de sa propre spiritualité,
d’en rechercher le sens, par un travail sans
relâche, à la fois individuel et collectif en
toute fraternité.
T V M