La Clé … Un Levier

Auteur:

S∴ F∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué


C’est à la fin de la cérémonie d’élévation au 4éme degré, et après avoir contracter l’obligation de suivre fidèlement la route du devoir, que le T F Pen nous investissant du sautoir de ce grade, nous remet une clé d’ivoire… Nous sommes dans un lieu de méditation, de silence, prés du tombeau de maître Hiram ; nous sommes devant une porte qu’il nous faudra ouvrir.

Une clé d’ivoire !Premier outil que l’on nous remet et qui n’est pas en métal ! Mais… peut-on considérer cette clé comme un outil ?

Le maillet, le ciseau, le levier, l’équerre, le compas pouvaient « armer » notre bras. Ils étaient le prolongement de notre main, elle-même prolongement de notre cerveau. Là nous avons de l’ivoire, de l’os, c’est à dire une partie de nous même qui nous permet d’avoir forme et de fonctionner.
Cette clé n’est pas confectionner dans un matériau extérieur à nous, mais avec nous même !
Et si elle n’est pas « outil »… ne peut-elle pas être un signe ?
Et là comme dans tous les symboles l’ambivalence est présente. Une clé sert à ouvrir quelque chose qu’elle n’a pu qu’au préalablement fermer !!!
Avançons avec prudence.
Cette clé, cette porte, ne les ai-je pas déjà rencontré sur le chemin de l’éveil ?
« On frappe en profane à la porte du temple » scande le 1er survlors de la cérémonie d’initiation au 1er degré … « Donnez lui l’entrée du temple répond le V » et un grand bruit de clé et de verrou témoigne de l’ouverture d’une porte… très basse, que l’on ne peut pas voir nos yeux étant cachés sous un épais bandeau noir.
Bruit de clé, porte basse, obscurité…épreuve de la terre.
Cette première porte franchie correspond pour moi, à mon engagement. Un engagement librement consenti, celui d’aller, avec le maximum de rigueur, d’honnêteté, à la rencontre de cet inconnu que je suis. On me revêt d’un tablier, et mon premier travail sur le chantier : dégrossir la pierre brute.
Je ne sais pas où mes pas me conduiront, je suis dans les ténèbres mais pas seul puisqu’un expert puis un 2éme Survsont à mes côtés. Je dirais qu’à cet instant je suis mené plus que je mène mes pas.
Les bruits de clé, de verrou avaient un retentissement bien métallique : je viens de quitter le monde profane pour rentrer dans un autre monde ; je viens de passer la frontière, et déjà, pour parodier des jeux de télé « une première clé » !! Peut être LA CLE : « L’AMOUR EST PLUS FORT QUE LA MORT »
Cette cérémonie dite « d’initiation » est là avec son rituel et sa gestuelle pour à la fois nous faire entrer dans une communauté, un groupe, mais aussi pour que le groupe nous reconnaisse comme membre à part entière de cette entité. Le décor est planté ; ce n’est point comme un ermite que je poursuivrai ma quête mais au milieu des autres et avec les autres…

Pas à proprement parler de clé et de porte au 2éme degré, mais le pas du compagnon qui m’ouvre sur le monde. Il faut que j’aille expérimenter, éprouvé. Les outils sont nombreux… me sont ouvertes les portes des sens, de l’art, de la science, de la philosophie, et pour en finir m’est fournie une deuxième clé « GLORIFICATION DU TRAVAIL »

Et puis le 3éme degré vient mettre un frein brutal à cet enthousiasme naissant… Mal ou pas contrôler par la règle, les métaux, nos alliés d’hier, ont parlé répandant la mort.
L’ignorance, l’ambition, la vanité ont eu raison de cette quête de lumière, de cette volonté de la mener à bien et d’assumer cette démarche à la première personne !
Hiram est mort…mais bientôt …il renaît dans le nouveau maître relevé par les cinq points de la maîtrise…

Et nous voilà au 4éme degré replacé devant une porte… qu’il va nous falloir ouvrir dés que l’on aura compris et assimilé l’ésotérisme de ce grade, nous dit le rituel ! Pour cela on nous a doté d’une CLE D’IVOIRE … La voie initiatique empruntée au 1er degré et poursuivie depuis n’est-elle pas la bonne clé ? Pourquoi une clé à cet instant ?

Qui dit clé, dit verrou…prison ! Qu’elle est cette chose qui est emprisonnée au plus profond de moi et que je me dois de libérer ? J’ai envie de répondre « MOI », le moi profond, mon identité qui s’est laissée submerger peu à peu par ce qui est extérieur à moi : le futile et le dérisoire ont envahi mon aspiration, mes passions, mes ambitions, fuite en avant, … fuite de soi… prisonnier de mes contradictions. Impétrant ne suis pas arrivé les yeux bandés et la corde au cou, pour me rappeler que je n’étais que l’instrument inconscient du cycle pervers des fausses motivations ?
La mort, vécue au travers du mythe d’Hiram, à l’avantage de remettre en perspective cette vie et la juste valorisation à donner aux actes. C’est à cette conscienceétouffée, enfouie au plus profond de moi-même qu’il faut redonner souffle… à cette petite flamme rencontrée dans le cabinet de réflexion, toute vacillant, à cette petite flamme en moi, qui m’a conduit à la porte du Tqu’il faut redonner souffle et éclat.
« Tant que l’illusion ou la vanité, nous aveugle, l’obscurité règne en nous » Ce n’est pas le monde et ce qui l’entoure qui doit changer mais mon regard sur le monde et son quotidien.
CLE qui, ouvre et me libère de la prison, et tout à la fois m’invite à rentrer en moi, invitation déjà suggérée dans le cabinet de réflexion par le mot V.I.T.R.I.O.L … ou par le retournement lors de l exaltation à la maîtrise. Invitation à se remettre à «l’endroit » !

« Tu aimeras ton prochain comme toi-même »… nous dit Jésus de Nazareth… Et s’il fallait s’aimer soi même, c’est à dire se réconcilier avec soi, se réunifier… « réunir ce qui est épars », construire notre temple intérieur, pour aimer les autres ?

Cette fois je suis seule face à la porte ! C’est à moi de l’ouvrir… C’est ma quête… ma démarche, ma liberté. Je suis à la première personne. La voie que j’ouvre est un engagement individuel. C’est moi qui initie mes propres pas. Personne d’autre que moi ne peut aller à la recherche de mon être essentiel et du sens à donner à ma vie…Je suis cette CLE, emblème de discrétion car orienter vers l’intérieur de moi, n’ayant de sens que pensée en moi…et la serrure dans laquelle j’actionne mon propre mécanisme intérieur.

« QUE NOS REGARDS SE TOURNENT VERS LA LUMIERE » Lumière qui est en nous et que nous n’avons pas su voir jusqu’à présent et vers laquelle aujourd’hui s’engage mes pas. 

En conclusion je vais faire écouter un poème de Philippe Seurin intitulé :

LA CLE


Un jour
Un poète se trouva face à face avec la tête d’un ange

Un trousseau de clés à la main
L’ange demanda au poète
De choisir la clé qui ouvrirait la porte
La clé qui l’aiderait à mourir

Il y avait quarante clés

Le poète prit une première clé
Une clé couleur du temps

Il se dit le temps c’est important
Puis il prit tout son temps pour ouvrir la porte
Mais la clé se cassa dans la serrure

Le poète prit une deuxième clé
Une clé couleur du sang

Il se dit le sang c’est important
Puis il prit tout son sang pour ouvrir la porte
Mais la clé se cassa dans la serrure

L’ange lui dit « Il ne vous en reste plus qu’une »

N’en pouvant plus
Le poète rendit le trousseau à l’ange
Et d’un coup d’épaule il traversa la porte
Tombant dans l’infini


L’ange lui cria « Vous avez réussi la porte était ouverte »

J’ai dit.

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