Peut-on conjuguer devoir et liberté ? Qu’apportent les enseignements reçus au sein d’un Atelier de Perfection ?
P∴ P∴
La première question renverrait un profane à une épreuve de philosophie du baccalauréat où il est traditionnel d’interroger les candidats sur l’opposition et la complémentarité droit/devoir. Je vais tenter ici non pas de traiter un devoir de philosophie mais de montrer comment l’enseignement reçu dans la vie profane, enseignement renforcé par la pensée philosophique, comment l’enseignement reçu en Maçonnerie et plus spécifiquement au sein d’un Atelier de Perfection, comment ces enseignements éclairent cette question et permettent de conjuguer devoir et liberté.
Commençons par tenter de définir intelligemment le devoir. Devoir vient du latin « debere », lui-même venant de « de habere », c’est avoir quelque chose de quelqu’un. Le substantif renvoie à obligation, non plus avoir de mais avoir à. La transition entre les deux relève d’une logique de l’échange ou du don. Autrement dit, si j’ai reçu quelque chose de quelqu’un, je lui dois en retour autre chose. Mais qu’avons-nous reçu qui nous oblige ? LA vie, l’humanité, la civilisation…
Peut-on à présent définir humainement la liberté, en évitant les lieux communs ? Etre libre, c’est faire ce que l’on veut. De là trois sens principaux selon le « faire » dont il s’agit : liberté d’action (si faire c’est agir), liberté de volonté (si faire c’est vouloir), enfin liberté de l’esprit ou de la raison (quand faire c’est penser).
Ceci étant précisé, le mot le plus important de la question ne me paraît être ni devoir ni liberté mais le verbe conjuguer. On ne peut pas conjuguer des opposés. Par exemple se situer sur un axe lâcheté / courage ne peut être qu’une question de curseur, totalement sans intérêt sur le plan des principes puisque seul le courage est une valeur, une qualité.
Il n’en est pas de même sur un axe devoir / liberté qui sont deux valeurs, qui ont leur vie, leur force, leur raison propre. Ces valeurs se conjuguent donc, se renforcent mutuellement, se complètent et notre analyse ne portera que sur les zones communes, l’intersection, les chevauchements pour autant que l’une influence, positivement ou négativement, l’autre. D’ailleurs, peut-on répondre réellement non à cette question, peut-on dire que nous ne pouvons pas conjuguer devoir et liberté ? Répondre non serait finalement nier tout l’enseignement maçonnique, tout comme tout l’enseignement de nos civilisations. Si la négative n’est pas possible, la contraposée est donc vraie : on peut conjuguer devoir et liberté.
Rassurez-vous, mes T C F, je ne vais pas rester à cette démonstration logique et mathématique mais plutôt tentez de montrer comment l’enseignement maçonnique nous permet de conjuguer Devoir et Liberté, en illustrant mes propos d’exemples très personnels, des exemples qui rendent vivant quelque part nos rituels. Car nos rituels ne sont pas que des histoires, nous les vivons, nous les incarnons.
Cette question du rapport Devoir /
Liberté n’hante pas seulement les classes de
Terminale de nos lycées. On la trouve chez la plupart des
philosophes de Platon à Sartre, avec plus de nuance et de
retenue chez le premier ; la Shoah, la Collaboration et la
Résistance lui ont donné un éclairage
très moderne et terriblement dramatique. Comment exercer sa
liberté quand on est soldat, policier ou cheminot dans les
années 40 ?
Pour Kant, que certains nazis ont pris au pied de la lettre pour
justifier leur comportement, il y a un devoir
d’obéissance et un refus du droit de
résistance. Mais pour Kant, la liberté doit
s’exprimer en amont, avant que les ordres immoraux ne soient
pris, quand le citoyen peut s’exprimer publiquement. Face
à cela Sartre par exemple considère
paradoxalement que jamais l’homme n’a
été plus libre que pendant la seconde guerre
mondiale, que sous l’occupation allemande, chaque geste avait
alors le poids de l’engagement. L’homme est
totalement libre de choisir sa vie et doit assumer sa
liberté et ses choix. L’homme avait le choix de
collaborer ou non.
La question n’est pas que théorique ; la vie nous rappelle sans cesse la réalité de nos engagements maçonniques. Ainsi un F F, commissaire de police, sauva une grande partie de la Communauté Juive de Nancy, et entre autre mon grand-père et mon oncle, de la barbarie nazie, n’écoutant que Sa liberté et Son devoir. Ce F F, discret maçon d’action et de pratique, a-t-il été aidé à se décider, à se dépasser, à transgresser, à être par nos rituels et nos serments ?
Je ne sais pas s’il était Secrétaire Intime ou s’il s’est pris pour Johaben, mais il a pris le risque de perdre jusqu’à la vie. Je ne sais pas s’il était Zélé mais il était désintéressé et bienveillant… Pour comprendre ce qui se tramait en amont des rafles, ce F F a dû également faire preuve de curiosité, il regardait par nos trois fenêtres. Ce n’était pas la curiosité vaine et condamnable mais celle qui excite l’intelligence pour connaître la Vérité, celle que l’initié cherche sans cesse. Voilà quelqu’un qui cherchait la Justice, une justice sans préjugés ni partialité, une justice qui triomphe de l’ignorance et du fanatisme.
Lorsqu’en Collège de mon Atelier de Perfection, Sisyphe, nous avons décidé d’étudier par le détail nos grades dit intermédiaires, 4 / 14, la modernité de la réflexion sortie de nos travaux pris pour moi, immédiatement, le visage de ce commissaire de police, que je ne connaissais que par son courage.
Devoir, Liberté, devoir de liberté jalonnent nos vies comme nos rituels, des rituels pas si éloignés de nos vies finalement, des rituels qui éclairent nos vies, en éclairent les reliefs, comme pour mieux les souligner, comme pour mieux les comprendre.
Mais à présent qu’est-ce que le devoir en Maçonnerie ?
Depuis le cabinet de réflexion, la notion de devoir jalonne notre parcours maçonnique. Ainsi dans le cabinet de réflexion, impétrants, nous devons écrire quelques phrases en guise de testament philosophique et dire quels sont les devoirs envers nous-même, envers notre famille, envers notre pays. Puis nous prêtons serment, nous acceptons un certain nombre d’obligations, de devoirs, devoir de silence, devoir de silence devant les profanes, devoir de fraternité, obligation d’obéir à la morale, devoir de présence, être un homme libre et de bonnes mœurs, obéir aux règlements généraux et intérieurs, devoir de recherche, recherche de la Vérité, recherche de la Parole Perdue. Devoirs que nous acceptons en toute liberté, et donc si nous négligeons notre engagement, si nous acceptons avec légèreté ces devoirs, si nous acceptons d’assumer des charges que nous ne pouvons porter, malheur à nous…
Rappelons que lors de l’initiation, le Vénérable Maître décrit avec précision les devoirs qui incombent au nouvel initié comme à tous Maçons. Les termes du rituel, que je ne vais pas rappeler à ce niveau d’étude, sont précis, choisis, ils nous engagent sans ombres ni hésitation. Et logiquement le nouvel initié s’engage sans l’ombre d’une hésitation. Notre devoir est tracé et nous l’acceptons librement. Serait-ce à dire que pour honorer cet engagement nous renoncions à notre liberté, ou à certaines déclinaisons de celle-ci ? Non, au contraire. La précision des devoirs aide à baliser, et à éclairer, les chemins de la liberté.
Qu’est-ce que la liberté, principe que nous rappelons plusieurs fois par tenue, ne serait-ce que dans nos triples et chaleureuses batteries ?
La liberté, c’est le principe d’agir, de penser, de s’exprimer selon nos propres choix, sous réserve de ne pas porter atteinte aux droits d’autrui. Même dans le monde profane, la liberté n’est jamais les droits en l’absence de devoirs. Ce n’est pas, même en Economie, le renard libre dans le poulailler libre. Mais au contraire, la liberté c’est accepter l’existence de l’Autre, la liberté conjuguée avec le devoir d’accepter l’Autre. Si nous définissons la tolérance, disons même la laïcité, comme l’acceptation de l’Autre parce que Autre en tant que tel, alors la tolérance, la laïcité, permettent de conjuguer, aussi dans le monde profane, liberté et devoirs…
On définit souvent la liberté par l’absence de contrainte, c’est-à-dire par la négative en somme ; allons plus loin et disons que la liberté prend son sens quand on la met au pluriel, car il y a autant de libertés que de contraintes dont on s’affranchit. En physique, la chute libre, c’est un corps qui tombe, indépendamment de toutes les forces autres que la pesanteur.
En politique, on invoque la liberté de réunion, d’association, d’opinion, on économie, le libre échange, c’est l’absence de contraintes douanières, de tarifs imposés. La liberté est le pouvoir d’agir indépendamment des contraintes extérieures, mais aussi de toute détermination intérieure, on rejoint ici la notion de libre arbitre.
La liberté est le pouvoir de faire ou de ne pas faire. Mais pour citer Alain, notons qu’une preuve de la liberté tuerait la liberté. On ne peut démontrer la liberté, juste en faire l’expérience, on ne prouve pas la liberté, on l’éprouve. Pour Descartes, nous faisons dans notre conscience l’expérience d’un libre arbitre infini, nous pouvons même nous refuser à l’évidence, rien que pour manifester la puissance de notre libre-arbitre. Je crois ce que je vois, mais je ne vois que ce que je regarde, et je regarde ce que je veux. Même l’évidence du vrai est soumise à ma libre attention.
D’après Maine de Biran, c’est l’expérience de l’effort, de l’effort musculaire le plus banal, qui me révèle le mieux ma liberté. Par exemple, je soulève l’une de ces épées qui nous sert lors des voutes d’acier. Je la tend à bras tendu. Bien vite, chacun a pu le constater, j’ai mal au bras. Et pourtant, si je veux, je peux continuer mon effort. Je ne suis pas seulement ce corps crispé et douloureux mais je suis aussi cette volonté supérieure au corps qui poursuit son effort malgré la douleur. J’éprouve ma liberté contre la résistance et la douleur de mon propre corps.
Ceci nous amène naturellement à la notion d’acte gratuit. Bossuet indiquait que pour sentir notre liberté, il faut en faire l’épreuve dans les choses où il n’y a aucune raison qui nous penche d’un côté plutôt que de l’autre. Buridan nous demandait de méditer sur le cas, tragique à ses yeux, d’un âne qui aurait autant faim que soif et qui serait placé à égale distance d’un seau d’eau et d’un picotin d’avoine. L’âne se laisserait mourir de faim et de soif. Il faudrait qu’il soit comme l’homme doué de libre arbitre pour pouvoir prendre une décision en dehors de tout motif prévalent. Nous, hommes, avons ce pouvoir d’accomplir n’importe quel acte, par exemple un acte tout à fait absurde, étranger à tout motif, si seulement nous avons décidé de l’accomplir. Dans le Prométhée de Gide, le garçon de café déclare : « j’ai longtemps pensé que c’est là ce qui distingue l’homme des animaux : une action gratuite. Et comprenez qu’il ne faut pas entendre là une action qui ne rapporte rien, non mais gratuit, un acte qui n’est motivé par rien, ni intérêt ni passion, rien, l’acte désintéressé, né de soi, l’acte aussi sans but, donc sans maître, l’acte libre ».
Mais l’acte gratuit est-il possible ? Spinoza remarquait déjà que l’illusion du libre arbitre vient de la conscience de notre action jointe à l’ignorance des causes qui nous font agir. Spinoza donne un exemple : « l’homme en état d’ivresse s’imagine qu’il bavarde par un libre décret alors qu’au contraire il serait bien incapable de résister à l’impulsion et que quand il aura cuvé son vin il regrettera ses paroles inconsidérées ». La psychanalyse l’a bien montré, les actes un peu bizarres dont nous ignorons les motifs sont le moins libres de tous car nous agissons, ou sommes agis par des mobiles inconscients dont nous sommes d’autant plus esclaves que nous les ignorons.
Ceci nous ramène à Kant et à la notion de devoir. En effet, si nos choix sont déterminés, la vie morale ne va-t-elle pas perdre tout sens ? Selon Kant, le postulat de liberté doit être posé comme une condition de possibilité de l’obligation morale. Il ne faut pas confondre obligation morale et nécessité. La nécessité, ce qui ne peut pas ne pas être, exclut la liberté et l’obligation. Si vous jetez votre ennemi par la fenêtre, vous n’avez pas besoin de lui dire « tombe » car il ne peut pas faire autrement, sa chute est nécessitée par les lois de la dynamique.
En revanche, une obligation morale telle que « ne mens pas » implique la liberté. Pour que cette obligation, ne mens pas, ait un sens, il faut que je sois libre de lui obéir ou de lui désobéir. L’impératif moral n’a de sens que si nous avons le choix entre le bien et le mal. « Tu dois, dit Kant, donc tu peux ». En somme, c’est le libre arbitre qui est la condition du devoir. Prolongeons ceci et demandons-nous si la liberté n’est-elle pas l’acceptation du devoir ?
Pour les philosophes de la nécessité, pour les stoïciens ou les spinozistes, l’homme n’est qu’un élément du cosmos, un simple rouage dans la machine du monde. Après tout la science moderne n’enrichit elle pas de preuves précises cette philosophie du déterminisme universel ? La Biologie ne rend-elle pas compte de tous nos gestes par le jeu des échanges chimiques et l’action des hormones ? La Psychanalyse n’éclaire-t-elle pas nos comportements les plus mystérieux à partir de nos complexes que les circonstances de notre enfance ont à notre insu noués dans notre psychisme ? La Sociologie retrouvera à la source de nos actes les déterminations de notre éducation, de notre classe sociale.
Pour les stoïciens et les spinozistes, il y a un moyen pour convertir cette nécessité en liberté : pour être libre il suffit de consentir à la nécessité, de dire oui à la succession inévitable des causes et des effets. Rousseau traduit cette pensée et la met en phase avec nos obligations et devoirs : pour lui l’obéissance à la loi qu’on s’est prescrite est liberté. Pour nous Maçons, respecter nos devoirs, respecter les devoirs que nous nous sommes choisis est liberté.
Spinoza va plus loin. Etre libre c’est être la cause adéquate de ses actes. Or nous ne sommes pas spontanément la cause entière de nos actes, nous sommes des êtres finis et faibles dans la nature et nous sommes d’abord esclaves. Nos actes expriment notre peur de tout ce qui nous menace, bien avant de refléter nos volontés. Il appelle libre une chose qui est et agit par la seule nécessité de sa nature, contrainte celle qui est déterminée par une autre à exister et à agir. Mais alors comment parvenir à se libérer ? Par l’intelligence, en acceptant l’Univers. Spinoza ne prône pas, par là, la soumission, une soumission plus totale et plus intérieure. Non. Il dit qu’on ne peut pas avoir tout ce qu’on veut, et qu’on se libèrera dès lors en voulant ce que l’on a ! Ce qui fait écho en moi à « je suis celui qui suis, je suis qui je suis, je suis » !
La liberté, en maçonnerie à présent, c’est aussi le devoir de se libérer, de se libérer de ses passions, de ses certitudes, de ses préjugés. C’est accepter la réalité. C’est tracer ses valeurs, par soi et pour soi, sans attendre systématiquement la parole d’un autre, ou pire, des révélations au sens biblique ou mystique. La liberté c’est un devoir d’analyse et de compréhension, ce qui n’exclut en rien les croyances voire les dogmes.
La liberté, c’est un mouvement, c’est une dynamique, une quête perpétuelle. Et l’Energie de ce mouvement, n’est-ce pas dans la lumière que nous recevons et propageons dès lors que nous la trouvons ?
Si certains considèrent que les devoirs et les obligations que nous acceptons sont des contraintes, il nous faut leur répondre que ce sont des contraintes choisies en toute liberté : nous obéissons après un choix libre préalable. Lacordaire disait qu’entre le fort et le faible, c’est la liberté qui opprime et la loi qui libère. Paraphrasons-le en disant qu’en Maçonnerie comme dans le monde profane, c’est peut-être la liberté qui opprime mais surtout le devoir qui libère.
On rejoint ici la pensée de Levinas tout comme celle des commentateurs du Talmud. On dit en effet que les commandements bibliques sont gravés sur la pierre. Or en hébreu graver se dit kharout ; les voyelles n’étant pas écrites, on peut lire ce mot khérout également, khérout qui signifie liberté. Autrement dit, la loi, gravée dans le marbre, peut libérer…
C’est d’ailleurs peut être là, dans cette conjugaison entre liberté et devoir, entre libertés et devoirs devrais-je écrire, que l’apport de l’enseignement reçu en Atelier de Perfection est le plus fort ou le plus net, apport qui complète et éclaire l’enseignement reçu en Loge Bleue. Quel chemin nous montrent nos rituels du 4ème au 14ème degré ?
Justement un chemin qui nous permet une évolution spirituelle, un chemin qui nous mène à la compréhension élargie de la notion de devoir, un chemin qui nous permet de nous ouvrir à la Vérité.
Comment ?
Grâce à une discipline de vie, une ascèse intérieure que prônent nos différentes initiations. Ascèse et Discipline de vie qui nous permettent de rechercher la Vérité, ascèse et discipline de vie qui nous mettent en état d’assumer notre devoir, notre quête de Vérité, l’une de nos raisons d’être. On pourrait dire que c’est la version maçonnique du célèbre « Connais-toi toi-même »…
Nos Ateliers nous permettent de réfléchir, de mettre en perspective notre façon d’être comme notre façon de faire. Si nous résumons les devoirs maçonniques, finalement ne sont-ils pas dans le Devoir Etre et dans le Devoir Faire ?
Qu’apprend-on par ailleurs en Atelier de Perfection ? Que la Justice est difficile à rendre, que la Vengeance n’est pas la Justice. Que nous sommes des Hommes Libres, libres de transgresser, des Hommes de Devoir, avec le devoir de transgresser quand nous le jugeons nécessaire, que nous avons le devoir d’être des hommes libres, devoir d’être nous–même, et ce devoir de liberté comme ce devoir d’être nous-même, n’est-il pas résumer par « Je suis celui qui suis, je suis ce que je suis, je suis ». Ne dit on pas que nous avons été conduits au 14ème degré par le besoin d’Etre et l’Amour de la Vérité ?
Nos rituels insistent également sur le difficile choix des hommes, sur l’élection, sur le discernement dans le choix des hommes. Mais pour être choisi, pour être élu, pour utiliser ce discernement, cette Binah, le préalable n’est-il pas justement dans la conjugaison du devoir et de la liberté, dans ce devoir d’être qui on est, d’être ce que l’on est, ici et maintenant, quitte à transgresser, grâce à la transgression. Ce discernement nous permet de voir que le devoir est en fait un don, un don de soi, un don pour soi aux autres, un don d’homme libre et de bonnes mœurs.
En vous racontant tout ceci, mes T C F, je ne sais si je prends exemple tous les jours sur les personnages contés dans nos rituels pour exercer mes devoirs, pour exercer ma liberté, pour être un homme libre, pour être un homme tout simplement. Mais le simple fait de me poser ces questions m’inspire, me conforte. Tout comme son engagement maçonnique conforta certainement cet anonyme Commissaire de Police qui, en comprenant bien que son devoir n’était pas d’éteindre Sa liberté, me permit aussi d’exiser par la survie d’une grande partie de ma famille.
Et de traiter ainsi, par ce travail, positivement et pratiquement, du principe de ces sujets qui se conjuguent, au présent comme au passé, bien plus qu’ils ne s’opposent ou se combattent.
L’Atelier de perfection, c’est aussi le partage, la confiance partagée, l’idée même que les choix parfois difficiles peuvent se discuter ensemble, pour mieux les justifier. Cette envie, ce besoin d’échanger et de travailler ensemble, je l’ai vraiment trouvé en loge de perfection. Rien n’interdisait de ressentir cette force, cette lumière, cet égrégore plus tôt dans mon parcours maçonnique. Mais c’est ainsi.
Johaben aurait pu se concerter avant d’agir. Avait-il confiance en les autres ? Avait-il même suffisamment confiance en lui ?
La pratique fraternelle de nos discussions et de nos travaux en Loge de Perfection fut pour moi un réel apport personnel, bien au-delà du confort collectif.
J’ai dit.