4° #401012 Le Tablier du Maître Secret par rapport à la connaissance du Bien et du Mal Auteur: Non communiqué Obédience:SCDF Loge: NT A la Gloire du Grand Architecte de l’UniversDeus Meumque JusRite Ecossais Ancien et AcceptéOrdo ab chao Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de FranceLiberté, Egalité, FraternitéTFPM et VVTTMMFFMMSSPlanche tracée :– Introduction– De la connaissance du Bien et du Mal – De la pratique de la Vertu– Le Tablier du Maître secret– Les symboles végétaux– La clé d’ivoire – L’espérance pour le MS– Synthèse***Introduction A la GLDF, la question que tous les Maîtres Maçons en constante progression se posent un jour est celle-ci : « Mais que sont devenus les assassins du Maître Hiram ? ». Sous-entendu : « Ont-ils été recherchés, capturés, jugés et punis ? ». Notre soif de savoir et de connaissance est apaisée par les réponses apportées par le Rite au-delà du 3ème D. Toutefois, cette nouvelle initiation du VM est assortie d’un autre Tablier porteur de nouvelles considérations tant symboliques que spirituelles. Celles-ci visent à indiquer au MS le sentier vers la montagne à gravir tout en lui permettant de se protéger de lui-même. Il est requis du MS qu’il « se conforme, en toutes circonstances, au Bien, sans complaisance pour nos préjugés et nos intérêts ». Il n’est donc pas proposé au MS d’autre choix que le Bien, avec obligation de s’y conformer alors qu’il « commence maintenant à pénétrer dans les hautes régions de la connaissance spirituelle ». Au 1er D dans le livret de l’Ap nous trouvons cette question : « Qu’est ce que la FM ? », à laquelle il est répondu : « C’est une alliance d’hommes éclairés groupés pour travailler en commun au perfectionnement intellectuel, matériel et moral de l’humanité ». Nous avons le DEVOIR de pratiquer le BIEN. Depuis le Cabinet de Réflexion et jusqu’au grade de MS nous rencontrons invariablement et fréquemment l’alternative – par conséquent le Mal et ce qui divise. Nos efforts qui tendent désormais à unir, réunir et fusionner ce qui semble inconciliable sont érigés en principes communs. Ils concourent à façonner une méthode spécifique à la FM et au REAA en particulier. A chacun d’identifier ces principes ou valeurs pour lui-même et de les utiliser pour se forger les outils symboliques adaptés à sa personnalité et à ses besoins. C’est pourquoi cet itinéraire ne peut être esquissé et actualisé qu’à la première personne du singulier. Je vous fais part fraternellement des différentes étapes qui jalonnent mon parcours Maçonnique et sans penser à me perdre en chemin j’espère ne pas « m’attarder sur les sentiers fleuris ». Car de biens beaux paysages existent aussi au-delà de la porte occidentale. Ils s’apprécient dans la pleine lumière du jour ou dans la langueur romantique des soirs de lune. Notre sottise nous entraîne parfois « dans le labyrinthe de l’erreur » seul ou accompagné parce que nous nous montrons moins vigilants vis-à-vis de nous-même et cela conduit à la démission morale ou pire, spirituelle. Les visées malhonnêtes atteignent notre Obédience et déstabilisent temporairement les Maçons dans le Temple et hors de celui-ci. Mais le plus souvent tout revient à l’équilibre, heureusement. Pour le moment, nous progressons « sur les sentiers fleuris » de l’initiation et pourquoi pas en compagnie de René Guénon qui distingue « l’initiation virtuelle » de « l’initiation réelle » expliquant par la suite cette évidence : « entrer dans la voie, c’est l’initiation virtuelle » et « suivre la voie, c’est l’initiation réelle ». *** De la connaissance du Bien et du Mal Pourquoi pensons-nous en termes de bien et/ou de mal ? Première référence mythique biblique dans le livre de la Genèse version Louis Second où nous lisons que Adam et Eve ayant mangé du fruit de l’arbre du bien et du mal « l’Eternel Dieu dit : Voici, l’homme est devenu comme l’un de nous, pour la connaissance du bien et du mal ». Pour ma part, je ne parviens pas à croire qu’en tant qu’homme, je connaisse le bien et le mal, et moins encore que je sois devenu l’égal d’un Dieu. Ce qui me donne à réfléchir … Depuis longtemps nos illustres Anciens répartis sur toute la surface de la terre nous proposent des alternatives aux doctrines religieuses dont les critères du bien et du mal varient d’une confession à l’autre. De plus depuis le 17ème siècle nous admettons que la morale s’affranchit des croyances religieuses jusqu’à rejeter la nécessité du lien entre morale et religion. Le REAA traduit en langage initiatique les multiples éléments de réflexions proposés par les philosophes et littéraires. La pensée s’impose sans indications dogmatiques ni vaines spéculations. Tout s’organise autour de l’individu porteur de valeurs morales visant à promouvoir pour lui-même : – la volonté d’entreprendre, – la constance dans l’effort, – la discipline de l’esprit traduite en terme de devoirs envers soi-même. L’accomplissement de ce Devoir par le perfectionnement initiatique nécessite un glissement progressif de l’intellectualisme vers la spiritualité agissante. La réflexion personnelle est vecteur de libération et de sagesse comme l’a compris le Roi Salomon qui demande à l’Eternel : « Accorde donc à ton serviteur un cœur intelligent pour juger ton peuple, pour discerner le bien du mal » (1 Rois 3 : 9). Salomon nous invite ainsi à utiliser toutes nos capacités humaines principalement celles que nous négligeons, qu’elles soient intuitives ou « providentielles ». La référence à Dieu est contournée par Guénon pour qui la providence devient intervention du « supra-humain » (au-delà de l’humain). N’ayant pas tous un destin Salomonien, hors du commun, nous nous reposons quotidiennement sur notre vigilante et bienveillante conscience qui jamais ne nous fait défaut. C’est elle qui nous a conduit vers la cérémonie d’initiation où la FM énonce, d’entrée, ce principe positif : « Fais aux autres tout le bien que tu voudrais qu’ils te fissent à toi-même ».Cette affirmation est une obligation morale, une loi morale ou devoir qui selon Kant est un impératif catégorique. Les indications voire les injonctions à préférer le Bien vont se succéder de grade en grade avec les spécificités liées à chaque grade sans toutefois préciser ce qu’est le bien ni détailler de quelle façon le pratiquer. A chacun de se forger ses propres outils. De nos jours la raison préside à nos démonstrations intellectuelles mais la demande croissante de spiritualité conduit certains Maçons à réunir raisonnement ET intuition dans leur quête de la connaissance du bien et du mal. Alors que dans le monde profane on ne parle pas de raisonnement et d’intuition mais de performance individuelle dans une société ou les Droits sont partout et les devoirs envers soi-même et les autres, nulle part. La volonté (de soumettre sa volonté), la constance (dans l’effort) et la discipline (celle de l’esprit) sont devenus des mots incongrus pour certains et restent des valeurs sûres pour d’autres. Cela est énoncé dans le rituel d’admission au 4ème D qui est un rappel constant à la conscience morale personnelle par citations surabondantes de maximes et préceptes : – vous déciderez par vous-même de vos opinions et actions – vous ne prendrez pas les mots pour des idées – vous n’accepterez aucune idée que vous ne jugiez vraie – n’accordez à quiconque une confiance aveugle – ne profanez pas le mot de Vérité en l’accordant aux conceptions humaines – aimer la Justice, la révérer, marcher dans ses voies et la servir de tout notre coeur – faire son devoir en toute circonstance, car le devoir est avec nous, impératif comme la destinée – conformons-nous en toute circonstance au bien, sans complaisance pour nos préjugés et intérêts Ces mises en garde responsabilisantes viennent compléter les indications données dans le Livret de l’Ap où on lit que « l’estime ne doit se mesurer que selon la constance et l’énergie que l’homme apporte à la réalisation du Bien » et que « … la valeur individuelle doit s’apprécier en raison des qualités morales ». Celles-ci résultent de la pratique de la VERTU qui découle du choix et de l’exercice de la JUSTICE et de la VERITE. Voilà pour les actions immédiates à pratiquer. Attardons-nous sur le principe de la pratique de la VERTU qui est «une disposition constante qui porte à faire le bien et à éviter le mal ». *** De la pratique de la VERTU : L’esprit curieux étant sans cesse en éveil, il est toujours au travail et il s’efforce de contrôler ses pulsions à tout moment. Il élève son âme en se sortant de ce que parfois on appelle la « condition animale » ou tout au moins tente d’accéder à une réalité intérieure différente de l’environnement habituel. Mais attention Narcisse à ne pas te noyer dans ton propre reflet. Pour éviter cette tragique erreur il faut revenir régulièrement vers ses Frères et travailler assidûment avec eux et pour eux. L’injonction fraternelle du VM nous rappelle notre devoir de présence au tout début de la Tenue lorsqu’il dit : « Prenez place mes Frères ». Le Maçon peut avoir une activité tumultueuse dans un monde profane tumultueux mais il reviendra invariablement sur le chantier auprès des autres ouvriers consciencieux et sa Pierre taillée sera ajustée silencieusement. Surtout, le regard bienveillant des Frères nous éloigne des mirages engendrés par la complaisance avec soi-même. L’édifice ne s’élève que dans un contexte de vision idéale, qui assigne à chaque pierre un rôle défini, unique, en parfaite harmonie avec l’ensemble des autres pierres. Platon, au Sixième livre de la République enseigne que la Justice est l’ordre parfait dans lequel chaque chose est à sa place. Cette démonstration fait référence à l’âme humaine, qu’il divise en trois parties: l’esprit, faculté cognitive et intellectuelle, le courage ou capacité d’affronter les épreuves, et enfin le désir, soit ce qui motive et met en oeuvre l’ensemble de la personnalité. Il n’atteint sa propre perfection que grâce à un équilibre entre ces trois facultés, dont aucune ne doit empiéter sur les autres. Ce philosophe poursuit son analyse par une comparaison; observant la cité comme une entité politique, en rapport analogique avec l’âme humaine puisque la cité est aussi composée de trois unités : les sages, qui devraient la diriger, les guerriers, qui devraient la protéger, et les travailleurs, qui doivent la faire prospérer. Depuis Platon les choses ont quelque peu changé concernant ce paragraphe. Fort heureusement. Pour ma part je m’efforce d’appliquer la vision sociale de Platon à moi-même : sages, guerriers et travailleurs cohabitent dans mon esprit avec leurs attributions (diriger, protéger, prospérer) comme éléments de discipline morale. Dans un cadre Vertueux, l’univers des symboles permet : – l’exercice de la Justice et de la Vérité, – inspire une nouvelle conduite, – génère de nouvelles habitudes et de nouvelles forces. Ces forces intègrent le pardon, la reconnaissance du doute, l’écoute de « tous les hommes avec attention et déférence », la puissance de l’amour inconditionnel, la responsabilité de nos actes, la soif d’un absolu appelé idéal. Ce dépassement de soi-même devient « la sincère alliance contractée … ». *** Le Tablier du Maître secret Dans le mythe Adamique, ayant changé d’état spirituel le premier geste d’Adam et Eve est de confectionner des ceintures en cousant des feuilles de figuier. Il ne peut s’agir de simple pudeur, alors s’agit-il d’un geste intuitif d’auto-protection ? où externe et alors, contre quoi ou qui ? ou de l’extériorisation d’une nouvelle compréhension traduite par un signe d’alliance avec le divin ? Je veux également voir dans l’attribution au MS d’un nouveau Tablier, une alliance générée par le désir de dépassement de soi-même. Démarche terrestre laborieuse qui ne sera miséricordieusement pas sanctionnée par le don d’immortalité. Mais la côte est raide et il est nécessaire de doter le MS de quelques signes et symboles végétaux prometteurs. ***Les symboles végétaux Le végétal est présent dans les 4 premiers Degrés duRite : les Grenades au 1er D, l’Epi de blé au Second D, l’Acacia au 3ème degré, Laurier et Olivier au 4ème degré. Les nourritures n’étant pas toutes spirituelles nous ingérons de nombreux végétaux ou leurs fruits. Le flux spirituel irrigue le MS comme la sève nourrit le fruit, la plante et la frondaison de l’arbre. Laurier et olivier sont des arbres à feuillage persistant comme est constante la détermination du MS. De même l’écoulement nourrissant reste invisible mais le vert feuillage se pose en témoin et résultat de son action. Toutefois, la plupart des végétaux sont fragiles à l’image de notre condition humaine elle-même vulnérable, soumise à la fatigue et à l’épuisement. Car vivre est à la fois une épreuve et un drame fabuleux. Cela mérite d’être encouragé et stimulé. Le MS est donc reçu sous le Laurier et l’Olivier. Il sort de l’anonymat ayant reconnu ses potentialités qu’il va porter au service de l’humanité. Le Laurier est l’emblème de la victoire du MS sur ses passions, les préjugés et l’erreur et c’est en couronne qu’il est posé sur la tête du MS en quête de la Vérité qui, sous l’Olivier remportera une dernière victoire. Cette couronne qui se place au sommet de la tête partage les valeurs attribuées généralement à la tête, au corps, de celles reçues comme un don d’en haut. Sans rupture, de même que l’échelle – symbole transcendant – assure l’accès entre le terrestre et le céleste. Sa forme circulaire indique la perfection ainsi que les influences supra-terrestres qui ont été recueillies. La progression du MS s’effectue maintenant sans l’aide d’outils matériels mais plutôt par voie sensitive, voie intuitive, d’analogies, de symboles où l’inconscient et la spontanéité se mêlent. L’agitation humaine n’atteint pas ce niveau de conscience particulier, le MS ayant trouvé la paix en lui-même. L’olivier est synonyme d’aboutissement. Le MS maintenant apaisé et en état d’éveil contribue à la paix et à l’union entre les hommes. ***La Clé d’ivoire Le MS peut-il se servir de la Clé d’ivoire pour ouvrir le cœur des hommes ? Cet usage est une perspective car pour le moment la Clé n’ouvre et ne ferme rien. Le rituel nous dit que : « C’est la clé nécessaire à la recherche de la vérité et de la Parole perdue car elle peut permettre au MS d’accéder ultérieurement au Saints des Saints ». Dans l’enceinte sacralisée le MS se consacre entièrement à la pratique spirituelle quotidienne d’une exploration intérieure doté d’une Clé, d’une couronne de Laurier et d’Olivier. C’est son Devoir en tant que Lévite chargé de l’entretien des salles du Temple de Salomon. Le MS devient à la fois la Clé d’ivoire qu’il reçoit pour progresser mais aussi la serrure de la balustrade, symbole de son être intime dont il doit dépasser les limites pour accéder à la Sagesse. Il a donc été« … couronné de Laurier et d’Olivier, dans l’espérance de vos succès futurs et ultime victoire ». Le MS est dans l’expectative, dans l’espérance. ***L’espérance pour le MS La citation de Guillaume d’Orange « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer » oblige le MS à « ne pas songer à la récompense » et « à être satisfait de l’approbation de sa seule conscience » comme le dit le F Premier Insp dans le paragraphe précédent. Que possédait G. d’Orange pour n’être pas en nécessité d’espérer ? Trouvait-il une foi inébranlable dans son idéal ? C’est aussi une interrogation personnelle à ce jour. C’est un rappel pour le MS qui en est arrivé là de son cheminement initiatique en quête des Secrets véritables des Maîtres Maçons. Dans cet élan, l’espérance est comprise comme la sublimation de sa foi, la démonstration que ses idéaux sont enfin accessibles par des faits qui changent sa vie. Mais le Temple idéal, lui, restera à l’état imaginaire. Une fois élevé il cours le risque de se voir abattu par de sombres forces; ou bien alors la nature se chargera-t-elle de le dégrader ? Rappelons-nous l’adage asiatique qui énonce que l’important n’est pas tant le but, mais le chemin. La transmission du dépôt initiatique est une reconstruction sans fin de génération en génération qui exige que nous fassions preuve de constance dans l’effort et de beaucoup de patience. Effort, car elle consiste à vouloir augmenter la valeur du dépôt (ou bien à le singulariser) et patience car elle est attente de l’inespéré, c’est-à-dire se trouver soi-même en rencontrant l’Autre (connaissant et re-connaissant). *** Synthèse En me créant MSle Rituel Maçonnique me propose d’Etre par l’approche de cet indicible qui est en moi, de dominer mon inconscient et d’acquérir mon autonomie personnelle. Il s’agit de l’exercice d’une éthique de vie qui se construit au moyen à la fois des facultés intuitives de l’individu et de spontanéité. C’est ainsi que le MS poursuit dans la Cité des hommes le travail commencé en Loge dans l’authenticité. Il donne envie de suivre un bon exemple fraternel en montrant et en donnant avec cœur ce qu’il y a de mieux et qui constitue son idéal Maçonnique. L’infini restant inaccessible à mon entendement, j’ai trouvé au 4ème D quelques perspectives encourageantes d’accomplissement dans le domaine du Sacré pris dans le sens d’ultime, d’impérieux et d’universel. Cette marche ascendante vers la Lumière est pour moi une source inépuisable de joie intérieure. A partager avec mes compagnons de route … ! J’ai dit, TFPM A B*** Les vertus théologales sont au nombre de trois : la foi; l’espérance; la charité, c’est-à-dire l’amour de Dieu et de son prochain pour l’amour de Dieu. Ce groupe tire son origine d’un passage fameux de la Première Épître de saint Paul aux Corinthiens (I Co 13, 13) : « Maintenant donc, ces trois-là demeurent, la foi (pistis), l’espérance (helpis) et l’amour (ou : charité, agapè) mais l’amour est le plus grand. » Ces vertus sont infusées par Dieu dans l’âme des fidèles pour les rendre capables d’agir comme ses enfants et de mériter la vie éternelle. Elles sont le gage de la présence et de l’action du Saint Esprit dans les facultés de l’être humain. Les vertus cardinales : Au nombre de quatre : prudence, tempérance, force et justice. Navigation des articles Planche Précédente "Le Devoir, son accomplissement,sans songer à une récompense" Planche Suivante "Les 4 voyages du 4ème grade, quête, ou ascension spirituelle ?"