La Sagesse Mystique peut être atteinte par l’homme parce qu’elle lui est communiquée par le divin. La sagesse humaine est acquise par l’expérience. Que nous dit notre Rituel ?
N∴ M∴
A la Gloire
du Grand Architecte de L’univers
Rite Ecossais Ancien et Accepté
ORDO AB CHAO
Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de France
Liberté – Egalité –
Fraternité
Si nous sommes d’accord que la sagesse humaine est acquise par l’expérience, je vais essayer d’abord de voir, d’après le Rituel du 4ème degré, qu’est-ce que cette Sagesse mystique ? Pourrait-elle être atteinte par le M S ? Quelles sont les obstacles dressés sur son chemin et enfin quels sont les moyens mis à sa disposition pour qu’il traverse victorieux ces obstacles et qu’elle lui soit communiquée.
Je dois dire avant que le Rituel du 4ème degré nous donne également les indications pour avoir aussi la sagesse humaine en nous incitant à plusieurs reprises à la réflexion, à la vérification et à la raison, car la sagesse humaine repose essentiellement sur l’observation, la réflexion, la vérification, la constatation, et le raisonnement. Et nous savons que le M S se construit par la raison, le jugement, la vérification et bien sûr la spiritualité ; nous n’avons qu’à mémoriser les sentences pour en avoir la preuve. Il ne faut donc pas opposer les deux sagesses d’autant que la sagesse humaine peut, sous certaines conditions, nous conduire à la mystique.
Je dois aussi préciser que, pour moi, l’initié au 4ème degré est loin d’atteindre la Sagesse Mystique à ce degré, car il fait ses premiers pas dans les degrés de perfection, son apprentissage n’est pas complet ; le Rituel nous le précise à plusieurs reprises : il a le voile sur les yeux et la Grande Lumière commence à paraître. Néanmoins, ce degré met à sa disposition des symboles, des conseils, des recommandations et des mots lui permettant de progresser vers cette Sagesse. Ce degré lui offre donc beaucoup d’espérance sur cette voie.
En fait, atteindre la Sagesse Mystique représente le grand projet et le but à rechercher par le M S et de tout maçon d’ailleurs. Le M S est ainsi en instance de Perfection et de Sagesse ; ce qui l’anime c’est le désir de parvenir à cet Idéal. La tâche est difficile, mais elle n’est pas pour autant hors de portée.
Pour soutenir mon propos, voyons ce que dit l’introduction de l’instruction du 4ème degré en parlant des symboles du R E A A : « A l’aide de ces moyens d’accès à la Connaissance, il met des frères qualifiés sur la voie de leur réalisation spirituelle en les conduisant, degré en degré, à la recherche de la Sagesse ». La Sagesse est donc le but que nous cherchons à atteindre, mais graduellement, en fonction de notre perfectionnement et de l’approfondissement de notre conscience.
Mais qu’est-ce que la Sagesse Mystique ? Quel est cet état tant espéré par le maçon ? D’une manière générale, la sagesse représente l’Idéal Supérieure de vie proposé par la maçonnerie. Le V M qui dirige nos T T en Loges symboliques représente Salomon le sage qui a reçu sa Sagesse du divin lui-même. La colonnette lui correspondant s’appelle Sagesse et nous invoquant en disant : « Que la Sagesse préside à la construction de cet édifice… » ; L’édifice à construire étant bien sûr le maçon lui-même, cela indique l’importance de cette notion de Sagesse dans notre démarche. Et si la Sagesse est souvent classée comme la dernière des douze vertus majeures par nombre de philosophes c’est par ce qu’elle les contient toutes. Il n’a échappé à personne que, lors de l’initiation au 3ème degré qui constitue un pas important vers la spiritualité, que seule brille la colonnette Sagesse ; n’est – ce pas un indice fort sur le but à atteindre ? Cette Sagesse est donc indissociable de la Connaissance Suprême, de la Grande Lumière, du Saint des Saint, de la Vérité et de la Parole Perdue que nous cherchons. Je dirai même que tous ces termes sont des termes substitués à la Sagesse Mystique qui n’est autre que la Sagesse Divine que nous espérons avoir un jour.
La sagesse Mystique, pour moi, c’est la véritable découverte de la Lumière divine dans mon cœur, c’est la prise de conscience profonde de moi-même et de mon intégration totale dans l’univers, c’est la fusion entre ma propre conscience et la conscience universelle, c’est l’harmonie de ma conduite avec les valeurs morales universelles, c’est la prise de conscience de la Vérité de mon existence, de mon devenir et de ma finitude, c’est reconnaître la voie qui m’est tracée et y marcher avec foi, fidélité et persévérance.
Exprimer dans mon comportement la perfection de mon Moi divin, penser et agir sagement, c’est faire en sorte que le G A D L U pense et agit à travers moi. En fait, c’est être le miroir de la pensée et de l’action divine. Lao Tseu a dit : « Connaître les autres est sagesse ; se connaître est sagesse supérieure ». Je pense que nous sommes tous destinés à incarner sur terre la Sagesse du Principe qui se trouve au plus profond de nous-mêmes. De même que la Lumière est cachée dans les ténèbres, la sagesse dort en nous, le travail consiste à en prendre conscience et à la réveiller.
Bref : J’atteins la Sagesse Mystique quand mon projet de vie se confond avec le Projet du G A D L U. mis en moi. Lorsqu’un être humain réalise une telle rencontre, une telle union, une telle alliance- car c’est une alliance- son comportement réfléchit pleinement cette Sagesse. Dans ce sens, Jacques-Etienne Marconi, fondateur du Rite de Memphis, a écrit dans son livre « Le Panthéon maçonnique » que « le plus sage de tout les hommes est celui qui se connaît lui-même, qui connaît sa nature intérieure et divine et qui sent, qui pense, qui agit d’une manière conforme à cette connaissance ».
C’est donc par la prise de conscience de sa nature divine que le franc-maçon s’approche et peut atteindre la Sagesse Mystique, la Sagesse divine. La tâche est rude, mais elle n’est pas insurmontable. Et il n’est pas prétentieux pour un M S d’espérer atteindre un jour cette état, car c’est à quoi nous engagent et nous entrainent en réalité nos Rituels successifs d’une manière claire ou à peine voilée. Le Rituel ne nous parle-t-il pas de notre glorification ? Glorification que nous attribuons au GADLU.
Comment donc cette Sagesse peut elle être atteinte, un jour, par le M S selon le Rituel ? Et quels sont les obstacles à surmonter pour y arriver ? L’instruction nous dit en parlant de la couronne de laurier et d’olivier que : « la couronne est aussi symbole d’espérance et d’immortalité ». Et le T F P M dit à l’initié : « Je vous couronne de Laurier et d’Olivier, dans l’espérance de vos succès futurs et de votre ultime victoire ». Ce mot « espérance » n’est pas là deux fois par hasard ! Quels sont alors ces éléments d’espérance que nous indique le Rituel pour atteindre la Sagesse Mystique ?
Dès le début de l’initiation le T F P M dit à l’initié : « Vous avez acquis deux degrés d’instruction. Mais cette instruction n’est pas complète, pas plus que n’est complète la perception de la lumière à travers le bandeau symbolique posé sur vos yeux », avant d’ajouter aussitôt : « De même que vous ne voyez pas bien, vous ne comprenez pas bien » ; « vous allez […] accomplir un nouvel apprentissage ». La nature de cet apprentissage nous est précisée dans l’introduction du Rituel en parlant de l’enseignement dans les Loges de Perfection : « Il ne s’agit pas de l’acquisition d’un savoir ou d’une culture, mais de la recherche d’une Connaissance métaphysique », ou encore lors de la cérémonie d’initiation : « vous commencez maintenant à pénétrer dans les hautes régions de la Connaissance spirituelle ». La Connaissance que nous cherchons est donc une Connaissance qui nous dépasse, mais nous possédons la Clé « permettant d’accéder aux mystères » selon le Rituel qui nous dit aussi au sujet de la Balustrade : « mais vous avez la Clé et, quelque jour, il vous sera permis d’ouvrir et de passer ». « C’est la Clé nécessaire à la recherche de la Vérité et de la Parole ». Perdue car elle peut permettre au M S d’accéder ultérieurement au Saint des Saints, nous dit également l’instruction, car le M S commence à travailler à « l’heure où l’éclat du jour a chassé les ténèbres, et où la grande Lumière commence à paraître ». Le Rituel nous dit encore que le M S a « encore bien de degrés à gravir avant d’approcher de la vraie Lumière et de découvrir la Parole connue des anciens initiés ».
Toutes ces indications donnent de l’espoir au M S et lui indique les moyens pour avancer sur le chemin du perfectionnement et se rapprocher du but, de la Sagesse divine, symbolisée par les trois mots sacrés IOD, ADONAÏ, IVAH qui sont – et ce n’est pas par hasard que le Rituel le précise – trois des « noms qui désignaient Dieu dans la Bible ». Ainsi le M.S. est invité à méditer sur toutes ces indications et surtout en silence. Le TFPM lui clôt les lèvres pour qu’il ouvre en fait les yeux, le cœur et l’esprit, ouvertures nécessaire à son évolution. « Ô, mon fils, la sagesse idéale est dans le silence », dit Hermès à son fils. Tout initié peut, par le silence et la méditation sur les symboles, découvrir en lui la réponse aux questions fondamentales qui le préoccupent.
Mais comment passer la Balustrade dont le Rituel dit que c’est « une véritable barrière qui nous sépare encore du Saint des Saints », « seul endroit où nous pourront prendre connaissance des mystères les plus secrets de la Franc-maçonnerie » ? Comment retrouver la Vérité recherchée alors qu’elle est « inaccessible à l’esprit humain » ? Eh bien, le Rituel nous le dit : « Il n’est point de difficulté que l’énergie, la persévérance et l’intention droite ne puissent surmonter ». C’est donc en continuant à faire notre Devoir qui est « la grande Loi de la franc-maçonnerie, car, je cite le Rituel » : « la route du Devoir mène sûrement à la Vérité » et « le chemin du Devoir […] conduit à la vraie Lumière », sachant que la Vérité que nous cherchons n’est pas n’importe quel vérité, elle est la Vérité qui transcende toutes les vérités, elle est une dimension spirituelle qui dépasse l’entendement humain.
Il est vrai « qu’il est parfois plus facile de faire son Devoir que de le connaître », mais « il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer ». L’instruction nous dit : « Le comportement du Maître Secret mettant en œuvre cette maxime est la manifestation d’un acte de foi, d’une certitude au-delà de toute espérance ».
En faisant alliance avec ses frères, en gardant le Secret, en étant obéissant et en restant fidèle, et par le concours que lui donneront ses frères aînés, le M S parviendra un jour peut être à la Connaissance de son Devoir. N’oublions pas ce que dit le Rituel : « La Vérité est une lumière que l’homme perçoit plus ou moins confusément. Elle peut pourtant se révéler dans tout son éclat à celui qui veut ouvrir les yeux et regarder ». Et l’instruction nous dit : « La Vérité est la Lumière placée à la portée de tout homme qui veut ouvrir les yeux et regarder… ». En ouvrant les yeux, les yeux du cœur, les yeux de l’intuition, les yeux de l’intelligence, les yeux de la conscience le M S réalisera qu’il porte en lui les germes de la Vérité et de la Parole Perdue, les germes de la Sagesse Supérieure.
Alors, ouvrez les yeux mes F F et regardez ; regardez l’admirable spectacle de l’Univers, et « souvenez – vous que vous ne l’admirez qu’en proportion de votre faiblesse en présence de son immensité. Il n’y a de réellement admirable que la Loi universelle qui régit toutes les choses dans leur ensemble et chaque chose dans son détail ». Cette Loi universelle n’est autre que l’expression du Plan du G A D L U, le plan qui peut nous conduire à la Sagesse suprême.
Que La Sagesse continue à présider à la construction de notre Edifice.
T I F, T F P M et vous tous, mes F F M S.
J’ai dit.