Ce que la Maçonnerie te demande, c’est de promouvoir la justice

Auteur:

D∴ H∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers
Ordo Ab Chao
Deus meumque Jus
Sous la juridiction du Suprême Conseil pour la France des Souverains Grands Inspecteurs
Généraux du 33é et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté

Cette planche courte comprend 3 parties :

  • La justice selon la loi des Hommes
  • Les gouvernants et leur justice
  • Le Franc Maçon dans sa démarche de juste

Elle est le résumé de quelques–unes de mes pensées, réflexions et lectures.

La justice. Cette haute mission demeure toujours en débat. Pas de droit sans un juge, tiers impartial. Mais également, pas de droit sans référence à la valeur de justice. Pour le citoyen ordinaire, une loi injuste au sens moral du terme perd sa qualité de droit, contrairement au juriste qui prendra acte de cette mesure dès lors qu’elle aura été adoptée selon les règles de la constitution (il peut avoir un avis différent en tant que citoyen). Le jugement de valeur n’a pas sa place dans la démarche dite scientifique. Est juste ce qui a été élaboré par l’organe compétent et selon la bonne procédure.

La raison et l’intuition morales résistent à ce genre de discours. Pas au nom d’un droit naturel trop incertain ou trop flou, mais au nom de valeurs morales au regard desquelles s’apprécie la justice d’une loi même si fréquemment plusieurs valeurs sont en concurrence.

Quelle qu’en soit la raison, une déclaration, une initiative, une non-intervention politique qui heurtent la conscience publique, et donc le sentiment de justice, finissent tôt ou tard par céder à la résistance de la société, donc de l’homme.

Pour une meilleure justice, un monde, une société plus justes, de nombreuses révolutions, changements radicaux de chefs politiques, de dirigeants, l’histoire a montré qu’aucun de ces mouvements n’a réussi ; ils ont apporté la terreur, la dictature, le fascisme, le totalitarisme. Tous ont remplacé un système haï par un système encore plus haïssable, même si certains peuples étaient capables d’obéissance aveugle à un maitre et accepter ou renoncer à toute individualité. On ne réforme pas le monde, on ne se bat contre le monde, mais on navigue dans le monde.

Les élites disparaissent, les personnalités ressuscitent. Clémenceau pouvait écrire à Marx : « Je suis pour le développement intégral de l’individu. Quant à me prononcer pour votre appropriation intégrale du sol, du sous-sol, etc., non, non, non ! Je suis pour la liberté intégrale et je ne consentirai jamais à entrer dans les couvents et casernes que vous entendez nous préparer ». C’est lui qui a gagné. Qui aurait pensé que la vie donnerait raison au vieux radical sceptique contre le prophète et fondateur de l’Internationale Communiste ? Clémenceau croyait à la capacité éminente et libre des individus, à la justice qu’ils portent, car il était lui-même une force qui avançait.

Nous n’avons pas à rendre la justice, cette justice faite des lois des hommes, faillible, instrumentalisée par notre société, véritable usine à gaz, complexe, contradictoire. Notre démarche est autre, elle se doit de relever, de favoriser, de développer la notion de juste, d’équité, peut-être de nous bonifier, mais surtout au quotidien de nous attacher à ce que l’on pense de juste, vrais, avec honnêteté et dévouement. Peut-être alors pourrions-nous être de proche en proche des ensemenceurs de sagesse. Vaste chantier au regard de la bêtise, de la barbarie, et l’ignorance des hommes ! Utopie, pas si sûr !

Notre travail maçonnique est un travail solitaire, de construction, de dépassement de soi vers le soi par la voie de l’intériorité, en guerre contre l’égo car si l’égo est le maitre, rien de grand ne se fait durablement.

Nous compliquons trop nos existences, « nous sommes possédés par nos possessions » écrivait Théodore Monod, j’ajouterai par l’inquiétude grandissante de la période de turbulences que nous traversons avec les perspectives plutôt sombres que nous promettent nombre de prédicateurs (raréfaction de matières premières, de produits, de biens, etc.). Nombre de gens ont acheté tout ou partie à crédit, y compris leurs vacances. Placés dans une spirale infernale, ils sont dépendants de la société dite de consommation. Alors que la source du bonheur est en nous-mêmes, l’homme a succombé aux tentations artificielles. La pomme d’Eve a changé d’aspect. Elle ressemble maintenant à la pomme américaine avec sa légende où le temps s’est changé en argent : « We took a bite out of the Big Apple » (que chacun prenne un morceau de la pomme). La religion unique du tout profit est nuisible, nous devons y opposer la religion de la beauté et se rappeler que le sacré est la colonne vertébrale de l’être.

Notre société souffre également d’un trop plein d’informations auxquelles s’y ajoutent le bavardage, le verbiage. Le brouillard des mots nous accable, les gens ne conversent plus. Ils lancent leurs opinions qui rebondissent sur autrui en tombant à plat, sans suite. Le silence, les silences sont enrichissants et bienfaisants ; ils ouvrent la porte aux introspections, aux allers et retours de nos pensées, de nos valeurs. Je l’ai à nouveau mesuré au long de mes marches et randonnées solitaires. Ces marches dans ces voies où il ne faut pas perdre son énergie en empruntant les chemins de traverse et les routes sans issue.

Nous devons agir de la même manière, nous devons nous réveiller et réveiller nos contemporains. On ne demande pas au Franc Maçon de faire la révolution, d’être le chef de fil d’un mouvement, d’imposer ses choix et ses idées ou ce qu’il pense bon, cela ne fonctionne pas dans le temps, mais on lui demande d’agir au travers une attitude constructive qui doit interpeller, entrainer, « donner envie », d’être dans une démarche équitable, juste. C’est un long chemin, difficile, mais le seul garant de vrais résultats durables, fidèles à notre engagement. A tous la Franc Maçonnerie dit : « Faites de votre trace une œuvre d’art, un chef d’œuvre, votre chef d’œuvre, mais pour cela, il faudra que vous alliez au bout de vous-mêmes, au bout de vos talents et de tous vos potentiels ». Il en va de cette attitude dite citoyenne comme d’autres envers notre morale, notre éducation, notre vécu, « à la recherche de la parole perdue », afin de nous rapprocher dans l’exigence de l’accomplissent du devoir, du modèle, le Maitre Hiram.

J’ai dit Trois Fois Puissant Maitre.

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